HERITIERS
DE LA JUSTICE
Situation des Droits de l’Homme en République Démocratique du Congo
2e et 3e trimestres 1998 ( Cas de la Province du Sud-Kivu)
En date du 15 Octobre 1998, l’Association Héritiers de la Justice a publié un rapport synoptique de 19 pages sur la situation des droits de l’homme qui a prévalu dans la région du Sud-Kivu au cours de la seconde moitié de l'année 1998. Ci-après son condensé minimum.
Ce rapport présente un tableau très sombre et désolant, caractérisé par des tueries, des actes de torture et d’autre traitement inhumain et dégradants, des limitations aux libertés fondamentales y compris la liberté d’association, d’expression et d’opinion. Des actes d’atteintes aux normes humanitaires protégeant des civils non-combattants, des prisonniers de guerres et des enfants, ont été commis par les parties aux conflits en RDC, violant ainsi des règles conventionnelles (la Convention contre la Torture, le Pacte relatif aux droits civils et politiques, la Charte Africaine ; Etc. ;) et de coutume internationale (telle par exemple le contenu de l'article 3, commun aux Conventions de Genève) garantissant la protection de des droits humains, même en temps de conflits armés. En plus du nombre d'environs 600 personnes massacrées à Kasika, ce rapport révèle qu'en moyenne 40 cas d’exécutions extrajudiciaires et tueries ont été commis dans chaque zone, plus particulièrement dans les zone de Fizi, Mwenga, Walungu, Uvira et Kalehe.
Même les personnes et infrastructures protégées par les lois et coutumes de guerres, tels les enfants, les femmes, les hopitaux, les églises, etc., ont fait objet d'attaques délibérées. L’un des cas les plus frappant est le viol par de 5 militaires Banyamulenge des FAC, d’une fillette âgée de 12 ans nommée Namakoti Kahuga. La scène a eu lieu en date du 15/5/1998 dans le village de Kitu, groupement Kigongo en territoire d’Uvira. Aussi plusieurs personnes sont mortes à la suite des coups et tortures leur infligées. A titre examplatif, le nomme Bisimwa Bulakali est mort le 16 juin 1998 à Kaziba après une horrible torture militaire.
S'agissant des disparitions, le Rapport indique qu'elles ont été de pratique courante, surtout en zones d’Uvira, de Walungu, de Kabare et dans les 3 zones urbaines de la ville de Bukavu, chef lieu du Sud-Kivu. Les membres de famille de plusieurs victimes demeurent sans nouvelles dans la plus part de cas et les parties aux conflits continuent de nier leur participation à ces disparitions.
Le Rapport indique, en outre, que la plus part des cas d’exécutions extrajudiciaires et tueries se commettent :
Cette crise a été accentuée par des discours de la haine, tenus par des responsables politiques de la rébellion à travers des meetings populaires retransmis en direct ou en différé à la radiotélévision nationale (RTNC). Cette radio diffuse aussi une émission nommée "La politique" animée par le journaliste Tbilissi Mulonda, le même qui a joué un rôle sinistre en animant la très tristement célèbre Radio Télévision des Milles Collines (RTLM), en 1994 au Rwanda.
En revanche, la radio, le Patriote supposée détenue par les combattants Mayi-Mayi, a émis en Septembre 1998, des émissions incitant à la haine contre les Tutsi, le Rwanda et l’Ouganda.
Le rapport conclut en faisant des propositions des stratégies pour améliorer la situation qui prévaut dans la province :
Fait à Bukavu le 15 Octobre 1998.
Héritiers de la Justice