Heritiers de la Justice, HJ
Service des Eglises Protestantes pour les Droits Humains et la Paix
Au chevet des populations rurales oubliées du Sud-Kivu
211 Avenue Patrice Lumumba
Ibanda-Bukavu/Sud-Kivu
CONGO D.R.
E.mail: heritiers@yahoo.com

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Zone de Mwenga Zone de Fizi Zone de Walungu Ville de Bukavu Zone de Uvira Zone de Kalehe
CMD Mwenga CMD Baraka CMD Kaziba CMD Kadutu CMD Uvira CMD Bunyakiri
CMD Kalambi CMD Bideka CMD Ibanda CMD Luvungi CMD Kalehe Centre
CMD Kamituga CMD Kamanayola CMD Sange CMD Nyabibwe
CMD Kitutu CMD Ibanda/Ngweshe CMD Bagira CMD Lemera CMD Kalonge

A LA UNE


I. Chronique des médias sur le conflit Congolais

II. Quel coin du Sud-Kivu flash?


- en zone d'Uvira




II. QUATRES DERNIERS MOIS DE L'AN 1999: TERREUR EN ZONE D'UVIRA

En plus de vivre sous des bombes et de mouvements de populations tels que illustrés par l'image suivante les populations de la zone d'Uvira ont été victimes des attrocités suivantes:



 Des exécutions extra-judiciaires.

1. Le 11/07/99: Mr DONATO, SALEH et Mme HELENA appartenant à la famille
   résidant à Kitundu, Collectivité-Chefferie de Bavira, ont ét´
   exécutés par les guerriers Banyamulenge pour avoir refusé de leur céder 3 vaches.

2. Le 12/07/99: Mr MUHULWA BANGO, résidant à Rugongo, a été exécuté par
    balle par les militaires Banyamulenge de la position de chez Mwami 
    / Uvira. Son corps a été retrouvé 2 jours plus tard dans une 
    latrine à quelques 300 mètres de leur position.

3. Le 13/07/99: Mr MATHIAS NARUZIBA, notable de Runingu, a été tué par 
   balle en plein marché de Runingu par 3 militqires Banyamulenge.

4. Le 20/07/99: Mr KAYEMO MASHIMANGO, résidant à Kasenga, a été abattu 
  à bout portant par 3 militqires congolais du RCD.

5. Le 21/07/99: à 6 heures du matin, le jeune MASHIMBI agé de 17 ans, 
   résident à Luberizi, a été abattu à bout portant par les militaires 
 burundais pour avoir résisté d'aller puiser de l'eau pour leur compte.
 

6. Le 29/07/99: le jeune BAHUNDE, résidant à Kajembo, cité de Sange, 
   a été tué par baionnette par les militaires burundais en poste à 
   NDUNDA.

7. Le 31/07/99: Mr KAHUZI, résidant à Kanyovu, est décédé  suite à 
   une blessure par balle au niveau de la jambe lui tirée par les 
   guerriers Banyamulenge en date du 27/07/99. La victime a succombé 
   par manque de soins adéquats pour arreter l'hémorragie.

8. Le 07/08/99: découverte de restes de 13 personnes dans la brousse 
   à Katuta dans la Zone de Fizi. Ces restes de personnes ont été 
   identifiés sur base de vetements reconnus par les proches des 
   victimes.

 Il s'agit de 2 civils non armés, exécutés par les armées burundaises 
  et rwandaises lors des opérations de ratissage effectuées du 07 au 
  15/07/99 dans la zone de Fizi.

 Certaines de ces victimes identifiées sont:
· KADJUNGU
· TETE KAMULE
· TSENGO FAIZI
· YENGO
· Mme MAMA EBINDA
· SAMUELI


 A quelques 600m de là, une fosse commune dans laquelle une dizaine de 
  personnes précipitamment enterrées, a été aussi localisé.
  D'autres fosses communes ont été localisées dans diverses localités 
  de la Zone de Fizi. Des militaires congolais que SOS DHC a contactés 
  clandestinement, ont affirmé qu'il s'agissait bel et bien des fosses 
  communes de civils tués lors des opérations de ratissage. Tout civil 
  retrouvé dans son village a été exécuté sur le champ sans autre forme
  de procès.	

