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Plaidoyer pour une paix durable à
l’Est de la RD Congo
Repenser le désarmement et le
rapatriement volontaires des combattants FDLR et Interahamwe
Les provinces de l’’Est de la République
Démocratique du Congo, le Nord et le Sud-Kivu frontalières du
Rwanda, font actuellement la Une de la plupart des médias nationaux
et internationaux. Cette situation est due à la présence
déstabilisante des combattants des Forces Démocratiques pour la
Libération du Rwanda (FDLR) et des miliciens Interahamwe. Tout en
sévissant contre les populations hospitalières congolaises, ceux-ci
constituent une menace de taille au succès de la Transition en cours
en RDC qui les héberge et continuent à servir d’alibi au Rwanda pour
maintenir des rapports tumultueux avec cette dernière.
Les populations du Sud-Kivu essoufflées
par les traitements cruels, inhumains et dégradants dont elles font
l’objet de la part de ces miliciens rwandais, plaident aujourd’hui à
cor et à cri pour une révision de la base volontaire sur laquelle se
fonde le programme de Démobilisation, Désarmement et Rapatriement au
Rwanda (DDR) des éléments armés de ce pays actifs en RD Congo. Aussi,
ces victimes innocentes ne ménagent pas le Gouvernement congolais
pour son laxisme face aux nombreux crimes inouïs qu’elles subissent
par le fait de la présence de ces éléments indésirables et indésirés.
En effet, les Hutus rwandais armés
encore présents sur le sol congolais et dont la plupart ont des
mains pleines de sang de leurs compatriotes froidement abattus lors
du génocide de 1994 poursuivent leurs actes criminels dans quasiment
tous les villages et groupements de l’Est du Congo dans lesquels ils
se sont établis et vivent comme sur un terrain conquis. Les
populations congolaises, essentiellement rurales sont régulièrement
victimes et témoins d’indescriptibles horreurs de tout acabit commis
par ces groupes hôtes sans foi ni loi. Ces actes sont : massacres,
pillages avec incendies des maisons, viols, kidnappings,
interdiction d’accès aux champs, exploitation illégale des
ressources naturelles agricoles et minières permettant le
renouvellement du stock d’armes et munitions, imposition et
perception des taxes dont l’ « Acte de soutien volontaire aux
actions de libération » équivalent à un dollar américain (1$US)
par personne adulte, .. Ces actes odieux leur permettent
d’approvisionner régulièrement leurs stock d’armes et de munitions
ainsi que de denrées alimentaires.
Plusieurs sources dignes de foi en
territoire de Walungu dans la province du Sud-Kivu, l’un des plus
martyrisés par les éléments des FDLR, informent que les résultats
obtenus par l’opération lancée à partir du 08/11/2004 conjointement
par la 10ème Région Militaire et la brigade du Kivu de la
Mission l’Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC) dans le
but d’obtenir le consentement de ces forces rwandaises à leur
désarment et leur rapatriement volontaires au Rwanda semblent
limités. Au contraire, les éléments des FDLR et des milices Interahamwe auraient intensifié leur avilissement contre les
populations locales, particulièrement dans le groupement de Kaniola
et ses environs en territoire de Walungu où plusieurs cas graves de
violation des droits de la personne humaine, notamment des
homicides, des enlèvements des civils suivis d’une libération
moyennant une rançon payée en dollars américains, des pillages du
bétail,… sont signalés. Au nombre de ces crimes récemment vécus dans
cette entité, diverses sourcesconcordantes dénoncent les raids
dirigés respectivement dans les nuits du :
-
13 au
14/11/2004, aux environs de minuit, dans le village de Birehe/Kahya
soldé par l’assassinat de Mr Antoine Lurhamira, l’enlèvement
de Mme M’Murhwa avec son bébé de 11 mois
et de sieurs Munganga, Mitimbiko et Kanuni ainsi que
le vol de 4 vaches appartenant au regretté Antoine ;
-
17/11/2004
dans le village de Karhuliza où 5 personnes ont été kidnappées dont
Mlle Jeannine (environ 20 ans), Mme Antoinette, Mr
Mweze directeur de l’Ecole primaire Cimbulungu et son épouse
M’Cikuta et Mr Silvano;
-
20/11/2004
vers 19 heures quand 7 habitants du même village ont été emportés
de chez eux : les dames M’Muhemwa avec son nourrisson,
M’Bushigi avec son enfant et M’Cigushu de Karhwa/Mulangana
en refuge dans le village, les sieurs Freddy Cishugi,
Professeur à l’Institut Kalongo et Nchiko également en refuge
en provenance de la localité précitée. Sur le chemin, l’otage Freddy
a été relâché sous l’engagement de réunir, avec les proches de ses
pairs restés en captivité, la somme de 180 dollars US requise pour
la libération de tout le groupe ;
-
23 au
24/11/2004 à Murhala/Kalongo ayant conduit à l’enlèvement de Mlle
Barhame qui demeure aux mains de ses ravisseurs, ainsi que de Mr
Heri, huissier de l’Eglise locale de la 5è CELPA
Philadelphia/Kalongo. Ce dernier, ligoté avant d’être jeté dans la
rivière Nshesha, n’a eu la vie sauve que par miracle.
