N°
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SOMMAIRE
I. QUELQUES ELEMENTS DE MISE EN CONTEXTE
1.1.
Le milieu
physique………………………………………………………… 3
1.2.
Les communautés
humaines…………………………………………….. 3
II. INTENSITE D’ACTIVITES POLITIQUES ET MILITAIRES
2.1.
Motivations
profondes……………………………………………………. 4
2.2.
Nouvelle
configuration…………………………………………………… 7
III. L’AVENIR DE L’ITURI
3.1.
Les forces et faiblesse
de l’Accord de Luanda………………………… 10
3.2.
L’aspiration profonde
de la population………………………………….. 11
IV.
LE BOUILLONNEMENT
DANS LA SPHERE POLITIQUE ET
ADMINISTRATIVE DE KISANGANI
4.1.
Le fondement de
revendications politiques……………………………. 12
4.2.
Le renforcement de la
politique répressive…………………………….. 13
CONCLUSION ET
RECOMMANDATIONS……………………………………… 15
RCD :
Rassemblement Congolais pour la Démocratie
FLC :
Front de Libération du Congo
MLC :
Mouvement de Libération du Congo
RCD/ML :
Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Mouvement de
Libération
RCD/N :
Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Aile Nationale
UPC :
Union des Patriotes Congolais
OCHA : Office of Coordination
for Humanitarian Affairs
FIPI : Front d’Intégration pour la
Pacification de l’Ituri
OCC : Office Congolais de Contrôle
OFIDA : Office des Douanes et Accises
APC : Armée du Peuple Congolais de
MBUSA (RCD/ML)
Les obstacles et embûches réels dressés
ça et là par les troupes étrangères constituent une entrave majeure au retour
de la paix véritable en RDCongo. Tantôt elles agissent elles-mêmes ouvertement,
tantôt elles créent d’autres rébellions secrètement équipées pour leur
permettre de se présenter comme « pacificateur impartial »,
fortuitement impliqués dans un conflit insensé entre groupes armés.
Pendant que leurs compatriotes
d’ailleurs attendent les négociations intercongolaises aboutir à la
réunification du pays, les habitants de l’Ituri vivent un véritable cauchemar.
Aux historiques et familiers conflits interethniques se joignent les conflits
d’ordre politique, avec comme conséquence, des changements continuels des
gestionnaires.
De LOTSOVE à Thomas LUBANGA, en passant
par WAMBA, TIBASIMA et MOLONDO, l’Ouganda a brillé non seulement par la
créativité façonnée des leaders, mais aussi par l’habileté à les soutenir en
Ituri. Et, chaque fois les violents combats y ont éclaté, à chaque fois les
accords ont été conclu, à chaque fois les résultats escomptés n’ont pas été
atteints.
Profitant d’une fissure, l’Union des
Patriotes Congolais pour la Réconciliation et la Paix (UPC/RP) de Thomas
LUBANGA et le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD/Goma) se sont
convenus de dégager des principes généraux d’une alliance engageant les deux
parties à coopérer et à s’assister mutuellement dans toutes les situations
d’ordre politique, sécuritaire, économique et social.
Dans la tentative de mettre de l’ordre
dans la boutique et empêcher le Rwanda de gérer davantage de l’espace outre
celui de son principal allié le RCD/Goma, l’Ouganda s’en alla à la chasse à
l’homme, à l’étouffement de l’UPC/RP, brandissant les accords de Luanda.
Parvenir à un nouveau visage dans l’optique de la pacification, il aurait fallu
le prix du sang humain.
Concomitamment à la débandade de l’UPC
à Bunia ont été enregistrées des revendications d’une certaine élite de
Kisangani autour de la gestion du pouvoir politique et la transparence des
finances publiques. La crainte de perte de contrôle de la ville justifie les
sanctions distribuées selon la gravité de cas.
Aussi évidentes que paraissent excessives
les souffrances imposées à la population congolaise, il faille pour autant
déployer des efforts considérables dans tous les sens pour ne pas s’écarter
davantage de la voie pacifique . Ainsi, la publication de ce rapport
répond à une exigence pratique liée d’une part aux principes élémentaires de la
prévention des conflits et d’autre part, à la normalisation de l’environnement
politique si mouvementé. Car, le pire est à craindre aussi bien en Ituri qu’à
Kisangani.
A travers le panorama géographique et
humain, les rivalités de leadership en Ituri, l’aspiration profonde de la
population, le bouleversement de l’espace politique de Kisangani, le Groupe
LOTUS pense offrir aux ONG, hommes politiques, scientifiques, acteurs
indépendants… un ensemble caricatural d’éléments d’analyse pour appréhender
objectivement la réalité et y influer en cas de besoin et de nécessité d’après
les circonstances.
Que les partenaires de Bunia ainsi que
les enquêteurs du Groupe LOTUS trouvent dans ces écrits la reconnaissance de
leur militance et engagement.
1.1.
