| Heritiers de la Justice, HJ
Service des Eglises Protestantes pour les Droits Humains et la Paix |
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II. Quel coin du Sud-Kivu flash?
Le Secrétaire général fait observer que le déploiement de personnel militaire supplémentaire devrait contribuer à relancer et à maintenir la dynamique de l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka. A cet égard, les signataires de l'Accord ont un rôle décisif à jouer pour assurer l'application de l'Accord. Pour que la communauté internationale soit disposée à leur prêter son plein appui et à allouer les importantes ressources qui seront nécessaires, ils doivent réaffirmer, avec une détermination accrue, qu'ils sont résolus à respecter l'Accord qu'ils ont signé. Dans ce contexte, ils ne devront lancer aucune nouvelle offensive militaire, garantir la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies et cesser toute propagande hostile et, notamment, toute incitation à l'agression de civils non armés. Les parties peuvent montrer leur attachement à l'Accord en ayant recours aux mécanismes qui y sont prévus. A cet égard, l'initiative prise par la Commission de trouver une solution à l'encerclement d'Ikela est encourageante, estime le Secrétaire général qui se félicite des mesures prises dans ce contexte par le Gouvernement zambien et, en particulier, par le Président par intérim de la Commission, le général de brigade Timothy Kazembe, et qui souhaite vivement qu'elles aboutissent. La Commission militaire mixte, qui a un rôle clé, doit être promptement mise en place à titre permanent, être capable de réagir rapidement aux événements et proposer des décisions crédibles et faisant autorité.
Le 15 décembre, à l'issue de consultations tenues avec le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RCD-Goma), le RCD-Mouvement de libération (RCD-ML) et le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), le Secrétaire général de l'Organisation de l,unité africaine (OUA), M. Salim Ahmed Salim, a annoncé que les parties avaient convenu que l'ancien Président du Botswana, Sir Ketumile Masiré, assumerait les fonctions de facilitateur neutre pour les négociations politiques intercongolaises. Comme l'Accord de Lusaka le prévoit, les participants au dialogue comprendront, outre les parties congolaises, l'opposition politique et les représentants des "forces vives". Le dialogue intercongolais est un pas essentiel vers la réconciliation nationale et l'instauration d'une paix durable et de la stabilité en République démocratique du Congo. La désignation de Sir Ketumile Masiré, Président du Botswana, comme facilitateur neutre du dialogue intercongolais laisse entrevoir la perspective que l'autre grand fondement du processus de paix de Lusaka sera maintenant concrétisé, avec l'assistance de l'OUA. L'ONU est résolue à coopérer avec cette dernière pour aider le facilitateur dans sa tâche. A cet égard, le Secrétaire général salue les initiatives prises à l'échelle régionale, notamment par le Président Chiluba, le Président Bouteflika et le Président Mbéki, pour appuyer le processus de paix. Il se réjouit également de l'initiative prise par le Gouvernement des Etats-Unis, qui préside le Conseil de sécurité au mois de janvier 2000, pour encourager les parties belligérantes à réaffirmer les engagements qu'elles ont pris en signant l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka. Sous réserve que les parties prennent les mesures nécessaires, le Secrétaire général recommande le déploiement de quatre bataillons d'infanterie protégés et renforcés, accompagnés de 500 observateurs militaires, de deux compagnies navales, ainsi que du personnel et du matériel d'appui militaire et du personnel civil supplémentaire nécessaire. Il soumettra dès que possible au Conseil un état prévisionnel des incidences financières de ces propositions, sous la forme d'un additif au présent rapport.
En attendant le déploiement complet d'une force des Nations Unies, la Commission militaire mixte continuera de jouer un rôle décisif. Afin de lui permettre de s'acquitter pleinement de son mandat en vertu de l'Accord de Lusaka, le Secrétaire général engage à nouveau les donateurs à verser des contributions, en espèce ou en nature, pour financer son fonctionnement. Dans son rapport du 15 juillet 1999, le Secrétaire général avait précisé que, pour être efficace, toute mission de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo, quel que soit son mandat, devrait être importante et serait onéreuse. Elle exigerait le déploiement de milliers de membres des personnels militaires et civils et aurait à faire face à d'immenses difficultés et à de nouveaux risques. Le déploiement serait lent. Cette analyse a été amplement corroborée par les renseignements fournis jusqu'ici par le personnel de la MONUC, en particulier pour ce qui est de la situation militaire et logistique dans le pays. Le déploiement de cette opération de maintien de la paix suscitera des espérances démesurées et probablement irréalistes.
