
Le Gouvernement
congolais s’engage à valider ou à rejeter
les conventions
économico-financières signées
pendant les deux
guerres de « libération »
Une commission parlementaire
spéciale chargée d’examiner la validité des conventions à caractère
économique et financier séjourne depuis près de 10 jours à Bukavu,
capitale de la province du Sud-Kivu. Cette commission a la triple
mission d’inventorier et d’évaluer les conventions susdites signées
pendant les deux guerres de 1996 et 1998, afin de les valider ou les
rejeter. Elle propose les mesures appropriées en vue de la réparation
de tout préjudice subi par l’Etat congolais ou par les tiers nationaux
du fait de ces conventions, contrats ou actes de gestion. A cet effet,
serait recevable d’introduire son dossier auprès de ladite commission,
notamment, toute personne dont la maison a été occupé indûment du
fait de la guerre, toute personne qui s’est vue spoliée de ses biens
du fait de la guerre, etc.
La commission est, en outre,
compétente pour proposer et faire prendre à qui de droit toute mesure
ou initiative requise pour prévenir l’exploitation illégale des
ressources naturelles et autres formes de richesses de la République
Démocratique du Congo.
Créée par l’Assemblée Nationale
par sa résolution N° AN/P/COM.SP/03/04 pour sauvegarder les intérêts
supérieurs du Peuple congolais, ladite commission est sensée
contribuer à l’instauration de la bonne gouvernance ainsi que la
transparence dans la gestion de l’Etat en RD Congo conformément à
l’Accord global et inclusif sur la transition. La commission est
composée de 17 membres nommés par le président de l’Assemblée
Nationale sur proposition de groupes parlementaires à raison
respectivement de 4 membres pour l’opposition politique et la société
civile, 2 membres pour la composante ex- gouvernement, le Mouvement de
Libération du Congo (MLC), et le Rassemblement Congolais pour la
Démocratie (RCD), 1 membre pour le RCD/Mouvement Libération et le RCD/National.
Les membres de la commission
envoyés au Sud-Kivu ont également mandat de couvrir la province
orientale et celles du Maniema et du Nord-Kivu. Signalons en passant
que le membre dont la composante, l’entité ou lui-même est concerné
par un dossier sous examen ne peux siéger avec voix délibérative aux
débats sur ce dossier ni participer à son instruction.
Cependant, certains habitants de
la province du Sud-Kivu s’interrogent sur les garanties qu’a cette
commission à remplir son mandat sans entrave notamment de la part des
ex-belligérants actuellement au pouvoir. Ils l’assimilent à la
« Commission Biens Mal Acquis » mise sur pieds par la Conférence
Nationale Souveraine du temps du Maréchal Mobutu dont les
recommandations sont restées lettre morte et les rapports conservés
dans les tiroirs des bureaux à Kinshasa.
Engagée dans la promotion de la
transparence et la bonne gouvernance, L’asbl Héritiers de la
Justice salue à vive voix cette initiative gouvernementale qui
vise à régler cette épineuse question des conventions économiques
signées par les belligérants et souhaite que les résultats soient
rendus publics avant les élections de Juin 2005.
L’Association invite la population
congolaise en général et celle du Sud Kivu en particulier à prêter
main forte à cette commission pour qu’elle réalise son travail avec
brio. Pour ce est qui de la province du Sud-Kivu, l’asbl Héritiers
de la Justice informe à toute la population que la commission
dispose des modèles de fiches pour la constitution des dossiers.
Ceux-ci sont disponibles à ses bureaux situés dans le bâtiment
abritant l’Assemblée Provinciale. Ces fiches sont également
disponibles aux bureaux de coordination de la société civile et de
Héritiers de la Justice.
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