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Bukavu :
l’insécurité toujours à la une
L’Etudiant Jaques IRAGILIGENDA RUGAMBWA assassiné à Muhungu ce
23/11/2005
Ce
mercredi le 23/11/2005 à 23 heures 50 minutes dans la cellule
Muhungu du quartier Ndendere, Commune d’Ibanda à Bukavu des
hommes armés de fusils et en treillis militaire ont lâchement
assassiné Mr Jacques Iragiligenda Rugambwa.
Célibataire de son état, la victime âgée de 27 ans étudiait en
2ème année de graduat sciences infirmières à
l’Institut Supérieur Technique Médical (ISTM) de Bukavu et
habitait chez son grand frère Mr Isaac RUGAMBWA, travailleur
à l’agence de fret aérien « La vérité » basée à Nyawera.
Les assassins
sont entrés dans la maison en forçant la porte de derrière et quatre
parmi eux se sont vite dirigés vers la chambre où était couché la
victime avec trois autres garçons. Les autres assaillants étaient restés
dehors encerclant le domicile.
Dans la maison,
les malfrats ont d’abord ligoté 3 jeunes garçons, puis les ont
dépouillés de l’argent qu’ils avaient avant de les conduire au salon
pour un interrogatoire serré. Celui-ci cherchait à localiser là se
trouvait leur grand frère responsable de la maison. Unanimement, ils ont
dit que Mr Isaac avait passé la nuit au service. Non convaincu, l’un des
assaillants a demandé à ses compagnons de fracasser les jambes de ces
jeunes gens pour les amener à dire la vérité.
Réveillé par les
menaces adressées aux enfants, Mr Isaac a ouvert la porte et a tenté de
se cacher sous le lit d’où il sera tiré par les assaillants qui l’ont
obligé d’éteindre la lumière.
Pendant que les
assaillants exigeaient à l’épouse de donner tout l’argent se trouvant
dans la maison le pauvre Jacques Iragiligenda, non ligoté, cherchera à
fuir par le corridor pour appeler au secours en criant « voleur,
voleur ». C’est alors que l’un des hommes armés lui a ouvert une rafale
des balles qui l’atteignirent respectivement à la poitrine au niveau du
sein droit, dans le ventre à coté de la lombrille et dans les jambes.
Ne craignant
presque rien, les malfrats ne relâchent pas la pauvre dame mais
endurcissent leurs menaces en disant qu’ils la traiteront de la même
manière que son beau-frère dont le corps presque inerte gisait à ses
côtés. Ils retirent sous le lit son mari Isaac RUGAMBWA où il était
caché et l’oblige d’éteindre l’ampoule qui était encore allumée dans la
chambre. En réponse à leurs menaces persistantes, celui-ci donne la
somme de 650$US qu’il possédait.
Pendant que
certains des assaillants exigeaient de l’argent à monsieur et madame
Isaac, d’autres étaient en train de s’emparer des biens de valeurs
notamment un appareil téléviseur 21 pouces, un DVD double cassette de
marque Samsung, chaînettes dames, 5 portables de communication, un
motorola de service, deux cartes d’électeur, beaucoup d’autres biens
qu’ils emballaient dans des pagnes pris dans la même maison.
Après ces
opérations, les malfrats se sont volatilisés sous les cris d’au secours
des voisins de la famille victime. Aidés par les voisins, la famille
dépêchera la victime Jacques à l’hôpital de Panzi où elle rendra l’âme
à 1 heure du matin.
Cette situation
est d’autant plus inquiétante du fait que le lieu du crime est situé non
loin du principal camp militaire de la ville, dénommé « camp Saïo ».
Curieusement, ni les militaires patrouilleurs, ni ceux habitant les
camp, encore moins les policiers ne se sont rendus sur les lieux et ne
sont pas intervenus durant tout le temps de l’opération malgré les cris
de détresse de la population et les crépitements des balles.
Préoccupée au
plus haut niveau par cette nouvelle tuerie des civils par les hommes
armés, l’asbl Héritiers de la Justice fait remarquer que cet cas
s’inscrit sur une très longue liste d’autres allant des extorsions aux
assassinats ciblés en passant par des vols et des cambriolages. En plus,
ces actes se commettent même au centre ville dans des avenues comme
Nyofu jouxtant celles habitées par la plupart des autorités politiques
et militaires de la province.
L’association
demande à ces autorités de sortir de leur silence et inaction en prenant
et en appliquant des mesures énergiques à la mesure de la gravité de la
situation et des violations des droits humains qui sont légion et non
élucidées. Héritiers de la Justice est de ceux qui pensent que
ces assassinats et autres visites nocturnes des domiciles civils par des
hommes armés souvent vêtus d’uniforme sont, non seulement une
conséquence de l’impunité et du manque de répression de ces actes, mais
aussi des conditions sociales précaires des FARDC.
C’est
pourquoi elle attend des autorités de la transition le respect et
l’application stricts des articles 15 et 178 de la Constitution de la
Transition qui stipulent : « La personne humaine est sacrée.
L’Etat a l’obligation de la
respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie et à
l’intégrité physique …»
et « les forces armées de la République Démocratiques du Congo
ont pour mission de (…) protéger les personnes et leurs biens ».
A
suivre...
Avec prière ce contacter les autorités pour une action urgente
Fait à Bukavu, le
24 novembre 2005
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