Le Secrétaire général réaffirme que l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka est porteur de l'espoir le plus tangible de règlement du conflit en République démocratique du Congo et représente, en l'état actuel des choses, le seul moyen viable pour y parvenir. Ce mois de janvier 2000 offre aux dirigeants des pays concernés ce qui est peut-être leur dernière chance de montrer qu'ils sont résolus à appliquer l'Accord et à rétablir la paix et la stabilité dans la sous-région de l'Afrique centrale. Déclarations
Mme MADELEINE ALBRIGHT, Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, a estimé que la présence au Conseil d'autant de dirigeants nationaux reflète à la fois la gravité des troubles en République démocratique du Congo et la volonté de ceux-ci de faire la paix. De par la situation géographique et la taille de la RDC et de par le nombre de pays impliqués dans le conflit, on pourrait parler de première guerre mondiale en Afrique. La Secrétaire d'Etat a exprimé l'espoir que des progrès décisifs seront réalisés au cours de cette réunion et des jours à venir. Les parties doivent détailler de façon crédible la manière dont elles comptent remplir les engagements qu'elles ont pris. Le Conseil et la communauté internationale doivent, pour leur part, répondre par des mesures de soutien à la transition de la situation de conflit à la coopération. Mme Albright a estimé que l'Accord de Lusaka constituait une base solide pour le progrès et a rappelé que, dans ce cadre, la souveraineté et l'intégrité territoriale du Congo doivent être restaurées et ensuite respectées. L'Accord prévoit aussi la poursuite du processus de dialogue interne en République démocratique du Congo, le retrait des troupes étrangères, et l'établissement de mécanismes concrets visant à assurer que le Congo ne serve pas de sanctuaire à des groupes armés illégaux de quelque pays que ce soit. Voilà les mesures qui peuvent guider l'Afrique centrale sur la voie de la sécurité pour tous. C'est là le moyen de réaliser le vaste potentiel économique de la région, a-t-elle souligné.
La responsabilité première de la mise en oeuvre de ces mesures incombe aux parties, y compris aux groupes rebelles, a affirmé Mme Albright. La communauté internationale, y compris les Etats-Unis, condamnent les violations de l'intégrité territoriale du Congo par des troupes étrangères, mais ils ne peuvent forcer le retrait de ces troupes, ni mener le dialogue interne. Ils ne peuvent que vous aider à prendre vos responsabilités. Pour leur part, les Etats-Unis ont fermement appuyé le processus de Lusaka. Ainsi, ils fournissent un million de dollars pour soutenir le travail de la Commission militaire mixte avec laquelle ils appellent toutes les parties à coopérer en vue du désarmement, de la démobilisation et du processus de réintégration dans le cadre du Chapitre 7 de la Charte et conformément à l'Accord de Lusaka. Mme Albright a fait part de son intention de demander au Congrès de fournir cette année un million de dollars pour appuyer les efforts du Facilitateur, M. Masiré (ancien Président du Botswana) afin de faciliter le dialogue national congolais. Elle a jugé ce dialogue vital pour mettre fin au conflit et en prévenir d'autres, mais aussi pour jeter les bases d'un processus politique qui recueille un large soutien, et d'institutions gouvernementales démocratiques. Les Etats-Unis appuient aussi fermement les efforts déployés par le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Morjane, en vue de faire cesser les violations des droits de l'homme, de prévenir les atrocités et de fournir une assistance humanitaire. L'aspect le plus perturbant du conflit a été les violations horribles des droits fondamentaux de l'homme par toutes les parties, a dit Mme Albright, évoquant des rapports crédibles selon lesquels des femmes auraient été brûlées vives dans l'Est du Congo.
Aucun raisonnement invoquant des souffrances passées, l'allégeance politique ou des différences ethniques ne justifie les meurtres, les tortures, les viols et les autres abus. Aujourd'hui, nous devons ensemble faire serment de mettre fin à ces crimes et de traduire leurs auteurs en justice. Mme Albright a assuré que si les efforts de cette semaine réussissaient à donner un nouvel élan à la mise en oeuvre de l'Accord de paix, elle consulterait le Congrès américain et s'efforcerait d'obtenir un consensus rapide du Conseil en vue du déploiement d'une mission de paix de l'ONU. Pour réussir, une telle mission doit reposer sur les engagements pris par les signataires de Lusaka sur les questions clés de l'accès, de la sécurité et de la coopération. Comme en attestera le Secrétaire général, nous avons beaucoup appris des missions précédentes. Ces leçons doivent être mises en oeuvre de manière réaliste, mais nous devons aussi nous montrer résolus dans notre détermination à aider le Congo à sortir de la guerre, a conclu la Secrétaire d'Etat. M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a rapidement fait l'historique de la situation au congo en observant que la violence s'est intensifiée, les violations des droits de l'homme se sont multipliées et qu'aujourd'hui des millions de personnes essaient de survivre dans des conditions matérielles désespérantes et dans le mépris systématique du droit international humanitaire. Un très grand nombre de réfugiés, de personnes déplacées vivent dans la précarité, sans aucune certitude d'avoir un toit ou de pouvoir se nourrir. On continue de recruter des enfants-soldats, dont des milliers prennent part aux combats. Toute la sous-région est plongée dans une crise d'une complexité telle qu'elle continue de résister à tous nos efforts pour la résoudre. La sagesse, le sens politique et la notion des limites à fixer à l'usage de la force figurent au premier rang de la longue liste des priorités. En juillet dernier, a rappelé le Secrétaire général, une action de médiation menée par le Président Chiluba de Zambie pour le compte de la Communauté de développement de l'Afrique australe, avec le soutienne de l'OUA, a abouti à la signature à Lusaka d'un accord de paix. Depuis, toutefois, le cessez-le-feu a été maintes fois violé et la population a dû endurer de nouvelles épreuves. Les officiers de liaison des Nations Unies n'ont pas pu être déployés, ce qui a ébranlé la confiance dans le processus d'application du cessez-le-feu. Les belligérants doivent s'efforcer d'améliorer cet état de choses et ne doivent pas en rester là, a souligné M. Annan.
