HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 29/11/2005

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 Procès   Pascal Kabungulu Kibembi


Le prévenu Gaston Sangba défié par les dépositions des témoins et ses propres contradictions.


L’audience de jeudi 1/12/2005 dans le procès Pascal Kabungulu Kibembi a été axée sur la poursuite de l’audition du prévenu  Gaston Sangba, des témoins, notamment Madame Faida, épouse de Gaston, monsieur Simba Moyo Michel, pasteur responsable de l’église Nzambe Malamu sise sur l’avenue Pageco, le Major Jacques Lusengo et du Capitaine Wilondja Kyalu appelé à titre de renseignements seulement. Cette séance a été marquée par des contradictions flagrantes, des mensonges de la part du prévenu Gaston ainsi que des révélations pour le moins époustouflantes qui ont contribué à mettre le prévenu au pied du mur.

 

On a révélé que malgré son empressement apparent de se rendre sur le lieu du crime pour des investigations, le Capitaine Gaston, chargé de sécurité et renseignement dans la ville de Bukavu avait mis environ 45 minutes pour arriver chez feu Pascal Kabungulu alors qu’il avait pris successivement place à bord de son propre véhicule et d’une moto.   Chose surprenante, il n’a produit aucun P.V. bien qu’il ait auditionné un des enfants de la victime une fois sur les lieux du crime. Egalement, il n’avait encore rédigé ni présenté auprès de sa hiérarchie aucun rapport ad hoc jusqu’au 4/08/2005, soit 4 jours après l’assassinat, où il a été arrêté et acheminé à la prison centrale.

 

Devant cette situation inconfortable dans laquelle s’est retrouvé le prévenu Gaston, le Président du Tribunal de garnison a fait appel au Major Jacques Lusengo avec  qui le prévenu Gaston avait fait route à destination du lieu du crime.  Dans sa déposition, ce Major l’a cloué de plus belle : alors qu’il prétendait avoir été informé de la mort de Pascal Kabungulu uniquement par son commandant , le Colonel Thierry Ilunga, le Major a précisé au Tribunal de céans qu’il l’en avait également tenu informé par Motorolla.  Le même témoin a soutenu que lors de sa rencontre avec le prévenu Gaston, contrairement aux déclarations antérieures de celui-ci, il était seul sur une moto ; il n’y avait pas une deuxième moto transportant prétendument son garde du corps.  Egalement, c’est Gaston lui-même qui a payé le motard qui le transportait moyennant 150 FC .  Pourtant, Gaston avait déjà déclaré que c’est lui-même qui avait payé et pour lui-même et pour le Major Jacques.

 

En dehors de ses propres contradictions, ce prévenu a été noyé par certaines révélations ahurissantes.  Pendant la détention du prévenu Gaston à la prison centrale, son épouse a reçu , d’après la partie civile, une somme de 1000 $US de la part du Colonel Thierry Ilunga, on ne sait trop pourquoi.   C’est au cours de la même détention que le Capitaine Kyalu également incarcéré à la prison centrale a entendu le Capitaine Gaston et le Lieutenant Basco Labama affirmer qu’ils seront remis en liberté par le Vice président de la République, Me Azarias Ruberwa lors de son prochain passage à Bukavu et que l’Auditeur Supérieur Majaliwa serait confondu quand le Vice président l’interrogerait à ce sujet.

 

Le Pasteur Simba Moyo Michel que l’on croyait indiqué à ce sujet,, a contre toute attente, emboîté le pas aux autres témoins  lorsqu’il a affirmé : « Gaston est conscient qu’il est en train de mentir ? »  Comment en est-t-on arrivé là ?  Alors que Gaston prétendait qu’il a rendu visite à son pasteur au domicile de celui-ci le samedi 30/07/2005 vers 18H00 de retour d’un séminaire organisé par le Groupe Jérémie au Centre Olame, le serviteur de Dieu a catégoriquement refusé.  Pour départager les 2 hommes, le ministère public a alors posé à ceux-ci une question qui a jeté le pavé dans la marre : « Qui est en train de mentir au Tribunal entre vous 2 ?  Pour toute réponse, le Capitaine Gaston a observé un silence qualifié aussitôt de coupable par le Ministère public.  Quant au pasteur Simba, il a dit : «  Gaston est conscient qu’il est en train de mentir ».

 

Il est maintenant question de tirer les conséquences de ces mensonges et contradictions dans le chef des prévenus. Car aucune de leur alibi ne tient jusque-là

 

Vers 14H30’, l’audience a été levée et sa reprise fixée au vendredi 2/12/2005 à 9H00.

 

A suivre

 

Fait à Bukavu, le 02/12/2005

 


Audition des prévenus Liaka Mafolo, Issa Balimwacha et

 Gaston Sangba


 

Le procès Pascal Kabungulu Kibembi s’est poursuivi durant la journée de ce mercredi 30/11/2005 devant l’esplanade de l’ex-Assemblée provinciale avec l’audition des prévenus ci-après : le Caporal Liaka Mafolo, le 1er Sergent Issa Balimwacha et le Capitaine Gaston Sangba, de surcroît chargé de la sécurité et renseignement dans la ville de Bukavu.

 

D’entrée de jeu, on a procédé à la lecture des préventions à charge de ces prévenus, à savoir l’assassinat, le vol à main armée et l’association des malfaiteurs.

 

Ensuite, le Ministère Public a procédé au récit des faits tels qu’ils s’étaient déroulés dans la nuit du 30 au 31 juillet 2005.  D’après le Ministère public, à partir de 2H30, la jeep du Capitaine Gaston a assuré le transport des assaillants qui étaient chargés de donner la mort à monsieur Pascal Kabungulu.   Il s’agit de 3 hommes armés qui sont entrés dans le domicile de la victime avec effraction.   Pendant la macabre opération, le Capitaine Gaston et le Lieutenant Basco Labama avaient respectivement ceinturé la route jouxtant l’ISP/Bukavu et celle qui longe l’avenue Route d’Uvira pour étouffer toute velléité d’intervention de la part de la population environnante.  Une fois l’assassinat accompli par le 1er Sergent Liaka Mafolo, celui-ci et ses compères se sont enfuis, munis d’un ordinateur portable, une somme de 15 $US, une paire de chaussures et un téléviseur.   Pour renforcer le dispositif dissuasif qui était déjà mis en place, toujours selon le Ministere Public,le Sous-lieutenant Ngaboyeka Jérémie, du reste résidant sur la même avenue que la victime, a dû tirer 3 balles en l’air, ce qui a bloqué l’entourage dans les maisons et 2 des enfants de la victime qui voulaient pourchasser les assaillants ont dû rebrousser chemin.  Un groupe de fugitifs a pris la direction de la Route d’Uvira et un autre celle de l’avenue Kibombo.

 

A toutes ces accusations, chacun des prévenus a plaidé non coupable.  Les dépositions de ces prévenus ont été ponctuées de questions adressées à ces derniers, d’un débat entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense ainsi que des interventions du Ministère public.  Mais il ressort de ce débat que la plupart de ces prévenus se sont distingués par des contradictions à travers leurs déclarations respectives.

 

L’audience a été levé vers 16H00 et sa reprise fixée à la journée de jeudi 1er/12/2005 à partir de 9H00 comme à l’accoutumé.

 

A suivre...

 

Fait à Bukavu, le 01dec 2005 

 

     
     

 

   

Fait à Bukavu, le 03/12/2005  

Héritiers de la Justice

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