9. Le 09/8/99: à 11h00', Mr DAVID MUZOMBA, fils de MUSIWA Vincent, 
  résidant à Kasenga, avenue Salongo, no 42, a été abattu à son 
  domicile par 2 militqires congolais du RCD. Un montant équivalent à 
  30$US lui a été extoquer par ses agresseurs.

10. Le 12/08/99: JUNIOR NIRO NASHIMBI résidant à Sange, quartier 
  Kyanunda, a été tué par balle par des hommes en uniforme qui parlait 
  kirundi.

11. Dans la nuit du 12 au 13/08/99: Mr MBAYI, résidant à Mulongwe, 
   ville d'Uvira, a été tué par des militaires du RCD qui tentaient de 
   lui extorquer son poste téléviseur.

12. Le 14/08/99: AMANI KUSAKANA, « échangeur », résidant Mulongwe, a 
   été abattu à bout portant par 3 militaires  appartenant au 
   bataillon de la police militaire. Les 3 militaires dont un 
   munyamulenge et 2 congolais, avaient été appréhendé dans la même 
   soirée. Le seul srunommé John BROWN reconnu coupable d'avoir tiré 
   sur la victime, malgré l'ordre lui donné par le commandant 
   munyamulenge, a été exécuté publiquement, sans jugement préalable, 
   au stade Kamanyola, en date du 15/08/99 à 16h30' heure locale.

13. Dans la nuit du 18 au 19/08/99: 3 personnes dont le père, la mère, 
   un enfant de 3 ans, composant une même famille, ont été brulées 
   après avoir été égorgées par les guerriers Banyamulenge. 
   Le père de famille était soupconné d'etre de mèche avec les 
   FDD du Burundi.

14. Le 23/08/99: Mr PALUKU  Emmanuel de Kiliba a été enlevé puis 
   exécuté par le commandant OREDI  KASENGA (Munyamulenge) pour lui 
   avoir reclamé les frais de réparation de la porte de la maison que 
   le commandant occupait à Kiliba. Son corps a  été retrouvé 
   le 24/08/99 au quartier Biens mal acquis dans l'enceinte de 
   l'usine Estagrico.

15. Le 14/09/99: Mr MUZALIWA, résidant dans la localité de LUHOLOHOLO, 
    groupement de Muhungu, sur les moyens plateaux qui surplombent la 
    ville d'Uvira, a été enlevé à son domicile et porté disparu 
    jusqu'à ce jour. Des traces de sang ont été découvertes le 
    15/09/99 à 2km du village. Ce crime a été signé par les guerriers 
    Banyamulenge.

16. Le 15/09/99: une personne  non identifiée a été retrouvée morte à 
   Kigoma (Sange) une balle logée dans la tete. Des villageois 
   affirment qu'il s'agit certainement d'un refugié exécuté ailleurs 
   mais jeté dans leur village pour égarer toutes les pistes de 
   recherche.

17. Le 15/09/99: 4 personnes dont Mr KISUSU résidant à Kigoma/Sange et 
   Mr KAPALATA de RUKOBERO / SANGE, ont été retrouvées mortes par 
   baionnette en plein cité de Sange. Les auteurs sont des réfugiés 
   burundais reconnus comme tels par la population locale.

18. Le 17/09/99: deux personnes ont été tuées vers 21 h00 par les 
   militaires burundais à Kiliba secteur VI. Une seule est identifiée 
   jusqu'à ce jour. Il s'agit de Mr WITANANYI, sentinelle d'une école 
   primaire de la place.