Le milieu
physique
Avec un poids
démographique imposant (± 1.673.404 âmes) sur une superficie d’à peu près
65.659 Km², l’Ituri dispose d’une densité élevée par rapport à d’autres
districts. Le climat est serein, tandis que le relief est redoutable dans la
mesure où il offre d’une part la possibilité de se prémunir des dangers et de
l’autre, des cachettes naturelles inimaginables. Et d’ailleurs, de par le passé,
nombre de groupes armés ont eu à en tirer profit.
Sa proximité
géographique avec l’Ouganda lui attribue un rôle important de transit et
renforce sa position d’écluse.
1.2.
Les communautés
humaines
Au cours des mouvements migratoires qui
se sont effectués aux 16è et 17è siècles dans toute la région Nil-Soudan-Grands
Lacs, nombreux sont les groupes humains qui se sont éparpillés à travers le
Nord-Est, formant des sociétés segmentaires. Il est bien évident que celles
mieux structurées à pouvoir politique hiérarchisé prendraient le dessus là où
faisait défaut une force unifiée. Ce qui explique les altercations sur
l’appropriation et la gestion des terres connues en Ituri entre les différents
groupes ethniques .
A un moment de l’histoire, les
populations de l’Ituri, elles-mêmes, se différenciaient en recourant à leurs
principales activités économiques. C’est pourquoi les Pygmées étaient
identifiés à la chasse, les Lendu à l’agriculture, les Ndo-Okebo aux activités
de la forge et les Hema à l’élevage.
Cependant, de nos jours, cette division
ethnique du travail ne paraît plus absolue. Car, on rencontre des Ngiti
éleveurs de gros bétails et des Hema agriculteurs.
Il y a lieu de faire allusion aux
autres communautés humaines -parties en Ituri à la recherche des lendemains
meilleurs- qui, pendant le moment chaud, appuient tantôt les modérés, tantôt les extrémistes de deux principaux
groupes ethniques.
2.1. Motivations profondes de la violence permanente
en Ituri
En août 1998, lorsque la guerre éclatait en RDCongo, les troupes rwandaises, aidées par quelques militaires rebelles congolais, avaient pris le contrôle de Goma, ensuite la ville de Kisangani et ses environs ; tandis que les ougandais, eux, occupaient le Nord-Est du pays, notamment le district de l’Ituri. Cette situation corroborait les rumeurs selon lesquelles dans leur conquête au Congo, les Gouvernements Ougandais et Rwandais s’étaient convenus que l’Ouganda contrôle la partie Nord-Est de la RDCongo et que le Rwanda occupe le Sud-Est. Cette convention aurait été violée par le Rwanda qui aurait déployé ses militaires à Kisangani considéré comme le territoire qui devait revenir à l’Ouganda. Aussi l’Ouganda aurait contesté le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, jusque-là seul mouvement rebelle congolais contrôlant la partie Est du pays, agissant plus sous l’influence rwandaise que ougandaise. Ce qui a amené à créer un leadership congolais qui pouvait défendre et garantir ses intérêts sur le sol congolais.
·
Le 15 juin 1999, Mme
Adèle LOTSOVE, alors Vice-Gouverneur chargé de l’Economie et Finances de la
Province orientale, nommée Gouverneur du District de l’Ituri érigé en Province
autonome par le Général Ougandais James KAZINI. Les recettes produites par ce
district échappent au contrôle de Kisangani.
·
Sous l’influence
ougandaise, M. WAMBA-dia-WAMBA, alors Président National du RCD, quitte Goma,
siège du mouvement et s’installe à Kisangani le 09 mars 1999. Sa ceinture de
sécurité est désormais constituée des militaires ougandais. Ainsi, il se crée à
Kisangani deux tendances du R.C.D. L’une d’obédience rwandaise soutenue par le
Gouverneur de Province, M. Théo BARUTI, et l’autre, d’obédience ougandaise
présidée par le Professeur WAMBA. Au fur et à mesure que les jours passaient,
les violons ne s’accordaient plus entre les deux au sujet de la perception des
taxes. La clé de la répartition des recettes n’était plus respectée. La
tendance de WAMBA faisait le recouvrement auprès des comptoirs d’achat de diamant.
Tandis que le Gouverneur de Province ne s’occupait que de recettes résiduelles.
Cette situation a entraîné une vague de violences et d’épreuve de force à
Kisangani entre les ougandais et les rwandais, chacun cherchant à avoir la main
mise sur la ville pour mieux exploiter ses richesses. On peut rappeler les
escarmouches entre ces deux armées en date du lundi 12 avril 1999 et du samedi
22 mai 1999.
Le lundi 17 mai 1999, le RCD/Aile
Rwanda annonce la destitution du Prof. WAMBA. Le dimanche 23 et samedi le 29
mai 1999, sous l’influence et la protection des ougandais, M. WAMBA défie les
rwandais en tenant les meetings dans les communes urbaines de Mangobo et de
Makiso. Il révoque le Gouverneur BARUTI de tendance rwandaise et nomme son
allié, le Prof. WALE SOMBO. Mais celui-là continue à exercer ses fonctions.
