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Procès
Pascal Kabungulu Kibembi
DE LA MAIRIE DE LA VILLE A LA PRISON
CENTRALE
L’audience de ce mercredi
07/12/05 dans le procès Pascal Kabungulu Kibembi a connu la comparution
du prévenu Katula aux côtés des témoins ci-après : Monsieur Matthieu
Ruguye Mbotwa, ex-Maire de la ville de Bukavu et membre de la commission
d’enquête sur l’assassinat de Monsieur Pascal, Monsieur Didace
Kaningini, Vice-gouverneur de province du Sud-Kivu et gouverneur a.i.
lors de l’assassinat de monsieur Pascal Kabungulu Kibembi, Monsieur
Wandjo, agent de l’Agence Nationale des Renseignements en suspension, le
Capitaine Kabwiko, Monsieur Maurice Namwira, chargé de l’Administration
et Finances au sein de Héritiers de la Justice, le Commandant Ville de
la Police ainsi que le Major Jacques Lusengo.
Le
temps fort de cette audience a tourné autour de la déposition de
monsieur Matthieu Ruguye et celle de monsieur le Vice-gouverneur de
province du Sud-Kivu. A l’issue de sa déposition, Monsieur Matthieu a
été reconnu coupable d’abstention pour n’avoir pas voulu donner des
éclaircissements à deux questions qui lui ont été posées par le
Tribunal. Il a été incapable de donner l’identité de la personne qui
lui a remis la douille retrouvée sur le lieu du crime durant la matinée
du dimanche 31/07/05 lors de sa descente sur terrain. Egalement, au
lieu de remettre le rapport de cette descente à la commission instituée
pour la circonstance, il a préféré le garder dans son bureau. Même lors
de la réunion du Conseil de sécurité dont il était membre en tant
qu’autorité municipale, il s’était contenté d’en parler verbalement.
Chose surprenante : il prétend ne pas connaître le nombre de balles que
la victime avait reçues.
Lors
de sa déposition, le Vice-gouverneur de province a affiché la même
attitude que monsieur Matthieu Ruguye.
Par exemple, pour ce qui est
des dates auxquelles il a posé des actes confinant aux investigations
qu’il menait en coulisses, il s’est chaque fois retranché derrière
l’oubli, ce qui, d’après le Ministère Public, constitue des indices
sérieux dans ledit procès.
Il ressort également de son
audition beaucoup de contradictions : quand Katula affirme qu’il lui a
donné 100 $, lui, monsieur Didace parle de 50 $ seulement. Le Directeur
général de l’ISP, monsieur Mulyumba wa Mamba, soutient avoir annoncé à
monsieur Didace qu’il allait lui parler de l’état de santé de l’étudiant
Katula Nfundiko. Mais le vice-gouverneur nie ce fait aussi.
A part cela, en dehors
de 50 $ remis à monsieur Katula par le Vice-gouverneur prétendument en
raison de son état de santé, ce dernier lui aurait encore donné
l’équivalent de 40 $US en francs congolais par le canal de monsieur
Mutiki, ex-bourgmestre de la commune d’Ibanda. Puis, quand le duo
Wandjo-Katula a fini le travail lui confié par monsieur Didace,
notamment la vérification de l’authenticité de la lettre qu’aurait
écrite Monsieur Maurice au Major Clovis pour le remercier d’avoir abattu
Pascal, Wandjo a encore demandé une somme de 1950 $US au
Vice-gouverneur. Tout cet argent a été donné à ces gens alors que
Monsieur Didace n’a pas remis la totalité des fonds nécessaires à la
commission d’enquête officielle instituée, du reste par lui-même.
Monsieur Didace n’a pas
versé la fameuse lettre écrite par Maurice auprès de la commission.
Egalement, le rapport que Wandjo lui a transmis après avoir terminé le
travail qu’il lui avait confié n’a pas non plus été déposé auprès de
cette commission. Lorsque la commission a fini son travail, monsieur
Didace soutient l’avoir trouvé satisfaisant alors qu’il ne l’avait pas
parcouru ! Quel paradoxe !
D’après le Ministère Public,
cette autorité était inquiète et bouleversée durant cette période.
Comme Didace lui-même a reconnu cet état d’âme, on en a déduit qu’il se
reprochait quelque chose par rapport à l’assassinat de Monsieur Pascal.
Le fait d’avoir créé des commissions officieuses procèderait de cet
état de chose. En effet, il reconnaît avoir eu recours au Groupe
Jérémie pour la création d’un cadre de concertation autour dudit
assassinat en dehors de l’utilisation de Wandjo, Katula et même Raphaël
Wakenge pour des investigations similaires. Le moins qu’on puisse dire,
selon le Ministère Public, Didace a perdu son réflexe de gouverneur : il
a converti son mini-bus en corbillard pour le déplacement du corps de
Pascal alors qu’il n’a jamais agi ainsi pour les autres victimes de sa
juridiction. En outre, la toute première personne qu’il a contactée à
la mort de Pascal, c’est, curieusement, un étudiant : Monsieur Katula !
Celui-ci avait, nous a-t-on dit, une information très importante à lui
livrer !
L’audience se poursuivra ce
jeudi 08/12/2005 à partir de 9H00.
A suivre …
Fait à Bukavu, le
07/12/2005
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