19. Le 24/09/99: Mr KADINGA, résidant à Kibogoye/Sange, a été tué par 
   balle par des militaires Banyamulenge.

20. Le 25/09/99: vers 19h00', Mr KADO MESO, Félix BWATO et WANGALALA 
   (en provenance de Bukavu), résidant en face du bureau du HCR/Uvira, 
   ont été tirés dessus à bout portant par des militaires banyamulenge 
   au niveau du pont Kalimabenge, cité d'Uvira. KADO a été touché à 
   la jambe, Félix BWATO au dos et WANGALALA a succombé sur le champ, 
   une balle logée au niveau du ventre. Cfr photo no 1 de sa 
   dépouille mortelle entourée de membres de sa famille. 
   Les deux autres rescapés ont été internés à l'hopital général de 
   référence d'Uvira pendant 1 mois et se portent actuellement bien.

21. Le 26/09/99: Mr MASOMO RUSUBI, résidant à Luvungi, a été exécuté 
   par un militaire du RCD qui lui exigeait de payer pour son compte 
   la facture de la journée passée chez une prostituée.

22. Dans la nuit du 28 au 29/09/99: Mr MAGAMBA KWIBE, résidant à 
   Kigongo a été exécuté par baionnette par des militaires 
   banyamulenge commandés par le fameux CHETANI. Ancien activiste de 
   droits de l'homme, très populaire à Kigongo, MAGAMBA avait été 
   récupéré par le RCD, puis chargé de négocier avec les positions de 
   FAP en vue de leur intégration au sein de l'armée rebelle. Il a 
   été soupconné par ses meurtriers d'avoir une double face.

23. Dans la nuit du 29 au 30/09/99: Mr Gervais, chef de quartier de 
   Kiboye/Sange ainsi que deux autres personnes (réfugiées burundaises)
   ont été retrouvés exécutés par balle et jetés dans un caniveau à 
   quelques 20m de la position militaire du RCD à Sange. Le chef de 
   quartier a été accusé de complicité avec les FAP (MAYI-MAYI). 
   Les interventions de la population et du chef de cité de Sange 
   en sa faveur n'ont pas amené le commandant Munyamulenge à désister 
  à le liquider.

24. Le 30/09/99: Mr KAJINGA, résidant sur l'avenue Lungutu/Sange, a 
  été exécuté avec 6 autres personnes non identifiées. Leurs corps 
  ont été retrouvés en date du 01/10/99 dans un champ de manioc sur 
  le chemin qui mène à NDUNDA.

25. Le 02/10/99: 4 personnes, toutes de l'ethnie BEMBE, résidant à 
  MASUNGU, Collectivité d'Itombwe, ont été enterrées par les guerriers 
  banyamulenge et sont portées disparues jusqu'à ce jour. Une fosse 
  commune dans laquelle elles ont été enterrées a été découverte en 
  date du 15/10/99. Il s'agit de personnes suivantes:
· Mr DESIRE BI'UMBA et son épouse
· Mme MAYELE MA'OMBE
· Mr DOUDOU MWENEBATU.

26. Dans la nuit du 08 au 09/10/99: Mr MUKOMBOZI SHABANI, résidant 
  à Kisenya, a été blessé par balle par un militaire munyamulenge 
  très connu à Uvira sous le nom de Jacques le Tueur. Ce dernier lui 
  a logé 2 balles dans la poitrine après lui avoir extorqué toute la 
  recete réalisée par son kiosque. La victime est décédée le 10/10/99 
  à l'hopital général d'Uvira suite à sa blessure.

27. Dans la nuit du 10 au 11/10/99: 7 personnes dont 3 femmes et 4 
  enfants ont été masacrées par les guerriers banyamulenge au cours 
  des opérations de ratissage sur les moyens plateaux d'Uvira. 
  Il s'agit essentiellement des femmes accompagnées de leurs enfants 
  qui se rendaient au champ. 3 corps ont pu être récupérés par les 
  membres de leurs familles respectives. Il s'agit de:
· Mme MAYALIWA Marceline, résidant à l'avenue MUSUFI/Mulongwe
· Mme KQSHINDI Christine de l'avenue KIYAYA I, no 10 / Mulongwe; sa 
  fille de 12 ans est portée disparue jusqu'aujourd'hui
· Mme NAMUGATA KUMBA de l'avenue kimbanguiste/Songo; sa belle-soeur 
  de 12 ans qui l'accompagnait a été abattue; également 2 autres 
  enfants sont toujours portés disparus. Les personnes avec 
  lesquelles ils étaient montés sont parvenues à échapper.

