Situation des droits de l’homme

HERITIERS DE LA JUSTICE a.s.b.l.

Service des Eglises Protestantes pour les Droits Humains et la Paix

B.P. 109 Bukavu B.P. 234 Cyangugu

R.D.Congo Rwanda

Web : www.heritiers.org email : heritiers@yahoo.com

 

 

 

Situation des droits de l’homme

en République Démocratique du Congo (RDC)

cas du Sud-Kivu

 

 

 

 

Rapport du 1er trimestre 2002

 

 

 

La province du Sud-Kivu :Théâtre des attaques et Terre de l’arbitraire

 

 

 

 

Avril 2002

 

 

 

TABLE DE MATIERE

 

  1. Introduction

 

  1. QUELQUES CAS DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME ATTRIBUES AU RCD

1.1.  Homicides et atteintes au droit à la vie

1.2.  Violences faites aux femmes

1.3.  Arrestations arbitraires, tortures, enlèvements et disparitions, traitements cruels, inhumains et dégradants, amendes forfaitaires

1.4.  Insécurité généralisée, pillages, vols et extorsions

1.5.  Attaque contre la presse, les organisations et activistes des droits de l’homme

 

II. EXACTIONS COMMISES PAR DES BANDES ARMEES

 

2.1. Homicides et atteintes au droit à la vie

2.2.Violences faites aux femmes

2.3.Arrestations arbitraires, tortures, enlèvements et disparitions, traitements cruels, inhumains et dégradants, amendes forfaitaires

2.4.Insécurité généralisée, pillages, vols et extorsions

 

III. DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS

 

3.1. Sur le plan économique

3.2. Sur le plan socio-culturel

 

IV. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SIGLES ET ABBREVIATIONS

 

1.      APR : Armée Patriotique Rwandaise

2.      CBCA : Communauté Baptiste au Centre d’Afrique

3.      CECA : Communauté des Eglises Chrétiennes en Afrique

4.      CELPA : Communauté des Eglises Libres de Pentecôte en Afrique Centrale

5.      CEPAC : Communauté des Eglises de Pentecôte en Afrique Centrale

6.      CICP : Convention Internationale Relative aux droits Civils et Politiques

7.      CO : Cycle d’Orientation

8.      EP : Ecole Primaire

9.      FAC : Forces Armées Congolaises

10.    FAP : Forces d’Auto-défense Populaire

11.    FB : Franc Burundais

12.    FC : Franc Congolais(monnaie nationale de la RDCongo)

13.    FDD : Front pour la Défense et la Démocratie

14.    FNL : Forces Nationales de Libération

15.    FSKI : Fonds Social du Kivu

16.    ISTM: Institut Supérieur de Techniques Médicales

17.    ISDR : Institut Supérieur de Développement Rural

18.    ONG : Organisation Non-Gouvernemental

19.    ONGDH : Organisation Non-Gouvernemental des Droits de l’homme

20.    PAM : Programme Alimentaire Mondial

21.    PCG : Pentecostal Church of God

22.    RCD : Rassemblement Congolais pour la Démocratie

23.    RDC : République Démocratique du Congo

24.    RTNC : Radio Télévision Nationale Congolaise

25.    SNEL : Société Nationale d’Eléctricité

26.    SONAS : Société Nationale d’Assurance

27.    ULPGL: Université Libre de Pays des Grands Lacs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

0. INTRODUCTION

 

La situation des Droits humains au Sud-Kivu a été suivie par l’asbl Héritiers de la Justice en ce début de l’année 2002. Dans ce premier trimestre, en sa seconde partie, l’attention était partagée d’une part au monitoring sur la situation des Droits de l’Homme et d’autre part dans le suivi des travaux du Dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du Sud qui ont débuté le 25 février 2002 et prévu de se terminer après 25 jours des travaux.

 

Dans cette dynamique, bien des contradictions étaient perceptibles entre les observations faites sur le terrain et les déclarations des politiciens et d’autres acteurs pour la plupart des belligérants dans le conflit qui déchire la République Démocratique du Congo.

 

D’autres donnes sont déjà en jeux et risquent de compromettre davantage la situation des droits humains dans la province du Sud-Kivu et remettre en cause la dynamique de paix entamée.

 

Depuis quelques semaines, dans les Hauts Plateaux du territoire d’Uvira en province du Sud-Kivu, une mutinerie a été suivie par une guerre entre le Commandant mutin, monsieur Patrick Masunzu et l’Armée Patriotique Rwandaise. Selon des informations en notre possession, plusieurs sujets Banyamulenge, Bafuliro, Bavira, Barega et Babembe dont la zone est touchée seraient exposés à de graves violations des droits de l’homme.

 

Par ailleurs, au-delà du pillage des bétails enregistrés, de plus en plus des craintes de l’extermination des vaches et autres élevages sont annoncées.

 

Dans les autres contrées de la province du Sud-Kivu, c’est le statu quo. La loi du «plus fort» continue à l’emporter sur celle de la majorité silencieuse. Les bandes et groupes armés font la loi. Leurs acteurs continuent de tuer, de violer, d’extorquer les biens, d’arrêter et de détenir illégalement des civils, ...

 

Toutes les libertés (de circulation, d’expression, de réunion, ...) sont généralement prises en otage par les «pouvoirs dominants».

 

Cette description dont la plupart d’informations traînent encore à être rendues publiques à la suite soit de l’inaccessibilité des lieux de commission du fait, soit par crainte des représailles des auteurs des faits dénoncés, soit encore parce que les auteurs des faits dénoncés restent toujours impunis, a constitué la préoccupation majeures dans le présent rapport.

 

Héritiers de la Justice invite ses partenaires et tout autre bénéficiaire de ce rapport à envisager et entreprendre une ou des actions contre les abus et autres violations présentes de manière chronologique autour des acteurs et des thèmes bien spécifiés.

 

 

 

 

 

I. QUELQUES CAS DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME

ATTRIBUEES AU RCD ET SES ALLIES

 

1.1. Homicides et atteintes au droit à la vie

 

• Début janvier 2002, monsieur Jean, fils de Kashe et ses 3 enfants, tous du village Asele, groupement des Babungwe, collectivité de Tanganika en territoire de Fizi, ont été victimes de mines anti-personnelles posées par des militaires burundais au service du RCD basés à Mboko, chef-lieu de la collectivité Tanganika. Ces infortunés de retour du champ ont sauté sur ces mines près du pont sur la rivière M-Ngule. L’une des victimes a immédiatement trouvé la mort.

• Au début de janvier 2002, madame Neema, épouse de monsieur Bienfait Mtee du village Ake, localité Bakechi, groupement des Babungwe, collectivité de Tanganika, territoire de Fizi, a sauté sur une mine anti-personnelle posée par les militaires burundais au service du RCD basés à Swima dans la même entité administrative.

La pauvre femme est décédée sur-le-champ.

• En date du 10/01/2002, une expédition punitive conduite par les militaires banyamulenge au service du RCD basés à Nundu, Mboko, Lusenda, ... dans le territoire de Fizi contre les populations civiles vivant sur l’axe Sandja-Zimbwe dans le groupement Basimukuma, collectivité de Tanganika, territoire de Fizi, a fait plusieurs victimes parmi lesquelles messieurs Manga Toni, Eca Icimbuelo, ... du village Chonwe, brûlés vifs dans une maison. Ces populations victimes étaient faussement accusées de collaborer avec les combattants Maï-maï qui venaient de mener une attaque quelques jours auparavant contre les positions des militaires du RCD et leurs parrains basés dans ce milieu.

• Le 11/01/2002, monsieur Sévérin Murhula « Shaba deux » résidant au n° 218 sur l’avenue Buholo II dans le quartier Mosala en commune de Kadutu à Bukavu, a été tué vers minuit par des hommes en uniforme militaire. Ces assaillants ont emporté une somme de 4.500 $ US et un magnétoscope après leur forfait.

• Le jeudi 17/01/2002, vers 21H00, à Uvira, monsieur Bushinde Vincent alias Du Congo a été tué par des balles tirées à bout portant par des militaires au service du RCD. A l’issue d’une bagarre qui venait d’opposer son fils à son épouse, les militaires qui ont accouru sur les lieux ont voulu conduire le couple querelleur à un des cachots de la place. C’est devant le refus du père que les militaires ont dû tirer.

