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Un déserteur de l’armée
congolaise a tué un enfant à l’issue d’une
rencontre sportive à Kaziba le 9 octobre 2003
Sur la sellette : l’Etat congolais et les parents
respectivement incapables de réglémenter le port
d’armes à feu et responsables de la
prolifération du métier de camelot.
A l’issue du match de football qui a opposé les équipes
Kasheke et Butuzi au chef-lieu de la
collectivité-chefferie de Kaziba dans le
territoire de Walungu en date du 9/10/2003,
monsieur Dunia Murhanga, militaire déserteur de
l’ex-armée nationale congolaise qui se fait
passer pour un capitaine, a tué par balles
monsieur Ahadi Cinabalire, un jeune garçon de 12
ans et a blessé deux autres, en l’occurrence
monsieur Bazibu Kurhebwa et un autre non
autrement identifié.
Cette rencontre sportive s’est soldée par le score d’un
but à zéro en faveur de la formation de Kasheke.
Certains supporters de l’équipe de Butuzi
auraient provoqué monsieur Dunia Murhanga qui,
est par surcroît, fanatique de l’équipe de
Kasheke. Ne l’ayant pas entendu de cette
oreille, et par orgueil militaire, l’homme
aurait ravi une arme à feu à un « kadogo » ( =
enfant-soldat) qui passait alentour parce que
n’étant pas suffisamment connu dans le milieu,
Dunia Murhanga se serait fait, bien avant,
dépouiller de son arme à feu et déchu de la
possibilité d’avoir des gardes du corps à
l’instigation des éléments de Local defense en
attendant l’examen de son dossier par la
hiérarchie militaire.
Une fois en possession de l’arme qu’il venait d’arracher,
monsieur Dunia Murhanga s’est d’abord mis à
tirer en l’air. Un échange des tirs s’en est
suivi avec les local defense, puis cet ancien
militaire s’en est pris aux civils en tirant à
bout portant sur eux dans la direction qu’ils
suivaient à la sortie du stade. C’est dans
cette débandade que monsieur Ahadi Cinabalire a
succombé sous les balles. Résidant à Kabembe
dans la collectivité-chefferie de Kaziba, ce
fils de monsieur Cinabalire Karhenga et M’Kalinga
mieux connu sous le sobriquet de Ngukumula était
élève en 2è année à l’école primaire Kabonwa. Il
vendait des bonbons au stade lors de ce match de
football. Quant aux blessés, il y en a eu
deux : monsieur Bazibu Kurhebwa, âgé de 23 ans,
habitant à Butuzi. Il a été grièvement blessé
par balles au clavicule et à l’omoplate gauche.
Il a été aussitôt admis à l’hôpital local de la
5è CELPA. L’autre blessé dont l’identité n’a
pas été révélée a été acheminé au centre de
santé de Kasheke mais son état n’inspire pas
d’inquiétude outre mesure.
Il a fallu la bravoure des éléments de local defense pour
capturer ce malfaiteur en lui ravissant l’arme à
feu. La population a eu beau le réclamer pour
qu’il soit achevé sur place, les autorités
politico-administratives et militaires l’ont
protégé et n’ont rien trouvé rien de mieux que
de l’envoyer à Bukavu auprès de l’Auditorat
militaire.
Héritiers de la justice condamne ces actes ignobles que
les hommes en armes continuent à commettre sur
la paisible population et sans défense.
Héritiers invite l’Etat à organiser d’ores et déjà la
démobilisation des enfants-soldats. Il ne sert
à rien de continuer à donner des armes à feu à
des personnes incapables de s’en défendre en cas
d’hostilités. C’est à un enfant-soldat que
l’arme meurtrière a été ravie ! Et quand bien
même c’était un militaire adulte qui portait
l’arme en question, il faudrait que l’Etat
arrive à réglementer le port d’arme par les
hommes en treillis dans les lieux publics. En
principe, ce sont les policiers qui doivent
assurer la sécurité de la population et non les
militaires. Ceux-ci ne doivent entrer dans de
tels endroits ni en tenue militaire ni munis
d’arme à feu.
Enfin, Héritiers de la Justice demande instamment à l’Etat
congolais de mettre fin au métier de camelot
auquel les enfants s’adonnent de plus en plus
ici chez nous. Les recettes obtenues par ces
enfants sont, semble-t-il, mises à profit pour
la satisfaction des besoins de leurs familles
respectives. D’autres le feraient pour
s’occuper dans la mesure où leurs parents se
sont révélés incapables de leur assurer la
scolarité. Dans son feuillet Nota bene précédent
cette livraison, Héritiers de la justice a
dénoncé une autre violence dont l’enfant
Makelele Babunga, âgé de 12 ans, a été victime
de la part d’une dame qui l’utilisait comme
vendeur de glaces au motif d’avoir perdu 200 FC
au terme d’une journée de vente.
Héritiers de la Justice
Bukavu, le 05
Nov. 2003
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