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No 222  

10 Sept 2003

Nota Bene

Le torchon brûle toujours à la SINELAC

 

A quand l’entrée en fonction de nouveaux administrateurs congolais

 

L’exécution du décret présidentiel et un audit s’avèrent obligatoires

 

 

Les habitants de Bukavu en province du Sud-Kivu assistent, depuis le 21 août 2003, à une scène digne d’un cirque. Il s’agit des gesticulations maladroites observées autour de l’entrée en fonction des Administrateurs congolais délégués à la Société Internationale d’Electricité des Pays des Grands Lacs (SINELAC).

 

En effet, nommés par Décret Présidentiel n° 003/2003 du 22 janvier 2003 et approuvés par la lettre  n° CAB. MIN-ENER/DIR/087/MB/03 du 16 août 2003 du Ministre de l’Energie de la République Démocratique du Congo (RDC), les Administrateurs congolais délégués à la SINELAC/Bukavu ne sont toujours pas en fonction.

Ils seraient bloqués par leurs collègues Administrateurs délégués du Rwanda qui estiment que le Gouvernement congolais est représenté. A ce titre,  Kinshasa, en nommant d’autres délégués, méconnaît ses anciens représentants au sein des organes de cette entreprise tripartite.

 

De leur côté, les Administrateurs congolais nommés par Kinshasa considèrent que depuis 1998 la SINELAC accuse l’absence de la réelle représentation congolaise et que les soi-disant délégués y agissent sous la bénédiction du Rwanda.

 

Et de soutenir, chaque fois que la présidence du Conseil d’Administration revient à la RDCongo, ces derniers le cèdent au Rwanda. Bien plus, dans les installations de la SINELAC, seuls les drapeaux du Rwanda et du Burundi flottent, et seules les effigies des présidents de ces deux pays voisins de la RDCongo sont fixées au mur.

 

Néanmoins, les sources proches de la partie rwando-burundaise précisent que l’Etat congolais n’a pas honoré ses engagements vis-à-vis de la SINELAC, depuis 2000. Allégations que réfute l’équipe adverse.

 

Dans leur lettre n° 002/08/2003 du 21 août 2003, adressée au Maire de la Ville de Bukavu, le staff congolais l’informe que « (...) après huit mois de négociations diplomatiques, nous nous trouvons dans l’obligation de nous rendre, tous les jours, au bureau de la SINELAC, pacifiquement, jusqu’à décrocher l’acceptation de la nouvelle équipe représentant la République Démocratique du Congo».

 

Pour les signataires de la lettre, cette disposition vise à restaurer, dans ses droits, l’Etat congolais par l’installation du drapeau national, et la fixation de l’effigie du Président de la RDC parmi celles de ses homologues du Burundi et du Rwanda. Pour concrétiser ces voeux, un défilé motorisé, avec à la tête les nouveaux administrateurs délégués, a été organisé le samedi 23/08/2003 vers 9h00 jusqu’ aux installations de la SINELAC, mais réprimé par les agents de l’ordre y postés préalablement sur demande du Directeur Général représentant le Rwanda.

 

Signalons que, pendant ce temps, une délégation gouvernementale conduite par le Ministre du porte-feuille de la RDC, Maître Joseph Mudumbi Mulunda, se trouvait en visite officielle à Bukavu. Ce dernier, dans sa lettre n° 004/Route/MINPF/JM/2003 du 20 août 2003 adressée au Président du Conseil d’Administration de la SINELAC basé à Kigali ainsi que lors d’une conférence de presse à Bukavu aurait méconnu non seulement le nouveau staff nommé par Kinshasa mais aussi le pouvoir du Ministre de l’Energie d’approuver les délégués de la RDC à la SINELAC en prétextant la suprématie, en la matière, du ministère dont il a la charge sur celui de l’Energie.

 

Le lundi 25 août 2003, à 14h00, les Administrateurs congolais étaient reçus par le Gouverneur de Province, Mr. Xavier Chiribanya Chirimwami, après s’être présentés sans succès aux bureaux de la SINELAC dans la matinée.

Des sources proches du Gouvernorat indiquent que depuis 1997 jusqu’à ces jours, aucun rapport n’a été fait par l’ancienne équipe à l’autorité congolaise établie.

 

Aussi, le contrat d’exécution des travaux du troisième groupe de la Centrale Ruzizi II se serait fait dans des conditions suspectes avec des cas flagrants comme la non présentation des bordereaux des prix, la destination des recettes.

 

Quelle serait la face cachée de la présence des uns et de l’absence des autres dans cette affaire.

Apparemment, il y aurait des intérêts juteux dans ce contentieux au point de justifier l’acharnement du ministre congolais du Portefeuille et du Président du Conseil d’Administration de la SINELAC contre les Administrateurs nommés par Kinshasa. Les observateurs avertis y voient une tricherie de la partie rwandaise, étant alliée au RCD, mouvement duquel est issu le Ministre Joseph Mudumbi.

 

A travers cette tricherie, insinuent d’autres esprits avisés, le Ministre congolais expose les gouvernements rwandais et Burundais, qui ont participé à la guerre en RDCongo.

En effet, selon des sources dignes de foi, et de l’avis de tous, ces deux Etats ont une part dans le pillage des ressources de la RDCongo.

 

C’est pourquoi l’asbl Héritiers de la Justice recommande aux 3 états de respecter les textes régissant la SINELAC, notamment dans la Convention portant sa création et ses statuts.

 

Héritiers de la Justice demande au partenaire rwandais dans la SINELAC de respecter la souveraineté de la République Démocratique du Congo dans cette entreprise en appliquant le décret présidentiel et la lettre du ministre de l’énergie. Aussi, les ex-chefs de départements du RCD doivent cesser de jouer le double jeu consistant à siéger à la fois au Gouvernement de Transition et défendre bec et ongles les intérêts de leurs anciens alliés étrangers illégalement acquis pendant la période de guerre.

 

L’association souhaite que le Gouvernement de la RDCongo initie conjointement avec ses partenaires de la SINELAC un cadre de concertation pouvant déterminer le manque à gagner subi par la RDC et que ce dossier soit soumis à la Commission de l’Ambassadeur Kassem pour statuer sur le pillage dont la RDCongo est victime spécialement au sein de la SINELAC en vue de rétablir l’Etat congolais dans ses droits.

 

Héritiers de la Justice

 

Le 10 sept. 2003

 

 

 

 

Edité par Héritiers de la Justice, a.s.b.l., Service des Eglises Protestantes pour les droits humains et la paix

email : heritiers@yahoo.com    siteweb :  www.heritiers.org

B.P. 234 Cyangugu/ Rwanda    B.P . 109 Bukavu/RDCongo

 
 
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