• Le 21/01/2002 à 9 heures du matin, des militaires de l’APR ont tué monsieur Mubake Luyaya, 25 ans, marié et père de 3 enfants, habitant à Kahulile dans la chefferie de Lwindi en territoire de Mwenga. La victime aurait refusé de transporter des armes et des munitions de ses bourreaux.

• Le samedi 26/01/2002, aux environs de 23H00, monsieur Cimponyi Nyahura, responsable accusé de plusieurs cas de pillages dans le groupement d’Izege en collaboration avec les Maï-maï, a été abattu par des militaires du RCD dans la localité Mwirama, groupement de Kaniola, collectivité-chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu. Aussitôt après son exécution, l’héritage légué à sa famille (maison et autres biens) a été détruit en représailles par la population sans que le chef de groupement et les militaires du RCD interviennent. De sources dignes de foi, la femme du défunt a été contrainte par la population d’exhiber une danse lors des cérémonies d’enterrement.

Le 10/02/2002, mademoiselle Noella, âgée de 17 ans, fille de madame M’Bakonda Jacqueline, résidant au village Chaguma/Mugogo dans le territoire de Walungu a été touchée au thorax par une balle tirée par des militaires du RCD. La pauvre fille est décédée le 13/02/2002 vers 15H00.

• Le 17/03/2002, un militaire de l’APR a tué à coups de balles trois de ses compagnons et blessé deux autres à Kamanyola dans le territoire de Walungu. Il semble que pendant son éclipse momentanée du bistrot avec une prostituée, ses collègues ont consommé toute la boisson locale dite « kanyanga » qui était à table. La fuite du militaire assassin aurait donné libre cours à l’arrestation des prostituées du milieu par la police locale.

• Le 19/03/2002 à Nyamibungu en territoire de Mwenga, un des escortes rwandais du commandant 65è Bataillon Infanterie a tué par balle tirée à bout portant monsieur Thierry Issumbu. La victime, agée de 30 ans, était secouriste à la Croix Rouge du Congo.

• En date du 29/03/2002, monsieur Sanze Justin, un des gardes du corps du commandant du 65è bataillon Infanterie de Kitutu/Mwenga, a tiré à bout portant sur monsieur Thierry Issumbu Masumbuko. La victime, âgée de 30 ans et secouriste au poste de santé de la Croix-Rouge du Congo de la place, laisse une veuve nommée Riziki. Cette mort est consécutive à l’affrontement qui a eu lieu entre les militaires de l’APR au service du RCD et les combattants Maï-maï à Nyamibungu/Kitutu dans le territoire de Mwenga à 218 km de Bukavu et qui a contraint ces militaires précités à la fuite.

• En la même date du 29/03/2002, à Kitutu dans le territoire de Mwenga, les militaires au service du RCD ont tué lâchement monsieur Anyambi. Agé de 65 ans, l’infortuné était tailleur de profession bien connu dans le centre de Kitutu.

 

1.2. Violences faites aux femmes

 

Au début de cette année, le commandant de compagnie militaire du RCD basé à Nyamibungu dans le territoire de Mwenga, arme au point, a réuni la population locale et, monsieur Musuzwa et la concubine du commandant surpris en flagrant délit ont été contraints de refaire sur vue nette en public l’acte sexuel sous les applaudissements de la foule.

• Le mardi 22/01/2002, trois femmes dont mesdames Wanyakusi, suspectées d’avoir ensorcelé mademoiselle Ponga (15 ans) ont été emballées dans des sacs et plongées dans la rivière Kibe par des militaires du RCD basés à Lwambya dans le territoire de Mwenga. Les victimes ont été ramenées au cachot après avoir payé chacune l’équivalent de 50 $ chacune.

• Le mardi 23/01/2002, le policier Bulambo Kimwanga Vincent du groupement de Kamanyola en territoire de Walungu a violé, dans la chapelle protestante de Kalunga, madame A. M’I., épouse du pasteur Bishikwabo Ruhindwa domiciliée à Mulira dans la localité de Migina malgré sa grossesse de 4 mois. La victime revenait de champs lorsqu’elle est tombée entre les mains de ce malfaiteur. Le bourreau s’est rallié au bataillon FAP « Aigle de Lubarika » dans la plaine de la Ruzizi pour consacrer son imunité.

• En date du 01/02/2002, dans le village de Chanyi/Kabulu II au bord du marigot dénommé Luciga, Groupement Mbinga-Nord, chefferie de Buhavu territoire de Kalehe, une jeune femme de moins de vingt ans nommée A. F., épouse de Monsieur Muhindo Mungazi, a été violée vers 11 heures successivement par trois militaires alliés du RCD campés à Nyabibwe. La famille de la victime était en déplacement sur les lieux du forfait.

• Le 10/02/2002, madame Mulangala Teresita, âgée de 32 ans résidant à Ndolo/Mugogo dans le territoire de Walungu, a été agressée par des militaires du RCD. Lors de cette ignoble agression, cette mère de 5 enfants revenait de ses travaux champêtres.

• Le lundi 11/02/2002, à 15H00, trois jeunes filles du village Canjo non loin de Walungu-centre dans le territoire de Walungu ont été enlevées par les militaires du RCD et conduites au campement de ces derniers à Ngando dans le même territoire. Elles ont été relâchées grâce à l’intervention de la population locale après avoir été tabassées et même violées. Il s’agit de mademoiselle M. M. présumée copine d’un commandant Maï-maï, mademoiselle B. K., fille de Kadesi et la fille de monsieur Pierre Kasese, toutes âgées entre 20 et 22 ans.

• Le lundi 25/02/2002, deux jeunes filles non autrement identifiées ont été violées à 5H30 par 8 militaires du RCD en patrouille sur l’avenue Michombero à côté de la Place de l’indépendance en commune de Kadutu à Bukavu. Ces infortunées revenaient de l’hôpital général de référence de Bukavu où elles gardaient leur mère malade. Cette scène ahurissante s’est déroulée devant quelques passants restés impuissants.

• Le mercredi 27/02/2002 aux environs de 22H00, des militaires armés du RCD ont fait irruption au domicile de Mademoiselle Mathilde Muhindo Mwamini, Directrice du Centre Olame, sur l’avenue Muhungu III en commune d’Ibanda à Bukavu. La victime potentielle venait de dénoncer quelques jours auparavant les violences faites aux femmes par différentes factions armées au Sud-Kivu.

• Dans la nuit du 18 au 19/03/2002, plus de 4 femmes ont été violées par des militaires au service du RCD. C’était dans la localité Lugo, groupement d’Izege en territoire de Walungu. Cet acte était consécutif au pillage par des mêmes auteurs.

• Dans la nuit du 18 au 19/03/2002, les hommes de troupe au service du RCD ont violé et enlevé certaines femmes dans la localité de Lugo, groupement d’Izege en territoire de Walungu. Parmi les victimes, figurent :

1. Mlle Mwangaza., 16 ans, fille de monsieur Byamungu

2. M’ Mirindi Binwa Espérance

3. M’ Chirhalanganyi

4. M’ Mangwe Alphonsine

• Le mardi 02/04/2002, vers 15H00, une fillette nommée Z. I., habitant le quartier Kasali, élève à l’Ecole primaire Mosala en 4è C, âgée de 11 ans a été violée par un homme qui s’est fait passer pour un militaire du RCD. Cette scène a eu lieu sur le tronçon reliant le Lycée Wima à l’Economat général dans la commune de Kadutu à Bukavu.

 

1.3. Arrestations et détentions arbitraires, tortures, enlèvements, disparition, traitements cruels, inhumains et dégradants, amendes forfaitaires

 

• Monsieur Mushombe habitant le village Birhabiro, groupement de Chifunzi dans le territoire de Bunyakiri, a été arrêté le 3/01/2002 par le commandant de la Police locale du nom de Willy. Au lieu de le laisser pleurer tranquillement sa fille qui venait de mourir par noyade dans la rivière Luha, la victime a obligée de passer le jour du deuil au cachot et à payer une amende d’une chèvre.

