Heritiers de la Justice, a.s.b.l.
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Le malaise de l'archevêque Charles Mbogha Kambale lors des cérémonies de sa consécration estompe les espoirs de la population du Sud-Kivu.
08 June 2001, 18 h

Le dimanche 03 juin 2001, aux environs de 10 heures, devant la Cathédrale Notre Dame de la Paix de Bukavu, l' archevêque Charles Mbogha Kambale a été pris d'un malaise en pleine cérémonie de sa consécration en tant que nouveau responsable du diocèse de Bukavu. Cette scène inattendue s'est produite devant de nombreux prélats catholiques présents pour la circonstance, des responsables politiques et militaires du RCD et une foule impressionnante de fidèles attendant les bénédictions du nouveau pasteur.

L'opinion se rappellera que le diocèse de Bukavu privé d'un responsable après la mort inopinée de l'archevêque Emmanuel Kataliko en octobre 2000, se préparait à accueillir le nouvel archevêque nommé par le Pape. A cette occasion, le cardinal ETSOU du Diocèse de Kinshasa avait été désigné par Rome pour présider les cérémonies de consécration. Etaient présents aussi messeigneurs Mosengho Pasinya de Kisangani, Kaboyi de Kindu, Sikuli de Butembo, Ngabo de Goma et de nombreux religieuses et religieux. Les festivités avaient débuté aux environs de 9 heures 30 par une procession à partir de l'archevêché jusqu'à la cathédrale. Des gerbes de fleurs avaient été déposées par les prélats sur les tombes situées sur l'esplanade de la Cathédrale des défunts Muzihirwa et Kataliko en mémoire des illustres disparus.

Vêtu d'une soutane rouge, l'archevêque Charles Mbogha Kambale a ressenti le malaise au moment où il s'apprêtait à prendre place dans le siège qui lui était réservé. Il a été conduit directement dans la cathédrale avant qu'un appel ne soit lancé en direction des médecins Bula Bula et Janvier respectivement de l'Hôpital Général de Référence de Bukavu et du BOM (Bureau des Oeuvres Médicales). Il avait été ensuite transféré à l'Hôpital Général de Référence de Bukavu en soins intensifs. C'est en larmoyant que le cardinal ETSOU a annoncé la nouvelle aux fidèles. La foule intense excédée par ce triste événement et surtout en souvenir de récents épisodes que l'Eglise catholique de Bukavu avait connus, a commencé à scander des slogans hostiles au RDC.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer l'état dans lequel l'archevêque s'était retrouvé :
- certains pensent qu'il s 'agirait d'une fatigue due à un travail intense que l'archevêque aurait fait durant plusieurs jours sans repos. On parle des séances de remise reprise dans son diocèse à Bunia, des travaux préparatoires des cérémonies de Bukavu, de plusieurs audiences accordées aux invités et autres responsables locaux.
- D'autres parlent d'un complot visant à éliminer le nouveau responsable. Des rumeurs persistantes faisant état d'un mécontentement au sein des dirigeants locaux de l'église catholique qui désapprouveraient le choix des responsables du diocèse ailleurs alors qu'il a des personnes capables de remplir la même tâche sur place à Bukavu. Les dirigeants du RDC n'ont pas été épargnés par ces allégations.

D'autres encore estiment que l'archevêque a été pris de court par l'afflux massif des fidèles qui ont répondu positivement aux appels des responsables des paroisses pour réserver un accueil chaleureux au nouveau gardien. Pensant à la lourde responsabilité qui l'attendait sur fond de crise socio-politico-économique du moment, il aurait perdu le contrôle et un étourdissement s'en était suivi.

Les proches de l'archevêque qui ont été contactés dans la matinée de mardi 05 juin 2001 ont affirmé que son état de santé était toujours préoccupant et que des dispositions seraient prises pour le transfert du malade à Nairobi pour des soins appropriés.

Les espoirs qui ont été suscités parmi la population toute entière par l'arrivée du nouvel archevêque dans le diocèse de Bukavu ont été vite voilés par ce triste incident. Tous les fidèles ainsi que toutes les populations du Sud-Kivu attendent impatiemment que le Tout Puissant puisse exaucer leur vœu, celui de voir leur nouveau père recouvrer la santé et revenir triomphant parmi ses brebis.

