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No 239

07 Nov. 2003

 

Nota Bene

Regain d’insécurité dans la ville de Bukavu 

Les militaires en patrouille se retournent sur la population qu’ils auraient dû protéger 

Dans la nuit du 4/11/2003, aux environs de 20H30, trois agents du Bureau Diocésain de le Développement (BDD), à savoir messieurs : Clément Kadanga, Jean-Marie Mushagalusa et Kabwana Walemba ainsi qu’un commerçant du nom de Rwatangabo Mangazine « Baba Patrick » tous domiciliés dans la cellule Muhungu III, avenue Mukukwe dans la commune d’Ibanda ont été dépouillés de leurs téléphones portables et d’une importante somme d’argent par les militaires de l’armée congolais en patrouille sur le tronçon routier qui va du marché de Nyawera au terrain de football de cette avenue.  

Les trois premières victimes citées revenaient de service au moment des faits.  Après les avoir aperçus de loin, deux parmi les militaires embusqués derrière un conteneur servant pendant la journée d’atelier de couture près de la bifurcation qui mène à l’église de la 8è CEPAC MUKUKWE sont sortis de leur cachette pour intercepter les trois infortunés. 

Devant la résistance des ces derniers d’autres militaires aussi armés que les précédents ont fait irruption sur les lieux flanqués d’un autre homme, monsieur Rwatangabo Mangazine « Baba Patrick » à qui l’on venait de ravir 230 $, un équivalent de 7 autres dollars en francs congolais, son téléphone et ses chaussures.

Ainsi, ils n’ont plus du mal à dépouiller leurs victimes de tout le nécessaire dont ils disposaient :

-          Monsieur Clément Kadanga : ses deux téléphones portables (un de marque Siemens C25 et un NOKIA) et une clé du bureau ;

-          Monsieur Jean-Marie Mushagalusa : Un téléphone de marque NOKIA, une ceinture et 10 $

-          Monsieur Kabwana Walemba : Un téléphone de marque SENDO, un porte-monnaie contenant 22 $, un permis de conduire et sa carte d’identité. 

Des faits similaires sont de plus en plus signalés un peu partout à Bukavu. En effet, chaque fois qu’il fait noir ou simplement dans des endroits isolés, les militaires en patrouille se complaisent à arrêter les civils pour les rançonner et commettent des atteintes à l’intégrité physique et corporelle.  C’est le cas de la Place de l’Indépendance où chaque soir à partir de 19H30, les militaires s’en prennent aux piétons qui osent traverser l’espace abritant le monument érigé à cet endroit au motif qu’il est interdit d’emprunter cette voie-là.  Gifles, extorsions et humiliations s’en suivent pour amener les victimes à se tirer d’affaire. 

Au vu de tous ces actes qui n’honorent personne, Héritiers de la Justice en appelle au commandant de la 10è région militaire de s’atteler à remettre à l’ordre ces éléments incontrôlés, en instituant la police militaire et en renforçant la justice militaire

 De même, en cette période de réunification des forces belligérantes, l’association recommande au Gouvernement de transition de faciliter la réconciliation de la population et l’armée, notamment en payant la solde due aux militaires pour les empêcher de s’en prendre aux civils, mais aussi, de contrôler rigoureusement leurs mouvements le jour comme la nuit.

 

Bukavu, le 07/11/2003. 

 

Héritiers de la Justice

 

 

 

Edité par Héritiers de la Justice, a.s.b.l., Service des Eglises Protestantes pour les droits humains et la paix

email : heritiers@yahoo.com    siteweb :  www.heritiers.org

B.P. 234 Cyangugu/ Rwanda    B.P . 109 Bukavu/RDCongo

 
 
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