HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 23/11/2005

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Appel urgent

 

Activistes des droits humains en danger à Katogota

 

Messieurs Buloze Simon et Tombola détenus à Luvungi et nombreux autres recherchés par le Chef de groupement Itara et la 110ème brigade des FARDC

 

Depuis lundi 21/11/2005 dans la matinée, les sieurs Buloze Simon et Tombola, activistes des droits de l’homme respectivement au sein de l’Association Contre la Malnutrition et pour l’Encadrement de la Jeunesse (ACMEJ) et l’Association des Volontaires pour le Progrès Social (AVPS) ont été arrêtés chez eux à Katogota et sont détenus à Luvungi au cachot de la 110ème brigade commandée par le colonel Mosala. Avant d’être conduits à Luvungi, le premier a été torturé et le second a été déshabillé. Nombreux autres acteurs de la société civile sont recherchés mais sont entrés en clandestinité, notamment Eric Muvomo (coordinateur de ACMEJ), Kalwirwa Namundokolo (directeur de l’EP Katogota et membre de AVPS), Katote Mulumeoderwa (chef d’antenne de Comité d’Actions pour le Développement Intégral, CADI) et Firimbi.

 

Ces menaces mises en exécution seraient une réponse de l’autorité coutumière à l’_expression de mécontentement des paysans de Katogota dû à la destruction de leurs cultures par des tracteurs alloués par le propriétaire de ce domaine agricole qui souhaitait récupérer son droit et l’exploiter de nouveau en accord avec la population locale et les autorités locales.

 

De nos investigations menées sur terrain quelques jours après les manifestations des paysans, il ressort qu’il était convenu entre la population et le propriétaire en question que seuls les jeunes plantes devraient être déracinées et que les cultures de plus de 6 mois devraient atteindre leur maturité. Ce qui avait été salué par une grande partie des paysans. Contrairement à cette convention, le Chef de groupement d’Itara monsieur MBABARO Ombeni et gérant de ladite concession a, quant à lui, ordonné que tout soit détruit sans distinction. C’est ce qui sera fait et qui suscitera le soulèvement des paysans qui ne comptaient que sur le fruit de leur labeur.

 

L’arrestation et la détention de ces activistes des droits humains Buloze Simon et Tombola, ordonnée par l’autorité coutumière précitée découle du fait qu’elle reprocherait aux activistes de droits de l’homme et autres acteurs de la société civile de ne cesser de dénoncer et informer l’opinion nationale et internationale sur les exactions commises contre les populations civiles.

 

En effet, l’action militaire entreprise par la 110ème brigade contre le Major Abdoul et ses troupes pour les ramener à la discipline, a constitué une occasion de dépouiller les populations civiles des effets et biens qu’elles pouvaient encore avoir, notamment, des vaches, chèvres, poules matelas, huile de palme, ustensiles de cuisine, habits, médicaments et matériels médicaux des centres de santé de Lubarika et Kalunga, etc  

 

L’opinion se souviendra qu’à la suite de la contestation des populations de céder le champ, le militaire Elonga accompagné de deux autres, tous du peloton commandé par le Capitaine Makila basé à Katogota, a froidement abattu par balle madame Roda Kibododo Kashondo le 4/11/2005 après l’avoir battue à l’aide de la crosse de son fusil alors qu’elle était en train de cultiver son champ situé hors du périmètre querellé.

 

Aussi, l’activiste Mapendano Makelele de la même localité avait été arrêté samedi 05/11/2005 à Kamanyola et torturé par le Major Pyrens. Il était resté ligoté bras au dos pendant plus de 48 heures et il recevait au moins 100 coups de fouet chaque jour avant d’être transféré à Luvungi dimanche 06 novembre où il sera relâché 4 jours après.

 

Les dernières informations en provenance de Katogota disent que les écoles ne fonctionnent depuis et près de 20 familles auraient déjà traversé la rivière Ruzizi pour se réfugier au Burundi voisin. La population craint cette manipulation des militaires par l’autorité coutumière. 

 

Inquiète des conditions que ces paisibles citoyens doivent être actuellement en train de mener, en détention ou en cachette, l’asbl Héritiers de la Justice dénonce toutes ces manipulations faites par des personnes qui veulent utiliser cette situation à des fins personnelles et exige la libération sans condition des personnes incarcérées. Et au cas où il leur serait reproché quelque chose, elle demande qu’ils soient déférés devant la justice civile qui les jugera.

 

De même, l’Association rappelle-t-elle, que ces activistes réalisent leur mission, sur base de la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus adoptée par la résolution 53/144 du 09 décembre 1998 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, spécialement en son article 6, point a qui stipule : «Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de rechercher, d’obtenir, de recevoir et de conserver des informations relatives aux droits de l’homme ».

 

Héritiers de la Justice rappelle que deux membres de ACMEJ et de sa structure relais à la base, le Comité de Médiation et de Défense (CMD) Kamanyola, messieurs Eric Muvomo et Badesirwe avaient encore fait l’objet d’une arrestation et détention similaire au mois de mars de cette année par le Major Nzitongo Kwasi. Celui-ci les accusait de transmettre des informations sur les violations des droits humains commises par les FARDC aux organisations basées à Bukavu.

 

Enfin, l’Association demande à l’Autorité Provinciale et au Commandant de la 10ème Région Militaire, de prendre urgemment des mesures nécessaires pour ramener la paix et la concorde dans cette partie du territoire d’Uvira, notamment en organisant une descente sur les lieux pour rassurer cette population quasiment cultivatrice qui doit, en ce début de saison de pluie, s’adonner à des travaux de champ.             

 

A suivre…

  

Fait à Bukavu, le 23 novembre 2005 

 

     
     

 

   

Fait à Bukavu, le 23/11/2005  

Héritiers de la Justice

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