L'Accord de Lusaka reste le plan le plus viable pour apaiser les griefs et parvenir à une solution négociée de ce conflit. Si l'on veut donner une chance à la paix et maintenir l'engagement international, les parties au conflit doivent relever un formidable défi : elles doivent démontrer qu'elles sont politiquement prêtes à appliquer les dispositions de l'Accord sans plus tarder. Les auteurs de l'Accord ont mis les négociations intercongolaises au coeur du processus. Ce dialogue est indispensable et c'est pourquoi, les signataires congolais, avec l'aide de l'OUA, ont désigné Sir Ketumile Masiré, ex-président du Botswana en tant que facilitateur neutre de ces négociations. L'ONU, pour sa part, participe activement à la recherche d'une solution pacifique depuis le début de conflit. Le nouveau représentant spécial de la RDC, M. Kamel Morjane, n'épargnera aucun effort pour faire aboutir le processus de paix. En outre, la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo - MONUC - peut aider à instaurer la confiance entre les parties et maintenir à flot le processus de paix à condition de pouvoir compter sur la coopération dont elle a besoin et s'acquitter de ses responsabilités. Le Secrétaire général a jugé nécessaire d'aller jusqu'au bout et qu'il faille pour cela renforcer l'engagement politique des Nations Unies, maintenir les ressources à niveau suffisant ou faire face avec détermination à des circonstances imprévues. En même temps, on doit se garder de donner au monde l'impression que l'ONU peut régler tous les problèmes. Qu'il s'agisse du processus politique, du déploiement des éléments militaires ou de la protection du personnel humanitaire et des autres agents des Nations Unies, il appartient aux parties elles-mêmes de tenir leurs engagements et de créer les conditions nécessaires aux progrès. Le processus de paix est fragile. Les dirigeants peuvent le renforcer. L'ONU ne demande qu'à prêter son concours. Le défi que vous devez relever, c'est de parvenir à vous entendre et à traduire ce consensus en mesures concrètes, a souligné le Secrétaire général.
M. FREDERICK J T CHILUBA, Président de la République de Zambie, a déclaré que, selon le calendrier régissant la mise en oeuvre de l'Accord de cessez-le-feu, la plupart des activités prévues auraient dû être achevées, en particulier le dialogue intercongolais, la mise en place de nouvelles institutions, l'échange de prisonniers et le désarmement des groupes armés. Le déploiement d'une opération de maintien de la paix des Nations Unies aurait dû être lancée depuis longtemps et le retrait des troupes étrangères de la République démocratique du Congo aurait dû en être à sa dernière étape. Les retards dans la mise en oeuvre de l'Accord ne tiennent pas à un manque de volonté politique des parties, a souligné le Président, mais plutôt à un certain nombre de difficultés. Il est vrai que des violations du cessez-le-feu ont eu lieu, que les membres de la Mission d'observation des Nations Unies en RDC (MONUC) et que les enquêteurs neutres de l'Organisation de l'unité africaine ont connu des difficultés d'accès à certaines zones de la RDC. De plus, il a fallu un certain temps pour que la coordination entre la MONUC, l'OUA et la Commission militaire mixte se concrétise.