La situation s’est davantage empirée au moment où chacune de deux armées tentait de prendre les positions stratégiques de la ville pour mieux l’administrer. Une série d’affrontements directs à l’arme lourde ont opposé les rwandais aux ougandais. C’est à l’issu des affrontements du 15 au 17 août 1999, dite guerre de 3 jours qui s’était soldée par la défaite ougandaise que M. WAMBA et ses partisans ont dû quitter Kisangani et se sont installés en Ituri, qui deviendra désormais siège de leur mouvement.
Entre-temps, sur place en Ituri, le
Gouverneur de Province, Mme Adèle LOTSOVE (une Hema), sous instigation
ougandaise, organise son pouvoir sur base des divisions tribales en ravivant
les anciens conflits inter-ethniques. Ces conflits qui opposent les ethnies
Hema (pasteur) à l’ethnie Lendu (autochtone et agriculteurs), ont fait un bilan
très lourd sur les plans humain et matériel. Selon une certaine opinion, les
militaires ougandais auraient pris partie dans ces conflits pour les Hema.
En outre, le RCD/Kisangani qui venait
de s’installer à Bunia (Ituri) a connu un conflit de leadership entre le
Président WAMBA, le Commissaire Général, M. MBUSA et le Vice-Président M.
TIBASIMA, lequel conflit a abouti à la destitution du Président WAMBA en date
du 04 novembre 2000. Pour les observateurs avertis, cette destitution était
un acte délibéré de Kampala, car on ne
pouvait pas comprendre que malgré la
présence du Colonel ougandais pro WAMBA, M. Charles ANGIMA, qu’un sous-officier
ougandais, en la personne de M. NTIKAMANYIRE, contrecarre les actions du
Président WAMBA.
Voulant concentrer toutes les énergies
de ses mouvements rebelles, l’Ouganda avait procédé à la création du Front pour
la Libération du Congo (FLC), composé du MLC de M. BEMBA, du RCD/Kisangani de
M. MBUSA et du RCD/National de Roger LUMBALA. Ce front n’a pas eu long feu
toujours à cause de la lutte de leadership des acteurs en présence qui ont
suscité encore une fois le conflit ethnique. M. Jean-Pierre BEMBA, Chef de fil
du Front s’est servi de M. TIBASIMA, ressortissant de l’Ituri pour combattre
MBUSA, Nande de Beni-Butembo.
On a une fois de plus observé que les
ougandais se sont retrouvés dans les deux camps adverses, les appuyant dans les
affrontements qui les ont opposés et qui ont abouti à la victoire du RCD/ML de
MBUSA.
En avril 2002, MBUSA s’embarque dans le
« Camp de la Patrie » issu de l’Accord des négociations politiques de
Sun City, qui comprenait le Gouvernement, le RCD/N, le MLC, le RCD/ML et une
grande partie des partis politiques de l’opposition non armée et des membres de
la société civile. Cet accord prônait la réunification du pays. C’est dans ces
circonstances que les contacts et trafics commerciaux ont été rétablis entre
Kinshasa et Beni-Butembo, fief du RCD/ML. Les dirigeants de ce mouvement
étaient libres de se séjourner à Kinshasa. Cette nouvelle configuration
politique a été mal digérée par les ougandais qui pensaient ne plus avoir M.
MBUSA sous leur contrôle, surtout que celui-ci venait de demander leur départ
de la RDCongo.
Pour se débarrasser de cet allié jugé corrompu et ingrat, les
ougandais ont confié à l’alliance MLC et RCD/N, la mission de lui faire la
guerre. C’est dans cette optique que l’alliance BEMBA et LUMBALA avait ouvert
le front Isiro-Niania avec le seul objectif avoué de récupérer tout l’espace
sous contrôle du RCD/ML de MBUSA NYAMWISI. Entre-temps à Bunia, la redéfinition
des alliances s’était opérée. M. Thomas LUBANGA, natif de l’Ituri et membre du
RCD/ML de MBUSA venait d’être reçu à Kampala à la première quinzaine du mois
d’octobre 2002 par les officiels ougandais qui lui confiaient aussi la mission
de chasser MBUSA et son RCD/ML de Bunia.
Comme dit plus haut, M. MBUSA a été
victime d’avoir eu des antécédents avec tous ces acteurs en présence. Notamment
les ougandais, pour avoir pris langue avec le Gouvernement de Kinshasa et
demandé leur départ , Jean-Pierre BEMBA et son MLC qu’il avait chassé de Beni
où il était dans le cadre du Front de Libération du Congo, Thomas LUBANGA qui
l’accuse d’avoir la main mise sur les richesses de l’Ituri dont pourtant il
n’est pas ressortissant, et Roger LUMBALA du RCD/N qui n’a aucunement
l’intention d’arrêter le commerce des pierres précieuses .
