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HERITIERS DE LA JUSTICE
a.s.b.l.
Service
des Eglises Protestantes pour les
Droits Humains et la Paix
B.P. 109
Bukavu B.P. 234
Cyangugu
R.D.Congo Rwanda
Web : www.heritiers.org email : heritiers@yahoo.com
en République Démocratique du Congo (RDC)
cas du Sud-Kivu
Droits humains et rétablissement de la paix en R.D.Congo :une
réalité inquiétante au Sud-Kivu
TABLE DE MATIERE
1.1.
Homicides et
atteintes au droit à la vie
1.2.
Violences
faites aux femmes
1.3.
Arrestations
arbitraires, tortures, enlèvements et disparitions, traitements cruels,
inhumains et dégradants, amendes forfaitaires
1.4.
Insécurité
généralisée, pillages, vols et extorsions
1.5.
Attaque contre
la presse, les organisations et activistes des droits de l’homme
II. EXACTIONS COMMISES PAR DES BANDES ARMEES
2.1. Homicides et atteintes au droit à la vie
2.2.Violences faites aux femmes
2.3.Arrestations arbitraires, tortures, enlèvements et disparitions,
traitements cruels, inhumains et dégradants, amendes forfaitaires
2.4.Insécurité généralisée, pillages, vols et extorsions
III. VIH/SIDA : ARME DE GUERRE ET CRIME CONTRE L’HUMANITE
IV. CONCLUSION
SIGLES ET ABBREVIATIONS
1. APR : Armée Patriotique Rwandaise
2. ANC : Armée Nationale Congolaise
3. AGEFRCO : Agence de Frêt Aérien au Congo
4. BDOM : Bureau Diocésain des Œuvres Médicales
5. CADHOM : Collectif d’Action pour le développement des Droits de l’Homme
6. CBCA : Communauté Baptiste au Centre d’Afrique
7. CELPA : Commuanauté des Eglises Libres de Pentecôte en Afrique Centrale
8. CEPAC : Communauté des Eglises de Pentecôte en Afrique Centrale
9. CMD : Comité de Médiation et de Défense
10. CMLC : Communauté Méthodiste Libre au Congo
11. COOPEC : Coopérative d’Epargne et de Crédit
12. CRSN : Centre de Recherche en Sciences Naturelles
13. DIC : Dialogue Inter-congolais
14. DSR : Direction de Sécurité et Renseognements
15. EP : Ecole Primaire
16. FAP : Forces d’Auto-défense Populaire
17. FAR : Forces Armées Rwandaises
18. FC : Franc Congolais(monnaie nationale de la RDCongo)
19. FDD : Front pour la Défense et la Démocratie
20. FNL : Forces Nationales de Libération
21. FONUS : Forces Novatrices de l’Union Sacrée
22. IRS : Institut de Recherche Scientifique
23. ISDR: Institut Supérieur de Développement Rural
24. ISP : Institut Supérieur Pédagogique
25. ITM : Institut des Techniques Médicales
26. LDGL : Ligue des Droits de la Personne dans la région des Grands Lacs
27. OPJ : Officier de Police Judiciaire
28. PIR : Police d’Intervention Rapide
29. PALU: Parti Lumumbiste
30. PAGECO : Papeterie Générale du Congo
31. PCG : Pentecostal church of God
32. PSRS: Police Spéciale de Recherche et Surveillance
33. RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie
34. RDC : République Démocratique du Congo
35. SONAS : Service National d’Assurance
36. SOMINKI : Société Minière du Kivu
37. SONECA : Société Nationale des Editeurs, Compositeurs et Auteurs
38. UDPS : Union pour le Développement et le Progrès Social
39. US : United States
0. INTRODUCTION
Au cours du deuxième trimestre de l’année 2002, la situation des droits de l’homme dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC) a été une réalité inquiétante.
Pourtant des évènements d’envergure susceptibles de jeter les bases d’une paix et d’une stabilité durables ont ponctué cette période.
Le Dialogue intercongolais (DIC) tenu à Sun City en Afrique du Sud avait pris officiellement fin le 19 avril dans la nuit sur un accord conclu entre le gouvernement congolais et le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. Cet accord a été également signé par une bonne partie de l’opposition politique, sauf l’UDPS, FONUS et PALU ainsi que la plupart des délégués de la Société civile et les autres entités du DIC, telles les Maï-maï, le RCD/ML, le RCD/N.
Au mois de mai 2002, la Communauté internationale venait d’apporter son soutien unanime au facilitateur du DIC, Sir Ketumile Masire, afin que celui-ci poursuive son rôle de médiateur dans le conflit congolais.
Plusieurs rencontres, tant au niveau national qu’international, ont été organisées en vue de débattre des résultats du DIC, notamment en ce qui concerne la dimension régionale du processus de paix en RDC, les perspectives d’avenir en faveur de la paix et les incidences de la nouvelle conjoncture politique pour la communauté internationale. Le 30 juin 2002 avait même été proposée comme date butoir pour l’installation des institutions du gouvernement de transition qui devait découler de l’Accord de Sun City.
Quant à la question « INTERAHAMWE» et des ex-Forces armées Rwandaises encore présentes en RDC, à laquelle le Rwanda recourt pour justifier sa présence en RDC, les présidents Rwandais et Ougandais s’étaient accordés sur la nécessité d’y trouver une solution urgente.
Tous ces faits ont constitué des signes encourageants de l’engagement des différentes forces en présence à régler les crises qui secouent le pays et ont témoigné des avancées dans la voie de réconciliation nationale.
Au niveau de la province du Sud-Kivu, le 14 juin 2002, il y a eu des changements à la tête de l’organe exécutif de cette entité administrative. Dans son discours prononcé à la même date, à l’occasion de sa nomination, le gouverneur de province, Monsieur Patient Mwendanga Rugenge, avait tracé les grandes lignes de son programme d’action face aux multiples problèmes auxquels le Sud-Kivu est confronté. Dans l’exécution de celui-ci, l’autorité provinciale ainsi que ses deux vice-gouverneurs, se sont évertués dans l’itinérance à travers les différents territoires en vue d’une mission de pacification.
Sur le plan économique, des travaux de réhabilitation de quelques tronçons routiers ont été amorcés ainsi que ceux de la résidence du gouverneur.
Dans le domaine social, quelques femmes des militaires et celles dites du RCD ont bénéficié d’un soutien notamment en pagnes.
Toutefois, il s’est avéré, à tous les niveaux (national et provincial), qu’il existe un paradoxe entre ces signes d’espoir observés et la réalité des droits de l’homme et de la paix sur le terrain.
D’aucuns, aujourd’hui, croient que les assises de Sun City n’ont pas réglé les problèmes de fond quand bien même elles auraient constitué un développement dans la voie de la réconciliation nationale et de la réunification du pays.
Dans la province du Sud-Kivu, toutes les forces en présence, à savoir, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) avec ses alliés Rwandais de l’Armée Patriotique Rwandaise, et Burundais ; les différents groupes des combattants Maï-maï, les milices rwandaises Interahamwe et burundaises du Front national de libération (FNL) et du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD), les dissidents du commandant Patrick Masunzu se sont toutes portées responsables de graves et impitoyables violations et abus des droits de l’homme.