Ces problèmes ne sont pas insurmontables, a estimé le Président, qui a rendu hommage aux parties pour leur engagement en faveur de l'Accord de cessez-le-feu. M. Chiluba a cité, en exemple, la création par la Commission militaire mixte de quatre commissions régionales et le déploiement de trois enquêteurs de l'OUA à la suite des violations du cessez-le-feu. Il est question de déployer un enquêteur supplémentaire. Lors de l'impasse qui a caractérisé la situation à Ikela entre les Forces alliées et celles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), la Commission militaire mixte a nommé une Commission neutre comprenant la Zambie, la MONUC et l'OUA pour tenter de trouver une solution à l'amiable. Un autre développement positif, a souligné le Président, s'est traduit par le fait que les parties ont convenu de la nécessité de réajuster le calendrier de mise en oeuvre de l'Accord. Un nouveau calendrier a reçu un accord de principe par le Comité politique qui s'est réuni les 17 et 18 janvier derniers. Les parties, qui ont réaffirmé leur engagement en faveur de ce processus, travaillent actuellement à sa finalisation. Lors de cette même réunion, le Gouvernement de la République démocratique du Congo s'est engagé à faciliter l'accès des enquêteurs de la MONUC et de l'OUA aux diverses zones du pays. Le 15 décembre dernier, les parties congolaises ont nommé Sir Ketumile Masiré, ancien Président du Bostwana, comme facilitateur des négociations intercongolaises.
Le Président a estimé que l'une des principales causes des retards dans la mise en oeuvre de l'Accord de cessez-le-feu tient au manque de ressources allouées à la Commission militaire mixte. Les contributions que la communauté internationale s'est engagée à verser ne sont pas en adéquation avec les besoins de la Commission. Ce qui est pire, a regretté le Président, est que ces contributions n'ont toujours pas été versées ce qui est à l'origine des retards de la Commission à s'établir et se déployer en RDC. Les parties, a souligné à nouveau le Président, sont irrévocablement engagées en faveur de l'Accord de cessez-le-feu contrairement à la notion, qui semble avoir gagné du terrain parmi certains membres de la communauté internationale, selon laquelle l'Accord de Lusaka est resté lettre morte. Le conflit en RDC est bien réel et l'Accord de cessez-le-feu constitue une tentative visant à redresser la situation. Compte tenu de la complexité du problème on ne peut pas s'attendre à un Accord parfait. Les problèmes qui ont vu le jour lors de sa mise en oeuvre n'invalident pas l'Accord.
Le Président a fait part de la profonde préoccupation que lui inspirent des évocations relatives à des conditions préalables au sujet de la RDC. La communauté internationale en effet rechigne à envoyer une opération de maintien de la paix en RDC tant que l'Accord de Lusaka n'enregistre pas des résultats parfaits. Jamais, a insisté M. Chiluba, un accord de cessez-le-feu n'a fait l'objet d'un examen de passage. Si cela avait été le cas, je suis persuadé qu'aucun n'aurait réussi cet examen. Toute opération de maintien de la paix comporte un certain degré de risque. Nous ne demandons pas non plus à la communauté internationale de se lancer dans une aventure risquée au nom du maintien de la paix. Il incombe à tous, et en particulier aux parties au conflit en RDC, d'accorder tout le soutien et la protection nécessaires aux membres d'une telle mission.
En venant ici, les dirigeants régionaux font preuve de leur engagement en faveur du cessez-le-feu. Nous demandons au Conseil de sécurité et à la communauté internationale dans son ensemble de prendre une décision rapide en vue du déploiement d'observateurs et de Casques bleus des Nations Unies et soutenons à cet égard les accords contenus dans le rapport du Secrétaire général en date du 14 janvier dernier. Nous lançons un appel à la communauté internationale pour qu'elle alloue des fonds suffisants à la Commission militaire, pour qu'elle accorde un soutien financier, matériel et humain au Facilitateur du dialogue intercongolais et une aide financière lors de la tenue de ce dialogue national.
M. JOAQUIM ALBERTO CHISSANO, Président du Mozambique, a affirmé qu'une solution durable au conflit en RDC exige des mesures fermes et concertées de la sous-région, du continent et ceux de la communauté internationale dans son ensemble. Les dirigeants de la région et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) sont profondément préoccupés par ce conflit en raison de la situation stratégique de la RDC pour la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique centrale et australe, et en Afrique en général. M. Chissano s'est déclaré encouragé par la réunion, la semaine dernière à Lusaka, de la Commission militaire mixte et par la réunion à Harare du Comité politique ministériel établi par l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka, lors de laquelle les parties ont réaffirmé leur ferme détermination à respecter toutes les dispositions de l'Accord. La SADC est fermement convaincue de ce que l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka demeure le seul instrument valable pour un règlement pacifique du conflit en RDC et que toute solution du conflit passe par un partenariat solide et structuré entre les Nations Unies, l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et la SADC. Tout en se félicitant de la contribution de la communauté internationale à la recherche de la paix en RDC, M. Chissano a souligné la nécessité, à cette étape du processus de paix, de prendre des mesures plus opportunes et plus efficaces. Le cessez-le-feu en RDC est fragile et comprend des difficultés inhérentes à son maintien. Ces difficultés ne peuvent toutefois nous dissuader de prendre les mesures nécessaires pour empêcher qu'il soit remis en cause. C'est pourquoi, la communauté internationale ne devrait pas attendre un cessez-le-feu parfait pour jouer un rôle significatif, ni rester passive et regarder le processus de paix s'écrouler.
