Dans
la nuit du 30 au 31/03/2006, des hommes vêtus en uniformes militaires et
armés, ont fait irruption dans le domicile du sieur Kadisi Burume. Ils
ont fusillé quatre personnes dans ladite maison parmi lesquelles figure
Mr Olivier Munganga Cizungu, âgé de plus ou moins 26 ans. Celui-ci a
succombé dans la même nuit à Muhungu, commune d’Ibanda à Bukavu.
Les trois autres fusillés ont
été dépêchés à l’hôpital général de référence de Bukavu où l’un d’eux,
Mme Faida Charlotte(épouse à Mr Kadisi Burume), a rendu l’âme un jour
après et les deux autres suivent des soins intensifs. Il s’agit de Faida
Charlotte, épouse de Mr. Kadisi Burume, Mamicho,
une fille de plus ou moins 24 ans et étudiante à l’institut supérieur de
développement rural (ISDR) de Bukavu en 2è
graduat, Mr Dunia âgé de 19 ans, domestique de la famille
agressée.
olivier Munganga Cizungu était
un infirmier à l’Hôpital Général de Référence de Bukavu. Il était gradué
en sciences sociales et humaines, option, soins infirmiers à
l’université Simon Kimbangu extension de Bukavu, édition 2003-2004.
En effet, vers 1Hoo du matin,
les assaillants sont venus frapper à la porte de devant pour qu’on leur
ouvre. N’ayant pas réussi à ouvrir, ils ont contourné avec une grosse
pierre qu’ils, ont jetée contre la porte de derrière et directement
celle-ci a cédé.
A leur entrée, les malfrats
ont commencé à tirer sous le lit où s’étaient cachés la victime, Mr
Dunia et l’oncle paternel de la victime, Mr François Burume. C’est de
là que la victime a reçu une balle dans la poitrine et Mr Dunia au
niveau de l’orteil.
Ils sont ensuite entrés dans
la chambre de Mr Kadisi Burume qui s’était déjà déplacé et caché dans la
chambre de ses enfants. Seule son épouse, Faida Charlotte était en
chambre. Après menaces de la part des ces malfaiteurs, cette dame leur a
remis une somme de 700$US. Malgré cela, ils lui ont logé une balle dans
le ventre. Dans ses cris de détresse, la fille Mamicho qui voulait aller
secourir sa grande sœur en quittant sa chambre, les assaillants l’ont
également logé une balle dans l’omoplate.
Selon les informations
recueillies sur le lieu du drame, les assaillants demandaient à tous
dans la maison où se trouverait leur père Mr Kadisi Burume. Ils ont en
suite demandé où se trouveraient Mr Patrick et Dada. Cela montre qu’ils
étaient, soit familiers vis-à-vis de cette famille ou ils étaient
mandatés.
A leur sortie après
l’opération, ils ont emporté un appareil téléviseur, une magneto et un
téléphone. Puis ils se sont dirigés du côté de l’ISGEA en train de
téléphoner.
Après un laps de temps, on a
vu un véhicule qui descendait de Nyawera tout en allumant des phares.
Puis il les a éteint et après il est rentré d’où il est venu.
Préoccupé par cet énième
assassinat dans le quartier Muhungu, l’asbl Héritiers de la Justice
demande aux autorités tant civiles, politiques que militaire de ne pas
faire fi de ce problème mais plutôt mener une enquête dans l’immédiat
pour que les auteurs de cet assassinat soient dénichés et déférés devant
la justice. C’est pourquoi elle constate avec regret que bien des cas
d’assassinats perpétrés dans la ville de Bukavu et partout ailleurs en
RD Congo ne donnent pas lieu à des enquêtes pouvant aboutir à des
poursuites judiciaires des auteurs présumés par les tribunaux civils et
militaires compétents.
Héritiers de la Justice
exige aussi que soit identifié le véhicule qui est descendu du coté de
l’ISGEA et vers lequel se sont dirigés les assaillants après leur
opération macabre, et qui est remonté en direction de Nyawera quelques
minutes après ce carnage.
Préoccupée au plus haut niveau
par cette campagne de tueries des civils par des hommes en armes, l’Association
demande aux autorités tant politiques que militaires de sortir de leur
silence et inaction en prenant et en appliquant des mesures énergiques à
la mesure de la gravité de la situation et des violations flagrantes des
droits humains qui sont légion et non élucidées.
Héritiers de la Justice
est de ceux qui pensent que ces assassinats et autres visites nocturnes
des domiciles des civils par des hommes armés sont une conséquence de
l’impunité, du manque de répression des actes criminels ainsi que des
conditions sociales précaires des militaires congolais qui ont la
mission d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.