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Les
Humanitaires apportent assistance aux sinistrés des pluies
torrentielles à Uvira
Une politique
cohérente d’aménagement du territoire s’impose pour l’Est de la RD
Congo
En l’espace d’environ
un mois, la nuit du 1er au 2 janvier et celle du 7 au 8
février 2005, la Cité d’Uvira et ses environs de la Plaine de la
Ruzizi ont connu de fortes pluies diluviennes qui ont entraîné des
dégâts humains et matériels très importants.
En somme, les deux
intempéries ont fait 13 morts, spécialement dans les quartiers
Kasenga au Nord de la cité et Kimanga vers la partie Sud. On estime
en milliers le nombre des maisons totalement ou partiellement
démolies. Actuellement, leurs occupants vivent dans des familles
d’accueil aussi démunies ou passent la nuit à la belle étoile.
L’urgence avec
laquelle les humanitaires sont intervenus en apportant une
assistance aux sinistrés de la Cité d’Uvira est saluée par plus d’un
et principalement par ces derniers. Au nombre des Agences onusiennes
et ONG internationales ou nationales à pied d’œuvre pour soulager
les souffrances supplémentaires au sinistre que connaissent ces
populations figurent l’UNICEF, le PAM, le HCR, l’IRC, la Caritas, la
8ème CEPAC, UGEAFI, ADEPAE, ELIMU, la COOPEC-Kalundu, …
Ces organismes ont,
entre autres, fourni aux familles en détresse des bâches, des
couvertures, des ustensiles de cuisine, des savons, des bidons vides
et des vivres composés de la farine de maïs, du petit pois, du sel,
de l’huile, des biscuits protéinés, … La distribution se poursuit
et pourra s’étendre aux villages et cités notamment celles de Kiliba
et Sange.
Il est aussi salutaire
et encourageant que les agences des Nations Unies présentes en RD
Congo et la MONUC, en partenariat avec l’ ONG ACTED déjà active dans
la réfection des ponts et la route reliant les territoires d’Uvira
et de Fizi , se sont mises au travail de réhabilitation et/ou de
protection des ponts cassés ou menacés d’effondrement sur les
rivières Kimanga (pont Balekar) en pleine Cité d’Uvira et Luvubu à
Luvungi à une cinquantaine de kilomètres au Nord de celle-ci.
Si les victimes de la
catastrophe diluvienne et les autres populations congolaises se
sentent réconfortées par l’œuvre de la solidarité internationale,
les observateurs avisés ne ménagent pas les gouvernants congolais
actuel et précédents pour leur manque criant d’une politique
cohérente d’aménagement de l’espace au vu de l’ampleur des pertes
enregistrées.
En effet, les causes
profondes de cette intense destruction seraient notamment :
-
l’absence d’un plan
d’urbanisation de la Cité d’Uvira consécutive à une inefficacité ou
un amateurisme des services chargés de la gestion foncière et de
l’urbanisme. Cette situation se traduit par la quasi-inexistence des
caniveaux sur la route principale ou le manque de maintenance de
ceux qui existent et les constructions anarchiques visibles même
dans les lits temporairement abandonnés des cours d’eau et en
matériaux fragiles (maisons à briques adobes à partir de la
fondation) ;
-
la déforestation de tous
les flancs des montagnes surplombant les Cités au profit des
habitations, ce qui réduit la porosité et la perméabilité du sol en
favorisant de forts écoulements d’eau en nappes. L’abattage des
arbres a aussi été amplifié par la présence des réfugiés burundais
et rwandais entre 1993 et 1996. Il sied de fustiger une fois encore
l’abattage effréné et impuni des arbres naturels ou fruit du
reboisement, et même fruitiers, par des militaires pour la
production de la braise destinée à la vente.
Au regard d’énormes
dégâts humains, matériels et écologiques causés par ces pluies et en
prévision de l’arrivée massive imminente des réfugiés Congolais de
Tanzanie, susceptible de fragiliser encore davantage l’état des
choses, l’association Héritiers de la Justice lance un appel
pressant au Gouvernement congolais afin qu’il adopte une politique
cohérente d’aménagement du territoire et prenne, avec l’assistance
de la coopération internationale, des mesures appropriées visant la
protection de l’environnement et de la population de l’Est.
C’est pourquoi,
l’Association recommande aux Divisions et Inspections provinciales
ayant en charge la protection de l’environnement, l’urbanisme,
l’habitat, l’agriculture et le développement rural d’interdire
l’abattage d’arbres sur tous les espaces à risque et les feux de
brousse. Qu’elles encouragent et soutiennent par contre des efforts
privés ou publics de reboisement et en assurent la protection contre
les humains prédateurs.
Héritiers de
la Justice souhaite
aussi que des mesures administratives et judiciaires soient arrêtées
et appliquées contre tous ceux qui se rendent responsables ou
complices des lotissements anarchiques actuels et à venir.
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