Aidé par les Ougandais, M. Thomas
LUBANGA chasse M. MBUSA et son RCD/ML de Bunia. Selon certaines sources
anonymes, avant les affrontements entre les deux mouvements, les Ougandais
auraient envoyé un émissaire le 06 novembre 2002, auprès de M. MBUSA pour
tenter de le convaincre à abandonner l’Ituri à l’Union des Patriotes Congolais
(UPC) de Thomas LUBANGA que les Ougandais considéraient déjà comme une réalité
politique incontournable, possédant une armée bien équipée et une
administration pour défendre et gérer l’Ituri. Cette prise de position de
l’Ouganda s’explique par le fait que le Président MUSEVENI craignait fortement
que M. MBUSA ne lui échappe totalement après la réunification du pays. C’est
pourquoi, d’après certaines indiscrétions, l’Ouganda préparerait un nouveau
leadership à installer à la tête du RCD/ML.
Les Officiels et Officiers ougandais en poste à l’Est
de la RDC, sont plus intéressés par l’argent que la politique. C’est ce qui les
amène à fabriquer les rebelles congolais qui doivent servir pour leur enrichissement. Les Officiers de
l’UPDF au lieu de supporter les institutions publiques sont plus préoccupés par
la survie politique de leurs pions et le contrôle de la gestion financière de
l’espace sous le contrôle des mouvements politico-militaires locaux qu’ils supportent.
C’est pourquoi, à l’époque des affrontements pour le contrôle de Bunia entre
les partisans de MBUSA et WAMBA, les deux tendances antagonistes du RCD/ML ont
été appuyés par les militaires ougandais. cette division de l’armée ougandaise
en RDC est même observée à Kampala où l’entourage du Président MUSEVENI se
disputent l’influence autour du Président sur la question congolaise.
Dans les rangs des officiels et officiers congolais,
outre les intérêts matériels, ils sont aussi motivés par le pouvoir qui trouve
la légitimité dans les ougandais.
M. Thomas LUBANGA de l’UPC/RP devenu
nouveau maître de l’Ituri contrôle Bunia à l’aide de sa milice tribale Hema. Il
autoproclame le district de l’Ituri en province, signe le 06 janvier 2003, une
alliance avec le RCD/Goma, un mouvement sous influence rwandaise et demande le
départ de l’armée ougandaise, alors jusque-là son allié. L’Ouganda qui avait
installé M. LUBANGA et son UPC en Ituri n’apprécie pas l’arrivée des militaires rwandais à Bunia.
Ce qui les amène aussi à renforcer leurs positions. Hommes, matériels et minutions sont débarqués à Bunia.
D’autres passent par le Lac du côté de Kasenyi, progressent par la localité de
Dele pour aboutir aux portes de Bunia.
Sur place à Bunia, les militaires
ougandais positionnés à l’aéroport ont chassé tous les services de sécurité qui
y oeuvraient et ont interdit tout accès aux militaires et officiels de l’UPC.
Aussi, les opérateurs économiques de
l’ethnie Hema qui avaient soutenu militairement l’UPC dans sa guerre contre le
RCD/ML de MBUSA commençaient à prendre
distance à l’endroit de l’UPC suite à la tracasserie dont ils étaient victimes
de la part de ce mouvement, notamment l’imposition du taux d’échange à 250 FC
pour 1 dollar américain alors que sur le marché parallèle, le dollar
s’échangeait à 300 FC ; la fixation du prix de l’essence à 330 FC alors
que le litre était vendu à 400 FC. Plusieurs commerçants Hema qui travaillaient
dans le circuit d’échange monétaire ont été arrêtés. Même les humanitaires
n’étaient pas épargnés par l’UPC qui
n’a pas hésité de déclarer persona non
grata, le responsable de l’organisme humanitaire de l’ONU OCHA pour avoir
travaillé dans les territoires Lendu et Ngiti.
En février 2003, on annonce à partir de
l’Ouganda la création d’un nouveau mouvement politique dans l’Ituri, Front de
l’Intégration pour la Pacification de l’Ituri (FIPI), présidé par un Chef
traditionnel de l’ethnie Hema, M. KAWA MANDRO, un dissident de l’UPC/RP de Thomas LUBANGA. Contrairement
à l’armée de l’UPC/RP constituée des hommes de troupe de la seule ethnie Hema,
l’armée du nouveau mouvement (FIPI) est composée des Lendu, Ngiti et une partie
des Hema appuyés par les alliés ougandais.
Le 24 février, la localité de Bogoro
(25 Kms de Bunia) tombe sous le contrôle des hommes du FIPI du Chef KAWA. Le 27
février, le FIPI prend la localité de Tchayi (point kilométrique 12 de Bunia).
L’UPC avance des allégations des
massacres de civils et conditionne la mise en place de la commission de
pacification de l’Ituri par l’ouverture d’une enquête sur ces massacres. A la
même date, un hélicoptère de la MONUC qui transportait le Général MOUNTAGA
DIALLO essuie des tirs à 40 Kms de Bunia.
