N°
N°177
23 avril 2003
|
|
NOTA BENE
DE HERITIERS DE LA JUSTICE a.s.b.l.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Bukavu : Théâtre des
enlèvements et arrestations arbitraires par les militaires du RCD
Le mardi 22 et mercredi 23
avril 2003, les militaires du RCD ont enlevé à Bukavu dans la province du
Sud-Kivu en République Démocratique du Congo, 5 personnes civiles dont
messieurs Musemakweli, Zirhabagirwa Kas
Kas, et Gaston (petit frère de Musemakweli) et les ont conduits vers une
destination inconnue. Les infortunés
ont été accusés d’être des membres ou combattants du groupe armé Mudundu 40
auquel le RCD s’affronte depuis près de 3 semaines et dont les dégâts humains
matériels sont catastrophiques.
Des sources dignes de foi
indiquent que d’autres jeunes gens, majoritairement des mineurs âgés entre 10
et 16 ans, ont été capturés dans le
territoire de Walungu et Burhale seraient actuellement détenus au camp
militaire de Saio, à Bukavu. Il s’avère aussi que plusieurs autres, déjà ciblés
par la hiérarchie du RCD pour ce même motif, vivraient dans la clandestinité ou
fuiraient déjà les territoires sous son contrôle pour sauver leurs peaux.
Héritiers de la Justice condamne avec énergie le comportement des
militaires du RCD et la passivité de leurs dirigeants dans la prise des
décisions pour la sécurité des personnes et de leurs biens. Elle invite, pour
ce faire, le RCD à respecter la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
en ses articles 2,3, 5 et 9
Edité par Héritiers de la Justice, a.s.b.l., Service des Eglises
Protestantes
pour les droits humains et la paix
email : heritiers@yahoo.com
siteweb : www.heritiers.org
B.P. 234 Cyangugu/ Rwanda
B.P . 109 Bukavu/RDCongo
PETITION EN FAVEUR DE L’OUVERTURE DE LA
RADIO
MAENDELEO
Nous venons ce jour plaider pour l’ouverture de la Radio Maendeleo fermée depuis le 9 décembre 2002 par l’acte 006 du chef de département de la presse du Rassemblement Congolais pour la Démocratie. Pour rappel c’est la deuxième fois que cette radio est fermée en l’espace de deux ans et cela au préjudice des populations du Sud-Kivu qui sont le premier bénéficiaire.
Nous faisons
remarquer que si la première ouverture a été motivée par le besoin de
satisfaire à l’intérêt de la population, aujourd’hui, le même besoin est
exprimé et requiert la même solution, car on ne peut prendre une mesure qui va
à l’encontre des intérêts que l’on est tenu à protéger.
Nous rappelons que
le droit du peuple à l’information doit être sauvegardé en toute circonstance
et surtout en temps de crise comme celui que connaît la région depuis le
déclenchement de la guerre qui a jeter les milliers de Kivutiens dans
l’isolement total, c’est pourquoi une ouverture de l’espace médiatique est plus
encouragée que sa réduction comme c’est avec la fermeture de la Radio
Maendeleo, qui, on le sait, n’a cessé de jouer un rôle important dans la
diffusion de l’information et la sensibilisation de la population à la culture
de la paix du droit et du développement de la province.
Il faut noter que
la République Démocratique du Congo est un Etat de droit qui prévoit et
condamne les délits de presse par la loi pénale bien que cela soit dépassé par
rapport aux droits de l’homme à l’information et à la liberté d’expression. En
vertu du principe de légalité des infractions et des peines, on ne voit nul
part l’infraction retenue et la justification de la mesure grave de fermeture
de cette radio.
Notre plaidoyer
est fondé par le fait que toute autorité est tenue au respect des principes
garantis par les textes constitutionnels et internationaux. Le droit à
l’information et son corollaire la liberté d’expression sont mises en mal par
le pouvoir en place quoi que protégés par la Déclaration Universelle des Droits
de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la
charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que l’acte
constitutionnel de la transition et la déclaration de politique générale du
RCD. Outre les obligations juridiques ci-invoquées, il y a des considérations
politiques actuelles qui ne justifient pas le maintien de cette mesure
impopulaire surtout avec la signature de l’accord global inclusif par les
belligérants et l’entrée en vigueur de
la constitution de transition depuis le 05 avril 2003 qui doivent faire preuve
de retenu et poser les gestes de bonne fois au bénéfice des populations dont
les intérêts restent lésés par la fermeture de cet organe de presse.
Nous sommes
convaincus que la mesure d’ouverture de cette radio peut être considérée par la
population comme un acte d’honorabilité et de respects des valeurs
républicaines qui doivent caractériser les dirigeants de la transition et de la
3è République que nous attendons de tout vœu.
Le salut du peuple
étant la loi suprême, nous demandons à corps
et à cri la réouverture de la radio Maendeleo pour que la population du
Sud-Kivu puisse jouir encore du bienfait de cet outil d’information indispensable
pour la paix, le développement de la province et dont la mission de promotion
et de sauvegarde revient aussi à l’autorité.
En foi de quoi
nous signons la présente pétition.
Fait
à Bukavu, le 23 avril 2003.