N°
N° 186 20 mai
2003
N O T A B E N E
DE HERITIERS DE LA JUSTICE
a.s.b.l.
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Menace de mort à
l’endroit d’un activiste des droits humains pour avoir dénoncé les exactions
d’un officier militaire du RCD à Kamituga, au Sud-Kivu
Monsieur Pascal
Kabungulu Kibembi, Secrétaire Exécutif de l’organisation des droits de
l’homme dénommée Héritiers de la Justice,
fait l’objet des menaces de mort de la part d’un officier de l’armée du
RCD, le Lieutenant Colonel Thierry Ilunga.
Cette scène a
commencé hier lundi, 19 mai 2003 entre 11h45’ et 12h45’ dans le cabinet de
l’Auditeur Supérieur de l’Auditorat militaire opérationnel à Bukavu, le
Magistrat colonel Shomari, en présence de celui-ci, avant de se poursuivre au
domicile de la victime vers 19 heures.
En effet, sur
plainte du commandant Ilunga, Mr Pascal devait répondre, à partir de 8h30’, à
une convocation de l’auditeur supérieur. Chose faite. Seulement cet activiste
des droits de l’homme, ponctuel à la convocation s’est vu immédiatement
dépouillé de ses effets à savoir : un téléphone portable, un
cartable,… ; et gardé isolé pendant plus de 3 heures, avant d’être reçu à
11h45’. A la même heure, le Lieutenant-colonel Ilunga, accompagné d’un
civil est entré dans le cabinet et a commencé à proférer des propos injurieux
allant jusqu’aux menaces de mort à l’endroit de Mr Pascal Kabungulu en
disant : « C’est toi Kabungulu ? Je veux te tuer avant d’être
condamné ».
Au lieu d’être
entendu, celui-ci a été soumis à l’écoute des extraits des dépositions des
personnes interrogées à Kamituga (où le colonel fait la loi) au sujet de
l’information contenue dans le Nota Bene de Héritiers de la Justice N° 148 du
28 janvier 2003. L’opinion se rappellera que dans ce Nota Bene nous dénoncions
l’opération « Un divisé par Deux » que Mr Thierry Ilunga exercait à
l’endroit de la population de Kamituga. L’objectif ce cet interrogatoire était d’amener Mr Pascal à accepter que ce n’était que diffamation et
dénonciation calomnieuse.
Aussi, le
plaignant sollicitait à la mutuelle Rega que l’affaire soit retirée de
l’Auditorat militaire et traitée en famille.
Devant le
refus de Mr Pascal, le lieutenant-colonel est sorti du bureau. C’est alors que
le mis en cause a été verbalisé. A l’issue de cette audition, l’Auditeur
Supérieur a demandé à Pascal de faire partie de la commission militaire chargée
de mener une enquête à Kamituga.
Pour cet
activiste des droits humains, cette enquête ne serait ni indépendante ni mixte,
car la commission comprend aussi le plaignant et le mis en cause en plus des
militaires. Aussi, a-t-il proposé que la commission soit composée des
animateurs de la Société Civile, des Magistrats civils et militaires et autres
personnes neutres.
Le
soir, de ce même lundi 19 mai 2003, vers 19 heures, 3 hommes en tenue civile
non autrement identifiés sont allés chercher Mr Pascal chez lui à domicile et
ses sont présentés comme des agents de l’auditorat militaire. Quand on leur a
demandé l’ordre de mission, ils ont rebroussé chemin.
Héritiers
de la Justice fait appel
encore une fois aux autorités du RCD/Goma, tant militaires que civiles,
d’ouvrir une enquête indépendante,
mixte et approfondie, sur les allégations de violations commises par le
commandant Thierry Ilunga à Kamituga.
Héritiers
de la Justice demande
aussi des garanties pour la protection et la sécurité de Mr Pascal Kabungulu,
de membres de son organisation ainsi que
de sa famille respective qui sont aussi
menacés.
Héritiers de la Justice