Le 01 mars 2003, le Commandant Jérôme
de l’UPC en territoire d’Aru proclame son autonomie vis-à-vis de son mouvement
et déclare contrôler désormais les territoires d’Aru et Mahagi ainsi que la
cité minière de Mongbwalu. Le 03 mars, au cours de la réunion avec les agents
des services publics, il déclare que les territoires qu’il contrôle ne
dépendent ni de l’UPC ni du FIPI et qu’il attend prendre des contacts avec
Kinshasa.
Dans la matinée du 05 mars 2003, les
combats sont signalés dans la localité de Mandro (PK 5 de Bunia), ancien fief
du Chef KAWA et noyau de la base militaire de l’UPC. Ces faits interviennent au
lendemain d’une journée de tension entre l’UPC et l’armée ougandaise suite à
l’assassinat de deux miliciens de l’UPC dans la nuit du 02 au 03 mars 2003. On
apprendra que toutes les voies d’approvisionnement de la ville étaient sous
contrôle des forces opposées à l’UPC.
En date du 06 mars 2003 à 6 heures du
matin, la ville de Bunia a été réveillée par les détonations d’armes lourdes.
Les affrontements opposaient les hommes du Chef KAWA, appuyés par les ougandais
aux troupes de l’UPC de Thomas LUBANGA appuyé par ses alliés. Ils se
déroulaient sur deux positions gardées par les soldats ougandais, notamment à
Dele et à l’aéroport de Bunia. L’usage d’armes lourdes par les deux armées en
présence avait causé des dégâts humains et matériels considérables. Les
Ougandais ont fait état de 28 personnes tuées, mais le personnel onusien juge
plutôt lourd le bilan des affrontements surtout à l’aéroport et aux environs du
grand marché. Les rumeurs signalaient que M. Thomas LUBANGA avait quitté la
ville aux environs de minuit. Vers 11 heures, la majorité des éléments de l’UPC
avaient aussi quitté la ville. Les militaires de l’UPDF et du FIPI devenus
nouveaux maîtres du lieu, continuaient à tirer en l’air. L’objectif serait de
paniquer la population pour mieux procéder au pillage systématique.
Les informations en notre possession
signalent que plusieurs services humanitaires internationaux opérant dans le milieu tels ACIAR, OCHA, ACOOPELI,
COMPASSION INTERNATIONALE, COOPI (une ONG locale) ; les services publics
tels que l’OCC, l’OFIDA… et les maisons de commerce de certains sujets Hema,
ont été complètement pillés ou endommagés. Quelques stations de vente de
carburant aux environs du marché central de Bunia ont été incendiées.
Aux environs de 16 heures locales, la radio locale annonçait le contrôle de la ville par l’UPDF et son allié du FIPI. Entre temps, d’autres militaires de l’UPDF circulaient à bord des chars et autoblindées, invitant toute la population sans distinction ethnique de vaquer paisiblement à ses occupations. Le 07 mars, à la suite des rumeurs qui faisaient état de la reconstitution des forces de l’UPC appuyées par des éléments de l’APC en prévision de la contre offensive, on enregistre l’arrivée massive des troupes de l’UPDF.
La population Hema en majorité était préoccupée et
craignait de voir les affrontements inter ethniques éclatés au vu du port
d’armes blanches par la majorité des membres de l’ethnie Lendu. Ce qui fut
fait, car on a dénombré un grand nombre de victimes, blessées ou tuées à l’arme
blanche.
Une autre crainte proviendrait des rumeurs
persistantes qui signalaient l’arrivée des renforts dans les deux camps
notamment les militaires rwandais pour l’UPC et ougandais pour le FIPI, avec
une forte probabilité de les voir s’affronter comme ce fut le cas à Kisangani
en mai 2000.
Aussi, dans leur fuite, les éléments de l’UPC/RP
auraient planté des mines anti personnels dans les environs de la ville de
Bunia qui ont déjà fait des victimes parmi la population civile. Thérèse et
Chantal SIKAKALE ont perdu leur vie le 18 mars 2003 suite à l’explosion d’une
bombe au Quartier Mudji Pela, Cellule BIGO III n° 33.
Les militaires de l’UPDF, maîtres de Bunia, avaient
pris certaines dispositions ci-dessous pour la gestion de la ville :
-
Bunia devrait fonctionner comme un
protectorat ougandais. La sécurité devrait être assurée par les militaires de
l’UPDF.
-
Les miliciens Lendu devraient être
cantonnés dans le camp de DELE pour éviter des affrontements avec leurs frères
ennemis Hema;
-
Les miliciens Lendu et Hema
devraient être sous contrôle de l’UPDF et utilisés dans le cadre de la
pacification de l’Ituri ;
-
L’armée ougandaise devrait
travailler en collaboration avec le gouverneur en place, M. MILEO et la Police Nationale
congolaise ;
-
Ainsi, le cas échéant, l’UPDF devra
remettre le contrôle de la ville au gouvernement de Kinshasa, conformément aux
accords de Luanda entre les gouvernements congolais et ougandais, sous la
supervision de l’Angola et la MONUC.