De manière sommaire, dans leur logique de la persistance de la guerre, elles ont semé une insécurité généralisée caractérisée notamment par :
- la lutte pour le contrôle du terrain ;
- le renforcement des positions militaires à l’Est de la RDC par le déploiement intense des troupes de l’APR et de l’armée burundaise, sur les hauts plateaux du Sud-Kivu ;
- les déplacements massifs et continus des populations villageoises vers la ville ou des campagnes vers la forêt ou d’autres campagnes lointaines...;
- la séparation des familles ;
- les épidémies et autres maladies chroniques
- la présence de plusieurs armées ou groupes armés ;
- des attaques et des destructions méchantes des villages entiers et des infrastructures sociales;
- le pillage des ressources nationales et des biens des populations ;
- la circulation illicite et incontrôlée d’armes de guerre ;
- la surmilitarisation étrangère dans les zones minières.
Vivement préoccupée par l’état de sécurité, de paix et des droits humains, comme du droit international humanitaire, l’a.s.b.l Héritiers de la Justice a eu beau appeler les différentes forces en présence dans la province à mettre un terme à la guerre et autres violences. Il n’en est pas demeuré moins vrai que les responsables de ces groupes ont eu du mal à se défaire de leurs objectifs maléfiques incompris par les populations.
Les affrontements entre les différentes forces ont été monnaie courante en plusieurs endroits et se sont toujours soldés par des tueries, des pillages, des viols des femmes et des filles sans distinction d’âge et des déplacements des populations.
En usant de la violence comme arme de répression contre les personnes ou des groupes de gens aux idées contraires ou supposées hostiles au mouvement, le RCD n’a pas su faire valoir les droits de l’homme. En date du 30 juin 2002, à la suite du soulèvement des étudiants des universités et instituts supérieurs qui manifestaient contre l’arrivée du chef historique de l’UDPS à Bukavu, les bureaux de coordination de la Société civile du Sud-Kivu et de l’organisation de défense des droits de l’homme, le Groupe Jérémie, ont été perquisitionnés par les militaires de la 6è Brigade.
De même, les combattants Maï-maï, dont les Mudundu 40, les milices rwandaises et burundaises, en empêchant les paisibles paysans à vaquer librement à leurs occupations ou en détruisant de fond en comble des villages entiers, ou encore des infrastructures comme des adductions d’eau, des centres de santé... ne se démarquent pas du RCD.
Les uns et les autres ont fait montre de leur impuissance de gérer des problèmes tels que la pauvreté et l’insécurité.
Au fond, cette dangereuse dérive témoigne aussi de la mauvaise foi des uns et des autres d’empêcher les violences, de poser des bases solides en vue du respect et de la protection des droits de la personne et des peuples dans l’avenir.
Dans ce rapport qui couvre la période allant du 1er avril au 30 juin 2002, Héritiers de la Justice dénonce quelques cas d’abus et de violations des droits de l’homme imputés au RCD et aux multiples et divers groupes armés, apporté à sa connaissance par ses partenaires à la base dont elle tait stratégiquement les noms et qu’elle a pris soin de vérifier.
I. QUELQUES CAS DE
VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME
ATTRIBUEES AU RCD
ET SES ALLIES
1.1. Homicides et atteintes au droit à la vie
• Dans la semaine allant du 25 mars au 06/04/2002, un groupe d’hommes armés et en uniforme militaire assimilés aux éléments de l’Armée Nationale Congolaise (ANC) et de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) ont assassiné à coups de balles monsieur Herman Buroko à Ishunda en territoire de Kabare
• Dimanche 08/04/2002, dans la localité de Chibingu, groupement de Cirunga, collectivité-chefferie de Kabare en territoire de Kabare, monsieur Nyambwe, cultivateur et vendeur des pommes de terre, a été abattu par des balles tirées par des militaires de l’ANC. La victime était mariée et père de trois enfants. Des sources dignes de foi ont signalé que ces militaires, en revenant de Mulume Munene, ont tenté de piller dans le domicile de l’infortuné et dans son voisinage.
• En date du 16/04/2002, vers 19H45, des militaires au service du RCD, ont tiré à bout portant sur madame Marigo (47 ans), mère de 9 enfants et épouse de Monsieur Mastaki Mulolo ainsi que son fils Kapinga Mulolo, âgé de 27 ans dans leur habitation à Nyantende, groupement Mudusa en territoire de Kabare. La dame a été conduite au centre hospitalier de Nyantende où elle a rendu l’âme 24 heures plus tard. Avant leur départ, ces inciviques ont juré devant la petite sœur de la défunte qu’ils rentreraient exécuter monsieur Mastaki Mulolo en personne.
• Le dimanche 12/05/2002, vers 20H30, à Kavumu dans le territoire de Kabare, un militaire Hutu au service de l’APR a fusillé son collègue d’ethnie Tutsi lors d’une dispute autour d’une prostituée de la même ethnie que le meurtrier.
• Le 06/06/2002, monsieur Kandjondjo Mukobelwa, résidant à Ilangi, chefferie de Kalole en territoire de Mwenga, en provenance du deuil a été arbitrairement tué par les militaires au service du RCD.
• Le mardi 11/6/2002, dans la localité de Bitara en territoire de Kabare, monsieur Roger Bafunyembaka, marié et père de 4 enfants, a été tué par balles par des militaires du RCD pour avoir été assimilé aux Maï-maï que ces derniers recherchaient dans la brousse attenant à la collectivité de Nindja dans le même territoire de Kabare.
1.2. Violences faites aux femmes
• Au cours du mois de mars 2002, Madame X, épouse de monsieur Namugenda, habitant du quartier Musenyi dans la cité de Sange, territoire d’Uvira, a été impitoyablement violée par trois militaires de l’A.P.R. en patrouille dans ce milieu. Ceux-ci recherchaient monsieur Namugenda au motif qu’il était Maï-maï.
• Le 17/04/2002, madame Selembe Nabululu, âgée de 24 ans, résidant à Katogota dans la Plaine de la Ruzizi a été menacée de viol par un militaire de l’APR au service du RCD. Pour se soustraire à cet acte, elle s’est jetée dans la rivière Ruzizi et, peu après, elle est allée, en vain, se plaindre auprès du commandant dont dépend le fautif.
• Dans la nuit du 20 au 21/05/2002, deux policiers du RCD ont investi le domicile de Monsieur Namudaga Mulikuza, après avoir molesté ce dernier, ils ont violé Mesdames Anonciata Nabanyere et Joséphine. La première est l’épouse de Namudaga et la 2è de leur voisin, tous habitent dans les maisons du personnel du Centre de recherche en Sciences naturelles de Lwiro en groupement de Katana, territoire de Kabare.
• Le mercredi 05/06/2002, vers 5H00 du matin, madame Nsimire Bébé, résidant sur l’avenue Muhungu, a été prise en otage par 4 policiers bien armés au service du RCD au motif que le mari de cette dame n’a pas payé à la date butoir sa redevance vis-à-vis de son voisin.
• Le 15/05/2002 à Matili, groupement de Bangoma, territoire de Shabunda, les demoiselles L. G., M. M. et T. K. âgées respectivement de 13 et 20 ans ont été violées sexuellement par les militaires du 82è bataillon :
1.3. Arrestations et détentions arbitraires, tortures, enlèvements, disparition, traitements cruels, inhumains et dégradants, amendes forfaitaires
• En date du 1er au 2 avril 2002, le chef d’antenne de la DSR/Kitutu dans le territoire de Mwenga a arrêté messieurs Mukuki Mukukya et Akenga Kongwe respectivement Révérend pasteur de la 26è CLMC et Directeur de l’EP Kizila sous prétexte qu’ils ont collaboré avec les forces dites négatives et ont appuyé celles-ci en vivres et en matière d’information. Il se pourrait que cette information aurait permis aux forces de mettre en déroute les militaires en date du 07/03/2002.
