N°
N O T A
B E N E
Pour avoir
dénoncé les exactions d’un officier militaire du RCD
Les animateurs de Héritiers de la
Justice sont menacés de mort
Un escadron de la mort est déjà
oppérationnel
En effet, sur plainte du commandant
Ilunga, Mr Pascal devait répondre, à partir de 8h30’, à une convocation de
l’auditeur supérieur. Chose faite. Seulement cet activiste des droits de
l’homme, ponctuel à la convocation, s’est vu immédiatement dépouillé de ses
effets, à savoir : son téléphone portable, son cartable,… ; et lui-même a été
gardé isolé pendant plus de 3 heures, avant d’être reçu à 11h45’. A la même
heure, le Lieutenant-colonel Ilunga, accompagné d’un civil est entré dans le
cabinet et, en présence de l’auditeur supérieur, il a commencé à proférer des propos
injurieux allant jusqu’aux menaces de mort à l’endroit de Mr Pascal Kabungulu
en disant : « C’est toi Kabungulu ? Je veux te tuer avant d’être condamné,
sauras-tu supporter mon poids ».
Au lieu
d’être entendu, monsieur Kabungulu a été soumis à l’écoute des extraits des
dépositions des personnes interrogées à Kamituga (où le colonel fait la loi) au
sujet de l’information contenue dans le Nota Bene de Héritiers de la Justice,
le N° 148 du 28 janvier 2003. L’opinion se rappellera que dans ce Nota Bene, nous
dénoncions l’opération « Un divisé par Deux » que Mr Thierry Ilunga exerçait à
l’endroit de la population de Kamituga. L’objectif de cet interrogatoire était d’amener Mr Pascal à accepter que ce n’était que diffamation et
dénonciation calomnieuse.
Aussi, le
plaignant sollicitait à la mutuelle Rega que l’affaire soit retirée de
l’Auditorat militaire et traitée en famille.
Devant le
refus de Mr Pascal, le lieutenant-colonel est sorti du bureau. C’est alors que
le mis en cause a été verbalisé. A l’issue de cette audition, l’Auditeur
Supérieur a demandé à Pascal de faire partie de la commission militaire chargée
de mener une enquête à Kamituga.
Pour Héritiers de la Justice, cette enquête ne serait ni indépendante ni mixte, car la commission comprend aussi le plaignant et le mis en cause en plus des militaires. Aussi, a-t-elle proposé que la commission soit composée des animateurs de la Société Civile, des Magistrats civils et militaires ainsi que d’autres personnes neutres
Le soir, de
ce même lundi 19 mai 2003, vers 19 heures, 3 hommes en tenue civile non
autrement identifiés sont allés chercher Mr Pascal à son domicile et se sont
présentés comme des agents de l’auditorat militaire. Quand on leur a demandé
l’ordre de mission, ils ont rebroussé chemin.
Le même
jour, pendant que cet esccadron de la mort était à la recherche de monsieur
Pascal, de sources dignes de foi, nous apprenons que d’autres personnes étaient
en réunion à l’hôtel Jardinni Plage sis avenue Saïo dans la commune d’Ibanda afin de mettre sur pied toutes les
stratégies susceptibles de leur permettrre de nuire à monsieur Pascal. Et l’un des particcipants à la réunion
aurait clamé tout haut que leur opération doit aboutir à l’élimination physique
de leur adversaire.
Chose
promise, chose faite : n’ayant pas mis la main sur l’intéressé, ce même escadron de la mort composé de 4
hommes armés dont un en tenue civile est arrivé dans la nuit du
22/05/2003, chez l’animateur Betu Kajigi de Héritiers de la Justice domicilié
à Nguba sur l’avenue de la Montagne vers 22h00 munis de deux photos dont l’une
de monsieur Pascal. Grâce à Dieu, il ne trouvera pas ce dernier et Betu
échappera de justesse.
Dès leur
entrée dans la maison, ces hommes ont pris soin de faire éteindre toutes les
ampoules, sans doute pour opérer sans être reconnus par la maisonnée. Ils ont, alors, à la lumière d’une lampe
torche, traqué l’un des jeunes garçons trouvés dans la maison pour qu’il dise là où se trouve le maître de
céans.
Curieusement, les services contactés pour intervenir en
pareil cas n’ont rien fait pour mettre
la main sur ces malfaiteurs.
Il y a lieu
de rappeler que d’autres membres de Héritiers de la Justice ont été victimes
des assassinats perpétrés dans des circonstances similaires, tels Djumapili
Rumanya à Uvira le 29/11/2001 et Ndaheba Rusagara, sa femme et sa dernière
fille en date du 30/11/2002 à Sange.
Face à cette
situation, Héritiers de la Justice fait appel encore une fois aux autorités
militaires et civiles du RCD/Goma afin
d’ouvrir une enquête indépendante,
mixte et impartiale sur les allégations de violations commises par le
commandant Thierry Ilunga à Kamituga; d’identifier et démanteler cet escadron
de la mort dirigé contre des personnes civiles innocentes engagées dans la
promotion des droits humains et la paix.
L’asbl
Héritiers de la Justice tiendra pour responsable de tout malheur qui
adviendrait à l’un de ses membres la personne qui envoie cet escadron de la
mort et les autorités pour non assistance à personne en danger. Elle prend
l’opinion locale, nationale et internationale à témoins.
Héritiers de
la Justice demande une protection et la sécurité de Mr Pascal Kabungulu, des
membres de son organisation ainsi que
ceux de leurs familles respectives qui sont aussi menacés.
Bukavu, le 23 Mai 2003
Héritiers de la Justice