NLR/Héritiers de la Justice
Qu’arriverait-il au cas où le mouvement rebelle gagnerait la guerre ?
Si la rébellion gagne, l’homme placé au pouvoir à Kinshasa par Kigali ou Kampala ferait très rapidement face à un choix entre l’opinion locale, exigeant le contrôle de la machine étatique par les nationaux congolais et la demande des alliés étrangers (Kigali et Kampala) de maintenir certain de leurs hommes au sein des organes gouvernementaux. Opter pour la satisfaction de la demande de l’opinion locale, comme l’avait fait Kabila, pousserait le Rwanda et l’Ouganda à recommencer le processus de rébellion à partir de l’est. Opter pour le maintien des alliés conduirait à une vague des protestations et instabilités sociales.
Qu’arriverait-il au cas où la coalition de Kabila gagnerait la guerre ?
La question fondamentale de l’insécurité aux frontières
Ruandaises et ougandaises resterait non résolue. En d’autres termes
les milices accusées d’être les auteurs d’incursions à
partir du territoire congolais demeureraient intacts. Il est vrai que pour
le gouvernent de Kinshasa ceci ne constituerait pas un problème.
Mais pour les populations de l’Est du Congo et des parties Ruandaise frontalières
au Congo, la présence de ces milices hutu au Congo resterait une
cause d’instabilité.
Quels sont les intérets en jeux dans l’Accord de Lusaka ?
La réponse à cette question n’a rien à faire avec une quelconque volonté ou détermination politique d’étendre ou de créer une Zone tampon. La réussite d’une politique d’occupation dépend plutôt de la capacité, en termes de ressources humaines, financières, technologiques, logistiques, etc. de l’Occupant. C’est au prix de la combinaison des ces moyens qu’Israël se maintient au Sud Liban et ailleurs. Diverses sources estiment que Israël dépense plusieurs millions de dollars US par jour pour le maintien de ses troupes dans les territoires occupés, sans compter ses capacités technologiques. Les mêmes sources indiquent qu’en outre de forces organisées auxquelles un pouvoir Occupant se doit de faire face, les plus chères et dangereuses sont les force clandestines, s’exprimant au travers des actes d’attentats et de terrorisme.
La question est de savoir si le Rwanda et l’Ouganda disposent de pareille moyens capable de faire face à ce qu’une politique d’occupation nécessite.
Pour Héritiers de la Justice, quel que soit le coût de leur mise en application, les Accords de Lusaka valent la peine d’être soutenus. Ils constituent une opportunité historique pour une stabilité durable dans la région des Grands Lacs. Comme l’a si bien dit le Ministre Sud-Africain des Affaires Etrangères, une quelconque victoire militaire dans la guerre du Congo ne serait qu’une cause pour un autre cycle de violence. Les Accords de Lusaka, a dit ce Ministre, est la seule voie pour un avenir de paix dans cette partie de l’Afrique.
Ce point de vue serait probablement celui des Nations Unies et d’autres puissances qui, en dépit des tergiversations des belligérants ont donné un feu vert à la mission 90 d’observateurs le vendredi passé ;
Héritiers de la Justice
Août 1999