• Au cours du même mois, monsieur Kyatenga Patrick, Commandant de la police à Kamituga dans le territoire de Mwenga, a administré plusieurs coups de bâton sur le pénis de monsieur Byemba Robeni lors de la détention de celui-ci. Cette torture corporelle aurait conduit la victime à la stérilité. C’est grâce à l’intervention des activistes locaux des Droits humains, en l’occurrence le CMD Kamituga, que l’infortuné a recouvré la liberté pour être interné à un hôpital local.
• En date du 06/04/2002, dans le village de Kinjuba, groupement de Bushwira, collectivité-chefferie et territoire de Kabare, Monsieur Muhindo Damas a été arrêté par le Commandant de la DSR/Kabare nommé Willy Bulambo. La raison de son arrestation est qu’il porte le même prénom que Muhindo Mugunda Damas poursuivi par la Police et la DSR/Kabare en rapport avec des infractions à sa charge.
• Le 12/04/2002, monsieur Kalangira Kacis, âgé de 26 ans, a été enlevé à Walungu dans le territoire du même nom par des militaires au service du RCD pour non respect des obligations dudit mouvement.
• En date du 16/04/2002, monsieur Désiré Matata a été arbitrairement arrêté par l’OPJ Kalegamire alors qu’il se rendait au marché de Minova, groupement de Nyabibwe, territoire de Kalehe
• En date du 18/04/2002, monsieur Bahati Barole a été arrêté pour une deuxième fois par des éléments de la Police nationale congolaise, sous-commissariat de Mukwidja sous prétexte qu’il ne s’était pas acquitté des amendes forfaitaires et sans quittance lui infligées.
• Du 4 au 08/05/2002, l’enseignant Bujingo Mpanga a été arrêté par monsieur Bodinga, un agent de la DSR, poste de Kalonge en territoire de Bunyakiri. Détenu pendant 5 jours pour avoir transporté un combattant Maï-Maï blessé par balles, par les alliés du RCD, cet enseignant n’a été libéré que grâce à l’intervention de la population moyennant une amende de 31 $.
• Le 6/5/2002, à 23H00, le pasteur Muzaliwa de la 8è CEPAC Erunga dans le territoire de Bunyakiri a été arrêté par des militaires rwandais sous l’instigation de monsieur Peckos Bwiriri, chef de poste de la DSR locale. Cette arrestation serait liée au fait que la veille, la victime venait de donner de l’eau à boire à une femme fatiguée dont l’enfant malade a également bénéficié de la prière du même pasteur. Il n’a été libéré qu’après avoir payé une amende de 3000 francs congolais et une chèvre.
• Le 9/05/2002, vers 11h20, à Kalambi, dans la collectivité-chefferie de Lwindi, territoire de Mwenga, il y a eu affrontement armé entre des militaires au service du RCD et des Interahamwe. Ainsi, monsieur Milenge Kyembwa Nakalambi, chef de groupement local, a été arrêté et acheminé à Mwenga-centre par les soldats du RCD sous prétexte qu’il était de mèche avec les Interahamwe. Il n’a été libéré que 3 jours après grâce à l’intervention du CMD Kalambi et le paiement d’une caution de 40 $US.
• Le jeudi 16/05/2002, monsieur Janvier Mugerangabo Magala, activiste des droits de l’homme et intendant de l’atelier de menuiserie du Collège Alfajiri de Bukavu a été arrêté et conduit vers une destination inconnue. Cet enlèvement, survenu dans la concession du collège des Jésuites, a été opéré par des agents de la DSR dirigés par le Directeur Adjoint de ce service dans la province du Sud-Kivu. Originaire du groupement de Mushinga, collectivité-chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu au Sud-Kivu, et parent du Commandant Odilon Kurhengamuzimu, chef des Maï-maï de Mudundu 40, monsieur Janvier Mugerangabo était soupçonné d’avoir trempé dans l’attentat à la grenade commis à Goma au Nord-Kivu le dimanche 24 mars 2002, lors de la célébration liturgique de la fête des rameaux et qu’il serait complice d’un certain Elias qui, venu de Goma, aurait été attrapé le même jour au port lacustre (SNCZ) de Bukavu porteur des grenades. La victime gît toujours au cachot «Chien Méchant», au Département de l’Administration du territoire, Sécurité et Renseignements à Goma dans la province du Nord-Kivu.
• Le samedi 25/05/2002, monsieur Alphonse Munamire Mungu’Akonkwa, Directeur provincial de la SONECA (Société Nationale des Editeurs, Compositeurs et Auteurs) domicilié sur l’avenue Pesage au quartier Ndendere en commune d’ibanda, a été enlevé par deux militaires en tenue civile au service du RCD. Notons qu’auparavant, dans la même journée, ces militaires se sont d’abord rendus chez monsieur Munamire où ils ont réussi à le dévisager par une de ses photos qui se trouvaient dans son salon. Ne l’ayant pas trouvé chez lui, ils se sont lancés à ses trousses et ont fini par intercepter, à hauteur de la société PHARMAKINA dans la commune de Kasha, la voiture taxi à bord de laquelle il tentait de s’éclipser en compagnie d’autres personnes qui étaient également poursuivies. L’infortuné continue à moisir dans le cachot «Chien Méchant» au Département de l’Administration du Territoire, Sécurité et Renseignements à Goma dans la province du Nord-Kivu.
• Le 26/05/2002, monsieur Kajonjega Evariste, Secrétaire rapporteur du comité syndical des vendeurs du Marché central de Kadutu a été arrêté sans motif valable par le Secrétaire permanent du RCD/Kadutu.
• Pour rafler le plus d’argent possible, les tribunaux de Kamituga en territoire de Mwenga n’ont rien trouvé de mieux que d’établir des mandats d’amener à l’endroit de la population locale pour un oui ou pour un non. Monsieur Kilosho Tabyobe a été victime de cette exaction le 27/05/2002 et a dû débourser 10 $ toutes affaires cessantes.
• Le 28/05/2002, vers 10H30, monsieur Bayongwa Kahemura a été arrêté par le parquet de Bukavu au motif qu’il a refusé de payer une chèvre à son gendre qui gardait ses vaches au village à Kabare.
• Le mercredi 29/05/2002, monsieur Mapendano Lubala Bienvenu et son épouse, madame Yongo Mapendano Odette, tous membres de l’association ACHREDAS/COCOCHI, domiciliés sur l’avenue Pesage II en commune d’Ibanda à Bukavu, ont été menacés de déguerpissement de la maison où ils habitaient par 8 militaires de l’APR et 5 policiers congolais conduits par une femme de nationalité rwandaise nommée Mukangangu Stephanie. Cette maison occupée par ces victimes appartient à monsieur Mweze et madame Bibishe Mambangu avec lesquels les locataires n’ont aucun problème. Il semblerait que madame Mukangangu voulait occuper ou s’approprier la maison en question.
• Jusqu’au mois de juin 2002, monsieur Segetera Kajibwami résidant à Ibinja dans le territoire de Kalehe, a fait l’objet de tracasseries et d’exactions de la part de l’agent territorial local. Ces violations des droits humains sont consécutives au vol des effets de pêche appartenant à ce citoyen puis retrouvés entre les mains d’un certain Mugunzi Migara. C’est justement celui-ci qui, usant de ses relations avec l’autorité locale, s’évertue à insécuriser monsieur Segetera Kajibwami actuellement en fuite.