Ces kidnappings humains rappellent ceux
qu’opéraient il y a quelques mois d’autres éléments armés hutus
rwandais et burundais dans les localités et cités de la Plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira au Sud. Heureusement, cette pratique et
d’autres mauvais traitements des populations par ces groupes et
bandes armés ont sensiblement diminué à la faveur du processus de
paix en cours au Burundi et de la détermination des forces coalisées
congolaises issues des composantes et entités ex-belligérantes d’y
mettre un terme par la force. Manifestement, ces mesures fermes ont
porté du fruit dans cette contrée. Un calme relatif y règne
actuellement malgré la présence de quelques combattants FDLR dans
certains villages des moyens plateaux du groupement de Kigoma de la
collectivité-chefferie des Bafuliru. Leur virulence contre les
populations locales a sensiblement faibli.
Ces forces étrangères re^rsentent une
menace vis-à-vis de la sécurité et du bien-être des populations
congolaises et à l’organiser, en 2005, des élections libres,
démocratiques et transparentes en RD Congo.
L’asbl Héritiers de la Justice
est convaincue que l’on obtiendra difficilement un consentement
accru au rapatriement vers le Rwanda des combattants opérant à l’Est
du pays car, non seulement les avantages alléchants qu’ils y ont
acquis par des actes fustigés ci-haut ne les y encouragent pas,
mais aussi la pression exercée sur eux par les FARDC et la MONUC
aurait fait preuve des limites.
Aussi, pour couper cours au prétexte du
Rwanda de renvoyer ses troupes au Congo, l’Association appelle le
Conseil de Sécurité des Nations Unies qui s’est engagé à
soutenir les Congolais sur la voie du processus de paix et de
Transition en vue de l’édification d’un Etat de droit, à repenser
urgemment, en toute objectivité, son programme DDRRR. Celui-ci s’est
révélé infructueux sur base du volontariat. Héritiers de la
Justice attend qu’avec l’augmentation des effectifs militaires
des troupes de la MONUC décidée le 1er octobre dernier,
par le Conseil de sécurité, cette mission de l’ONU au Congo
s’apprête à faire face au changement d’action souhaité. Il s’agit
du rapatriement forcé de ces combattants armés, surtout qu’il y va
aussi de l’intérêt de l’ONU de faciliter de bons rapports entre
Etats des Grands Lacs.
Héritiers de la Justice
invite le Gouvernement congolais et le Conseil supérieur
de la défense de la République arrêter et appliquer sans tarder
des options à la mesure du défi à lever conformément aux
prérogatives leur reconnues par la Constitution de la Transition
spécialement ses articles 95 et 190. Ce sont ces deux institutions
qui, selon l’Association, doivent procurer la paix et la dignité aux
Congolais, particulièrement ceux de l’Est en proie à des exactions
innombrables et incessantes des FDLR et autres Interahamwe
aujourd’hui doublées d’une nouvelle incursion du Rwanda. En clair,
il faut mettre fin une fois pour toutes à la présence et à la
balade sur le sol congolais qui tendent à se pérenniser de toutes
ces troupes étrangères qui ne cessent de mettre à feu et à sang
cette partie du territoire et donnent un prétexte récurrent à leur
pays d’envahir la RDC. Au besoin, des pays véritablement amis et la
Communauté Internationale à travers la MONUC pourraient être mis à
contribution.
Bukavu,
le 22.12.2004
Héritiers de la Justice
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