Les populations de Bunyakiri au Sud-Kivu vident leurs villages pour Bukavu L'administrateur de ce nouveau territoire est menacé de révocation par l'autorité provinciale du Sud-Kivu.

Monsieur Dunia Masumbuko, administrateur du nouveau territoire de Bunyakiri créé par le RCD en novembre 2000, est menacé de révocation par le gouverneur de province du Sud-Kivu, monsieur Norbert Basengezi Katintima. Il lui est reproché d'avoir semé la panique dans son entité et provoqué l'exode de la population de Bunyakiri en propageant de fausses rumeurs relatives aux attaques des bandes armées interahamwe et maï-maï après le départ des troupes alliées. Un arrêté du Gouverneur de province confirmant sa révocation serait en trait d'être rédigé.

Des informations dignes de foi indiquent que monsieur Dunia Masumbuko aurait demandé à la population de son entité de prendre des dispositions pour leur sécurité après le retour massif des militaires alliés rwandais qui opéraient à Bunyakiri. Visiblement, les militaires rwandais sont en train de se retirer de cette zone. Ce retrait serait consécutif à la demande de leur état major à Kigali qui est confronté ce dernier temps aux incursions incessantes des interahamwe dans le Nord du pays. Suite à ce retrait subite et accéléré, l'administrateur du territoire, représentant légal du RCD dans cette partie de la province, aurait estimé que sa sécurité n'était plus garantie compte tenu du bras de fer permanent qui oppose le pouvoir aux miliciens. Il aurait opté pour l'exode vers la ville de Bukavu en attendant les instructions de la hiérarchie.

Son départ pour Bukavu a provoqué un mouvement de panique au sein de la population qui a, pour sa part, opté pour la même solution, le déplacement. Depuis hier mercredi 06/06/2001 les populations se déplacent massivement vers Bukavu. Les éléments de l'APR prennent de force les véhicules des particuliers pour le transport des troupes vers le Rwanda. Avant leur départ, ils brûlent leurs positions que viennent récupérer les bandes armées Maï-maï.

Les autorités politico-militaires de la province n'ont pas pris en considération les arguments de l'administrateur. Au contraire elles considèrent ce geste comme étant un acte de trahison envers le mouvement RCD et une astuce mise en place par monsieur Dunia pour donner plus de crédit aux milices armées. Il aurait été longuement interrogé par les responsables de la sécurité sur sa décision considérée ni plus ni moins comme un abandon de poste.

Le sort de monsieur Dunia préoccupe toutes les organisations de défense de droits de l'homme et plus particulièrement l'asbl Héritiers de la Justice qui estime que la vie de cet homme est en danger. Son hypothétique complicité avec les bandes armées annoncée par les autorités provinciales du RCD laisse présager le pire quant à la sécurité et la quiétude de ce compatriote.

Des actes barbares se multiplient à Kaziba et ses environs

Attaque des hommes armés dans la localité de Buzonga à Mushenyi Dans la nuit du mardi 29 mai au mercredi 30 mai aux environs de 3heures du matin, la localité de Buzonga située dans le groupement de Mushenyi, collectivité-chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu, a été attaquée par des hommes armés soupçonnés appartenir aux troupes du RCD stationnées dans les groupements voisins de Chibanda et Mwerwe dans la collectivité-chefferie de Kaziba. Au cours de cette attaque, six personnes ont été blessées par balles dont deux grièvement. Elles sont internées à l'hôpital de la 5ième CELPA (Communauté des Eglises Libres de Pentecôte en Afrique) /Kaziba. Plusieurs familles ont été dépouillées de leurs biens par ces inciviques. La fille de monsieur Kabongo Kachirezi, nommée Zawadi Kabongo enlevée par ces assaillants a échappé miraculeusement à leur emprise au cours de l'opération.

Les personnes blessées sont : Chiruza Louis( hospitalisé pour fracture des côtes) , Bafuka Chalazire (hospitalisé pour blessure à l'épaule gauche), Chunvi Déogratias, Chishibanji, Bansomire Masika et M'Nabulunda.