• Le 18/06/2002, monsieur Mitego Mastaki, greffier du tribunal de la chefferie de Buhavu dans le territoire de Kalehe en complicité avec un groupe de personnes parmi lesquelles les membres de sa famille a humilié et roué de coups, monsieur Mutumoyi, directeur de l’école primaire Tchofi devant ses élèves. Pour que le pasteur de l’église locale de la 8è CEPAC n’intervienne pas, il a été pris en otage par les hommes du greffier. Bien que saisi de l’affaire, l’administrateur du territoire et le commandant de la police se sont avérés incapables de mettre la main sur ce greffier qui, dans la foulée, n’a pas hésité à emporter le trousseau de clés du bureau scolaire, la montre du directeur, une somme de 1.500 FC et beaucoup d’autres effets scolaires.
• En date du 19/06/2002, un jeune rwandais nommé Déo Tuyisenge, coiffeur de son état dans la commune de Kadutu au quartier Nyamugo, a été arrêté et conduit au cachot de la Police Spéciale de Recherche et Surveillance (PSRS) en commune d’Ibanda sous prétexte qu’il était Interahamwe. Cela s’est fait après lui avoir ravi tout son matériel de travail.
• Le 21/06/2002, monsieur Calagare Cosmos Baba Wansy résidant sur l’avenue Bugabo III-ISDR, quartier Nkafu, commune de Kadutu dans la vile de Bukavu a été menacé de mort par un sujet rwandais armé d’un revolver. Après plusieurs interpellations à la DSR, ce citoyen congolais serait actuellement détenu chez un commandant des alliés du RCD.
• Le 29/06/2002, alors qu’il assistait à un deuil chez monsieur Mulula, le sieur Ciza Muhimbanjiga, habitant la localité de Kakenge, groupement de Miti en territoire de Kabare, a été arrêté par un commerçant de la même contrée nommé Martin Kauchu et a été conduit à l’office du commandant bataillon de l’aéroport de Kavumu. L’infortuné aurait été accusé d’avoir volé le portable de monsieur Willy Jansens, beau-père dudit commerçant. Faisant fi du conseil du commandant bataillon qui préconisait de déférer le suspect à la Police ou au parquet, le commerçant ci-haut cité, en complicité avec Ginot Mukenge, Kisikisi, Tumbo, ... a amené monsieur Ciza dans l’enclos de son père où celui-ci a subi multiples tortures touchant même le sexe.
• En cette date du 29/06/2002, monsieur Wemba, âgé de 28 ans, fils de Kamabeza, originaire du Nyakavunga, groupement de Bamuguba-Sud en territoire de Shabunda, a été tabassé et ligoté par des personnes inconnues.
• A la suite de la guerre de 1998, monsieur Lukindula Byabele, habitant sur l’avenue Chai en commune d’Ibanda, n’a pas pu rembourser le crédit de 300 $US et les intérêts y afférents qu’il avait contracté auprès de la COOPEC/CHAI, ce qui l’a mis aux trousses du gérant de cette dernière, notamment en le faisant arrêter et torturer à plusieurs reprises avec la bénédiction des agents de l’ordre. A la suite de toutes ces tracasseries policières, l’infortuné a été déclaré hypertendu par les médecins qui l’ont consulté.
1.4. Insécurité généralisée, pillage, vols et extorsions
• En date du 25 mars au 06/04/2002, un groupe d’hommes armés et en uniforme militaire assimilés aux militaires du RCD et de l’APR ont soumis à la torture les sieurs Muganguzi Mubolwa et Bugabo Jean dans les localités d’Ishunda et Cibingu dans le territoire de Kabare.
• Entre le 25 mars et le 26/04/2002, un groupe d’hommes armés et en uniforme militaire identifié comme des éléments de l’ANC ont pillé systématiquement plusieurs familles dans 7 villages en territoire de Kabare. La liste n’est pas exhaustive :
- à Ishunda, du bétail et des volailles , vêtements et ustensiles de cuisine ont été pillés chez Murhula Lukonge, Bahogwerhe Kabembe et chez la veuve M’Mushashirwa ;
- à Cibingu, les volailles, vêtements et ustensiles de cuisine ont été pillés chez Kasigwa Bugabo, Ntabaza Kahigo et Jean Bugabo ;
- à Bwibuhu, des vêtements et appareils électro-ménagers ont été pillés chez Bahya Zihindula, Rugamika Zagabe et chez Cahihabwa Lushombo.
• Dans la soirée du 06/04/2002, à 19 heures, non loin du petit marché de Caziga, en localité de Cidjo, groupement de Kagabi, territoire de Kabare, deux citoyens répondant aux noms de Victoire Muhamiriza et Jean-Marie Kahuyege qui revenaient de leurs lieux de travail ont essuyé plusieurs balles tirées par des militaires de l’ANC. Le premier, dans sa fuite, a été atteint à la jambe. Le second s’est fracturé le genou droit toujours dans les mêmes circonstances.
• En date du 08/04/2002, dans le groupement de Burongo, collectivité de Burhinyi, territoire de Mwenga, un groupe d’hommes armés et assimilés aux Interahamwe ont pris en otage un autochtone, fils de Luhere, et l’ont soumis à des tortures.
• En date du 11/04/2002, un agent du Bureau Diocésain des oeuvres médicales (BDOM) nommé Bojas Bahisa a été arrêté par des militaires au service du RCD alors qu’il était à bord de son véhicule. Ils ont emporté tout ce qu’il avait comme effets dans le véhicule. La scène s’est passée au niveau du Lycée Wima en cellule de Bugabo, commune de Kadutu.
• Le 11/04/2002, à 21H00, un Interahamwe a tué un militaire au service du RCD à Bigombe dans le territoire de Mwenga parce que celui-ci se permettait d’ériger des barrières sur la route. En guise des représailles, les militaires s’en prennent depuis lors aux habitants de cette contrée en leur extorquant leurs biens. Ainsi, tous ceux qui craignent pour leur vie se réfugient dans la forêt.
• En date de 11 et 17/04/2002, les militaires du RCD ont molesté les étudiants de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP)/Bukavu qui successivement réclamaient un bon déroulement de négociation congolaise de Sun City bloquée par RCD et la Journée de réflexion pour une bonne fin. Les victimes sont les suivantes :
* Jeudi 11/04/2002, Habyarimana Fabien de premier graduat des Sciences commerciales et administratives.
* Mercredi, 17/04/2002:
- Linjanja de premier graduat des Sciences commerciales et administratives.
- Kakuru Richard de deuxième graduat Histoire
- Zigashane Muhindo de deuxième graduat Français
- Birhacihana Valentin de deuxième licence Géographie
- Njila Julie, de première Licence Français
- Bisimwa Roger de troisième graduat Sciences Commerciales et admin. - Ciribagula Fabien de deuxième Licence Anglais.
• Le 12/04/2002, un groupe de personnes qui se rendaient à la Cathédrale Notre Dame de la Commune d’Ibanda pour assister à la messe organisée par l’Archidiocèse de Bukavu pour le retour à la paix dans notre pays ont été molestées par les éléments de l’Armée et de la police à hauteur des bureaux de la SONAS. Plusieurs personnes ont été blessées.
• En date du 13/04/2002, à Nachirongwe, localité de Karhongo, groupement de Nyangezi, deux éléments de la Police nationale congolaise/commissariat de Nyangezi sous le commandement de monsieur Dany sont entrés dans la chapelle de Pentecostal Church of God (PCG/ Nachirhongwe) et ont commencé à proférer des menaces à l’endroit du Pasteur responsable et des croyants qui priaient.
• Deux militaires au service du RCD, messieurs Hakiza et Koko, se sont fusillés l’un l’autre en date du 16/04/2002 à Karango, près de Mukwidja dans le groupement de Nyabibwe, territoire de Kalehe pour des raisons non encore élucidées.