28. Le 12/10/99: 2 femmes non encore identifiées ont été retrouvées 
  mortes à NAFWANGA, Localité de Kijoga sur les moyens plateaux 
  d'Uvira. Mr RWASAMA résidant à Rugongo est aujourd'hui recherché 
  par les services de sécurité pour avoir dénoncé le double meurtre.

29. Le 25/10/99: Mr SIBOMANA, refugié de nationalité rwandaise et 
  HEMEDI SEFI de nationalité burundaise, résidant à Sange, ont été 
  enlevés à la même date par les agents de service de sécurité et 
  renseignements dont Mr MATHIAS HABINEZA est patron. Ils ont été 
  retrouvés égorgés et enterrés à moitié dans la cour de l'institut 
  Kyasote de Sange. D'après certaines sources administratives, 
  le nombre de cas d'enlèvements de refugiés a atteint    depuis 
  les massacres de Kahungwe.

30. Le 27/10/99: Mr KASONGO, résidant sur l'avenue MUSENYI/Sange et 
  Mr KASIGWA, résidant sur l'avenue Kinanira (agé de 16 ans), ont
  été enlevés par les agents de service de sécurité et renseignements 
 en provenance d'Uvira au moyen d'un minibus « TCHAMUKWALE ». Ils ont 
 été retrouvés morts le 28/10/99.

3. Des viols.

	De nombreux cas de viols ont été enregistrés au cours de cette 
 période susmentionnée. Malheureusement, la plupart de victimes 
 préfèrent garder silence par honte de se voir pointer du doigt par 
 la société car la femme violée est considérée dans la mentalité 
 locale comme étant diminuée de ses prestiges, de son honneur au sein 
 de la société.

	Celles qui ont accepté de nous livrer ces informations nous 
 ont recommandé que l,anonymat sur leur identité soit requis. Par 
 contre, celles dont les noms figurent dans ce rapport, leurs données 
 ont été tirées des fiches médicales dans les centres de santé ou 
 elles ont été recues pour traitement. Les responsables de ces 
 derniers nous ont aussi demandé de garder discrètes les sources 
 de ces informations.


· Le 14/08/99: 2 femmes résidant à Mulongwe qui nous ont demandé de 
 garder l'anonymat de leur identité ont été violées et puis passées 
 à tabac sur les moyens plateaux qui surplombent la ville d'Uvira. 
 Leurs agresseurs étaient des guerriers banyamulenge qui les avaient 
 surprises en pleins travaux d'arrachage des tubercules de manioc. 
 Elles ont été mises en observation pendant une semaine dans un centre 
 de santé de la place.

· Le 15/08/99: 7 femmes résidant à Kitundu, sur les moyens plateaux, 
 ont été enlevées par les guerriers banyamulenge et acheminées à Membo,
  leur fief. Elles ont été relachées après avoir été massivement 
 violées 3 jours durant. Une d'entre elles est enceinte sans le 
 vouloir. Elle est aujourd'hui traumatisée et a tenté de se suicider.

· Le 15/09/99: Mme KIALA MAUWA, mariée et mère de 4 enfants et Mme 
 MAONESHO, mariée également et mère de 6 enfants, ont été violées 
 massivement par les guerriers banyamulenge qu'elles ont croisés 
 sur les hauteurs de Kasenga alors qu'elles revenaient de leurs 
 champs. Elles ont été admises dans un centre de santé pour 
 observation.

· Le 24/09/99: l'épouse de Mr RWASSA, résidant au quartier Songo/Uvira,
  a été violée au niveau de la position de chez Mwami par des 
 banyamulenge alors qu'elle se rendait au champ de famille situé juste 
 sur les hauteurs de ladite position militaire.

· Le 26/09/99: à Katala dans la collectivité-chefferie de Bavira, Mme 
 SAKINA LEA, SIBAZURI MANENE, THERESE KALISA et ADOLPHINE MWANVUA ont 
 été toutes rassemblées dans une maison, puis violées collectivement 
 par les guerriers banyamulenge qui venaient d'assiéger la localité 
 après un dur combat contre les combattants du FAP. Toutes avaient 
 été admises dans un centre de santé.