Au lendemain de cette attaque, des effets pillés ont été retrouvés sur le chemin menant vers les positions tenues par les militaires du RCD. Il semblerait même que certaines gens auraient identifié trois militaires stationnés dans le groupement de Mwerwe parmi les malfaiteurs.

La population est de plus en plus persuadée que cette agression serait l'œuvre des militaires précités. En effet, les militaires en poste dans le groupement de Chibanda à moins de 3 kilomètres du lieu du drame auraient pu intervenir, alertés par les coups de feu. Curieusement ils ne se sont pas manifestés.

Les assauts nocturnes des habitations par les bandes armées s'intensifient

Dans la nuit du 1er au 2 juin 2001, monsieur Mbirize Ntagereka, âgé d'une cinquantaine d'années, chef de groupement de Ntagereka dans la collectivité-chefferie de Kaziba en territoire de Walungu, a été agressé à son domicile par des hommes armés suspectés être des interahamwe. L'infortuné a été blessé par balle au niveau du testicule droit. Il a été interné à l'hôpital de Kaziba pour des soins urgents. Ses bourreaux l'accuseraient d'être un informateur des FAP( Forces d'Autodéfense Populaire) qui livreraient un combat sans merci aux interahamwe qui harcèlent la population. L'on se souviendra que ce chef de groupement a été victime d'arrestation et de torture en 1999 par des militaires Banyamulenge qui l'avaient accusé d'être d'intelligence avec les combattants maï-maï

Au cours de la même nuit, monsieur Barhuze Gédéon, âgé de 22ans, habitant le groupement de Chiburhi dans la collectivité-chefferie de Kaziba a été attaqué dans sa résidence par des hommes identifiés comme des interahamwe. Ces agresseurs lui ont tiré une balle dans l'épaule gauche. Il est actuellement soigné à l'hôpital de Kaziba.

Le 30 avril 2001, un groupe d'hommes parlant Kinyarwanda et Kifulero ont fait irruption dans la concession de monsieur Chishokomi cha Muntu dans la localité de Kasheke, groupement Kashozi à Kaziba. Ils ont pillé tous les effets. Alertés par les cris de détresse de la victime, les voisins ont accouru en lançant des appels au secours. Les bruits d'instruments métalliques, des tambours et des sifflets ont retenti pour décourager les assaillants. Ces derniers ont tiré des coups de balles pour éviter l'offensive de la population. Six autres habitations ont été attaquées dans la même soirée. Les militaires du RCD sont arrivés quelques heures après le départ des assaillants.

Les maï-maï auraient volé au secours de la population dans les montagnes de Nabumbu.

Le vendredi 25 mai 2001, les combattants maï-maï en provenance du groupement de Ntagereka à l'Est de la collectivité-chefferie de Kaziba se seraient affrontés avec les militaires du RCD dans les montagnes de Nabumbu situées à l'Est de Kaziba. Selon les informations à notre possession, les maï-maï seraient venus briser la barrière que les militaires avaient érigée en ces lieux pour rançonner les marchands de manioc. Chaque négociant de retour du marché de Kafindjo où des autres points de vente de manioc situés dans la collectivité-chefferie voisine de Bafuliro était contraint d'offrir 8 cossettes. Ces militaires auraient été pourchassés par les combattants maï-maï pour démanteler ce réseau de tracasserie et de rançonnement.

L'asbl Héritiers de la Justice remarque avec beaucoup d'inquiétude que les actes barbares perpétrés par les bandes armées et les militaires positionnés à Kaziba et dont sont victimes les populations civiles innocentes se multiplient considérablement. L'angoisse s'accroît davantage lorsque on observe le silence de l'autorité devant des exactions flagrantes et répétées des agents censés sécuriser la population. Les événements qui ont eu lieu dans la collectivité-chefferie de Kaziba et ses environs ces derniers mois ainsi que la détérioration du climat sécuritaire qui se poursuit interpellent un chacun et plus particulièrement les autorités politico-militaires pour une action urgente afin de restaurer l'ordre et la sécurité. Le RCD devrait penser à la ration et à la solde de ses militaires au lieu de laisser ces derniers s'approvisionner au détriment de la population.

Héritiers de la Justice

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