• Le 16/04/2002, à 19H45, un groupe de militaires de l’ANC a investi le domicile de monsieur Mastaki Mulolo, au centre commercial de Nyantende, groupement de Mudusa en territoire de Kabare. Ils ont tiré à bout portant sur monsieur Mastaki Kapinga Misiyabalume (âgé de 27 ans, fils de Mulolo) et sur madame Marie-Gorette Mukanika Cirezi (âgée de 42 ans). Le Ier a rendu l’âme sur-le-champ, la seconde est décédée 24 heures après au centre hospitalier de Nyantende de mêmes blessures de coups de balles.
• Du 21/04 au 2/05/2002, des inciviques non autrement identifiés ont pillé dans les villages Rambira, Chebumba, Lubona en territoire de Bunyakiri. Dans la foulée, monsieur Marhegane Nyakaduka a été grièvement blessé après avoir été dépouillé de tous ses biens. Sur les 15 personnes victimes d’enlèvement, seules 3 dont l’identité n’a pas encore été révélée ont regagné leur toit.
• Le 22/04/2002, il y a eu affrontement militaire entre les militaires au service du RCD et les Maï-maï à Cholobera en groupement de Chifunzi, collectivité-chefferie de Kalonge, territoire de Bunyakiri, ce qui a semé une panique généralisée au sein de la population bien qu’il n’y ait pas eu de victimes.
• En date du 1er mai 2002, à 21H 30, 4 éléments armés et en tenue militaire vraisemblablement au service de l’ANC ont attaqué le domicile de Monsieur Isalimya Bulambo Théodore, proviseur au lycée Cirezi, domicilié sur avenue Paysage I en commune d’Ibanda. Après avoir neutralisé tout le monde, ils ont emporté une somme de 65 $ US et plusieurs appareils électroménagers (radio-cassette, fer à repasser, ....)
• Le 5/05/2002, les élèves Masumbuko Bachinywenge et Mirindi Mitima de la 6ème année des humanités pédagogiques à l’Institut Chifunzi ont été battus au marché de Fendula, en collectivité-chefferie de Kalonge, territoire de Bunyakiri par un élément de Local Defense nommé Bushenyula. La raison est que ces élèves s’exprimaient en français quand ils ont rencontré ce militaire.
• Le jeudi 9/5/2002, à 11h20, il y a eu, à Kalambi dans la collectivité-chefferie de Lwindi en territoire de Mwenga, une rencontre fortuite des militaires au service du RCD et des Interahamwe en provenance des forêts situées dans le groupement voisin de Kataraka. A l’issue des affrontements qui s’en sont suivis, on a déploré la mort d’une personne non encore identifiée et 3 cas de blessés ainsi que le pillage des biens de la population locale.
• Le vendredi 10/05/2002, le véhicule de monsieur Rwamissi, commerçant-transporteur de Kambali en territoire de Bunyakiri qui fait la navette Bukavu-Bunyakiri a été attaqué par des Maï-maï soudoyés par un sieur à qui ce transporteur avait ravi une femme. Le bilan de cette attaque est des plus lourds : monsieur Rwamissi et une femme non autrement identifiée ont été tués. Il y a eu également 9 blessés, tous de Bunyakiri
- Monsieur Bernard Tangila, 30 ans, résidant à Kaumi
- Monsieur Kateo Kamina, 28 ans, résidant à Hombo
- Mademoiselle Passy Tulinabo, 19 ans, de Chiko
- Monsieur Machire Misendo, 30 ans, de Kichanga
- Mademoiselle Zawadi Walemba (enceinte), 18 ans, de Miowe
- Madame Bahati Maoneo, 24 ans, d’Irangi
- Monsieur Paluku Musisi, 47 ans, de Kambali
- Le chauffeur du véhicule attaqué.
• Dans la nuit du 13/05/2002, monsieur Muganda du groupement de Rambo, collectivité-chefferie de Kalonge en territoire de Bunyakiri a été attaqué par les Local Defense qui se sont déguisés en Interahamwe. Après avoir pillé le domicile de leur victime, ils lui ont asséné un coup de couteau au ventre.
• Le 15/05/2002, à 8h30, un militaire rwandais au service du RCD accompagné d’un élément des Local Defense a fait crépiter des balles chez monsieur Mutukubagana de la collectivité-chefferie de Kalonge en territoire de Bunyakiri. Ayant appris que le sieur Mutukubagana était en voyage, ce militaire qui venait de totaliser 7 ans loin de son épouse voulait apaiser son appétit sexuel. La maison ayant été encerclée par la population locale, le militaire rwandais n’a rien trouvé de mieux que de tirer des balles en désordre pour se frayer un chemin, ce qui a grièvement blessé monsieur César, fils de monsieur Mutukubagana, en le touchant par balles dans la cuisse et au bras.
• Le 15/05/2002, dans le village Cinaliraga, groupement de Rambo en collectivité de Kalonge, territoire de Bunyakiri, des éléments de Local Defense ont attaqué plusieurs familles auprès desquelles ils ont ravi tout le pécule. Les familles victimes sont : Kadegende, Muzaliwa Mbonekube et Kadurha. Contre toute attente, parmi les assaillants, la population a reconnu un jeune garçon du même village muni d’un morceau d’arbre sous forme de fusil. Cette affaire pour le moins rocambolesque se trouve déjà entre les mains du chef de groupement pour instruction.
• Le jeudi 16/05/2002, après un affrontement entre les Maï-maï et les militaires au service du RCD, les responsables du RCD n’ont rien entrepris pour assurer la sécurité de la population quoique avertis de la présence des bandes armées dans les parages.
• En date du 17/05/2002, aux environs de 20h00, un groupe d’hommes armés et en tenue militaire du RCD a attaqué Nyamiera village de Chirhundu II, localité de Chimpwiji, groupement de Mudusa en territoire de Kabare. Ils sont entrés dans une vingtaine d’habitations emportant ainsi tous les effets de valeur (postes radio, vêtements, ...) et une somme importante d’argent.
• Le 20/05/2002, au terme d’un affrontement entre les Maï-maï et les militaires au service du RCD, les localités de Busawa, Ilinda, Butimba, Bulinzi dans le territoire de Mwenga ont été pillées par des assaillants de locution kinyarwanda et swahili. Certaines personnes ont été faites prisonnières, à savoir messieurs Kafa Muzingwa, secrétaire de territoire et administrateur ad intérim ainsi que monsieur Ngoma Des hommes, greffier du Tribunal de territoire.
• Le mardi 21/05/2002, la population de Nyamiera dans le groupement de Mudusa, territoire de Kabare a été attaquée par des hommes en uniforme non autrement identifiés. Extorsions et tortures diverses ont constitué le lot des habitants de cette contrée. 4 personnes ont été sérieusement touchées dont le karateka Isaki.
• Le mardi 21/05/2002, le village Lugusha, dans le groupement de Mudusa en territoire de Kabare, a été la cible des 4 militaire armés de fusils. Ces derniers ont été appréhendés par leurs compagnons basés à Chomuhini dans le même groupement.
• Des hommes en uniforme militaire et armés ont, pour la 2ème fois, attaqué le domicile de monsieur Chirhulwire Cimu, résidant à Igoke dans le groupement Mudusa, territoire de Kabare dans la nuit de mardi 21/05/2002. Des effets domestiques et de l’argent ont été emportés. Des sources fiables confirment que ces assaillants étaient des militaires du RCD.
• Monsieur Alexis Mabaka, âgé de 22 ans, a été grièvement blessé à la balle qui l’ a atteint à la cuisse. Cette balle a été tirée par des militaires de l’APR à Sange le mardi 21/05/2002 aux environs de 17h00. Il était reproché à cette victime de n’avoir pas répondu lorsque ces militaires l’appelaient.
