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Le 05 /02 /2004

 
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N°   242                                                                                                       

 
Nota Bene

 

 

Après la fusillade meurtrière observée à Bukavu dans la nuit du 04 au 05 février courant, le Général Nabyolwa lance un ultimatum aux « amis de Masasu »

 

La 3ème guerre est imminente

 

 

Dans la nuit du 4 au 5/02/2004, la quiétude des habitants de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, a été perturbée par un échange des tirs d’armes lourdes entre les militaires composant la garde rapprochée du commandant de la 6è Brigade, monsieur Georges Mirindi, membre du groupe dit « les amis de Masasu » et les militaires de la 10è Région militaire.  A l’issue de cette fusillade, il y a eu un mort et 2 blessés dans les rangs de l’escorte de Georges Mirindi. L’opinion se souviendra qu’il y a à peine deux jours, la ville a connu un incident similaire lorsque aux environs de 16h50’ d’autres fusillades ont été enregistrées entre les militaires de la 10ème région militaire et ceux de la 6ème brigade suite à la découverte d’une cache d’arme à la résidence du Major Doris, chargé de la sécurité du Gouverneur Xavier Chiribanya.

 

La saisie de cette importante cargaison d’arme a corroboré la rumeur selon laquelle les « amis de Masasu » détenaient encore d’autres armes et munitions disséminées dans la ville, pour certainement déclencher une troisième guerre. C’est pour pallier  cette éventualité que les militaires de la 10ème région et les casques bleus de la MONUC ont multiplié les patrouilles nocturnes dans la ville. C’est pendant ces patrouilles qu’ils auraient intercepté un véhicule suspect sur l’avenue de la Révolution, quartier Nyalukemba, Commune d’Ibanda aux environs de 22H00’. Lorsqu’ils ont voulu arrêter le véhicule, les occupants n’ont pas obtempéré. Il s’en est suivi un échange de tirs nourri qui a fait un mort et deux blessés dans le camp des « amis de Masasu » et qui est allé de 22h00’ à 2h00’ du matin.

 

Le bâtiment abritant l’ONG APAMESK, la maison Blookout à Nguba ont été endommagés par des balles et obus.

 

Selon des sources dignes de foi, les « amis de Masasu » voulaient s’emparer du Camp Saïo mais se sont heurtés à la résistance de certains commandants loyalistes, ce qui a fait échouer leur tentative. Le calme semble revenu dans la ville, néanmoins la menace plane toujours.

 

Profitant de ce calme apparent, le Commandant de la 10ème région militaire, Général Nabyolwa a entrepris de rencontrer la société civile et son état major. A l’issue de cette rencontre il a démontré à ses interlocuteurs que les rumeurs d’une troisième guerre se confirment de plus en plus et qu’il leur appartient de constituer une délégation qui devra contacter le gouverneur Xavier Chiribanya pour le persuader de renoncer à son entreprise à lourdes conséquences pour la population. 

 

Par ailleurs, il aurait rencontré les « amis de Masasu » dont le Général Bora, les Colonels Eric Rorimbere, Georges Mirindi, John Bahati et le Major Kasongo à qui il a donné l’ordre de rendre les armes au plus aujourd’hui à 18h00’ sous peine de les récupérer de force, car constituant une menace pour la paix.

 

Ces derniers auraient rétorqué qu’ils ne peuvent obtempérer sous prétexte qu’ils se protégent d’éventuelles attaques des Interahamwe présents dans la ville de Bukavu.

 

Devant cette intransigeance des « amis de Masasu », l’asbl Héritiers de la Justice craint que dans les heures qui viennent, la guerre ne soit déclenchée purement et simplement.

 

C’est pourquoi, Héritiers de la Justice demandent d’une part, au gouvernement de transition de prendre des mesures qui s’imposent pour mettre hors d’état de nuire les incitateurs, les planificateurs de cette troisième guerre. D’autre part, elle demande à la MONUC de faire usage de son mandat conformément au chapitre 7 de la Charte des Nations Unies en recourant à la force pour imposer la paix.

 

Elle demande enfin au gouverneur et aux « amis de Masasu » de s’impliquer dans la logique de l’Accord global et inclusif qui privilégie le dialogue, la réunification et la réconciliation nationales et de respecter la légalité pour le triomphe de la paix en République Démocratique du Congo.

 

 A suivre…

 

Fait à Bukavu, le 05/02/2004

 

Héritiers de la Justice

 

 
Avec l'appui de KIOS, Dan Church Aid et Christian Aid