Ces dispositions
sécuritaires ont favorablement été accueillies par la population locale, qui
redoutait les affrontements suite à la présence des mouvements
politico-militaires.
Evidemment l’Ituri a connu des mouvements depuis la colonisation jusqu’actuellement. Ce malgré, les efforts ont toujours été déployés pour parvenir à la paix durable sans laquelle le décollage économique de cet espace territorial potentiellement riche est compromis.
3.1. Les forces et les faiblesses de l’Accord de
Luanda
La détérioration de la situation
sécuritaire et humanitaire en Ituri par le fait des hostilités continuelles
entre factions armées et la perspective du retrait des troupes
ougandaises ; les Gouvernements de la RDCongo et de l’Ouganda ont convenu de
signer, en date du 06 septembre 2002 à Luanda (Angola), un accord. Celui-ci
permettrait au gouvernement de Kinshasa d’étendre son contrôle en Ituri, une
fois les Ougandais partis.
En principe, l’initiative en soi était
louable aux yeux de la masse qui voyait en cela l’accélération du processus de
l’unification du pays. Mais, la non implication de l’UPC/RP bénéficiant de
l’appui manifeste des Hema ne pouvait que fragiliser cet accord. Il en est de
même de l’absence de l’élite de la communauté Hema-Lendu de Kisangani qui, à
bien des égards, peut bien jouer le rôle des sapeurs-pompiers.
En tout état de cause, l’attitude de
l’Ouganda mérite une attention particulière dans la mesure où sa sincérité et
sa bonne foi sont mises en doute à
l’observation des événements sur terrain.
En fait, à la rencontre d’évaluation du
09 et 10 février 2003, tenue à Dar Es-Salaam (Tanzanie) entre les deux chefs
d’Etat Congolais et Ougandais, les réflexions furent centrées sur la mise en
place de la Commission de Pacification de l’Ituri et les mécanismes permanents
de concertation devant permettre la surveillance de la situation de l’Ituri
pour des mesures conséquentes appropriées.
Une déclaration de condamnation a été
prononcée contre ceux qui approvisionnaient en armes les diverses factions et
contribuaient à l’escalade de la violence et la souffrance humaine en Ituri.
A la consternation générale, une autre
rébellion a vu le jour, sous la conduite de M. KAWA MANDRO, bénéficiant certes
de la bénédiction du soutien moral et militaire de l’Ouganda.
Ce contraste entre d’une part le
discours ougandais de paix ainsi que le retrait total de ses troupes, et de
l’autre, son obsession à entretenir la
violence par les factions armées sous sa houlette relèverait de la malice.
Il convient de retenir que des
violations massives des Droits de l’Homme se sont produites en Ituri chaque
fois que le jeu d’équilibre politique portait plus d’avantage aux Hema qu’aux
Lendu, soit le contraire.
Ces deux principales tribus rivales se
partagent la responsabilité des exactions commises sur les populations lors de
différentes attaques apocalyptiques opérées de 1999 à 2003. A cela s’ajoutent
les troupes ougandaises qui ont encouragé, formé et armé les milices dont le
rôle dans l’intensification et la généralisation de la violence est non
négligeables.
Adèle
LOTSOVE, Ernest WAMBA-dia-WAMBA, MBUSA Nyamwisi, John TIBASIMA, Thomas LUBANGA,
eux qui ont marqué d’une manière ou d’une autre la vie politique en Ituri
peuvent être rattrapés par l’histoire et répondre, chacun sous sa période
spécifique de règne, des tueries qui se sont commises dans les différentes
entités territoriales et quartiers de Bunia (Drodo, Bogoro, Mandro, Kpandroma,
Bambu, Mungwechi, Nyakunde, Simbiliabo, Rwangole, Kolomani, Mudji Pela, Sukisa
où des morts ont été enregistrés et des fosses communes observées.
Il
en est de même de M. Jean-Pierre BEMBA du MLC et M. Roger LUMBALA de RCD/N dont
les militaires se sont rendus coupables d’actes d’anthropophagie à Mambasa. A
en croire certains témoignages poignants recueillis, des pygmées avaient été
tués à l’arme blanche, dépiécés et mis au feu et servi comme menu de table aux
militaires en quête de protection d’invulnérabilité.
Ebranlé
certes par les atrocités de ses troupes sur les populations civiles et dans le
souci d’afficher au monde sa capacité de punir et ce faisant, resté
fréquentable outre mer, Jean-Pierre BEMBA a jugé bon d’organiser un procès avec
des coupables désignés. C’est ainsi que le Conseil de guerre de la Garnison de
Gbadolite a condamné une vingtaine de militaires impliqués dans les violations
des droits de l’homme en Ituri. Il s’agit de KATEMBO KOMBI, ZIMA José, David BYARUHANGA, ANIDOWE, MAKIGBA, Freddy
NGALIMU, Willy BOBOLO, René MUPEA, IMPIA MPAMBI, Eric MBUI, Leta EBEBE, Rose
MATONDO, ANDONISI METELE, EMBANGU LINGILI, BAYISA ENGBONDO, LIENGO LIMBOLE,
AMELA LINGIMBA, MOLO EGBETE et ALONGO AKISI.
