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CONFERENCE
DE PRESSE ORGANISEE PAR L’asbl HERITERS DE LA JUSTICE
PROCES
PASCAL KABUNGULU :
LES MANIPULATIONS POLITIQUES SUPPLANTENT LA JUSTICE
L’asbl
Héritiers de la Justice a organisé dans la salle de la Diaconie de
l’Eglise du Christ au Congo (ECC)/Sud-Kivu une conférence de presse dans
la matinée de ce mercredi 14 décembre 2005 autour du déroulement du
procès Pascal Kabungulu Kibembi, Secrétaire Exécutif de ladite
association assassiné le 31 juillet 2005, vers 3H30, en son domicile
par des hommes armés. Ont pris part à ladite conférence animée par
Maître Roger Muchuba, consultant à Héritiers de la Justice, les radios
Maria, Maendeleo, Rehema, Okapi, Kahuzi et la RTNC/Bukavu. Il y avait
également l’Agence Congolaise de presse, les journaux Kivu Safari,
Forum des as, … sans compter certains organismes internationaux.
Cette
conférence a porté essentiellement sur l’incident provoqué par le
comportement du Colonel Thierry Ilunga, Commandant de la 105è Brigade,
lors de l’audience du 12/12/2005. Déjà mis sous inculpation pour
assassinat et association de malfaiteurs, messieurs Thierry et Didace
ont été conduits à la Prison Centrale de Bukavu d’où le premier a été
extrait durant le 13/12/2005 vers 2H30 par les autorités militaires et
administratives de la province du Sud-kivu à la suite des pressions
politiques. Face à cette mauvaise tournure des événements, nous avons
cru nécessaire d’inviter la presse afin de donner notre point de vue sur
la suite du procès.
TEXTE PROPREMENT DIT DE LA CONFERENCE
L’opinion
nationale et internationale suit de très près le procès des présumés
assassins de monsieur Pascal Kabungulu Kibembi, ancien Secrétaire
Exécutif de Héritiers de la Justice. Lors de notre dernière conférence
de presse, nous avons exprimé notre
satisfaction à l’annonce du début de
ce procès tant attendu et pour lequel nous avons exercé une forte
pression afin qu’il ait lieu. Nous avons aussi promis que nous allons
être très attentif sur son déroulement surtout au regard de tout ce qui
s’est passé.
Ainsi, après l’incident survenu à l’audience de la fois passée le lundi
12 décembre 05, surtout avec l’inculpation de monsieur Didace Kaningini
et monsieur Thierry Ilunga, il nous a paru impérieux et urgent de
rencontrer la presse.
De notre observation et celle de l’opinion, il n’y a aucun doute sur le
déroulement du procès. C’est un procès juste et équitable. D’abord il
est public, la parole est donnée tant à la défense qu’à la partie
civile. Tous les prévenus sont assistés de leurs conseils respectifs.
Le tribunal a respecté la langue de chaque prévenu, qu’il s’agisse du
swahili, du lingala ou du français.
Les questions ont été posées aux témoins et chaque témoin avait
suffisamment de temps pour répondre. Aucun prévenu n’a estimé être
malmené ni forcé à faire telle ou telle déclaration.
Pour la suite, nous veillerons à ce que ces principes minimes reconnus à
tout procès équitable puissent être respectés.
Avant de revenir à l’incident de la fois passée où l’inculpé Thierry
Ilunga s’est rebellé devant le Tribunal en défiant tout le monde
lorsqu’il a tenté de s’emparer d’une arme de guerre, ce qui constitue un
trouble de l’ordre public, nous voulons revenir sur les faits
précédents.
Vous vous rappellerez que nous avons organisé une conférence de presse
où nous avons dénoncé le faux témoin de monsieur Didace Kaningini et le
coup monté contre Héritiers de la Justice à travers notre Nota Bene N°
231 du 12 octobre 2005. Beaucoup de gens nous ont accusé de crime de
lèse-majesté. Nous croyons qu’avec la comparution du faux témoin Katula
Nfundiko et l’inculpation de Didace Kaningini, tout le monde a compris
que nous n’écrivons pas n’importe quoi. Tout ceci confirme que nous
avons eu un criminel à la tête de la province ; nous n’allons pas
commenter sur ces faits. L’intéressé va répondre au tribunal du
pourquoi de ce montage et les tentatives de dévier les enquêtes d’autant
plus, d’ailleurs, qu’il est inculpé pour assassinat et association de
malfaiteurs. Les faits le prouvent à suffisance ; et nous laissons le
reste à l’appréciation des juges.
Pour ce qui est du Colonel Thierry Ilunga, nous croyons que l’incident
de la fois passée a suffisamment démontré le type de criminel auquel
nous avons à faire tel que le décrit Lombroso de par son comportement et
son portrait. Croyez-nous, au vu de ses pleurs et ses regrets, si le
Colonel Thierry s’était emparé de l’une des armes disputée, il y aurait
encore eu d’autres morts devant le Tribunal. Quelle flagrance !
Aujourd’hui nous savons que Didace et Thierry sont en liberté pure et
simple en raison des pressions de tout bord sur le Tribunal et
l’Auditeur supérieur.
Nous dénonçons et manifestions notre indignation sur cette attitude de
violer l’indépendance du pouvoir judiciaire et de politiser le procès.
Ceux-là même qui nous prétendent respecter l’indépendance des
juridictions et la séparation des pouvoirs sont ceux-là qui se sont
versés dans ces manipulations. La MONUC n’a pas été neutre dans cette
situation.
Avec la mise en liberté de monsieur Didace Kaningini et Thierry Ilunga,
nous comprenons que la lutte contre l’impunité qui est notre cheval de
bataille a encore un long chemin à parcourir. Nous prenons à témoin la
communauté locale, nationale et internationale. Plus que jamais, notre
sécurité est menacée donc désormais tout le monde peut nous tuer et nous
serons sacrifiés au nom de la politique des composantes qui fait de nous
des prisonniers.
Ainsi, les avocats de la
partie civile, les juges et autres témoins sont plus que menacés. Nous
en avons les preuves. Quelle attitude prendre, faut-il encore croire à
un procès juste et équitable pour Pascal Kabungulu ? Peut-on être sûrs
qu’aujourd’hui les institutions de la République Démocratique du Congo
et la MONUC assurent notre sécurité ? Il revient donc aux associations
de revendiquer dès aujourd’hui plus que jamais une sécurité et des
garanties d’un procès juste et l’indépendance du pouvoir judiciaire.
A l’issue de cet exposé fait
par Maître Roger Muchuba de
Héritiers de la
Justice, les participants ont posé une bonne dizaine de questions afin
de tirer au clair certaines zones d’ombre. Ce débat a été très
enrichissant.
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