· Le 12/10/99: 2 jeunes filles, une agée de 16 ans et l'autre de 18 
 ans, ont été violées à Kabimba, collectivité-chefferie de Bavira, 
 par des militaires congolais du RCD. Ces derniers venaient de piller 
 les biens dans plusieurs habitations du village.

4. De mauvais traitements et des tortures corporelles infligés à des 
 civils non armés.

	Les populations autochtones dans les zones d'Uvira et Fizi en 
 général et celles de la plaine de la Ruzizi et des moyens plateaux 
 et
  des hauts plateaux en particulier, sont soumises à des travaux forcés
 
 
 . Des témoins interrogés par SOS DHC affirment avoir été forcés de 
 travailler gratuitement dans les champs appartenant aux familles de 
 guerriers banyamulenge. Plusieurs personnes ont été tuées ou 
 infligées de tortures pour avoir résisté de s'y soumettre comme le 
 cas du jeune NASHIMBI résidant à Luberizi et tué par balle pour avoir
  résisté d'aller puiser de l'eau pour le compte des militaires 
 burundais.

Plus de 59 cas de cette nouvelle forme d'esclavagisme ont été 
 enregistrés au cours de cette période ou trimestre.
Dans la Zone d'Uvira seulement, à titre illustratif:

· le 08/08/99: à Rubanza/Lemera, 26 femmes ont été obligées pendant 
 4 jours d'effectuer sous haute surveillance militaire, des travaux 
 pour le compte des familles banyamulenge installées récemment dans 
 les périphéries de Lemera.

· Le 18/08/99: 65 personnes, y compris des femmes, autochtones, ont 
 été obligées de creuser des latrines à TULAMBO pour le compte des 
 familles banyamulenge rapatriées du Rwanda.

· Toujours à Tulambo, les familles autochtones sont obligées de 
 travailler une fois par semaine pour le compte des guerriers 
 banyamulenge en compensation de la protection que ces derniers 
 leur assurent. 

Par ailleurs, les personnes arretées et detenues dans les divers 
 cachots érigés par chaque commandant sont torturées à mort. Il 
 suffit de passer chaque matin et chaque soir pour entendre des 
 cris de detresse poussés par les detenus.

Plus de 120 personnes ont été torturées dans les maisons d'arret 
 d'Uvira.
A titre d'exemples:

· Mr BYAMUNGU MAKUBILI, professeur dans une école secondaire de SANGE 
 a été torturé en date du 1er/10/99 par les militaires du RCD pour 
 avoir refusé de payer les frais de convocation demandés par le 
 commandant de la place à Sange. Aujourd'hui, il a perdu l'usage de sa 
 main droite et est entrain de suivre les soins auprès des médecins 
 traditionnels.

· KASIMBIRA, résidant à Mulongwe, a été enlevé en date du 14/09/99 et 
 detenuau bureau de service de sécurité et renseignements. Il y  a été
 torturé à mort à telle enseigne que les traces des parties de son 
 coprs où il a été ligotées sont encore visibles. La victime a été 
 libérée en date du 30/09/99 après l'intervention de plusieurs 
 personnalités de la ville. Elle a été internée au centre de santé 
 de Kavimvira pendant 8 jours.

· MWARAYE  a été torturé en date du 08/09/99 Sange par les militaires 
 du RCD fachés de voir refuser à leur collègue d'armes la main de la 
 belle-soeur de la victime. La partie corporelle ou il a été torturé 
 est localisée au niveau de testicules. Il a été interné au centre 
 de santé de Sange ou il a passé 10 jours de traitements intensifs.

5. De l'atteinte à la liberté d'expression.

	Presque toutes les ONG de défense de droits de la personne 
 humaine opérant dans les zones d'Uvira et Fizi ont opté, pour des 
 raisons de sécurité, la stratégie de garder l'anonymat dans toutes 
 les activités qu'elles mènent sur le terrain.