Les mesures que prendra l'ONU doivent comprises comme visant à favoriser l'établissement rapide de la confiance entre les parties en vue d'un désengagement sans heurt, de la démobilisation, du désarmement et, surtout, du succès du dialogue interne. La désignation par les parties du M. Ketumile Masiré, comme Facilitateur de ce dialogue constitue une avancée importante, a jugé M. Chissano, qui s'est déclaré confiant que ses efforts aboutiront. Le Président du Mozambique a encouragé le Secrétaire général à poursuivre ses efforts en vue de la recherche d'une paix durable en RDC. La présence de l'ONU sur le terrain empêchera les violations du cessez-le-feu et redonnera espoir au peuple congolais. Le Conseil de sécurité qui a la responsabilité première du maintien de la paix et de la sécurité internationales, ne devrait pas transférer cette responsabilité aux belligérants, aux pays voisins ou à la région. Les belligérants ont créé une base suffisante pour que l'ONU prenne ses responsabilités, a estimé M. Chissano. Nous serions les seuls à blâmer si, par nos hésitations, nous laissions la situation en RDC se détériorer, a- t-il ajouté. Le moment est venu pour l'ONU d'assumer ses responsabilités. Les Etats membres de la SADC appellent donc le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes en vue de la mise en oeuvre rapide de l'Accord de Lusaka.
La SADC appuie les propositions du Secrétaire général et appelle instamment le Conseil à adopter une résolution qui autorise le déploiement d'observateurs militaires, prochaine étape pour une présence forte des Nations Unies en RDC. Il doit être clair que ceci n'est qu'une phase intermédiaire avant le déploiement rapide d'une vraie opération de maintien de la paix de l'ONU, a souligné M. Chissano. On ne peut se permettre de délais supplémentaires dans l'établissement d'une mission de maintien de la paix opérant avec un mandat approprié en vertu du Chapitre VII de la Charte et disposant du personnel suffisant vu la taille du pays, ainsi que l'ampleur et la complexité du conflit. Cette mission de l'ONU doit se voir accorder les moyens logistiques nécessaires pour remplir son mandat avec succès, a encore souligné M. Chissano. Le Président du Mozambique a attiré l'attention sur la tragédie humanitaire que connaît le pays, soulignant que la situation exige des mesures urgentes. Il a rappelé, en conclusion, qu'en 1992, le Mozambique avait dû attendre plus de 6 mois, après la signature de l'accord de paix, avant l'arrivée des soldats de la paix internationaux. En dépit des félicitations reçues de la communauté internationale, seuls les Mozambicains connaissent les dommages qui ont été causés au pays pendant cette période.
Partant, il a appelé la communauté internationale à donner aujourd'hui une chance à l'ONU de renforcer sa crédibilité aux yeux de ses Etats Membres et de l'humanité.
M. LAURENT-DESIRE KABILA, Président de la République démocratique du Congo (RDC) a rappelé qu'en 1997, le peuple congolais, sous son leadership et celui de beaucoup d'autres compatriotes ayant la même conviction, avait mis un terme à 32 ans de la plus grande dictature corrompue du continent africain. Cet acte salvateur n'a pas été posé pour prolonger les souffrances du peuple congolais mais pour que la RDC puisse reprendre sa place dans le concert des nations, dans une période de changement régional et global sans précédent. Malgré l'agression que subit son pays, M. Kabila a observé qu'il a pris le courage de signer l'Accord de Lusaka en tant qu'homme de paix et parce que le peuple congolais veut la paix. Sa présence à New York aujourd'hui - sa toute première visite - s'explique par le fait que l'Accord de Lusaka est dans l'impasse. Même si l'histoire n'est pas toujours favorable à la RDC, le peuple congolais est un peuple qui sait pardonner a déclaré M. Kabila qui a ajouté qu'il tendait la main de la réconciliation à ceux qui ont porté préjudice à son pays. Le Président a précisé que l'Accord de Lusaka ne peut restaurer la paix dans la région que s'il existe un cessez-le-feu réel et immédiat, un déploiement des forces de l'ONU pour remplacer les troupes des pays agresseurs, un retrait sans délai et sans conditions des forces non invitées et enfin l'interposition des troupes de l'ONU aux frontières de la RDC et les pays agresseurs. Le peuple congolais et son gouvernement de salut public attendent du Conseil qu'il puisse obtenir au cours de la présente session spéciale la fin de l'occupation d'une partie du territoire de la RDC par les armées d'occupation du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi, conformément à la résolution 1234 (1999) du Conseil de sécurité.