M. AMZATI, pygmée rescapé, témoigne avoir perdu en décembre 2002 ses proches dont FUABE (sa mère), SALAMA (sa sœur ), KEBE et SCOLA (ses enfants) et NYONGOLO (son oncle maternel), tués à l’arme blanche à Bapukeli (6 Kms d’Epulu). Les militaires du MLC n’ont manifesté aucune hésitation à pouvoir savourer leur chair. Dans le même ordre d’idées, le Chef MZEE KIANA, résidant à Oïcha lui aussi témoigne avoir été forcé de consommer la chair de M. Camille, pygmée, machiniste de bois, habitant une localité située à 2 Kms de Mambasa sur la route Mungbere.
Les
militaires de ces deux mouvements (MLC et RCD/N) avaient sommairement exécuté
en décembre 2002 les sieurs APILINGA, UMUNDE et NDJATELE dans ce
même village.
Au
cours du même mois, Madame APOLINE, non autrement identifiée, habitant
au village Bandisende (à 40 Kms de Mambasa sur la route Epulu) a été obligée
par les militaires de leur préparer la chair de son mari qu’ils venaient de
tuer.
D’autres
civils ont été froidement abattus à Mambasa et enterrés dans des fosses
communes non loin de la Chapelle Anuarite vers la fin de l’année 2002.
Pour
combien de temps encore les circonstances de la mort de NGUNA BASAMBU
(Révérend Pasteur de la CECA 20/Rwangora), ALIGO DENAYE, BASHA
(Sentinelle chez les Anglicans), KAPITENI (frère aîné à l’ancien Chef
MULORA MUGISA), ANTO (non autrement identifié, coiffeur de son état), GEORGETTE
(du Quartier Sukisa/derrière le marché central), le Commandant PIGWA de
l’UPC et bien d’autres, victimes des atrocités du premier trimestre 2003 en
Ituri, pourront-elles être élucidées ?
Quoi
qu’il en soit, la balance pèserait aussi sur l’Ouganda qui a eu à armer des années
durant les milices et groupes armés à Bunia, et déverser les officiers supérieurs de son armée sur le
territoire Congolais.
3.2. L’aspiration profonde de la population
Ayant souffert depuis un bon bout de
temps de troubles sociaux qui ont du reste déstabilisé l’Ituri, la population
qui en a ras-le-bol souhaite de tous ses vœux l’avènement d’un nouvel ordre
susceptible de conduire à la paix véritable, de la remettre au travail et
d’encourager la reprise du trafic commercial
comme par le passé.
La stabilisation de la sphère politique
découlant de la mise sur pied des institutions animées par des hommes crédibles
et dignes de confiance est une démarche sur laquelle toutes les attentions
presque doivent être orientées.
A cela s’ajoute le désarmement d’innombrables
miliciens qui sèment la terreur en milieu aussi bien rural qu’urbain, agissant
sans foi ni loi et soumis à plusieurs commandements non hiérarchisés. Une tâche
dont pourrait bien s’acquitter une armée nationale bien formée appuyée par des
unités spécialisées de la Police Nationale, diminuées toutes de l’influence des
troupes étrangères.
Il est admis que la circulation intense
d’armes et des minutions de guerre entre les mains des civils ravive les
conflits ethniques entre communautés au point de transformer l’Ituri en un
éternel foyer de tension. Comme le mal ne peut éternellement régner sur le
bien, la population croit à la paix, surtout au regard des opportunités
apparentes dans la démarche de pacification.
La première opportunité s’appelle la
signature de l’Accord de cessation d’hostilités qui ouvre la voie à la mise sur
pied de la Commission de Pacification de l’Ituri.
La volonté de la grande majorité de la
population, Hema comme Lendu, d’en
finir avec les atrocités inutiles constitue la seconde opportunité. Cette
attente unanime de toutes les communautés est un facteur d’affaiblissement de
la petite minorité d’extrémistes qui ne jurent que par le sang.
La troisième opportunité est la
pression exercée par la communauté internationale sur l’Ouganda suite à
l’implication de ses troupes dans le conflit Hema-Lendu. Cette pression
pourrait être à l’origine de l’effacement progressif des troupes ougandaises
considérées, pour des raisons moins évidentes, comme hostiles par les Lendu.
4.1. Le fondement des revendications politiques
actuelles
Les travaux de concertation inter
districts sur le devenir de la Province Orientale pendant la période de
transition organisée par l’Assemblée Provinciale en date du 27 février 2003
semblent avoir donné l’occasion de circonscrire d’une façon cohérente et
ramener à la surface des réclamations désordonnées limitées jusque-là aux
salons.
