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Même apparente, la réunification
du pays permet aux opprimés de s’exprimer
Une opération
« marché mort » décrétée par les habitants de Bunyakiri en réponse
aux tracasseries militaires.
La population de Bunyakiri ont
décrété, en date du 14/11/2003, une opération « marché mort »
pour décrier les diverses exactions auxquelles leur soumettent les
militaires congolais autrefois sous ordre du Rassemblement
Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma).
Alors qu’à partir du 30 juin 2003,
la RD Congo entrait officiellement dans une nouvelle heure de
réunification nationale, notamment des anciennes forces
combattantes (Ici l’Armée Nationale Congolaise et les résistants
Maï-Ma), les habitants du « Territoire de Bunyakiri », récemment
institué par le RCD, continuent à endurer le poids des militaires
qui vivent sous leur dépens. Les faits répréhensibles ci-dessous
sont leur lot quotidien :
- la multiplicité des taxes sur
le marché dont la destination n’est pas connue,
-
le
maintien des barrières militaires aux fins de collecter les
cossettes de manioc, 10 à 20 par panier. Les femmes qui tentent
de résister se voient malmenées et la contribution doublée,
-
la
réquisition des civils au transport des bagages militaires, y
compris des élèves cueillis sur le chemin de l’école,
-
la
récolte des champs (de manioc, haricot et palmier) par les
militaires,
-
l’impunité instituée de fait,…
Cette expression non-violente du
mécontentement populaire venait renforcer celle des camionneurs
qui avaient aussi suspendu le trafic sur l’axe routier
Bukavu-Bunyakiri-Hombo en signe de désapprobation des multiples et
lourdes taxes leurs imposées par les services administratifs et
militaires parsemés sur cette voie.
Il est cependant encourageant que
l’autorité provinciale ait été attentive à cette légitime
réclamation populaire en ordonnant, le 18/11/2003, la suppression
de la plupart des barrières pirates installées sur cette route
menant aux marchés de Bunyakiri et de Hombo. Faudra-t-il qu’elle
en fasse régulièrement le suivi d’application en plus du pourvoi à
la restauration permanente des militaires affamés.
Bukavu, le 08/12/2003
Héritiers de la Justice
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