Avec ses alliés de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADEC), la RDC agit actuellement pour faire respecter le maintien de l'intégrité territoriale du pays, conformément à la Charte des Nations Unies. Dès l'arrivée au pouvoir, le gouvernement avait annoncé un programme politique de démocratisation, qui devait aboutir à l'organisation d'élections libres et transparentes dans les deux ans. La guerre a malheureusement empêché la réalisation de ce programme, dont certaines étapes - notamment l'élaboration d'un projet de constitution par la Commission des réformes constitutionnelles, la convocation d'une assemblée constituante avaient été initiées. Rejetant les allégations concernant la poursuite des "Interhamwes" et des autres groupes armés qui seraient présents sur le territoire de la RDC, M. Kabila a souligné que son gouvernement ne peut s'allier et ne s'alliera jamais aux génocidaires. Qui n'a pas entendu parler des massacres de Kasika, Makobola, Ngweshe, Burinye, Kamituga, Kasala, Budi, Mwenga. Nous avons été témoins des combats à Kisangani, en territoire congolais entre les agresseurs rwandais et leurs comparses ougandais, a ajouté M. Kabila. Qui, ici, peut prétendre ne pas être au courant du pillage systématique des ressources congolaises auquel se livrent les occupants rwandais, ougandais et burundais puisque leur butin de bois, de diamant, d'or, de cobalt et de zèbres est vendu au grand jour. La question essentielle est dès lors de se demander comment mettre fin d'urgence à cette situation d'humiliation impossible à supporter pour le gouvernement et le peuple congolais.
Dans les circonstances actuelles, le Conseil de sécurité est-il encore fondé de s'appuyer uniquement sur l'Accord de Lusaka pour tenter de restaurer la paix en RDC. Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a signé l'Accord de Lusaka afin de rétablir la paix et la stabilité dans le pays et dans la région des Grands Lacs. Nous sommes ici aujourd'hui pour voir dans quelle mesure cet accord peut être rendu plus efficace, a souligné M. Kabila, qui a indiqué que son gouvernement a proposé une solution pour faire face à la sécurité, celle de ses voisins et pour répondre au souhait du peuple congolais de voir les forces non invitées quitter le territoire conformément à l'Accord de Lusaka. Cette initiative est ancrée dans l'Accord de Lusaka sous le nom de "dialogue national". Sur le plan interne, le gouvernement a décrété une "révolution-pardon" à l'égard de tous les anciens dignitaires du régime déchu, qui ont été appelés à joindre les efforts du gouvernement pour la reconstruction du pays. En avril 1999, il a convoqué le "débat national en vue de permettre aux Congolais de dialoguer entre eux et de définir ensemble les principes sur la base desquels devra être construit l'ordre politique nouveau et démocratique. A cette fin, le Président a décrété une amnistie générale permettant aux exilés politiques ainsi qu'aux prétendus rebelles de regagner le pays et de prendre part à sa reconstruction. Sur le plan régional, convaincu du danger que représente pour la paix, la sécurité et le développement de la région, l'existence de groupes armés incontrôlés, la RDC a organisé, avec l'appui notamment du PNUD en mai 1998 une conférence sur la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs, qui n'a malheureusement pas abouti. Dans l'intérêt de la paix et du respect de ses engagements internationaux en matière des droits de l'homme, la RDC a organisé un forum sur la démobilisation et la réinsertion sociale des enfants-soldats. C'est cette volonté de paix, du respect des droits humains et de démocratisation du pays que le gouvernement de la RDC a accepté dans le cadre de l'Accord de Lusaka la tenue du "dialogue intercongolais" visant à restaurer le peuple dans son rôle de souverain primaire et de source unique de légitimité. Ce dialogue a donc pour objectif de préparer les bases de l'ordre politique nouveau et démocratique, dont le peuple congolais a été si longtemps privé.
Le Président Kabila a appelé le Conseil de sécurité à persuader les agresseurs de son pays de la nécessité pour eux de faire des efforts similaires pour assurer la paix dans leur pays, condition sine qua non de la paix dans la région. C'est pourquoi, il se félicite de l'intégration de l'initiative de son pays d'organiser une conférence internationale sur les Grands Lacs dans la résolution 1234 du Conseil de sécurité. Le peuple congolais et lui-même attendent l'arrivée prochaine à Kinshasa du nouveau facilitateur, l'ancien président du Botswana, M. Ketumile Masiréfin. La RDC lui accorde son soutient et l'encourage à se mettre en contact avec les différentes communautés confessionnelles afin de tracer ensemble la voie pour le dialogue national. M. Kabila a exprimé son soutien à la Mission d'observation des Nations Unies en RDC. Il a souligné que tout Congolais qui souhaite venir à Kinshasa pour assister au dialogue national pourra le faire en toute sécurité.