• En date du 21/05/2002 à 16H30 dans les quartiers de Kambara et Rubumba, groupement de Kamanyola en territoire de Walungu, les agents de la police nationale Nshombo et Muderhwa Bijolya se sont permis de faire des perquisitions dans les maisons des habitants sans aucun mandat légal délivré par les instances compétentes. A l’occasion de ces perquisitions, ils ont rançonné leurs victimes.
• Au mois de juin 2002, monsieur Mungumbu, agronome de la collectivité-chefferie de Kabare de connivence avec monsieur Npenzi Buhendwa, chef d’un des villages de la localité Chishozi , groupement Bushwira en territoire de Kabare a envoyé, à plusieurs reprises, des policiers tracasser les cultivateurs de canne à sucre de son rayon d’action. Chacun de ces cultivateurs a été sommé de payer une somme de 100 $US.
• Du 11 au 12/06/2002, les militaires de l’APR alliés au RCD ont entrepris de déloger les Mai-maï installés dans les localités de Mkokwe, Elimyonga, Lusenda, Bamate, Sanya, Mboko, Kabondozi et Nundu dans le territoire de Fizi. Dans ces différents milieux ,en raison de l’ampleur des affrontements, la population locale a dû prendre fuite pour se réfugier dans la forêt à partir de Lueba jusqu’à Makobola dans ledit territoire.
• Le jeudi, 13/06/2002, des Interahamwe ont attaqué la localité Bwishasha chez Muzuka dans la collectivité-chefferie de Burhinyi en territoire de Mwenga. A cette occasion, ils se sont rendus coupables d’extorsions de plusieurs vaches et d’autres biens de valeur.
. Le 17/06/2002, à partir de 19h00, les militaires du RCD en patrouille dans le groupement de Mudusa en territoire de Kabare ont torturé et battu certains habitants de Chirhagabwa Ier. Les concernés ont également été extorqués chacun de 200 FC. Il s’agit de : Cizungu Mirindi, Muzungu Mweze, Amisi Ceru, Ruhanzi Mulevu, Mulumeoderhwa Cikanda, Muke Ntibonera, Toto Buhendwa et Rutengura Ferdinand.
• Le 21/06/2002, des militaires du RCD mélangés aux Maï-maï de Mudundu 40 ont tiré beaucoup de coups de feu peu après leur arrivée à 6H00 dans le village Luganda, en groupement de Mudusa, collectivité-chefferie de Kabare. Cette situation a créé une panique générale et a amené la population à fuir le village laissant les maisons à la merci des assaillants.
1.5.Attaque contre les militants et les organisations de défense des droits de l’homme
• A la suite de la parution du feuillet NOTA BENE N° 118 du 21 mai 2002 sur les enlèvements des certaines personnes par le RCD et l’APR à Bukavu et dans le territoire de Mwenga, les animateurs de l’association Héritiers de la Justice ont fait l’objet des menaces et d’intimidation de la part des autorités du Service de renseignements du RCD.
• Le samedi 25/05/2002, monsieur Arajabu Pierrot, membre de la structure de base de Héritiers de la Justice à Mukwidja dans le groupement de Nyabibwe, territoire de Kalehe, dénommée Antenne de Médiation et de défense des droits humains, a été arrêté par le sous-commissariat de la Police nationale congolaise pour une redevance de 285 $ vis-à-vis de monsieur Ngoga Bosco allié au RCD. Après une détention de 72 heures dans l’amigo local sans comparution, il a été livré entre les mains de son adversaire accompagné de 2 militaires. Pendant sa détention, le commandant se moquait de cet activiste des droits de l’homme en lui demandant de prier « son Dieu des Droits de l’homme» (Héritiers de la Justice, Amnesty international)
• Depuis la fin du mois de mai 2002, Monsieur Mukenge Marcel, coordinateur d’une organisation naissante des droits de l’homme dénommée CADDHOM est activement poursuivi par les services de sécurité et des renseignements du RCD ?. Cet activiste des droits de l’homme serait recherché pour avoir lancé un démenti à la thèse du mouvement rebelle de Goma, thèse selon laquelle, il n’ y avait pas eu massacre à Kisangani et que c’était un bruit fomenté par des organisations tribales.
• Entre les mois de mai et de juin 2002, les membres de Héritiers de la Justice actifs dans le CMD Nyabibwe ont fait l’objet des tracasseries de la part du commandant de la Police nationale du sous-commissariat de Mukwidja en territoire de Kalehe. Messieurs Zibuka Mungazi et Lipondi Nyarukayi respectivement Président du conseil d’administration et coordinateur de l’Antenne de Médiation et de Défense de Nyabibwe ont été plusieurs fois interpellé ou arrêtés par la police locale aux motifs que les médiations qu’ils réalisent entre les personnes constituent une usurpation des fonctions de la police.
2.1. Homicides et atteintes au
droit à la vie
• Le 7/04/2002, à 19H00, monsieur Kajachi résidant dans la localité de Kashenyi, groupement de Kamanyola en territoire de Walungu, âgé de 61 ans, divorcé et père de 7 enfants a été enlevé puis assassiné par 2 personnes en uniforme non identifiées, assimilées aux milices Interahamwe.
• Le 7/04/2002, à 20H00, les Maï-maï dénommés Forces d’Auto-défenses populaires (FAP) et proches du RCD/Goma ont assassiné, à coups de balles, monsieur Michel Bagula dans le groupement Kamanyola en territoire de Walungu. Agé de 25 ans, l’infortuné était marié et père d’un enfant. Le motif de cet assassinat n’a jamais été élucidé.
• Le lundi 08/04/2002, jour de marché à Kilungutwe, groupement d’Ihanga, collectivité de Lwindi dans le territoire de Mwenga, un groupe d’hommes armés et identifiés comme des milices Interahamwe ont tué à coups de balles les sieurs Roger Kilengelela et Kandanda Kitashagasha. La première victime, habitait à Kasika en collectivité de Lwindi et était agronome de cette collectivité. Le second est originaire de la collectivité-chefferie de Ngweshe et exerçait le métier de boucher dans les marchés locaux. Ces assaillants descendus des montagnes de Kitwabaluzi étaient venus piller au marché de Kilungutwe.
• En date du 10/04/2002, à 5 heures du matin, une dizaine d’éléments Interahamwe ont investi la localité de Mwendo, sous-groupement d’Ibona, collectivité de Ngweshe dans le territoire de Walungu. Ils ont abattu à l’arme blanche un certain Médard qui avait refusé l’ordre lui intimé par ses bourreaux de faire l’amour avec sa propre fille.
• Le 16/04/2002, trois personnes civiles innocentes ont été tuées à l’arme sèche par une bande armée non identifiée qui avait investi le groupement de Mudusa en territoire de Kabare. Il s’agit de monsieur Mashombo Mihigo et son épouse, et de monsieur Makelele Ruvunangiza, tous résidant du village Chirhagabwa I. Ces malfaiteurs ont également agressé d’autres habitants qu’ils ont dépouillés de leurs biens. Parmi ces dernières victimes figurent monsieur Chirumba Kajabika et ses fils Jean Chirumba et Bengehya Chirumba.
• Dans la nuit du 18/04/2002, vers 22H00, Monsieur Buhendwa Karhema, résidant au village Chirhundu, localité de Mudusa-centre, groupement de Mudusa en territoire de Kabare, a été assassiné en son domicile par des inciviques jusque-là non identifiés, pourtant en uniforme militaire et armés de fusils et des machettes. Il a été décapité et seule la tête a été emportée pour des fins inavouées.
