|
ba-
Procès
Pascal Kabungulu Kibembi
Le prévenu Gaston
Sangba défié par les dépositions des témoins et ses propres
contradictions.
L’audience
de jeudi 1/12/2005 dans le procès Pascal Kabungulu Kibembi a été axée
sur la poursuite de l’audition du prévenu Gaston Sangba, des témoins,
notamment Madame Faida, épouse de Gaston, monsieur Simba Moyo Michel,
pasteur responsable de l’église Nzambe Malamu sise sur l’avenue Pageco,
le Major Jacques Lusengo et du Capitaine Wilondja Kyalu appelé à titre
de renseignements seulement. Cette séance a été marquée par des
contradictions flagrantes, des mensonges de la part du prévenu Gaston
ainsi que des révélations pour le moins époustouflantes qui ont
contribué à mettre le prévenu au pied du mur.
On a révélé que malgré
son empressement apparent de se rendre sur le lieu du crime pour des
investigations, le Capitaine Gaston, chargé de sécurité et renseignement
dans la ville de Bukavu avait mis environ 45 minutes pour arriver chez
feu Pascal Kabungulu alors qu’il avait pris successivement place à bord
de son propre véhicule et d’une moto.
Chose surprenante, il n’a produit aucun P.V. bien qu’il ait auditionné
un des enfants de la victime une fois sur les lieux du crime. Egalement,
il n’avait encore rédigé ni présenté auprès de sa hiérarchie aucun
rapport ad hoc jusqu’au 4/08/2005, soit 4 jours après l’assassinat, où il a été arrêté et
acheminé à la prison centrale.
Devant cette situation
inconfortable dans laquelle s’est retrouvé le prévenu Gaston, le
Président du Tribunal de garnison a fait appel au Major Jacques Lusengo
avec qui le prévenu Gaston avait fait route à destination du lieu du
crime. Dans sa déposition, ce Major l’a cloué de plus belle : alors
qu’il prétendait avoir été informé de la mort de Pascal Kabungulu
uniquement par son commandant , le Colonel Thierry Ilunga, le Major a
précisé au Tribunal de céans qu’il l’en avait également tenu informé par
Motorolla. Le même témoin a soutenu que lors de sa rencontre avec
le prévenu Gaston, contrairement aux déclarations antérieures de
celui-ci, il était seul sur une moto ; il n’y avait pas une deuxième
moto transportant prétendument son garde du corps. Egalement, c’est
Gaston lui-même qui a payé le motard qui le transportait moyennant 150
FC . Pourtant, Gaston avait déjà déclaré que c’est lui-même qui avait
payé et pour lui-même et pour le Major Jacques.
En dehors de ses propres
contradictions, ce prévenu a été noyé par certaines révélations
ahurissantes. Pendant la détention du prévenu Gaston à la prison
centrale, son épouse a reçu , d’après la partie civile, une somme de
1000 $US de la part du Colonel Thierry Ilunga, on ne sait trop pourquoi.
C’est au cours de la même détention que le Capitaine Kyalu également
incarcéré à la prison centrale a entendu le Capitaine Gaston et le
Lieutenant Basco Labama affirmer qu’ils seront remis en liberté par le
Vice président de la République, Me Azarias Ruberwa lors de son prochain
passage à Bukavu et que l’Auditeur Supérieur Majaliwa serait confondu
quand le Vice président l’interrogerait à ce sujet.
Le Pasteur Simba Moyo
Michel que l’on croyait indiqué à ce sujet,, a contre toute attente,
emboîté le pas aux autres témoins lorsqu’il a affirmé : « Gaston est
conscient qu’il est en train de mentir ? » Comment en est-t-on arrivé
là ? Alors que Gaston prétendait qu’il a rendu visite à son pasteur au
domicile de celui-ci le samedi
30/07/2005
vers 18H00 de retour d’un séminaire organisé par le Groupe Jérémie au
Centre Olame, le serviteur de Dieu a catégoriquement refusé. Pour
départager les 2 hommes, le ministère public a alors posé à ceux-ci une
question qui a jeté le pavé dans la marre : « Qui est en train de mentir
au Tribunal entre vous 2 ? Pour toute réponse, le Capitaine Gaston a
observé un silence qualifié aussitôt de coupable par le Ministère
public. Quant au pasteur Simba, il a dit : « Gaston est conscient
qu’il est en train de mentir ».
Il est maintenant
question de tirer les conséquences de ces mensonges et contradictions
dans le chef des prévenus. Car aucune de leur alibi ne tient jusque-là
Vers 14H30’, l’audience a été levée et sa reprise fixée au vendredi
2/12/2005 à 9H00.
A suivre
Fait à Bukavu, le
02/12/2005
Audition des prévenus Liaka Mafolo,
Issa Balimwacha et
Gaston Sangba

Le procès Pascal
Kabungulu Kibembi s’est poursuivi durant la journée de ce mercredi
30/11/2005 devant l’esplanade de l’ex-Assemblée provinciale avec
l’audition des prévenus ci-après : le Caporal Liaka Mafolo, le 1er
Sergent Issa Balimwacha et le Capitaine Gaston Sangba, de surcroît
chargé de la sécurité et renseignement dans la ville de Bukavu.
D’entrée de jeu, on a
procédé à la lecture des préventions à charge de ces prévenus, à savoir
l’assassinat, le vol à main armée et l’association des malfaiteurs.
Ensuite, le Ministère
Public a procédé au récit des faits tels qu’ils s’étaient déroulés dans
la nuit du 30 au 31 juillet 2005. D’après le Ministère public, à partir
de 2H30, la jeep du Capitaine Gaston a assuré le transport des
assaillants qui étaient chargés de donner la mort à monsieur Pascal
Kabungulu.
Il s’agit de 3 hommes armés qui sont entrés dans le domicile de la
victime avec effraction. Pendant la macabre opération, le Capitaine
Gaston et le Lieutenant Basco Labama avaient respectivement ceinturé la
route jouxtant l’ISP/Bukavu et celle qui longe l’avenue Route d’Uvira
pour étouffer toute velléité d’intervention de la part de la population
environnante. Une fois l’assassinat accompli par le 1er
Sergent Liaka Mafolo, celui-ci et ses compères se sont enfuis, munis
d’un ordinateur portable, une somme de 15 $US, une paire de chaussures
et un téléviseur. Pour renforcer le dispositif dissuasif qui était
déjà mis en place, toujours selon le Ministere Public,le Sous-lieutenant
Ngaboyeka Jérémie, du reste résidant sur la même avenue que la victime,
a dû tirer 3 balles en l’air, ce qui a bloqué l’entourage dans les
maisons et 2 des enfants de la victime qui voulaient pourchasser les
assaillants ont dû rebrousser chemin.
Un groupe
de fugitifs a pris la direction de la Route d’Uvira et un autre celle de
l’avenue Kibombo.
A toutes ces accusations,
chacun des prévenus a plaidé non coupable. Les dépositions de ces
prévenus ont été ponctuées de questions adressées à ces derniers, d’un
débat entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense ainsi
que des interventions du Ministère public. Mais il ressort de ce débat
que la plupart de ces prévenus se sont distingués par des contradictions
à travers leurs déclarations respectives.
L’audience a été levé vers 16H00 et sa reprise fixée à la journée de
jeudi 1er/12/2005 à partir de 9H00 comme à l’accoutumé.
A suivre...
Fait à Bukavu, le
01dec
2005
|