M. JOSE EDUARDO DOS SANTOS, Président de la République de l'Angola, a dénoncé le régime dictatorial qui a dirigé la RDC pendant des années. Une mauvaise gestion des affaires publiques en RDC conjuguée à un régime oppressif et à l'échec du système économique ont mené le pays à une situation chaotique et à sa marginalisation, entraînant des centaines de milliers de ses habitants sur la route de l'exil. Les pays voisins qui ont accueilli les réfugiés de RDC ont été conduits à renforcer la sécurité à leurs frontières. Par conséquent, a expliqué le Président, tous les pays voisins concernés ont soutenu les forces de libération et le vent de changement pour l'avènement de la démocratie. L'Angola, aux côtés du Rwanda et de l'Ouganda se sont ainsi joints aux efforts régionaux. Compte tenu du lourd héritage qui pesait sur le pays, a expliqué le Président, il était implicite que le nouveau gouvernement bénéficierait d'une période de grâce lui permettant de restaurer la paix, réorganiser le système politique et économique, mobiliser la société et reconstruire le pays. Ceci ne s'est jamais produit et en une année, l'Angola a été contrainte d'intervenir pour prévenir des effusions de sang et contenir la menace d'une escalade du conflit à ses frontières. Une fois cette menace éliminée, l'Angola a cherché immédiatement à s'associer à la recherche d'une solution au conflit.
Evoquant sa participation à la réunion de Prétoria, le Président a regretté que les résultats de cette réunion n'aient pas été totalement intégrés à l'Accord de Lusaka. Ne pas mentionner le principe selon lequel la légitimité et l'autorité du Gouvernement actuel et du Président doivent être reconnus sème la confusion. Ces accords de cessez-le-feu comportent d'autres lacunes en ce qu'ils limitent la souveraineté du pouvoir en place et le place sur un pied d'égalité avec les forces qui combattent avec des moyens illégaux tandis que le phénomène d'agression externe n'est pas traité de manière vigoureuse. Il est également important de noter qu'à la suite de la signature de ces accords, de nombreux changements ont eu lieu dans la région. Le Président a estimé que les Nations Unies, outre le désarmement et la démobilisation des anciens combattants, ont la responsabilité de séparer les forces en présence. A cet effet, nous demandons que les Nations Unies lancent une force de maintien de la paix et accroissent leur soutien financier et logistique.
Le Président Dos Santos a formulé un certains nombre de recommandations pour rendre l'Accord de Lusaka opérationnel et pour accélérer sa mise en oeuvre. Il a proposé d'accélérer le désarmement des forces rebelles et de former une armée nationale, de reconnaître l'autorité du Gouvernement actuel comme un gouvernement de transition qui conduirait le pays à des élections législatives et présidentielles qui se tiendraient sous l'égide de la communauté internationale. Le Président a proposé de créer les garanties de sécurité nécessaires à l'installation dans la capitale des chefs rebelles, d'axer le débat national sur la constitution provisoire, les lois électorales, les mécanismes de vote et la loi sur les partis politiques. Le parlement élu, a ajouté le Président, devrait jouer le rôle d'une assemblée constituante qui serait chargée d'approuver la Constitution définitive de la République.
Le Président a déclaré que l'évolution de la situation dans la région des Grands Lacs est liée à celle qui prévaut en République démocratique du Congo où le cessez-le-feu a été constamment violé et où, en raison d'un manque de confiance entre les parties, le désarmement des forces rebelles n'a pas été réalisé. De plus, il nous reste à déterminer comment procéder au désarmement des Interahamwe. L'Accord de cessez-le-feu, a regretté le Président, ne contient pas de garanties politiques dans ce domaine. Il a plaidé en faveur d'un accord politique international pour le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, qui permettrait de trouver une solution à la situation des Grands Lacs. Les Nations Unies dans ce contexte, devraient s'engager à trouver une solution pacifique et démocratique à cette crise avec le même sérieux qui a caractérisé son action dans d'autres pays du monde.
