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Le torchon brûle toujours à
la SINELAC
A quand l’entrée
en fonction de nouveaux administrateurs congolais
L’exécution du décret
présidentiel et un audit s’avèrent obligatoires
Les habitants de Bukavu en
province du Sud-Kivu assistent, depuis le 21 août 2003, à une
scène digne d’un cirque. Il s’agit des gesticulations
maladroites observées autour de l’entrée en fonction des
Administrateurs congolais délégués à la Société Internationale
d’Electricité des Pays des Grands Lacs (SINELAC).
En effet, nommés par Décret
Présidentiel n° 003/2003 du 22 janvier 2003 et approuvés par la
lettre n° CAB. MIN-ENER/DIR/087/MB/03 du 16 août 2003 du
Ministre de l’Energie de la République Démocratique du Congo
(RDC), les Administrateurs congolais délégués à la
SINELAC/Bukavu ne sont toujours pas en fonction.
Ils seraient bloqués par
leurs collègues Administrateurs délégués du Rwanda qui estiment
que le Gouvernement congolais est représenté. A ce titre,
Kinshasa, en nommant d’autres délégués, méconnaît ses anciens
représentants au sein des organes de cette entreprise
tripartite.
De leur côté, les
Administrateurs congolais nommés par Kinshasa considèrent que
depuis 1998 la SINELAC accuse l’absence de la réelle
représentation congolaise et que les soi-disant délégués y
agissent sous la bénédiction du Rwanda.
Et de soutenir, chaque fois
que la présidence du Conseil d’Administration revient à la
RDCongo, ces derniers le cèdent au Rwanda. Bien plus, dans les
installations de la SINELAC, seuls les drapeaux du Rwanda et du
Burundi flottent, et seules les effigies des présidents de ces
deux pays voisins de la RDCongo sont fixées au mur.
Néanmoins, les sources
proches de la partie rwando-burundaise précisent que l’Etat
congolais n’a pas honoré ses engagements vis-à-vis de la
SINELAC, depuis 2000. Allégations que réfute l’équipe adverse.
Dans leur lettre n°
002/08/2003 du 21 août 2003, adressée au Maire de la Ville de
Bukavu, le staff congolais l’informe que « (...) après huit mois
de négociations diplomatiques, nous nous trouvons dans
l’obligation de nous rendre, tous les jours, au bureau de la
SINELAC, pacifiquement, jusqu’à décrocher l’acceptation de la
nouvelle équipe représentant la République Démocratique du
Congo».
Pour les signataires de la
lettre, cette disposition vise à restaurer, dans ses droits,
l’Etat congolais par l’installation du drapeau national, et la
fixation de l’effigie du Président de la RDC parmi celles de ses
homologues du Burundi et du Rwanda. Pour concrétiser ces voeux,
un défilé motorisé, avec à la tête les nouveaux administrateurs
délégués, a été organisé le samedi 23/08/2003 vers 9h00 jusqu’
aux installations de la SINELAC, mais réprimé par les agents de
l’ordre y postés préalablement sur demande du Directeur Général
représentant le Rwanda.
Signalons que, pendant ce
temps, une délégation gouvernementale conduite par le Ministre
du porte-feuille de la RDC, Maître Joseph Mudumbi Mulunda, se
trouvait en visite officielle à Bukavu. Ce dernier, dans sa
lettre n° 004/Route/MINPF/JM/2003 du 20 août 2003 adressée au
Président du Conseil d’Administration de la SINELAC basé à
Kigali ainsi que lors d’une conférence de presse à Bukavu aurait
méconnu non seulement le nouveau staff nommé par Kinshasa mais
aussi le pouvoir du Ministre de l’Energie d’approuver les
délégués de la RDC à la SINELAC en prétextant la suprématie, en
la matière, du ministère dont il a la charge sur celui de
l’Energie.
Le lundi 25 août 2003, à
14h00, les Administrateurs congolais étaient reçus par le
Gouverneur de Province, Mr. Xavier Chiribanya Chirimwami, après
s’être présentés sans succès aux bureaux de la SINELAC dans la
matinée.
Des sources proches du
Gouvernorat indiquent que depuis 1997 jusqu’à ces jours, aucun
rapport n’a été fait par l’ancienne équipe à l’autorité
congolaise établie.
Aussi, le contrat d’exécution
des travaux du troisième groupe de la Centrale Ruzizi II se
serait fait dans des conditions suspectes avec des cas flagrants
comme la non présentation des bordereaux des prix, la
destination des recettes.
Quelle serait la face cachée
de la présence des uns et de l’absence des autres dans cette
affaire.
Apparemment, il y aurait des
intérêts juteux dans ce contentieux au point de justifier
l’acharnement du ministre congolais du Portefeuille et du
Président du Conseil d’Administration de la SINELAC contre les
Administrateurs nommés par Kinshasa. Les observateurs avertis y
voient une tricherie de la partie rwandaise, étant alliée au
RCD, mouvement duquel est issu le Ministre Joseph Mudumbi.
A travers cette tricherie,
insinuent d’autres esprits avisés, le Ministre congolais expose
les gouvernements rwandais et Burundais, qui ont participé à la
guerre en RDCongo.
En effet, selon des sources
dignes de foi, et de l’avis de tous, ces deux Etats ont une part
dans le pillage des ressources de la RDCongo.
C’est pourquoi l’asbl
Héritiers de la Justice recommande aux 3 états de respecter les
textes régissant la SINELAC, notamment dans la Convention
portant sa création et ses statuts.
Héritiers de la Justice
demande au partenaire rwandais dans la SINELAC de respecter la
souveraineté de la République Démocratique du Congo dans cette
entreprise en appliquant le décret présidentiel et la lettre du
ministre de l’énergie. Aussi, les ex-chefs de départements du
RCD doivent cesser de jouer le double jeu consistant à siéger à
la fois au Gouvernement de Transition et défendre bec et ongles
les intérêts de leurs anciens alliés étrangers illégalement
acquis pendant la période de guerre.
L’association souhaite que le
Gouvernement de la RDCongo initie conjointement avec ses
partenaires de la SINELAC un cadre de concertation pouvant
déterminer le manque à gagner subi par la RDC et que ce dossier
soit soumis à la Commission de l’Ambassadeur Kassem pour statuer
sur le pillage dont la RDCongo est victime spécialement au sein
de la SINELAC en vue de rétablir l’Etat congolais dans ses
droits.
Héritiers de la Justice
Le 10 sept. 2003
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