• Dans la semaine du 21 au 24/04/2002, un groupe d’hommes armés identifiés comme des Interahamwe ont assassiné sans scrupules monsieur Mukundwa Kabera, ainsi que mesdames Mwa Mushokoza et Philomène Mwa Gabulage. Cette dernière a été décapitée et la tête emportée. Cet assassinat, dont les motifs n’ont jamais été révélés, s’est passé à Ndola, groupement de Burhale, collectivité de Ngweshe en territoire de Walungu.
• Dans la nuit du 24 au 25/04/2002, monsieur Léonard Fikiri Mirindi a été tué à coups de balles par des hommes armés en uniforme militaire. La scène s’est passée à Ihemba, à côté de Nyantende dans la collectivité de Kabare. Jusqu’à présent, la raison de ce crime reste inconnue.
• Dimanche, le 05/05/2002, à 12h00, monsieur Rugaba Ruranguza Pascal, âgé de 62 ans et père de 7 enfants, a été enlevé puis tué en plein jour dans le groupement de Kamanyola, territoire de Walungu par les Maï-maï pour avoir quitté leurs rangs.
• Le 18/05/2002, monsieur Jean de Dieu Kimbwambwa de grooupement de Luliba en cité de Kamituga dans le territoire de Mwenga, a été abattu par balles par les milices Interahamwe. Le motif de sa mort n’a jamais été connu.
• En date du 28 mai 2002 à Kitutu, au moins 15 personnes civiles ont trouvé la mort à la suite d’un affrontement entre les Maï-maï et les militaires du RCD.
Parmi les victimes, l’on signale :
1. Madame Claudine Alieti Kapimbu, 35 ans, épouse de monsieur Nzenze
2. Madame Nabasango wa Banenge, 55 ans, épouse de monsieur Kakunda
3. Monsieur Vandraki Kitungano Kitembu, 30 ans, enseignant à l’Institut Nyamibungu/CELPA
4. Monsieur Muganza Nyangolo, 18 ans domicilié à Kakuku
5. Monsieur Debul Bulambo Lulashe, 25 ans, fils de Lulashi, cultivateur, résidant à Mangombo
6. Monsieur Longalonga, 22 ans, domicilié à Kitutu-centre
7. Une femme, épouse d’un militaire et 5 hommes non autrement identifiée,
8. Huit autres cadavres d’hommes dont 5 femmes ont été découverts en pleine forêt vers Lugushwa et Kiziba. Parmi ces victimes figurent Madame Kakunda, et les sieurs Mukambilwa Basilwango Rogatien, surnommé «Roga-roga», Muganza Mukyika, habitant de Legeza, ...
• Le 31 mai 2002, d’autres Interahamwe partis de Mulungu pour Kigalama ont tué par balles la femme de monsieur Paulin Mweswa, caissier de la diaconie catholique locale.
• Dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5/6/2002, 4 éléments de Local defense et 2 civils ont été assassinés à Musenyi dans la cité de Sange, collectivité des Bafuliru en territoire d’Uvira. Ce forfait attribué aux groupes armés tournerait autour d’une éventuelle mauvaise répartition du butin.
• Le mardi 11/06/2002, des Interahamwe ont tué monsieur Dedede Kagozi du groupement de Mbogo dans la collectivité-chefferie de Burhinyi en territoire de Mwenga. Ensuite, ils ont pillé du gros bétail et des biens de valeur.
• Dans la nuit de jeudi 13/06 à vendredi 14/06/2002, à 3h00 du matin, 4 voleurs à main armée dont un en tenue civile se sont engouffrés dans l’enclos de l’institut Bwindi situé dans la commune de Bagira où ils ont rencontré une opposition farouche de la sentinelle. Monsieur Josué Mungu-Akonkwa Mbilize, 24 ans, fils de monsieur Muray et de Nakangu M’Luhiriri, étudiant à l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP)/Bukavu en première année de graduat en Sciences commerciales, venu à la rescousse de la sentinelle qui appelait au secours, a été atteint, par balles au niveau du dos. Acheminé d’urgence à l’hôpital de Lemera/Panzi, il a succombé à 6H10 du matin.
2.2. Violences faites aux
femmes
• Le 30/03/2002, à 21H00, madame N. Mwa B., âgée de 23 ans, épouse de Monsieur S. et mère de 3 enfants, a été violée à Kamanyola-centre par les éléments des FAP (Maï-maï) alliés au RCD.
Déplacée de guerre, la victime résidait à Kashenyi dans le groupement de Kamanyola en territoire de Walungu.
• Le 12/04/2002, Les dames Mwa Luhirika Luvira, Mwa Bakulikira Chibenda, Mwa Ishaka Migabo, Mwa Shanda Shamamba et Mwa hirwisa Ndagu ont fait l’objet de tortures aiguës de la part de la population du village Cifunzi en collectivité-chefferie de Kalonge dans le territoire de Bunyakiri aux motifs qu’elles seraient sorcières. Les habitations des victimes ont été méchamment détruites et incendiées.
• Mademoiselle X, fille de monsieur Mudigi habitant le village Cibingu, a été violée puis tuée le 26/05/2002 par des bandes armées non identifiées. Ses bourreaux lui ont également enlevé le coeur qu’ils seraient partis manger pour acquérir, selon les ex-maï-maï, le pouvoir d’être invisible en cas de nécessité.
• En date du 03/05/2002, monsieur Moto Masheka dont l’âge effleure les 40 ans, a violé la fille de monsieur Yuto M., âgée de 13 ans. Cet acte crapuleux s’est déroulé en plein jour dans une bananeraie au village Kambara dans le groupement de Kamanyola en territoire de Walungu. Père de 6 enfants, ce tortionnaire qui habite à Busama dans le même groupement a déjà divorcé d’avec ses deux femmes. Le dossier a été transmis au parquet d’Uvira par le sous-détachement local de la police nationale.
• Dans la nuit du vendredi 14/06/2002 à minuit, les hommes en uniforme militaire dont monsieur Pima Malenge Eliode, qui a été appréhendé par les militaires marins basés à Katana, ont pillé et violé la femme de monsieur Migabo Naburhanda Joseph. Cela s’est passé dans la localité Kadjucu à Mukaza/Katana.
• Vendredi 21/06/2002, un des Maï-maï lancés, dans la localité de Mabese, groupement de Bamuguba-Sud, collectivité des Bakisi en territoire de Shabunda, aux trousses de monsieur Kamangu coupable d’avoir ravi à monsieur Sébastien son épouse, ont, dans la foulée, lâchement fusillé Mama Asha. Cette épouse de monsieur Amuri et fille de monsieur Mingalangala a été abattue sur le pas de la porte d’entrée de sa maison et en présence de certains membres de sa famille. Des informations en notre possession, tous les coupables auraient subi des sanctions allant de la bastonnade à la peine capitale en passant par des amendes.
• Le 26/06/2002, madame Antoinette, âgée de 27 ans, déplacée de guerre résidant à Makede, groupement de Bugumba-Sud en territoire de Shabunda, a été violée par un commandant Maï-maï, nommé Makanaki. Elle a succombé de cet acte deux jours après.
• En cette même date, l’épouse de monsieur Wemba, fils de Kamabeza, originaire de Nyakuvunga, grooupement de Bamuguba-Sud en territoire de Shabunda, a été violée par un des hommes armés après avoir torturé et ligoté sérieusement son mari.