Alors que les différentes plates-formes
des districts, à savoir le Forum des Ressortissants de l’Ituri (FORESI), la
Fraternité de Kisangani (FRAKIS), l’Association pour le Développement de
Bas-Uélé (ADBU), l’Amicale des Ressortissants du Haut-Uélé (AMIHAU) avaient
présenté chacune sa déclaration politique, le porte-parole du Club de la Tshopo
(regroupant les natifs de Kisangani et du District de la Tshopo) a laissé les
participants en émoi.
En fait, il a procédé à un raisonnement
hypothético-analogique d’après lequel la Province Orientale dans la
configuration d’avant la guerre d’août 1998, a déjà été démembrée :
l’Ituri à Lubanga, le Haut-Uélé à Lumbala et le Bas-Uélé à Jean-Pierre Bemba du
Mouvement de Libération du Congo. Ne demeurent sous le contrôle du RCD/Goma que
le District de la Tshopo et la ville de Kisangani. Ces deux entités peuvent
alors s’ériger en Province du Haut-Congo. Ce faisant, le gros de postes de
commandement reviendrait à leurs natifs. Tandis que les autres se
contenteraient des postes de moindre importance.
Le moins que l’on puisse dire, les
ressortissants du District du Haut-Uelé avaient adressé au Leadership du RCD à
Goma un Mémo à travers lequel ils émettaient le souhait de voir leur district
érigé en province suite aux injustices subies des ressortissants de la Tshopo.
Par la voie de Mémo, les mêmes ressortissants avaient demandé aux responsables
du RCD/N d’associer les ressortissants du Haut-Uelé à la gestion de leur entité
lors de la réunification.
Devant cette situation, le District de
la Tshopo, par ses ressortissants, a exige l’élévation de son district en
province pour éviter tout malentendu.
Les enjeux de cette métamorphose (du
District en Province) sont tellement nombreux que l’actuelle configuration
politico-administrative peut en pâtir. En effet, des raisons stratégiques
basées sur le maintien de l’équilibre communautaire et les risques éventuels
d’ébranlement de la fixité géographique théorique fondent le recours aux
compétences d’autres districts dans les méandres de la gestion d’une façon
générale.
Cette perception des choses
justifierait la froideur avec laquelle ont été acceuillies les récentes
nominations accordées par le RCD/Goma dans sa tentative de la réorganisation de
la magistrature et cela, pour diverses raisons.
Au premier plan s’est posé le problème
de légitimité. En fait, le RCD/Goma, comme rébellion, avait-il la légitimité de
promouvoir les magistrats oeuvrant dans les territoires sous son
contrôle ? La réponse semble se trouver dans les textes de l’Accord de
Lusaka de 1999 qui reconnaissent aus signataires entre autres le RCD/Goma le
pouvoir de gérer politiquement, administrativement et militairement les régions
placées son contrôle. Vu sous cet angle, les grades et promotions attribuées
aux magistrats des cours, tribunaux et parquets ne pourraient souffrir
d’irrégularité.
Au second plan est soulevé le principe
relatif à l’indépendance de la Magistrature et en même temps l’opportunité de
cette mesure à la veille de l’entrée de la RDCongo en transition. Dans ces
conditions, penser aux contrepoids du judiciaire face aux injonctions
intempestives du politique est utopique.
Les données statistiques objectivement
fiables ne sauront corroborer la thèse du besoin d’autonomie ardemment ressenti
dans une ville universitaire où ne se dégage visiblement pas une majorité
ethnique. Ce qui porte à croire que ces revendications semblent tout au moins
s’appuyer sur une poutre fragile.
Il paraît en outre audacieux
d’envisager une réformulation de
structure à un échelon inférieur dans un mode de fonctionnement monolithique
sans préalablement l’aval de la hiérarchie. Agir ainsi réduirait l’angle de
visibilité de l’homme politique qui, par le temps qui court, doit se
caractériser par l’attachement à l’intérêt national.
Il est à reconnaître que la théorie localiste
du pouvoir d’application dans presque tous les territoires sous contrôle des
rébellions et qui consiste en la distribution des postes sur des affinités
ethnico-tribales est un enfer qui entrave la bonne gouvernance.
4.2. Le renforcement de la politique répressive
Du retour à Goma de la délégation
dépêchée à Kisangani et conduite par le Président Honoraire, Dr. Emile
ILUNGA, pour s’enquérir de la
situation, le leadership du RCD/Goma prononça la dissolution du bureau de
l’Assemblée Provinciale et la suspension des travaux. En même temps, furent
interdites les concertations et les rencontres des plates-formes.
La revendication du Club de la Tshopo
serait considérée par le RCD/Goma comme une manœuvre politique de nature à le
déstabiliser de l’intérieur. Une brèche que peuvent facilement exploiter les
personnes lésées depuis belle lurette au niveau de la politique et militaire au
point de faire de Kisangani un foyer de tension.
Dans ce contexte, plusieurs actes ont
été posés :