• Le 04/01/2002, monsieur Fisi Kabirambali, cultivateur et choriste au sein de l’église de la 8è CEPAC Bunyakiri, centre de Kasheeshee, âgé de 26 ans, a été arrêté par les agents liés à l’administrateur du territoire de Bunyakiri à Bunyakiri. Il était faussement accusé de ne pas avoir de toilettes dans sa concession. La raison profonde de cette arrestation serait que l’agent sanitaire aurait vainement demandé à monsieur Fisi de lui donner 100 FC lors du contrôle des installations sanitaires dans cette entité. La victime a été relâchée après paiement de 5$ US aux policiers et 10$ US d’amande sans quittance au territoire.

• Le 6/01/2002, Monsieur Karanga Cisubyo du village Cibanda, collectivité-chefferie de Kalonge en territoire de Bunyakiri a été arrêté par les agents de la DSR. Il a été contraint de payer 40 $ US à l’issue d’une détention arbitraire de 5 jours.

• Le chef de poste administratif de Kalonge en territoire de Bunyakiri a arrêté monsieur Misarhi de la localité de Mutale/Kalonge en date du 9/01/2002. La victime venait de rentrer de Bunyakiri comme déplacé de guerre.

• Le 11/01/2002, dans le groupement de Cirunga, territoire de Kabare, monsieur Passy, commandant de la DSR local a procédé nuitamment à l’arrestation de 13 jeunes gens soupçonnés de voleurs à mains armées aussitôt livrés à la merci de la population sans aucune autre forme de procès. Parmi les 13 victimes, les noms de sieurs Mudumbi, Mashungwe Bulindye, Makali Runiga, Lukungulika, Burasa, Cirusha, Cibwa ont été dégagés. Les autres personnes ne sont pas encore identifiés.

• Le 11/01/2002, l’infirmier Maoneo Kamanyula de l’hôpital de Bunyakiri, a été menacé d’arrestation par monsieur Bikulo Kasarasara, agent au bureau de l’administrateur du territoire de Bunyakiri pour n’avoir pas fait l’appoint des frais de clôture du dossier qui opposait son épouse à la fille de madame Maria Mutongo.

• Le 13/01/2002, à Bushwira, dans le territoire de Kabare, le commandant de la DSR a procédé à l’arrestation de sieurs Jules Katenga et Gaston Cirusha, deux jeunes garçons soupçonnés de voleurs à mains armées. Après avoir été livrés à la population, ceux-ci ont été torturés avant d’être achevés.

• Le dimanche 20/01/2002, monsieur Ngoy Luya, chef de localité Kilimba/Mango a été arbitrairement arrêté à Kilimba/Mango dans le groupement des Bashitabyale en territoire de Mwenga par le Commandant du RCD basé à Mungombe/Kilombe dans le même territoire. L’infortuné a dû payer une amende de 3.000 FC et une chèvre pour sa libération.

• Du 27/01/2002 au 01/02/2002, monsieur Tukaba Butundu, ex-directeur de l’Ecole Primaire Kangambili et infirmier secouriste de Hombo en territoire de Bunyakiri, a été arrêté pour n’avoir pas payé une redevance de 5 kg de coltan à monsieur Masumbuko Chikulyi. Pour être relâché, il a dû payer une amende de 10 $US et a signé une décharge pour le paiement de la dette évaluée à 350 $US.

• Arbitrairement arrêté et détenu au cachot de Kamole en territoire d’Idjwi du 26 au 29/01/2002, monsieur Barhakengera Rugira a été tabassé et extorqué de 20 $ US, 400 FC et de la carte d’identité de son épouse. Ce traitement a été l’acte des policiers de garde du cachot.

• Monsieur Elias Matabi du village Kamole en territoire insulaire d’Idjwi a été arrêté et mis en détention à Kamole du 28 au 31/01/2002 par la police du lieu. Il doit sa remise en liberté au paiement de 11$ US.

 

. En janvier 2002, de nombreuses personnes dont monsieur Nachega, chef du village de Cega et son frère ont été arrêtés puis torturés pour avoir déféré, devant les autorités militaires du territoire de Kabare, deux hommes en uniforme reconnus coupables d’exactions sur les populations du village précité dans le groupement de Bushwira, territoire de Kabare. Pour plus d’un observateur les malfaiteurs surpris en flagrant délit étaient des militaires au service du RCD en poste dans cette contrée.

• En date du 04/02/2002, les autorités du territoire d’Idjwi ont arrêté, battu sauvagement et incarcéré messieurs Bizobavaho Emile, directeur de l’école primaire de Kamole, Vati, chef de localité de la place et Gadi, agronome de la Caritas à Kamole dans le même territoire. Ces 3 personnes ont été arrêtées pour avoir construit des maisons au centre de Bunyakiri tout en refusant de payer la taxe relative à toute construction, et d’avoir réclamé la libération d’autres personnes arrêtées illégalement pour cette même cause.

• Dans la nuit du 07 au 08/02/2002, les sieurs Kazadi Rwihimba, Coq Barhama et Tengeneza Kazibi ont fait l’objet d’une arrestation et d’une détention arbitraires au cachot de Kamole par des éléments de la police en territoire d’Idjwi. Ils ont été libérés après paiement de 33 $ US, à raison de 11 $ US par détenu.

• En date du 08/02/2002, monsieur Bishikwabo Makungu, résidant à Mufumbe dans le groupement de Karhuke, chefferie de Kaziba en territoire de Walungu a été battu par des éléments de Local Defense du lieu jusqu’à ce que mort s’en est suivie à l’Hôpital de Kaziba le lendemain 09/02/2002. La victime avait refusé de céder à l’extorsion de son argent par ses bourreaux. Les autres biens connus ne sont pas inquiétés ni par l’APR ni par des autorités locales.

• Monsieur Roger Nyamwigura, du village Nyalugirwa à Muganzo en teritoire d’Idjwi a été arrêté puis détenu du 08 au 12/02/2002. Il a recouvré sa liberté grâce au paiement d’un sac de manioc d’une valeur de 1300 FC, soit l’équivalent de 5 $ US alors qu’un policier lui avait déjà ravi une poule et 250 FC auparavent.

• Dans la première quinzaine du mois de février 2002, monsieur Alain Nyembo, fils de madame Mwangaza Delphine, résidant à Muhungu en commune d’Ibanda à Bukavu a été arrêté par les hommes de monsieur Kashama, chef de quartier Ndendere, sur ordre du commandant militaire du RCD. La victime était accusée d’avoir volé l’arme du commandant lorsqu’il enseignait encore à Kigali au Rwanda. L’infortuné a été transféré de la prison centrale de Bukavu au cachot de la DSR où il a été torturé par un des commandants du RCD le jeudi 07/02/2002.

• Soupçonnés d’être des Maï-maï, les pêcheurs Yalu-Shabani , Vincent Rukamakama et Kalimi Faustin résidant sur l’avenue Kalehe, quartier Rombe II en territoire d’Uvira ont été arrêtés le 9/2/2002 par les militaires au service du RCD. Les deux derniers ont été relâchés après avoir versé 20 $ US chacun. Le premier quant à lui aurait été incarcéré dans la maison d’un commandant du RCD près du bureau de la chefferie des Bavira. Il serait décédé dans cette maison de suite de tortures subies en date du 21/02/2002, selon plusieurs sources.

• Dans la nuit du 9 au 10/02/2002, monsieur Mulinga Ntampaka, chef du village Ntalangwa en territoire d’Idjwi, en compagnie de quelques policiers a arrêté d’une manière arbitraire messieurs Chance Nkotanyi, Mushovu Rwihimba et Shungwe Kihindamuko. Dans leur transfèrement le dimanche 10/02/2002 au cachot de la collectivité, ces détenus ont remis en cours de route 10 $ aux policiers et au chef comme caution de leur libération.

