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Appel urgent
Activistes des droits
humains en danger à Katogota
Messieurs
Buloze Simon et Tombola détenus à Luvungi et nombreux autres
recherchés par le Chef de groupement Itara et la 110ème
brigade des FARDC
Depuis lundi 21/11/2005 dans la matinée, les sieurs Buloze
Simon et Tombola, activistes des droits de l’homme
respectivement au sein de l’Association Contre la Malnutrition
et pour l’Encadrement de la Jeunesse (ACMEJ) et l’Association
des Volontaires pour le Progrès Social (AVPS) ont été arrêtés
chez eux à Katogota et sont détenus à Luvungi au cachot de la
110ème brigade commandée par le colonel Mosala.
Avant d’être conduits à Luvungi, le premier a été torturé et
le second a été déshabillé. Nombreux autres acteurs de la
société civile sont recherchés mais sont entrés en
clandestinité, notamment Eric Muvomo (coordinateur de ACMEJ),
Kalwirwa Namundokolo (directeur de l’EP Katogota et membre de
AVPS), Katote Mulumeoderwa (chef d’antenne de Comité d’Actions
pour le Développement Intégral, CADI) et Firimbi.
Ces menaces mises en exécution seraient une réponse de
l’autorité coutumière à l’_expression de mécontentement des
paysans de Katogota dû à la destruction de leurs cultures par
des tracteurs alloués par le propriétaire de ce domaine
agricole qui souhaitait récupérer son droit et l’exploiter de
nouveau en accord avec la population locale et les autorités
locales.
De nos investigations menées sur terrain quelques jours après
les manifestations des paysans, il ressort qu’il était convenu
entre la population et le propriétaire en question que seuls
les jeunes plantes devraient être déracinées et que les
cultures de plus de 6 mois devraient atteindre leur maturité.
Ce qui avait été salué par une grande partie
des paysans.
Contrairement à cette convention, le Chef de groupement
d’Itara monsieur MBABARO Ombeni et gérant de ladite concession
a, quant à lui, ordonné que tout soit détruit sans
distinction. C’est ce qui sera fait et qui suscitera le
soulèvement des paysans qui ne comptaient que sur le fruit de
leur labeur.
L’arrestation et la détention de ces activistes des droits
humains Buloze Simon et Tombola, ordonnée par l’autorité
coutumière précitée découle du fait qu’elle reprocherait aux
activistes de droits de l’homme et autres acteurs de la
société civile de ne cesser de dénoncer et informer l’opinion
nationale et internationale sur les exactions commises contre
les populations civiles.
En effet, l’action militaire entreprise par la 110ème
brigade contre le Major Abdoul et ses troupes pour les ramener
à la discipline, a constitué une occasion de dépouiller les
populations civiles des effets et biens qu’elles pouvaient
encore avoir, notamment, des vaches, chèvres, poules matelas,
huile de palme, ustensiles de cuisine, habits, médicaments et
matériels médicaux des centres de santé de Lubarika et
Kalunga, etc
L’opinion se souviendra qu’à la suite de la contestation des
populations de céder le champ, le militaire Elonga accompagné
de deux autres, tous du peloton commandé par le Capitaine
Makila basé à Katogota, a froidement abattu par balle madame
Roda Kibododo Kashondo le 4/11/2005 après l’avoir battue à
l’aide de la crosse de son fusil alors qu’elle était en train
de cultiver son champ situé hors du périmètre querellé.
Aussi, l’activiste Mapendano Makelele de la même localité
avait été arrêté samedi 05/11/2005 à Kamanyola et torturé par
le Major Pyrens. Il était resté ligoté bras au dos pendant
plus de 48 heures et il recevait au moins 100 coups de fouet
chaque jour avant d’être transféré à Luvungi dimanche 06
novembre où il sera relâché 4 jours après.
Les dernières informations en provenance de Katogota disent
que les écoles ne fonctionnent depuis et près de 20 familles
auraient déjà traversé la rivière Ruzizi pour se réfugier au
Burundi voisin. La population craint cette manipulation des
militaires par l’autorité coutumière.
Inquiète des conditions que ces paisibles citoyens doivent
être actuellement en train de mener, en détention ou en
cachette, l’asbl Héritiers de la Justice dénonce toutes
ces manipulations faites par des personnes qui veulent
utiliser cette situation à des fins personnelles et exige la
libération sans condition des personnes incarcérées. Et au cas
où il leur serait reproché quelque chose, elle demande qu’ils
soient déférés devant la justice civile qui les jugera.
De même, l’Association rappelle-t-elle, que ces activistes
réalisent leur mission, sur base de la Déclaration sur le
droit et la responsabilité des individus, groupes et organes
de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme
et les libertés fondamentales universellement reconnus adoptée
par la résolution 53/144 du 09 décembre 1998 de l’Assemblée
Générale des Nations Unies, spécialement en son article 6,
point a qui stipule : «Chacun a le droit, individuellement
ou en association avec d’autres, de rechercher, d’obtenir, de
recevoir et de conserver des informations relatives aux droits
de l’homme ».
Héritiers de la Justice
rappelle que deux membres de ACMEJ et de sa structure relais à
la base, le Comité de Médiation et de Défense (CMD) Kamanyola,
messieurs Eric Muvomo et Badesirwe avaient encore fait l’objet
d’une arrestation et détention similaire au mois de mars de
cette année par le Major Nzitongo Kwasi. Celui-ci les accusait
de transmettre des informations sur les violations des droits
humains commises par les FARDC aux organisations basées à
Bukavu.
Enfin, l’Association demande à l’Autorité Provinciale et au
Commandant de la 10ème Région Militaire, de prendre
urgemment des mesures nécessaires pour ramener la paix et la
concorde dans cette partie du territoire d’Uvira, notamment en
organisant une descente sur les lieux pour rassurer cette
population quasiment cultivatrice qui doit, en ce début de
saison de pluie, s’adonner à des travaux de champ.
A suivre…
Fait à Bukavu, le
23 novembre 2005
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