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Le 01/12 /2004

 
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Manifestation de l’Eglise catholique ce mercredi 1er décembre 2004 à Bukavu

« Humanisons notre société… »

 

Durant la journée de ce mercredi 1er décembre 2004, l’Eglise catholique a organisé, dans la cour de la Cathédrale Notre de la Paix sise dans la commune d’Ibanda à Bukavu, une célébration eucharistique à l’occasion du 40è anniversaire de la mort de la sœur Anuarite Clémentine Nengapeta tuée en 1964 par les rebelles à la suite de son refus de se laisser violer.  C’était devant une foule de milliers de fidèles, des responsables des écoles, des enseignants et des élèves de toutes les écoles conventionnées catholiques ainsi que des autorités polico-administratives de la province du Sud-Kivu. Les calicots portaient les écrits «  Ensemble avec Anuarite, humanisons notre société en demandant à l’Etat de payer les salaires justes, en mettant fin aux violences et aux viols faits aux femmes ».

 

A part les cérémonies religieuses, des discours ont été prononcés par différentes personnalités, à savoir l’Archevêque du diocèse de Bukavu, le Coordinateur des Ecoles Conventionnées Catholiques, un enseignant, un parent et une élève.

 

Après avoir loué la fidélité, la charité et l’amour de l’illustre disparue, ils ont montré que le sort réservé à cette dernière est le même que celui de la femme d’aujourd’hui encore exposée aux viols et aux violences de toutes sortes.  « Sa souffrance est utilisée par plusieurs associations comme article de commerce afin de se procurer de l’argent sans jamais se soucier de la misère de cette pauvre créature », ont fustigé les intervenants.  Les conditions dans lesquelles elle vit font que la femme est en proie à la contamination au VIH/SIDA, la clochardisation  traduite entre autre par son incapacité manifeste à assurer la scolarisation de sa progéniture.

 

Les intervenants en ont ainsi profité pour renouveler leur refus du paiement de la prime allouée jusqu’ici par les parents aux enseignants et ont plaidé pour le paiement par l’Etat des salaires justes à tous les enseignants. Il sied de rappeler que les évêques de la RD Congo ont écrit en juillet dernier une lettre au gouvernement de Transition pour dire non au paiement de la prime.  Ils ont même envisagé de suspendre les cours au retour des vacances de Noël 2004 si, d’ici là, l’Etat congolais ne commence pas à assurer la paie des fonctionnaires. L’Eglise catholique estime qu’il s’agit là d’un préalable pour l’organisation des élections justes et transparentes, car il pourra épargner l’électorat de l’achat des consciences.  Sans cela, nos gouvernants actuels ne méritent pas le pouvoir qu’ils exercent et devraient plutôt démissionner.

 

Toutes ces conditions réunies, on pourra aboutir à la construction d’une nation digne et forte.  Ils ont montré que l’Etat de droit ne se décrète pas mais il se  vit.  Il devrait être l’aspiration de tout Congolais  pour une harmonie entre ses droits et ses obligations.

 

   

 Bukavu, le 01.12.2004

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Avec l'appui de KIOS, Dan Church     Aid et Christian Aid