M. ROBERT G. MUGABE, Président du Zimbabwe, a insisté sur le fait que les Forces alliées de la SADC n'avaient aucune ambition territoriale ou autre, ni aucun agenda caché, en République démocratique du Congo. Nous sommes au Congo à l'invitation du Gouvernement souverain de ce pays et conformément aux décisions de la SADC relatives à la sécurité collective, et nous sommes ici pour faire respecter l'un des principes les plus fondamentaux de la Charte de l'ONU, à savoir le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats et la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un pays souverain. C'est, faut-il le rappeler, au nom de ces principes que la communauté internationale n'a pas hésité à faire la guerre dans le Golfe, il y a quelques années. Ce sont ces mêmes principes fondamentaux que le Conseil a reconnus dans sa résolution 1234 (1999) et s'est engagé à faire respecter et à protéger en RDC. Hélas! peu a été fait depuis pour les mettre en oeuvre. Les Etats membres de la SADC sont engagés en faveur de la paix en RDC et dans la sous-région dans son ensemble. Cette guerre est une tragédie pour tous les pays de la région. Nous reconnaissons que s'il y avait eu des consultations suffisantes dans la région, elle aurait pu être évitée. Des leçons ont été tirées de cette tragédie. C'est pourquoi, dès le début du conflit, les pays de la SADC ont prôné le dialogue comme moyen de résoudre le conflit. Tout en nous battant en RDC, nous n'avons jamais cru que le conflit pourrait être résolu par la force des armes. Il était clair pour tous que les négociations constituaient, au bout du compte, le moyen logique et raisonnable de résoudre le conflit. C'est ce que reflète l'Accord de Lusaka. Certains membres de la région ont effectivement fait une grossière erreur en initiant le conflit mais tous ont montré le courage, la vision et la sagesse de négocier une fin au conflit. C'est pourquoi, nous sommes ici pour appeler le Conseil à assumer ses responsabilités en envoyant immédiatement des observateurs et forces de maintien de la paix en RDC. A ce jour, le Conseil a, à notre désappointement, été lent et hésitant à accueillir et renforcer notre accord de pays régional, a déploré M. Mugabe.
Les mois qui se sont écoulés depuis la signature de l'Accord de cessez- le-feu de Lusaka ont été extrêmement frustrants puisqu'ils ont montré les dangers inhérents à tout retard dans l'action du Conseil. Sans observateurs, ni surveillance, on attend des troupes et de leurs commandants sur le terrain qu'ils aient confiance en la bonne foi de leurs adversaires d'autrefois, alors qu'ils les soupçonnent d'être rusés et habiles comme tous ceux entraînés pour la guerre. Dans une telle situation, il est inévitable que les commandants fassent leur possible pour assurer que leurs hommes ne soient pas exposés à des attaques soudaines ou encerclés par l'autre partie. Or, tout mouvement de troupes par une partie est perçu comme une menace par l'autre et susceptible de provoquer des violations du cessez-le-feu. En tant que parties à l'Accord de Lusaka, nous avons exercé le maximum de retenue. La guerre n'a pas repris et l'Accord a continué de tenir dans une large mesure, malgré le problème des ressources. La Commission militaire mixte a fonctionné malgré les contraintes financières et est actuellement présente dans trois régions, ayant ses sièges à Kabinda, Boende et Lisala. Le Comité politique ministériel a été établi et s'est réuni à plusieurs reprises. Une autre avancée importante est la désignation de M. Ketumile Masiré, ancien Président du Botswana, comme Facilitateur du dialogue intercongolais. M. Mugabe a souligné que nombre de ces avancées avaient été réalisées sur la base des ressources des belligérants. Certains donateurs se sont engagés à appuyer ces efforts et l'ont fait. Aujourd'hui, nous appelons instamment ceux qui n'ont pas tenu leurs engagements à le faire et les autres donateurs à envisager de contribuer également.
Les pays de la région sont déçus et frustrés de la léthargie avec laquelle le Conseil de sécurité a répondu à leur appel à l'aide et à l'action, a poursuivi le Président. A ce jour, après avoir traîné les pieds et hésité pendant des mois, nous ne sommes pas plus proches d'une décision sur le déploiement d'une force, tant attendue et si nécessaire, de maintien de la paix en RDC. "Des bonnes intentions, mais pas d'action". C'est ainsi que nous caractérisons le travail du Conseil. Le Conseil a passé trop de temps sur le diagnostic de la situation alors que la prescription qui doit être administrée est déjà connue. Dans ces circonstances, au vu de la promptitude avec laquelle les questions du Kosovo ou de la Bosnie ont été traitées, l'Afrique se sent marginalisée, négligée et même ségrégée. Le moment est venu de prendre des mesures urgentes si le Conseil désire réellement soutenir le processus en RDC. Tout retard supplémentaire ne peut que porter atteinte à la réalisation des objectifs de la paix. Le Conseil a l'occasion de se racheter et de redonner foi dans les Nations Unies au peuple du Congo et de l'Afrique en général, a estimé M. Mugabe, rappelant qu'en 1960, à la mort tragique du dirigeant nationaliste Patrice Lumumba, en se démettant de ses responsabilités, le Conseil avait déjà raté une occasion de faire la paix. Ce que la RDC attend de cette réunion, c'est que le Conseil, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte, envoie des forces de maintien de la paix. Le Conseil n'a fait qu'observer la situation de loin depuis trop longtemps, il doit maintenant aller au Congo et essayer d'y maintenir la paix. M. Mugabe a assuré que son pays était prêt à assumer sa part.