• Le 10/02/2002, à 12H30, monsieur Bahina Birhashwirwa, taxateur à l’un de petits marchés du territoire de Kabare a été arrêté et a reçu 60 coups de fouets des militaires du RCD pour avoir refusé de prélever en faveur de ceux-ci de la viande et de la bière auprès des vendeurs dudit marché.

• Entre le 11 et le 14/02/2002, quelques ressortissants de la collectivité-chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu ont été arrêtés et détenus à la 6è Brigade d’Infanterie du Sud-Kivu sous prétexte qu’ils collaborent avec les Maï-maï dénommés Mudundu 40 installés dans leur territoire et qui sont également originaires du même territoire.

Parmi les personnes déjà sous les verrous, on peut citer :

- Monsieur Lambert Rusingiza, Directeur de la PREMIDIS, arrêté le 10/02/2002.

- Monsieur Ntirata Ntumulo Jean-Paul, Chef de Succursale adjoint de la SONAS/Bukavu, arrêté le 11/02/2002

- Monsieur Kurhengamuzimu Dieudonné, Chef de groupement de Mushinga, arrêté avec son beau-frère Lubala Kasha en date du 14/02/2002.

- Monsieur Birali Hamuli Bob, notable de Walungu, arrêté le 14/02/2002.

• Le 13/02/2002, les policiers Maisha Bugu et Dudu ont arrêté sans motif valable monsieur Muhera Kakonde, ouvrier du Centre de santé de Bunyakiri dans le territoire d’Idjwi. Des informations confirmées, l’infirmier responsable de ce Centre, parti au secours de son employé, aurait été lui aussi arrêté et molesté par les mêmes policiers.

• Le 15/02/2002, monsieur Lubyula Amisi Cyprien a fait l’objet d’une arrestation arbitraire par des militaires du RCD à 18H30 au pont Mulongwe dans la cité d’Uvira en territoire portant le même nom. Il serait accusé de complicité avec le gouvernement de Kinshasa comme il venait à peine de rentrer de la Tanzanie.

• Le 19/02/2002, messieurs Matabaro Luvuga, Kyambukyambu Didi et consorts, tous habitant à Lwiro dans le territoire de Kabare ont été arrêtés et escortés devant l’un des OPJ de la police judiciaire de Kavumu dans le même territoire. Selon nos sources, leurs familles auraient tardé à payer la dot d’une femme avec laquelle un de leurs frères absent aurait eu un enfant.

• Le 19/02/2002, monsieur Joël domicilié au n° 23 de la cellule Mavuno, Avenue Camp Bien Aimé, Commune de Kasha à Bukavu a été logé d’une balle par des militaires du RCD dans le corps pour le neutraliser. Il a été ensuite conduit au cachot de la 6ième Brigade. Ces militaires auraient emporté de sa maison 3 valises contenant beaucoup de biens de valeur.

• Le vendredi 21/02/2002, vers 15H00, monsieur Karhakubwa Bisimwa, habitant sur l’avenue Buholo II/Camp Gilles dans la commune de kadutu à Bukavu a fait l’objet d’une arrestation sous l’instigation du commandant Jérémie. Détenu au bureau de la police à Chahi, il lui a été reproché d’avoir volé un poste de radio. Selon des sources policières, il a été sérieusement torturé.

• Le 23/02/2002 vers 14H00, monsieur Kampanza Nyange, habitant sur l’avenue Route d’Uvira en commune de Kadutu dans la ville de Bukavu, a été arrêté au grand marché de la même commune par des agents de la police nationale congolaise. Sitôt arrêtée, cette victime a été emmenée au cachot du camp Jules Moke en commune de Bagira. Cette personne était dans des difficultés de remboursement du crédit lui octroyé par une association locale qui détenait par ailleurs ses titres de parcelles.

• Le 25/02/2002, madame Jeanette Nabintu, épouse de monsieur Masumbuko Bahizire résidant sur l’avenue Bugabo en commune de Kadutu à Bukavu, a été mise au cachot de la PSRS à Bukavu sur l’ordre du maire de la ville de Bukavu pour n’avoir pas quitté la maison de location de ce dernier au moment opportun.

• Du 26/02/2002 au 02/03/2002, monsieur Bolamba Katera a été arrêté et détenu dans un cachot du territoire d’Idjwi sur ordre du chef de Service de la DSR locale. Le motif de cette détention était lié à la divagation des bêtes.

• Trois policiers armés du poste d’encadrement de Chikoma dans le territoire insulaire d’Idjwi ont arrêtés arbitrairement une dizaine de personnes ci-après dans le village Lukonde en date du 02/03/2002 à 3H00 du matin.

- Monsieur Mapendano Manegabe

- Monsieur Kitima Wandenya

- Monsieur Ntawenderuna

- Monsieur Bosco Byebusa communément appelé Citoyen

- Monsieur Balyahamwabo Mubalama

- Monsieur Bahati Cimera

- Monsieur Jean-de-Dieu Kisyana

- Monsieur Karhagale Herman

- Monsieur Morbique Rugenge

- Monsieur Bimenyimana Baseme

Avant d’être conduites à leur lieu de détention, ces personnes ont été rançonnées par leurs bourreaux.

• Le 03/03/2002, monsieur Chubaka Namihama et Damien Mudekereza Bisimwa, respectivement âgés de 13 et 14 ans, ont été arrêtés par des militaires au service du RCD et détenus à Walungu. Ces deux élèves de l’école primaire de Mwendo/Ibona ont été forcés de transporter des armes et des munitions de l’APR en partance pour le territoire de Mwenga.

• En date du 08/03/2002, vers 16H00, dans le village Lubigi, groupement de Banakyungu, en territoire de Mwenga, monsieur Bashizi, colporteur originaire du territoire de Walungu, a fait l’objet des sévices corporels suivi d’un enlèvement par des militaires du RCD au motif qu’il collabore avec les Maï-maï et les Interahamwe.

• Le 08/03/2002, le chef de poste d’encadrement administratif résidant dans la chefferie de Kaziba en territoire de Walungu, a menacé d’arrêter messieurs Manoga, Luhusa, Burune, Kalimbasi ainsi que mesdames Esther Buvune et Mikosi, parents dont leurs enfants de moins de 10 ans auraient barré la route au véhicule à bord duquel se déplaçaient des militaires de l’APR en leur criant de rentrer dans leur pays, le Rwanda. La menace aurait été soldée par le paiement d’une amende de 2 $US chacun.

• Dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14/03/2002, une vingtaine de militaires du RCD ont arrêté monsieur Longwango Matabishi, fils de Madame Mburanumwe Bihuta Consesa, domicilié au n° 1701 dans le quartier Nyamugo pour des motifs non élucidés. La personne arrêtée a été acheminée au cachot de la 6è Brigade d’Infanterie du Sud-Kivu à Bukavu. Ses visiteurs ont chaque fois payé 150 FC pour lui donner à manger sans quoi le prévenu sans nourriture est obligé parfois de manger des morceaux des briques.

• Le 15/03/2002, monsieur Lyadunga Kahirane a été retrouvé pendu dans le cachot du sous-commissariat de la police de Mudaka dans le territoire de Kabare. Des informations colectées sur place, la victime craignait d’être brûlée vif comme son copain Muderhwa.

• Le vendredi 15/03/2002, monsieur Patient Mihigo, fils de madame M’Mushagalusa et élève en 3è année secondaire à l’institut Bangu dans la commune de Bagira, a été arrêté au grand marché de la commune de Kadutu. Il voulait changer un billet de 100 $ US avéré faux reçu de madame Sikuzana domiciliée dans la même commune.

• Monsieur Zihalirwa Mulengezi a été arrêté le samedi 16/03/2002 dans le groupement Mumosho, chefferie et territoire de Kabare. Il était faussement accusé par son grand-frère d’avoir vendu une vache, un cochon, une chèvre et d’avoir coupé le bois dans la concession de ce dernier comme Muhigirwa Mulengezi. Puis il a été transféré au parquet général le jeudi 21/03/2002 et incarcéré. Il a été libéré le samedi 23/03/2002.

• Le samedi 16/03/2002, madame Sikuzani, habitant au n°14, sentier Pweto, quartier B en commune de Bagira, a fait l’objet d’une arrestation sur ordre du Commandant de la police de Bagira pour avoir accueilli sous son toît son beau-fils poursuivi pour détention de billets de faux dollars.

