Une permutation
des militaires aux effets négatifs en territoire de Kabare
Les anti-valeurs
des éléments de la 104ème brigade non toujours remises
dans le fourreau
Les populations habitant le territoire
de Kabare en général, et celles de la périphérie du Parc National de
Kahuzi-Biega en particulier, dans la province du Sud-Kivu sont,
depuis le début du mois de novembre dernier, en proie à diverses
exactions, singulièrement les atteintes au droit de propriété et les
agressions physiques. Ces actes de barbarie sont imputés aux hommes
de la 104ème brigade des Forces Armées de la République
Démocratique du Congo (FARDC) sous ordre du Commandant Cibalonza.
Ceux-ci avaient été transférés le 08/11/2004 du territoire voisin de
Walungu à cette nouvelle base..
En effet, les localités de Cibingu,
Kahave, Mwera, Nawaze et Kalulu des groupements de Cirunga et Bugobe
assistent impuissantes à la récolte méchantes de leurs périmètres
agricoles par des militaires basés à Mulume Munene.
Des sources concordantes sur les lieux
renseignent qu’à l’approche des localités précitées, les malfrats
effrayent les paysans par des coups de balles tirés en toutes
directions, les réquisionnent à la récolte et au transport de la
moisson jusque dans leur campement de Mulume Munene. Ici les hommes
et les jeunes garçons sont relâchés alors que les femmes et le
filles sont souvent retenues pendant quelques jours avant d’être
libérées. Nombreux habitants ayant fait l’expérience de ce triste
traitement, notamment dans les plantations de pomme de terre de Ciku
et Karambi au voisinage de Lushanja, témoignent que leurs
tortionnaires qui n’hésitent pas à forcer leur marche par des coups
de crosse au dos et même sur la tête, tiennent actuellement un
marché florissant de cette denrée dans ce camp.
Au nombre d’autres cas du genre décriés,
l’on note ceux du :
-
18/11/2004
à Lubugu dans la localité de Cibingu, en groupement de Cirunga où,
vers 5 heures, des militaires ont investi et pillé le domicile de
monsieur Mushashu avant de tirer à bout portant une balle sur son
fils Mr Mweze qui a été atteint à la jambe gauche. La victime est
actuellement soignée au Centre de santé de Kinjuba en groupement
Bushwira.
-
28/11/2004
quand des hommes armés en treillis militaire non autrement
identifiés se sont introduits, sous la cadence des tirs d’armes
automatiques, dans les bâtiments de la Paroisse catholique de Kabare
situés non loin du camp militaire et ont pillé beaucoup de biens
dont des vivres et une somme importante d’argent.
-
30/11/2004, Mademoiselle Nzigire M’Manyanya, fille de monsieur
Nyabahanga résidant à Kinjuba, revenant des activités champêtres aux
comptesde l’association locale de développement dénommée CDM dont
elle est membre, a été agressée par des militaires qui voulaient la
faire transporter leurs effets jusqu’à la position d’Irongo.
Craignant le risque d’être violée à l’arrivée au camp, l’innocente
Nzigire qui a désobéi à cet ordre répréhensible a alors été soumise
à une forte bastonnade l’ayant blessée aux bras et aux jambes. Le
supplice de la victime n’a été arrêté que lorsque quelques courageux
cultivateurs arrivés sur les lieux sont intervenus avec succès en sa
faveur auprès desdits soldats.
L’On se souviendra que l’arrivée de
cette brigade à Kabare a été consécutive aux cris de détresse des
habitants de Walungu qui les soupçonnaient de mèche avec les forces
négatives étrangères y opérant et ayant fait plusieurs fois les
frais de leurs exactions, mais aussi au lancement le 08/11/2004 de
l’opération conjointe FARDC-MONUC contre ces FDLR et Interahamwe.
Sur leur chemin entre les deux territoires, ils n’avaient pas hésité
de passer au cambriolage de beaucoup de villages.
En outre, l’indignation de ces
populations ne se limite pas seulement aux anti-valeurs qu’incarnent
certains éléments des FARDC. Mais aussi, elles dénoncent l’Officier
de Police Judiciaire (OPJ) de la Police Nationale Congolaise, sous
Commissariat de Bushwira/Cirhendo qui monnaye la justice en
condamnant les victimes innocentes et en acquittant les coupables.
De multiples cas décriés, plusieurs sources relèvent ceux des frères
Banwesize Gogolo et Cirhuza Gogolo. Accusés par le Chef de localité
de Kinuba, Mr Dieudonné Zagabe Nkundamwami de l’avoir outragé. Ce
motif d’arrestation serait fondé sur le fait que ces personnes
avaient dit qu’avec les prochaines élections au pays, ils pourront
aussi se choisir même les chefs de localités et de groupements. Ces
infortunés ont été arrêtés et détenus pendant 4 jours, du 16 au
20/11/2004, sans être entendus par cet OPJ. Celui-ci les a par la
suite transférés au commissariat territorial de la Police Nationale
Congolaise à Kabare sous le nouveau motif que les deux pauvres
hommes cultivent en amont du barrage de la Regideso de Murhundu.
En plus, Mr Boniface Cabwinwe Mudende
arrêté le 21/11/2004 matin aux motifs avérés qu’il a tenté de violer
la femme d’un de ses voisins dont nous taisons l’identité, a été
libéré le lendemain moyennant trois chèvres offertes à l’officier
judiciaire. Les habitants témoins de ces actes répréhensibles ont
été surpris de voir la femme victime de tentative du viol écrouée
pendant 68 haures par la même autorité judiciaire en lieux et place
de monsieur Boniface Cabwine qui n’était pas à son premier forfait.
L’association Héritiers de la Justice,
comme ces populations victimes, condamne avec la dernière énergie
ces actes de vandalisme commis par certains militaires de la 104è
brigade à l’endroit de la population du territoire de Kabare qu’ils
sont sensés protégés. Elle regrette que la crainte exprimée dès lors
par la Société Civile du Sud-Kivu en rapport avec la décision prise
par la 10è Région Militaire de muter, de Walungu à Kabare, cette
unité militaire se révèle inefficace. Cette sanction est assimilable
à l’adage : « déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul
».
Convaincue qu’à grands maux, grands
remèdes, l’Association invite les Commandants respectifs de la 10ème
Région Militaire et de la Police au Sud-Kivu à lutter contre
l’impunité et la corruption en diligentant urgemment des enquêtes
sur tous les cas décriés ci-dessus et en prenant des mesures
disciplinaires à l’endroit des coupables.