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Le territoire de Mwenga toujours en insécurité
Florent Bashika Nirangi, membre du CMD
Kalambi, assassiné à son domicile par des hommes en uniforme
Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 juin
2003, des hommes en uniforme non autrement identifiés ont
sauvagement assassiné, à son domicile, monsieur Florent Bashika
Nirangi, membre du Comité de Médiation et de Défense de
Héritiers de la Justice basé à Kalambi dans le groupement de
Kiomvu, collectivité de Luindi, territoire de Mwenga. Les
circonstances de cet assassinat restent moins-élucidées jusqu’à
présent.
Des sources dignes de foi renseignent que ces
assaillants ont forcé la porte de la maison, puis se sont rués
vers celle de la chambre à coucher où se trouvait la victime.
Devant la résistance farouche de Mr Florent, ces agresseurs ont
tiré 3 coups de balle dans la porte dont l’un a atteint à mort
l’infortuné. A leur sortie, ces malfaiteurs ont emporté un poste
de radio et une mallette contenant les habits et un album
photos de l’ex-épouse de la victime Mme Bernadette Kasuku
Makamba. Les photos ont été retrouvées jetées au pont de la
rivière Ulindi séparant les chefferies de Basile et de Ulindi.
Monsieur Florent Bashika Nirangi était un de
fervents activistes des droits humains au sein du Comité de
Défense et de Médiation (C.M.D.) Kalambi. Cet ancien membre de
la croix rouge du Congo, secteur Kadutu à Bukavu, était rentré
dans son village natal à Kiomvu où il s’est adonné à la défense
et à protection des droits humains des populations paysannes.
Il laisse deux enfants.
Des sources concordantes indiquent qu’au mois de
mai dernier, monsieur Florent était à Bukavu où il suivait son
dossier judiciaire, N°2491/PG/MEL, qui l’oppose à l’actuel
administrateur du territoire de Mwenga, Mr Charles Kilumba
Mwati, autour de madame Bernadette Kasuku Makamba, avec qui
l’autorité territoriale précitée vit en concubinage.
Des suspicions pèsent sur les auteurs de ce
forfait. Des informations en provenance de Kalambi signalent que
deux militaires du Rassemblement Congolais pour la Démocratie
(R.C.D.) basés normalement au Chef Lieu du territoire de Mwenga
ont été repérés au matin du drame dans les villages Kiomvu et
Kibumba où opèrent des groupes armés Maï-Maï et Interahamwe.
Aussi, renseignent-elles que madame Bernadette Kasuku Makamba
serait arrêtée à Kamituga et transférée à Bukavu pour des faits
relatifs à la mort de son mari.
Cette situation nous rappelle la mort de
monsieur Wasso Kyumbula, âgé de 27 ans tué le 10 juin 2003 à
Powe par des militaires du RCD dans des circonstances restées
non élucidées à ce jour.
A ce propos, quelques compléments d’informations
nous paraissent nécessaires. Il est etabli que la société
SHENIMED, en effet, ne dispose d’aucun bureau de représentation
à POWE dans le groupement de Buse et n’avait jamais
réquisitionné des militaires du RCD pour une quelconque raison,
contrairement aux informations dont disposait Heritiers de la
Justice.
Cette information corrige celle publiée dans
notre rapport intitulée «Encore des civils tués, embuscades et
plus d’insécurité» du 26 juillet 2001 où nous avions dit que les
militaires du RCD incriminés dans ce meurtre étaient
réquisitionnés par la Société SHENIMED pour garder l’argent
destiné à l’achat du coltan.
Il est donc clair que l’auteur de ce meurtre
était un militaire isole positionné à Mwenga et sans aucun
rapport avec la societe SHENIMED. Heritiers de la Justice s’en
excuse aupres de SHENIMED pour cette erreur.
Héritiers de la Justice déplore ce nouvel
assassinat de son membre et demande aux autorités compétentes
d’ouvrir une enquête indépendante sur ce cas afin d’identifier
cette fois-ci les auteurs et de les punir conformément à la loi.
L’asbl Héritiers de la Justice demeure
préoccupée par l’insécurité qui persiste dans le territoire de
Mwenga en dépit de l’avancée du Processus de paix et de
réunification du pays et demande instamment au Comité de Suivi
d’accélérer le processus de mise en place d’une armée intégrée,
en vue de maîtriser les éléments incontrôlés qui sèment la
terreur et la désolation au sein de la population civile.
Héritiers de la Justice demande le déploiement
des casques bleus de l’ONU au Sud-Kivu pour assurer la sécurité
à la population civile victime de cette insécurité.
Héritiers de la
Justice
Le 07 août 2003
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