Nonobstant, une campagne d'identification des activistes de droits de 
 l'homme a été lancée par le directeur provincial de service de 
 sécurité et renseignements qui a été relayé par le service local à 
 Uvira. 3 activistes qui ont été identifiés par ce dernier ont été 
 obligés de s'exiler à Bujumbura / Burundi et sont sous la protection 
 du HCR/Burundi. Il s'agit de Mr WOPSY LUMBU, Secrétaire exécutif du 
 GVSV, de AMULI NDAUDI et Alexis BORA UZIMA, tous deux du SOS DHC. 
 Leur état sécuritaire n'est certainement pas assuré d'autant plus 
 que le Burundi est impliqué militairement dans la guerre en RDC. 
 Leur évacuation dans un autre pays non impliqué dans la guerre au 
 Congo pourra rassurer leur situation sécuritaire.

Plusieurs membres du mouvement associatif sont aussi dans le 
collimateur des services de renseignements des rebelles. Certains 
ont été assignés à ne plus quitter tous les territoires occupés par 
le RCD.

En outre, presque tous les journalistes de la radio Uvira ont été 
menacés par les autorités administratives et militaires. Ils sont 
accusés d'etre à la solde de MAYI-MAYI et de KABILA pour qui ils 
n'hésitent pas à diffuser des informations favorables à l'action 
de son gouvernement captées sur les radios étrangères ou denoncant 
les cas de ces violations de droits de l'homme perpétrés chaque jour.
	Ainsi, Mr KAKONGA DONADO, journaliste à  la radio Uvira a été 
apprehendé et detenu au bureau 2 en date du 26/10/99 par le commandant
 BOLINGO (munyamulenge) pour avoir radiodiffusé le 25/10/99 un nombre
 élevé depassant les chiffres officiels avancés par le RCD sur les 
massacres de Kahungwe. Il a été relaché 5 jours plus tard après avoir
subi un interrogatoire musclé et des actes d'intimidations.

SECTION II: Des violations perpétrées par les MAYI-MAYI et autres 
forces opposées au RCD.

	Depuis la signature des accords de Lusaka, les FAP et leurs 
alliés naturels (les FDD) opèrent en défensive. Leur stratégie qui 
consiste à mener des représailles sur les populations banyamulenge 
pour venger toutes les atrocités commises par le RCD, a été maintenue 
pour tempérer et dissuader les guerriers banyamulenge à ne plus 
perpétrer les actes de violence contre les populations autochtones.
 Par ailleurs, des enlèvements suivis des exécutions sommaires dans 
le chef de FAP se sont multipliés ces derniers jour. Ils ont été 
dirigés contre les personnes surtout les congolais soupconnés d'etre
 de mèche avec les envahisseurs Tutsi.

· Le 12/08/99: 3 personnes, toutes d'ethnie tutsi de Vyura ont été 
lechement exécutées par des individus armés supposés être de 
combattants du FDD au bord de la rivière Ruzizi du coé de la RDC à 

Kiliba. Les 3 victimes sont:
1. LEONCE MUTUSI
2. YUWERI SWEMO
3. RUTAKA MUNGURA
 Les auteurs de ce triple crime ont ensuite abattu 35 vaches et emporté
 vers le Burundi 150 autres.
· Le 14/09/99: Mr KAKOZI MUBAKE dit DEMUZUNGU, agent de service secret
  du RCD détaché à Kigongo, a été décapité par les FAP Kigongo.
· Le 27/09/99: un sujet munyamulenge non identifié a été tué à 
 Kahungwe par les combattants FAP. 6 vaches qu'ils comptaient vendre
 au marché ont été emportées.
· Le 30/09/99: 7 personnes dont 3 femmes, toutes de l'ethnie 
 banyamulenge ont été massacrées à Mulenge par les combattants FAP 
 lors de leurs tentqtives d'assiéger ladite localité.
· Le 30/10/99: Mr PETEPETE MENYA, informateur au service de sécurité
  et renseignements résidant à Kasenga a été enlevé à son domicile 
 par les guerriers FAP. Il est porté disparu jusqu'à ce jour
-

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