• Le mercredi 20/03/2002, vers 15H00, deux rwandais d’ethnie hutu en provenance de la préfecture de Cyangugu au Rwanda, vendeurs de braises ont été arrêtés et torturés par des militaires au service du RCD venus à bord d’une jeep Land Cruiser de couleur grise. Ces militaires ont utilisé les crosses de leurs armes pour torturer ces infortunés. La scène s’est passée au rond-point Nyawera dans la commune d’Ibanda à côté de la station d’essence de monsieur Kashama Nkoy. Il semble que ces militaires voulaient par ce geste interdire le marché de braise à cet endroit.

 

1.4. Insécurité généralisée, pillage, vols et extorsions

 

• Le samedi 12/01/2002, aux environs de 17H00, les quelques habitants de Bukavu qui revenaient du marché de Mugogo en territoire de Walungu à bord de 3 véhicules différents ont été dépouillés de biens divers dans le village de Kidodobo par une vingtaine de militaires bien armés tous parlant le kinyarwanda et le swahili déformés. Parmi les victimes, les noms ci-après ont été retenus :

- Monsieur Zébédée Cihindamuko

- Madame M’Cikara Bertha

- Le Pasteur Cizungu Mush

- Monsieur Mirindi Jean-Pierre

- Madame M’Rutega

- Monsieur Mugisho Kahiga

• Dans la nuit du 17/01 au 18/01/2002 vers minuit, le militaire dénommé Kanuma a tué 4 de ses collègues déserteurs en territoire de Kalehe sous prétexte qu’il aurait été torturé par ces derniers. Il s’agit parmi les victimes :

- du commandant Ndabananiye,

- de monsieur Ndayambaje

- de monsieur Muzungu et d’un autre non autrement identifié

• Le 19/01/2002 à 1H00 du matin monsieur Ndakala Kamusugu Justin, commandant militaire du RCD a pillé la boutique de monsieur Mizumbi ressortissant de la localité de Kaboge dans le territoire de Mwenga après avoir tué innocemment ce dernier.

• Le 20/01/2002, un commandant militaire du RCD basé à Mungombe dans le territoire de Mwenga a extorqué 2 canards et une poule appartenant à monsieur Mazambi Louis. Cet acte a eu lieu dans le groupement de Kilyungu non loin de la cité de Kamituga dans le territoire de Mwenga.

• Tous les mercredis, des militaires au service du RCD basés à Nyamibungu dans le territoire de Mwenga ravissent des cossettes de maniocs aux femmes vendeuses à Lubigi et à Kaboge dans le territoire précité. Des informations reçues, ce serait la taxe liée à la sécurité qu’ils assureraient.

• Dans la nuit du 27/01/2002 vers 19H30, des hommes en uniforme militaire et armés au service du RCD ont copieusement battu monsieur Jean-Baptiste Mulengezi, Secrétaire Exécutif du Groupe Jérémie et conseiller d’enseignement secondaire à la coordination diocésaine des Ecoles Conventionnées Catholiques quelques instants après la sortie de celui-ci du taxi qui le ramenait de la commune de Kadutu. Non seulement, il a été fracturé la jambe droite mais encore ses agresseurs lui ont ravi son téléphone mobile et de l’argent.

• Dimanche 27/01/2002 à 19H40’, des militaires du RCD sans doute « en patrouille » ont agressé deux étudiants de l’ISTM, tous de troisième Graduat en Sciences infirmières. A l’un d’eux nommé Kasongo Pilipili, ils ont ravi 25 $ US et à l’autre dont l’identité n’a pas été révélée, 15 $ US et un appareil portable de communication. Ces agents dit de l’ordre ont auparavant poignardé l’un de deux étudiants sur la tête, au thorax et sur le bras.

• Lundi 4/02/2002 vers 20H30, une centaine de militaires du RCD à bord de deux camions ont investi à Walungu centre dans le territoire de Walungu le domicile du Dr Yves Debaillé de nationalité belge, chirurgien à l’hôpital de Walungu et chef du projet Fonds Social du Kivu (FSKI) convoqué à Bukavu par la DSR. Avant de quitter les lieux, ces militaires ont mis à sac le domicile de leur hôte et emporté plusieurs effets de valeur. Arrivé à Bukavu vers 23H00 sous bonne escorte, le Docteur Yves, en compagnie d’un couple d’amis de nationalité française venu lui rendre visite ont passé la nuit à l’hôtel « ORCHID » avant d’être sommés de quitter le territoire congolais le lendemain sur injonction des autorités du RCD. Les victimes ont été accusées d’entretenir de bonnes relations avec les Mai-mai et de dénoncer les abus du RCD au premier ministre et ministre des affaires étrangères de la Belgique, monsieur Louis Michel à son passage à Bukavu.

• Le 06/02/2002, les centres de santé de Maibano, Mulonge, Erunga, Makuta, Kachiri, Tshigoma, Bagana et Tushunguti en territoire de Bunyakiri situés dans des contrées sous contrôle des Maï-maï ont été interdits de fonctionner sur injonction de l’Administrateur du territoire ad interim de Bunyakiri, et du commandant bataillon local. Il a été reproché à ces formations médicales de recevoir parmi les malades des Mai-mai.

• Les militaires au service du RCD se sont livrés à des pillages en date du 10/02/2002 dans le territoire de Walungu. Parmi les victimes : messieurs Balola Mirindi, Cagane Cibondo à Mugogo et Cirimwami Crispin, Zihalirwa Murhula à Bideka et Kahembarhi.

• Dimanche 10/02/2002, des militaires du RCD épaulés par leurs alliés rwandais ont procédé au démantèlement des Maï-maï du groupe Mudundu 40 à Mugogo et à Walungu-centre dans le territoire de Walungu. Les Maï-maï positionnés à Mugogo se seraient repliés dans le boisement MAE tandis que leurs collègues basés au chef-lieu du territoire de Walungu se sont dirigés vers le bureau de la collectivité-chefferie de Ngweshe dans le même territoire.

• Le lundi 11/02/2002, les militaires du RCD venus chasser les Mudundu 40 ont pillé toutes les maisons situées le long de la route conduisant au chef-lieu du territoire de Walungu ainsi que celles du centre de Walungu. Des femmes recrutées de force étaient chargées d’acheminer le butin de leurs demeures respectives à Bukavu. Parmi les endroits les plus touchés, on peut signaler : Mugogo, Bideka et Walungu-centre. Parmi les victimes, les couvents des sœurs, l’Hopital FSKI et des maisons de négoce.

• Entre le 11 et le 24/02/2002, de suite de la recrudescence des actes d’insécurité commis par des militaires au service du RCD, les Maï-mai de Mudundu 40 et les éléments de FAC du commandant Padiri Bulemba dans les groupements de Burhale, Mulamba et Mushinga en territoire de Walungu, bon nombre de familles ont été contraintes au déplacement à Bukavu de peur d’être victimes de multiples exactions enregistrées dans leur milieu. La plupart d’entre elles ont perdu tous leurs moyens de survie.

• Le 11/02/2002, des individus encagoulés et en uniforme militaire se sont introduits de force chez monsieur Wasso domicilié sur l’avenue Buholo III au n° 240. Ils ont copieusement torturé ce père de famille et son épouse alors qu’elle venait à peine de quitter l’hôpital pour des raisons de santé. Ces assaillants ont emporté beaucoup de biens de grande valeur et de l’argent.

• Le mardi 19/02/2002, lorsque les militaires du RCD extorquaient des cossettes de manioc aux femmes qui revenaient de champs à Kitundu dans le territoire d’Uvira, des échanges de coups de feu ont eu lieu entre ces militaires et les Maï-maï. L’ordre public a été perturbé.

• Le 19/02/2002, au Camp Bien Aimé dans la commune de Kasha à Bukavu, monsieur Joël a été victime du vol des biens de valeur, ses habits ainsi que ceux de sa femme.

