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Regain d’insécurité dans la ville de Bukavu
Les militaires en patrouille se retournent sur
la population qu’ils auraient dû protéger
Dans
la nuit du 4/11/2003, aux environs de 20H30,
trois agents du Bureau Diocésain de le
Développement (BDD), à savoir messieurs :
Clément Kadanga, Jean-Marie Mushagalusa et
Kabwana Walemba ainsi qu’un commerçant du
nom de Rwatangabo Mangazine « Baba
Patrick » tous domiciliés dans la cellule
Muhungu III, avenue Mukukwe dans la commune d’Ibanda
ont été dépouillés de leurs téléphones portables
et d’une importante somme d’argent par les
militaires de l’armée congolais en patrouille
sur le tronçon routier qui va du marché de
Nyawera au terrain de football de cette avenue.
Les
trois premières victimes citées revenaient de
service au moment des faits. Après les avoir
aperçus de loin, deux parmi les militaires
embusqués derrière un conteneur servant pendant
la journée d’atelier de couture près de la
bifurcation qui mène à l’église de la 8è CEPAC
MUKUKWE sont sortis de leur cachette pour
intercepter les trois infortunés.
Devant la résistance des ces derniers d’autres
militaires aussi armés que les précédents ont
fait irruption sur les lieux flanqués d’un autre
homme, monsieur Rwatangabo Mangazine « Baba
Patrick » à qui l’on venait de ravir 230 $, un
équivalent de 7 autres dollars en francs
congolais, son téléphone et ses chaussures.
Ainsi, ils n’ont plus du mal à dépouiller leurs
victimes de tout le nécessaire dont ils
disposaient :
-
Monsieur Clément Kadanga : ses deux téléphones
portables (un de marque Siemens C25 et un NOKIA)
et une clé du bureau ;
-
Monsieur Jean-Marie Mushagalusa : Un téléphone
de marque NOKIA, une ceinture et 10 $
-
Monsieur Kabwana Walemba : Un téléphone de
marque SENDO, un porte-monnaie contenant 22 $,
un permis de conduire et sa carte d’identité.
Des
faits similaires sont de plus en plus signalés
un peu partout à Bukavu. En effet, chaque fois
qu’il fait noir ou simplement dans des endroits
isolés, les militaires en patrouille se
complaisent à arrêter les civils pour les
rançonner et commettent des atteintes à
l’intégrité physique et corporelle. C’est le
cas de la Place de l’Indépendance où chaque soir
à partir de 19H30, les militaires s’en prennent
aux piétons qui osent traverser l’espace
abritant le monument érigé à cet endroit au
motif qu’il est interdit d’emprunter cette
voie-là. Gifles, extorsions et humiliations
s’en suivent pour amener les victimes à se tirer
d’affaire.
Au vu
de tous ces actes qui n’honorent personne,
Héritiers de la Justice en appelle au
commandant de la 10è région militaire de
s’atteler à remettre à l’ordre ces éléments
incontrôlés, en instituant la police militaire
et en renforçant la justice militaire
De
même, en cette période de réunification des
forces belligérantes, l’association recommande
au Gouvernement de transition de faciliter la
réconciliation de la population et l’armée,
notamment en payant la solde due aux militaires
pour les empêcher de s’en prendre aux civils,
mais aussi, de contrôler rigoureusement leurs
mouvements le jour comme la nuit.
Bukavu, le 07/11/2003.
Héritiers de la Justice
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