• Au cours du mois de juin, Mademoiselle Rwasha, âgée de 13 ans, a été violée par son tuteur, monsieur Samson Kirubi résidant à Rubumba dans le groupement Kamanyola en territoire de Walungu. Cet homme est en même temps, le mari de la tante de la victime. La famille de celle-ci lui a exigé le paiement de 5 vaches à titre de dédommagement. L’affaire est en cours au parquet de Kavumu
2.3.Arrestations et détentions arbitraires, tortures, enlèvement et disparitions, traitements cruels inhumains et dégradants, amendes forfaitaires
• En date du 1/04/2002, vers 19h00, monsieur Bojas Bahiga, agent au Bureau Diocésain des Oeuvres Médicales de l’Archidiocèse de Bukavu, a été arrêté par des hommes armés et en uniforme militaire sur la route du Lycée Wima traversant la colline Bugabo, en commune de Kadutu à Bukavu alors qu’il venait de Kadutu-centre pour se rendre en ville à bord de son véhicule. L’infortuné venait de Kadutu-centre et se rendait en ville à bord de sa voiture. Cette arrestation qui visait le vol du véhicule a en croire les gens venus à la rescousse, s’est opérée sur la route du Lycée Wima vers la colline Bugabo en commune de Kadutu à Bukavu.
• Dans la nuit du 2 au 3/05/2002, dans les collines de Chizi, Nyalunkumbwe et Lubona, sous-village Rambira, village Bushushu, groupement Mbinga-Sud, chefferie de Buhavu en territoire de Kalehe, des enfants et des jeunes gens ont été pris en otage par des bandes armées jusque-là non identifiées. Voici la liste des victimes :
- Byeragi Chiringa (8 ans), Tuyubahe Muhati (10 ans), Ndorimana Muhati (9 anns), Nzayituriki Masuhuko (9 ans), Sibomana Byuvohore (7 ans), Bakunzi Byunvohore (9ans), Ruhaya Byunvohore (7 ans), Gérard Kalibushi (10 ans), Kakeri Bagiramenyo (7 ans), Habimana Ugezekure (8 ans), Sibomana Nini (7 ans), Nshimiyimana Kanyamugenga (9 ans), Mugisha Budani (8 ans), Nkurikiyimana Bizimungu (9 ans), Ndela Ngirimpuhwe (7 ans), Tumaini Nkurikiye (9 ans), Shukuru Sekiribata (7 ans), Uzabakiriho Sebanage (9 ans), Zacharie Rwamafishi (7 ans), Zikama Kashuri (9 ans), Zirarushya Rumazimisi (9 ans), Byegulu Bushenyi (14 ans), Ndungutse Magini (17 ans). Des informations en provenance de Bushushu attestent que les victimes ont été pris de force pour aller grossir les rangs de leurs ravisseurs.
• Du 19 au 20/06/2002, le chef de poste d’encadrement administratif de Burhinyi en poste à Birhala dans la collectivité-chefferie de Burhinyi, territoire de Mwenga, a été arrêté par les Maï-maï basés dans le groupement de Mulambi au motif que le fils de cette autorité s’est désolidarisé de cette bande armée. Bien que torturé, ce chef n’a pas tardé à être relâché grâce à l’intervention de la population.
• Samedi 27/06/2002, monsieur Benge Barhafumwa de Ntondo, collectivité-chefferie de Burhinyi en territoire de Mwenga, directeur de l’EP. Namashongo à Ntondo, a été enlevé par des combattants Maï-maï.
• En date du 19/06/2002, l’a.s.b.l Solidarité paysanne a été victime d’une agression par des hommes en uniforme non autrement identifiés et armés de fusils. 17 personnes parmi lesquelles les agents de cette organisation de développement ont été enlevées à leur chantier d’adduction d’eau potable de Rukobora dans le groupement de Kigoma en collectivité des Bafuliru territoire d’Uvira. Parmi les victimes figurent Monsieur Mutambala Maholokera , l’ingénieur Emmanuel Kalubi Mizombo ainsi que le chauffeur de l’organisation connu sous le sobriquet de Dembi.
2.4. Insécurité généralisée,
pillages, vols et extorsions
• A dater du 4/04/2002, les Hutu réfugiés à Bilembo dans le territoire de Mwenga opèrent des pillages dans ce milieu. Des tirs à l’arme à feu se font entendre d’une nuit à l’autre, créant ainsi une panique généralisée au sein de la population locale.
• Le 4/4/2002, à 21h00 à Nyakadaka près de l’Institut de Recherche Scientifique (IRS)/Lwiro en groupement d’Irhambi-Katana dans le territoire de Kabare, un camion de couleur rouge de marque Toyota appartenant à monsieur Mass a été attaqué par 2 individus armés. Les passagers à bord (environ 80 personnes) ont été tous dévalisés.
• Le vendredi 05/04/2002, des bandes armées assimilées aux Interahamwe descendus des montagnes de Kitwabaluzi dans le territoire de Mwenga ont pillé le marché dans les localités de Kasika, Cowe, Kangola et Kilungutwe dans le même territoire.
• Le dimanche 07/04/2002, de 23h00 à 3h00 du matin, une centaine d’hommes armés et identifiés comme des interahamwe ont provoqué la panique et ont pillé le centre commercial de Kilungutwe dans le territoire de Mwenga. Ceux-ci provenaient de Butongo, groupement d’Ihanga, collectivité-chefferie de Lwindi. Soulignons que la veille, c’est-à-dire samedi 6/04/2002, une compagnie de l’ANC positionnée à Mudubwe sur le tronçon Bukavu-Kamituga avait quitté le lieu sans motif valable.
• En date du 08/04/2002, à 13h00, une centaine des milices Interahamwe est descendu précipitamment dans le grand marché de Kilungutwe, territoire de Mwenga créant ainsi, une panique généralisée. Ils ont encerclé le marché et ceux qui s’y trouvaient. Cette scène de panique a eu lieu après le départ vers une destination inconnue des troupes sur la route Bukavu-Kamituga vers le Sud.
• Dans la nuit du 9/04/2002, la population du groupement de Mudusa en territoire de Kabare a été attaquée par des hommes armés et en uniforme militaire. Leurs cibles particulières ont été le village Cimpwiji, surtout à Kalangwe, Mufunge, Bukali ainsi que Mudusa-centre, notamment Lwanvuhe, Cimpwiji-centre, Cirhagabwa I et II. Les sieurs Matembera Ngwengwe et Mushekera Rubasha tous de Cimpwiji-centre ont fait les frais de pillage et de torture. Comme d’habitude, les militaires basés dans les périphéries dudit groupement n’ont pas pu réagir.
• En date du 09/04/2002, à Burhuba, groupement de Nduba, territoire de Walungu, un groupe d’hommes armés identifiés comme Interahamwe ont pillé systématiquement le village avant de regagner la localité de Kahembarhi dans le groupement de Walungu. Monsieur Namoga a perdu un montant de 300 $US et un colis de 3 Kilos d’or.
• En dates de 11 et 17/04/2002, les militaires du RCD ont molesté les étudiants de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP)/Bukavu qui successivement réclamaient un bon déroulement des négociations congolaises de Sun City en Afrique du Sud bloquées par le RCD et la journée de réflexion pour une bonne fin. Parmi les victimes, on notera :
Habyarimana Fabien de premier graduat Sciences Commerciales et administratives du 11/04/2002 et les 7 autres personnes dont les noms suivent sont du 17/04/2002. Il s’agit de :
1. Linjanja de premier graduat Sciences commerciales et administratives
2. Kakuru Richard de deuxième graduat Histoire
3. Zigashane Muhindo de deuxième graduat Français
4. Birhaci