• Le 20/02/2002, l’évangéliste Chibashimba Olivier de la communauté ecclésiale Penteconstal Church of God in Congo, PCG en sigle, succursale de Nachirongwe à Nyangezi dans le groupement d’Irhongo, territoire de Walungu a été agressé et molesté par le commandant militaire du RCD Dany et ses hommes. Dans la foulée, ses bourreaux lui auraient ravi une somme de 50$ et un vélo.

• Dans la nuit du jeudi 21/02/2002 à 20 heures 45 minutes, la famille de monsieur Jean-Pierre Mudarhi domiciliée sur l’avenue Bugabo non loin du Lycée Wima en commune de Kadutu, a fait l’objet d’une attaque perpétrée par 6 militaires armés. Ceux-ci lui ont emporté une somme de plus ou moins 230 $US, une radio, une baffle et un téléphone mobile. Le chef de famille n’a eu la vie sauve qu’en sautant la clôture de sa parcelle.

• Le vendredi 22/02/2002, lors de l’extorsion des poules et des bétails de la population de Kiliba dans la plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira organisée par trois Maï-maï ivres sous l’instigation de leurs chefs hiérarchiques, prévenu par la population, le commandant local de l’APR, a ordonné le meurtre de ces inciviques. Cela a donné libre cours à un échange des tirs à l’arme automatique durant toute cette soirée entre cette bande armée et les militaires au service du RCD.

• Le 26/02/2002, des militaires au service du RCD à Nachirongwe dans le groupement d’Irhongo, territoire de Walungu ont attaqué les membres de la chapelle de la communauté ecclésiale dénommée PCG basée dans le même milieu. Monsieur Nkubonage Kaluma, serviteur dans la même église a été également soumis à des tortures indescriptibles. De sources dignes de foi, ces militaires malfaiteurs avaient été conduits par d’autres inciviques civils pour ces forfaits.

• Le 27/02/2002, à 2H00, dans le groupement de Luhihi, localité Chime en territoire de Kabare, monsieur Bahati Muzuri, âgé de 17 ans a été victime d’un vol de ses biens par des militaires du RCD.

• Le 27/02/2002, à 2H00 du matin, dans la localité Chime, groupement de Luhihi, territoire de Kabare, 5 militaires marins au service du RCD ont attaqué la population locale et leur ont ravi des biens. Pourchassés, deux d’entre eux ont été appréhendés puis tués par la population. Comme le commandant maritime de Luhihi était pointé du doigt, il a aussitôt dépêché ses subalternes à Bukavu annoncer qu’ils ont été victimes d’une agression de la part des populations autochtones. Des informations reçues, les militaires dépêchés par la hiérarchie de Bukavu ont abattu par balle un présumé voleur rencontré sur leur parcours

• En date du 28/02/2002, vers 1H00 du matin les militaires en patrouille ont fait irruption chez monsieur Kagarabi Chubaka Kleti sur l’avenue Muhungu III en face de l’Université du CEPROMAD (UNIC/ISGEA) en commune d’Ibanda à Bukavu. Après avoir défoncé la porte à l’aide d’une grosse pierre, ils ont emporté une somme de 300 $ et d’autres biens électroménagers.

• Les militaires au service du RCD en patrouille ont investi dans la nuit de samedi 9/03/2002 le domicile de monsieur Nzamu Honoré résidant sur l’avenue Nyawera en commune d’Ibanda à Bukavu. Pendant qu’un groupe est resté dehors pour dissuader les voisins à secourir la victime, quelques éléments de ces patrouilleurs sont entrés dans la maison et se sont mis à torturer le chef de famille. Ils ont emporté d’après nos sources 1523 $ US, 16.000 FC, un magnétoscope, tous les vêtements de monsieur Nzamu et 11 wax de son épouse.

• Le 10/03/2002, des militaires au service du RCD ont fait irruption chez monsieur Chivava, boucher et père de 9 enfants, habitant à Kibe-centre en territoire de Mwenga. Après avoir soumis, et le père, et les enfants à des traitements dégradants, ils ont extorqué à cette pauvre famille une pendule, un poste radio, des habits et une importante somme d’argent. De suite des sévices corporels subis, quelques enfants victimes ont été admis au Centre de Santé local.

• En date du 10/03/2002, un hélicoptère rwandais a atterri à l’aérodrome de Mwenga, avec à son bord des hommes de troupes, des armes et des munitions. Sans tenir compte de l’aspect physique et sanitaire, l’âge et le rang social des habitants, ces militaires ont obligé ceux-ci à transporter lesdits bagages jusqu’à leur campement. A titre d’exemple, le cas de monsieur Mulungula Mwati Vianney, Administrateur à l’hôpital de Mwenga, a été pris de force pour ce transport.

• En date du 17/03/2002, à partir de 21h00, le village de Cirhagabwa I et celui d’Igoke dans le groupement de Mudusa en territoire de Kabare ont été le théâtre des scènes de pillages des hommes en uniforme militaire armés reconnus comme étant des militaires du RCD. Parmi les nombreuses victimes, on peut citer : Madame Léocadia Bagula, monsieur Pascal Bagula, monsieur Kulimushi Cimanula, …

 

 

 

1.5. Attaque contre la presse, les organisations et activistes des droits

de l’homme

 

Au cours de ces 3 premiers mois de l’année 2002, les attaques sérieuses contre la presse libre et les défenseurs des droits humains ont été observées. Ces attaques se sont traduites entre autres par les atteintes à la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de réunion, et l’interdiction à organiser des manifestations publiques et pacifiques.

 

Ainsi, à cause de l’article publié dans la revue «AMANI» n° 33-34 de février-mars 2002 éditée à Kigali au Rwanda par la Ligue des Droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL), le journaliste Bangwene Aziza Clothilde de la Radio Maendeleo, une radio libre de développement qui émet à partir de la ville de Bukavu au Sud-Kivu, a été l’objet des menaces de la part du maire de la ville de Bukavu.

 

Aussi, pendant les travaux du dialogue intercongolais à Sun City en Afrique du Sud débutés le 25/02/2002, un journaliste de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) Bukavu voulant comprendre ce qui se passait, a posé des questions y relatives à l’envoyé spécial de la RTNC, monsieur Bakemana Raphaël. Ce dernier n’ayant pas su répondre aux questions de précision lui posées, le journaliste local s’est vu menacé de suspension par les responsables locaux du RCD.

 

En ce qui concerne les défenseurs des droits de l’homme et les animteurs de la Société Civile, le 1er trimestre 2002 n’a pas été du tout tendre pour eux aussi.

 

En effet, pour avoir sorti les feuillets NOTA BENE mettant en cause les autorités politiques et militaires du Rassemblement congolais pour la démocratie ainsi que leurs alliés, les défenseurs de l’asbl Héritiers de la Justice se sont vus personnellement menacés par les services de la Direction de sécurité et renseignements (DSR) ainsi que le gouvernorat de province du Sud-Kivu et les commandants militaires de la 6ème Brigade d’Infanterie.

 

Egalement, des menaces sérieuses ont continué à peser sur les délégués de forces vives du sud-Kivu aux négociations intercongolaises à Sun City en Afrique du Sud. Jusqu’à la fin de ce trimestre, quatre de cinq délégués des forces vives du Sud-Kivu ne sont pas encore rentrés à Bukavu.

 

Bon nombre des animateurs des confessions religieuses surtout les prêtres de l’Eglise catholique et certains pasteurs des communautés membres de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) ont été plusieurs fois menacés par les agents de la DSR et intimidés à travers la radio. Les émissions radio «Siasa na maadibisho» (Politique et Education) et «Chama na sisi» (le mouvement et nous) animées respectivement par messieurs Raphaël BAKEMANA et Kilubi Mulinda ont beaucoup contribué à ces menaces et intimidations.

 

En ce qui concerne les ONG qui travaillent dans le territoire d’Uvira, celles-ci sont sujettes à des tracasseries de la part non seulement de l’administrateur du territoire mais aussi des services de la DSR A cet effet, les autorités locales d’Uvira ont renforcé un bureau appelé bureau de coordination des ONG. Ce bureau freine les réunions des associations à Uvira et exige une somme d’argent pour la tenue de celles-ci. Aussi, le bureau soumet les ONG déjà enregistrées à l’achat d’une fiche qui est aussi payée. Ainsi, les ONGs CADI, SEDI et Solidarité Paysanne se sont vues refusées le droit de tenir des réunions à Uvira par cette institution du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD).

