HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 24/11/2005

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Bukavu : l’insécurité toujours à la une

 

L’Etudiant Jaques IRAGILIGENDA RUGAMBWA assassiné à Muhungu ce 23/11/2005

 

 

Ce mercredi le 23/11/2005 à 23 heures 50 minutes dans la cellule Muhungu du quartier Ndendere, Commune d’Ibanda à Bukavu des hommes armés de fusils et en treillis militaire ont lâchement assassiné Mr Jacques  Iragiligenda Rugambwa. Célibataire de son état, la victime âgée de 27 ans étudiait en 2ème année de graduat sciences infirmières à l’Institut Supérieur Technique Médical (ISTM) de Bukavu et habitait chez son grand frère  Mr Isaac RUGAMBWA, travailleur à l’agence de fret aérien « La vérité » basée à Nyawera. 

 

Les assassins sont entrés dans la maison en forçant la porte de derrière et quatre parmi eux se sont vite dirigés vers la chambre où était couché la victime avec trois autres garçons. Les autres assaillants étaient restés dehors encerclant le domicile.

 

Dans la maison, les malfrats ont d’abord ligoté 3 jeunes garçons, puis les ont dépouillés de l’argent qu’ils avaient avant de les conduire au salon pour un interrogatoire serré. Celui-ci cherchait à localiser là se trouvait leur grand frère responsable de la maison. Unanimement, ils ont dit que Mr Isaac avait passé la nuit au service. Non convaincu, l’un des assaillants a demandé à ses compagnons de fracasser les jambes de ces jeunes  gens pour les amener à dire la vérité.

 

Réveillé par les menaces adressées aux enfants, Mr Isaac a ouvert la porte et a tenté de se cacher sous le lit d’où il sera tiré par les assaillants qui l’ont obligé d’éteindre la lumière.  

 

Pendant que les assaillants exigeaient à l’épouse de donner tout l’argent se trouvant dans la maison le pauvre Jacques Iragiligenda, non ligoté, cherchera à fuir par le corridor  pour appeler au secours en criant « voleur, voleur ». C’est alors que l’un des hommes armés  lui a ouvert une rafale des balles qui l’atteignirent respectivement à la poitrine au niveau du sein droit, dans le  ventre à coté de la lombrille et dans  les jambes.

 

Ne craignant presque rien, les malfrats ne relâchent pas la pauvre dame mais endurcissent leurs menaces en disant qu’ils la traiteront de la même manière que son beau-frère dont le corps presque inerte gisait à ses côtés. Ils retirent sous le lit son mari Isaac RUGAMBWA où il était caché et l’oblige d’éteindre l’ampoule qui était encore allumée dans la chambre. En réponse à leurs menaces persistantes, celui-ci donne la somme de 650$US qu’il possédait.

 

Pendant que certains des assaillants exigeaient de l’argent à monsieur et madame Isaac, d’autres étaient en train de s’emparer des biens de valeurs notamment un appareil téléviseur 21 pouces, un DVD double cassette de marque Samsung, chaînettes dames, 5 portables de communication, un motorola de service, deux cartes d’électeur, beaucoup d’autres biens qu’ils emballaient dans des pagnes pris dans la même maison.

 

Après ces opérations, les malfrats se sont volatilisés sous les cris d’au secours des voisins de la famille victime. Aidés par les voisins, la famille dépêchera la victime Jacques à  l’hôpital de Panzi où elle rendra l’âme à 1 heure du matin.

 

Cette situation est d’autant plus inquiétante du fait que le lieu du crime est situé non loin du principal camp militaire de la ville, dénommé « camp Saïo ». Curieusement, ni les militaires patrouilleurs, ni ceux habitant les camp, encore moins les policiers ne se sont rendus sur les lieux et ne sont pas intervenus durant tout le temps de l’opération malgré les cris de détresse de la population et les crépitements des balles.  

 

Préoccupée au plus haut niveau par cette nouvelle tuerie des civils par les hommes armés, l’asbl Héritiers de la Justice fait remarquer que cet cas s’inscrit sur une très longue liste d’autres allant des extorsions aux assassinats ciblés en passant par des vols et des cambriolages. En plus, ces actes se commettent même au centre ville dans des avenues comme Nyofu jouxtant celles habitées par la plupart des autorités politiques et militaires de la province.    

 

L’association demande à ces autorités de sortir de leur silence et inaction en prenant et en  appliquant des mesures énergiques à la mesure de la gravité de la situation et des violations des droits humains qui sont légion et non élucidées. Héritiers de la Justice est de ceux qui pensent que ces assassinats et autres visites nocturnes des domiciles civils par des hommes armés souvent vêtus d’uniforme sont, non seulement une conséquence de l’impunité et du manque de répression de ces actes, mais aussi des conditions sociales précaires des FARDC.

 

C’est pourquoi elle attend des autorités de la transition le respect et l’application stricts des articles 15 et 178 de la Constitution de la Transition qui stipulent :  «  La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie et à l’intégrité physique …» et « les forces armées de la République Démocratiques du Congo ont pour mission de (…) protéger les personnes et leurs biens ».      

 

 A suivre...

Avec prière ce contacter les autorités pour une action urgente

  

Fait à Bukavu, le 24 novembre 2005 

 

     
     

 

   

Fait à Bukavu, le 24/11/2005  

Héritiers de la Justice

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