 

De façon générale, en ce qui concerne les libertés d’opinion, d’expression et de presse, le prescrit de l’article 19 de la Convention Internationale relative aux Droits civils et politiques (CICP) qui dispose que «toute personne a droit à la liberté d’expression, ce droit qui comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce ...» n’a pas été respecté durant les trois premiers mois de l’année 2002 dans toute l’étendue de la province du Sud-Kivu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II. QUELQUES EXACTIONS COMMISES PAR LES BANDES ARMEES

 

2.1. Homicides et atteintes au droit à la vie

 

Déplacée du village de Ntondo à Kashedu en collectivité-chefferie de Burhinyi dans le territoire de Mwenga, une jeune fille non autrement identifiée a été prise par des éléments d’une bande armée dans la soirée du 05/01/2002 et tuée par balles tirées dans le dos. Elle voulait rejoindre ses parents dans la grotte où ils passent la nuit en raison de l’insécurité.

• En date du 5/01/2002, Monsieur Nalwange résidant dans la collectivité de Burhinyi en territoire de Mwenga a succombé aux balles tirées dans sa poitrine par des bandes armées non autrement identifiées. Le domicile du défunt a fait l’objet d’un pillage.

• La nuit du samedi 12/01/2002, monsieur Maurice Mizinzi et un présumé Interahamwe non autrement identifié ont été tués par balles à Lusheke dans le groupement de Kamisimbi en territoire de Walungu, par des Mai-mai communément appelés Mudundu 40.

• Dans la nuit du 22/01 au 23/01/2002, deux personnes dont monsieur Shadrack Gahanga et une femme non autrement identifiée ont été fusillées dans la localité de Nyalugusha, groupement de Ziralo, territoire de Kalehe par des inciviques armés.

• Dans la nuit du lundi 28/01/2002, des Interahamwe ont fait irruption dans le village de Burhurhu, groupement de Bulumbwa collectivité-chefferie de Kaziba en territoire de Walungu. Au cours des opérations, deux personnes ont trouvé la mort et une blessée.

Les personnes tuées sont :

- Mademoiselle Chance, (3 mois), fille de madame Aimée M’Muhigwa, atteinte par des balles à l’abdomen.

- Madame Aimée M’Muhigwa, épouse de monsieur Barhalengehwa Karhatweza, touchée à l’abdomen et au thorax. Conduite à l’hôpital de la 5è CELPA de Kaziba, elle y a succombé deux jours après.

- Monsieur Barhalengehwa Garhatweza, âgé de 30 ans, marié et père de 6 enfants mari de feu Aimée a été touché par balles dans la cuisse gauche et dans la région des organes génitaux. Il est interné à l’hôpital de la 5è CELPA de Kaziba.

• Le 05/02/2002, un groupe de Maï-maï dit Mudundu 40 a tué une personne à Nyamarhege dans le groupement de Mulamba en territoire de Walungu. Selon nos sources, quelques femmes ont été violées par ce groupe.

• Le mercredi 06/02/2002, à 23H00, des Interahamwe ont attaqué la localité de Cihambe dans le territoire de Walungu. Ils ont pillé systématiquement la maison de monsieur Cidurha Eugène, chef de ladite localité et tué son fils et son oncle paternel.

• En date du 09/02/2002, monsieur Mushagalusa Bishikwabo Makungu, 18 ans, fils de Lweka Makungu, résidant à Mufumbe dans le groupement de Kashoki, en collectivité-chefferie de Kaziba dans le territoire de Walungu est mort au terme d’une flagellation subie la veille vers 21h00 sous l’instigation du commandant des Local Defense, monsieur Zihindula Kajocho alias Zishe. Ces actes de torture sont consécutifs au refus de la victime de donner à ses bourreaux la somme d’argent qu’on venait de lui payer chez un certain Choga en vue d’apurer une redevance. Il parait que lors de la perception de cet argent, certains éléments des Local Defense étaient dans la concession de monsieur Choga en train de coompter flirter avec une femme déplacée. Certains d’entre eux ont alors, devancé la victime et se sont cachés dans un buisson jusqu’au passage de monsieur Mushagalusa Bishikwabo.

• Le 11/02/2002, vers 22H00, monsieur Katolo, domicilié sur l’avenue Kangali dans la commune de Kasha à Bukavu, a été tué par des hommes en uniforme militaire et armés. Il a reçu une balle en plein ventre. Sa femme été poignardée au pied.

• Le 22/02/2002 à 12H30, monsieur Désiré Galumanago de la localité de Bwirembe, groupement de Bushwira en territoire de Kabare, a été lâchement abattu après avoir été dépouillé de tout par un groupe d’hommes armés en tenue militaire. Ce meurtre a eu lieu à Ciherhe dans la sous-localité de Cirhavanyi, groupement Bushwira en territoire de Kabare. Selon nos sources, la victime revenait de Kalonge en territoire de Bunyakiri où il était parti vendre des souliers usagés.

• Dans la semaine du 18 au 23/02/2002, monsieur Zozo Munyarutete, habitant à Chishova/Nyamukubi dans le village de Bushushu en territoire de Kalehe a été assassiné par des hommes en uniforme militaire non autrement identifiés.

En date du 23/02/2002, monsieur Kashamuka Dieudonné du village Mubumbu/Kasiru en territoire de Kabare aurait été assassiné par des Interahamwe.

• Le lundi 25/02/2002 vers 21 heures, des hommes armés et déguisés en civils ont lâchement abattu par balles monsieur Venant Masumbuko Matabishi alias «Mass» à son domicile situé à Muhungu III/Camp SNEL en commune d’Ibanda à Bukavu, à quelques cinq minutes de marche du camp militaire Saïo. La victime venait à peine d’obtenir son diplôme de Licence de l’édition 2001-2002 à l’ISDR/Bukavu. Aucun militaire du camp Saïo, à quelques mètres du lieu de forfait, n’est venu s’enquérir de la situation à temps.

• Dans la nuit du 26/02/2002, madame Mawazo Mpala a succombé aux balles tirées par une bande lors de l’attaque contre la famille Monene Likinga domiciliée sur l’avenue Nyamugo/Shuni en commune de Kadutu. Bien des effets de valeur ont été emportés : un magnétoscope, un lecteur CD, une chaîne musicale de marque AKAI, des baffles et d’autres effets domestiques.

• La nuit du 26 au 27/02/2002 de 21H00 à 1H00 du matin, une bande d’environ 80 hommes dont certains en uniformes et armés de machettes, haches et fusils présumés Interahamwe s’est rendu coupable du meurtre de monsieur Bahati Cihasha, âgé de 24 ans, au village Kashasha à Kajeje groupement de Mudaka dans le territoire de Kabare. Dans le même milieu, il a été déploré des cas de pillages.

• La nuit du mercredi 27/02/2002, monsieur Kaka Bahogwerhe Kasombo, marié et père d’un enfant, domicilié à Funu/A en commune de Kadutu à Bukavu a été assassiné par des hommes en tenue militaire et armés.

• Dans la nuit du vendredi, 01/03/2002, une personne non autrement identifiée a été assassinée au cours d’une attaque opérée par des hommes dits Interahamwe dans les villages Chibimbi et Chegera, groupement de Mudaka en territoire de Kabare. Des biens de populations ont été emportés.

• Le samedi 02/03/2002, deux personnes notamment messieurs Daniel Zirhumana et Ganywamulume Zirhumana ont été tués par balles par des hommes armés en uniforme militaire non autrement identifiés dans le territoire de Kabare.

• Le 04/03/2002, les Maï-maï ont tué 4 personnes à Lwigi dans le territoire de Shabunda. Il s’agit de messieurs Sa-Kikusu, Germain, un vieil homme et une vieille femme non encore identifiés.

• Le 05/03/2002, des Maï-maï ont tué 7 personnes dans la localité de Mukimba, groupement de Baliga en territoire de Shabunda. Parmi les victimes, monsieur Mushepake François en compagnie de son épouse et leur enfant, Adonae, madame Béatrice Kajipenda et une autre personne dont l’identité n’a pas jusqu’ici été révelée.

• En date du 05/03/2002, les bandes armées Maï-maï auraient tué 7 personnes à Mapimo dans le territoire de Shabunda. Il s’agit de monsieur Sa-Kalukoluko, son épouse et ses 5 enfants.

• Le 06/03/2002 à Mizango, groupement des Baliga en territoire de Shabunda, monsieur Lumumba, sa femme et leurs quatre enfants ont été tués par des Maï-maï.

• Le 07/03/2002, des Mai-mai associés aux Interahamwe ont tué monsieur Zakumwilo Kalombo, âgé de 29 ans et père d’une famille. C’était à Kakolokelwa dans le territoire de Mwenga. Selon nos sources, ces criminels lui reprochaient de côtoyer un commandant du RCD.

• Le 10/03/2002, les Maï-maï ont tué monsieur Lankeba Mulakilwa dans la localité de Mulungu située dans le territoire de Shabunda

• Le 13/03/2002, monsieur Makuba a été assassiné à Kinanira dans le territoire d’Uvira par des hommes armés et en uniforme.

• Le 16/03/2002, monsieur Jules Sahiriza, chef d’avenue Pasanze et sa 3ème épouse de nationalité rwandaise ainsi que monsieur Muzungu ont été tués sur l’avenue Pasanze, quartier Musenyi dans la cité de Sange, chefferie des Bafuliru en territoire d’Uvira par des hommes armés.

• Le 24/03/2002 à Mushenyi dans la cité de Sange, chefferie de Bafuliru en terriotire d’Uvira, une personne connus sous le nom de monsieur Kalimbi Bradock a été assassinée par des personnes armées.

• En date du 26/03/2002, monsieur Bahati Cihasha du village Kahasha en territoire de Kabare a été assassiné par des Interahamwe alliés à des voleurs à main armée.

• Le 31/03/2002, monsieur Birindwa Mpuku, 32 ans, marié à madame Akubu Expérance et père de deux enfants, a été abattu par balle par des hommes armés parlant swahili et kinyarwanda près de chez lui au quartier Nyamugo à hauteur du bar Ixelles vers 3heures du matin.

 

2.2. Violences faites aux femmes

 

• Au mois de janvier 2002, deux personnes de sexe féminin ont été violées dans le groupement de Luciga en territoire de Walungu et emportées par les Interahamwe vers des milieux non identifiés. Il s’agit de :

- La fille de Monsieur Munini. Elle préparait son mariage.

- La fille de monsieur Gurhahoza Dewayo. Elle est mariée et mère de deux enfants.

• Dans la nuit du lundi 07 au mardi 08/01/202, une femme qui voulait réclamer son pagne wax a été égorgée dans le village Nyakamba en territoire de Kabare par un groupe d’hommes armés qui attaquaient le village.

• En date du 11/02/2002, dans le groupement de Burhale en territoire de Walungu, 7 jeunes filles ont été prises par force et emmenées dans la brousse par des hommes en uniforme non autrement identifiés.

• Le 12/02/2002, madame C. communément appelée «Maman C.» du groupement de Burhale dans le territoire de Walungu a été violée par des hommes en uniforme alors que, depuis 4 mois, elle attendait famille. Désemparé, son mari, a assisté, impuissant, à cet acte.

• Le 13/02/2002, l’épouse de monsieur Mugula habitant le groupement de Burhale en territoire de Walungu a été violée par des hommes en uniforme. La victime avait encore un bébé de deux mois.

• Le 23/02/2002, madame Nzigire M’ Ningabami, résidant dans la localité de Mubumbu, territoire de Kabare, a été tuée par des Interahamwe mêlés à des voleurs à main armée. Ses bourreaux lui ont également ravi des biens divers de valeur.

• Lors du pillage systématique perpétré par des hommes armés en uniforme militaire en provenance des Haut-Plateaux en territoire de Kalehe, dans la nuit du 1er au 2 mars 2002, une fillette de 9 ans du nom de S. K. a été enlevée au Centre de Lushebere/Bushushu et conduite à une destination inconnue.

• Au cours de la journée du 08/03/2002, le pillage orchestré par les Maï-maï dans la localité de Sugulu en territoire de Mwenga a donné libre cours au viol des femmes et de jeunes filles. Parmi les victimes, on peut citer:

- Mademoiselle B., âgée de 16 ans, fille de monsieur Wilondja

- Madame M., mama Solange, âgée de 30 ans et mère de deux enfants.

• Le 10/03/2002, à 23H00, la maison de madame Espérance Faida, âgée de 23 ans , mariée et mère d’un enfant, domiciliée à Kashenyi, Groupement de Kamanyola en territoire de Walungu a été investie par les patrouilleurs commandés par un certain Saddam du camp des FAP/Kamanyola. Pendant que l’infortunée veillait avec ces patrouilleurs, le commandant l’a retirée du groupe et l’a raccompagnée chez elle. Après une fouille à l’issue de laquelle une somme de 80 FC a été prise, la femme a été violée à longueur de la nuit. Son mari était absent de la maison.

• En date du jeudi 22/03/2002, à 22H00, un groupe d’hommes armés de fusils et d’armes blanches ont violé l’épouse de monsieur Emmanuel Nabugi. Cette dame habite au lieu du forfait à Murhesa dans le territoire de Kabare

 

2.3. Arrestations et détentions arbitraires, tortures, enlevèments et disparitions, traitements cruels inhumains et dégradants, amendes forfaitaires

 

• Monsieur Alphonse, sentinelle au centre de santé CBCA/MUKU dans le groupement de Kamisimbi en territoire de Walungu a été enlevé et porté disparu le samedi 12/01/2002. Cet acte a été observé après le passage des Mai-mai venus soigner un de leurs blessé.

• Le samedi 19/01/2002, Monsieur Nyabalinda, acheteur de coltan, a été victime d’un enlèvement et d’une extorsion de 16.000 FC par des Maï-maï. Ces violations ont été commises à Kilimba/Mango dans le groupement des Bashitabyale en territoire de Mwenga.

• Le chef de groupement de Kaniola en territoire de Walungu, monsieur Ishingwa Chihyoka, et quelques autres citoyens habitant la même contrée ont été enlevés en date du 5/02/2002 par une bande armée des Maï-maï.

• Le 12/02/2002, à Butondo, groupement de M’Binga-Sud, chefferie de Buhavu dans le territoire de Kalehe, des hommes armés en provenance de Haut-Plateaux ont enlevé et conduit à une destination inconnue les personnes ci-après :

- Monsieur Ngurusi et ses deux fils

- Monsieur Hunyu et sa fille non identifiée

- Monsieur Mulegande

- Une fille de monsieur Barisdekeyeho

- Un neveu de monsieur Michel Kamariranya.

Des craintes pèsaient sur leur relâchement.

• Le 14/02/2002, monsieur Namushuya, habitant la localité de Ciyambi dans le territoire de Walungu a été enlevé et conduit dans la brousse par des bandes armées. Trois jours après il a été ramené au village.

• En date du 26/02/2002, dans la localité Mabingu, groupement d’Irhambi en territoire de Kabare, des Interahamwe ont enlevé deux garçons répondant respectivement au nom de Imani Barhunzi et Muhindo. Après un séjour d’une semaine dans la forêt du territoire de Masisi, ces deux jeunes gens ont été confiés à un infirmier qui les a ramenés chez eux le 05/03/2002.

• Le 2/03/2002, les sieurs Ghislain Chubaka, marié et père de 6 enfants, domicilié à Chai/Essence quartier Panzi dans la commune d’Ibanda à Bukavu et Eric, marié et père de 4 enfants, domicilié sur l’avenue P.E. Lumumba en commune d’Ibanda à Bukavu ont été détenus à Mushinga dans le territoire de Walungu par les Maï-maï sous prétexte qu’ils étaient des Rwandais. Selon nos sources, cette arrestation a été consécutive au fait que monsieur Eric r