Madame
Adolphine Kipendo Mawazo, âgée de plus ou moins 50 ans, résidant sur
l’avenue Burhende dont elle était le chef en commune urbano-rurale de
Kasha, a été retrouvée morte à côté du Tank de la Regideso sur l’avenue
Buholo III au quartier Mosala dans la commune de Kadutu vers 5H00 du
matin le vendredi 17/03/2006 par des passants. Elle semble avoir été
abattue à coups de couteaux par des individus jusqu’ici non encore
identifiés. La tête était fracassée, elle présentait des plaies
aux genoux et aux fesses. Elle ne portait qu’un sous-vêtement formant
un angle oblique comme si il y aurait eu viol ou tentative de viol. Les
habits dont le corps est couvert sur la photo ci-dessus ont été
collectés par les gens qui accouraient à l’endroit où le corps a été
retrouvé. On attend les résultats des enquêtes qui seront menées par
les autorités communales pour en savoir un peu plus.
D’après nos sources, cette
dame aurait quitté son toit durant la journée du 16/03/2006 vers 13H00
pour une promenade. Vers 18H00, elle aurait fait son entrée dans un
débit de boissons dénommé MEA situé à Buholo IV où elle se serait servi
de la bière après avoir reçu de la part de jeunes gens rencontrés céans
les 100FC qui lui manquaient pour faire l’appoint de 300 FC dont elle
disposait afin de s’acheter une bière.
Depuis ce temps, nos sources
n’ont plus eu de ses nouvelles. Mais est-il que dans la nuit, la
population habitant autour du terrain de Buholo III aurait entendu deux
coups de feu et deux douilles ont été retrouvées sur place et remises
plus tard par le chef de quartier adjoint de Mosala à des policiers.
Dans la même nuit, après les coups de feu, un jeune homme se serait
présenté au domicile du chef de quartier adjoint pour se plaindre de
l’extorsion de téléphone et d’une somme de 2500 FC de la part des
militaires qui faisaient la patrouille dans ce quartier et que, quelques
instants après, les mêmes hommes ont arrêté une femme non autrement
identifiée. Vers 22H00, la population voisine du terrain cité ci-dessus
aurait entendu des cris de détresse de Madame Kipendo. Dans ses appels
au secours et cris de détresse, elle frappait à la porte de certaines
maisons pour avoir la vie sauve mais en vain jusqu’à ce qu’elle a rendu
l’âme. On ne sait trop comment ses bourreaux s’y sont pris pour aller
jeter son corps à l’endroit susévoqué.
Tout en condamnant ce nouveau
cas de meurtre, l’asbl Héritiers de la Justice constate que de
tels cas augmentent du jour au jour dans la ville de Bukavu. Voici dans
les lignes qui suivent d’autres cas similaires :
1.
Mme Kathérine Kathy domiciliée sur l’avenue Byaene a été retrouvée morte
le samedi 11/02/2006 sur l’avenue Kaza Roho dans le quartier Panzi en
commune d’Ibanda. Récupérée par la population avoisinante, la dépouille
mortelle a été acheminée à la Morgue de l’hôpital général de Panzi qui,
après des appels dans le sens de retrouver les proches de la victime, a
procédé à l’enterrement en date du dimanche 12/03/2006. Les responsables
de cet hôpital ont juste pris soin de photographier la dépouille
mortelle avant de l’enterrer. Intriguée par l’absence de son épouse à
son retour à Bukavu en provenance d’Uvira où il travaille au sein d’une
ONG internationale, monsieur Placide Uhaki, le mari de la défunte, a été
informé par les personnes qui ont suivi le communiqué radio-diffusé sur
les antennes de la RTNC/Bukavu.
2. C’est ainsi qu’il est allé
à l’Hôpital de Panzi où, effectivement, il s’est rendu compte que son
épouse a été tuée au vu de la photo citée ci-dessus. Les enquêtes des
instances habilitées devront lever le voile sur les cirons tances de ce
meurtre.
Seulement voilà : selon des
allégations, la défunte venait de morceler la parcelle familiale à 7500
$US et serait dans les tractations en vue de quitter Bukavu pour aller
vivre à l’étranger. Elle serait partie à l’hôtel du Lac à Cyangugu au
Rwanda où elle savourait la vie en compagnie d’un jeune garçon qui
l’entretenait. C’est de là qu’elle aurait été abattue on ne sait trop
comment. Puis la dépouille mortelle a été ramenée à Bukavu à bord d’une
pirogue en pleine journée.
3.
En date du 20 mai 2005, vers 5h°° du matin, la dépouille mortelle de
monsieur Papy Kalingina, âgé de plus ou moins 25 ans, résidant à Buholo
III dans la commune de Kadutu gisait dans un ravin dans la cellule
Mbeke, avenue Maendeleo Ier au quartier Panzi dans la commune d’Ibanda à
Bukavu. C’était juste à côté du mur de la Paroisse Catholique de Chahi.
Le corps portait encore des habits, des chaussures et une montre mais il
n’avait plus d’yeux.
4.
Le corps de monsieur Debsy Bisimwa Katwire, policier de roulage, âgé de
24 ans, domicilié au N° 413 sur l’avenue Elila A Kihembwe au quartier
Chimpunda dans la commune de Kadutu, a été retrouvé inerte le mardi
16//11/2005 dans un caniveau non loin du rond-point Carrefour dans la
commune susdite. Il y avait de cela 2 jours, soit le dimanche
14/11/2005, depuis que ce policier venait de quitter sa maison pour
aller au travail et il n’était plus rentré. Il venait de toucher sa
ristourne estimée à 60 dollars américains, ce qui, d’après nos sources,
lui aurait permis d’acheter un téléphone. Mais hélas ! Pendant toutes
ces tractations, il était filé sans qu’il le sache jusqu’à ce qu’il est
tombé dans le filet de ces malfaiteurs. Ceux-ci l’ont dépouillé de tout
le reste d’argent dont il disposait, son casque, la chemise jaune que
portent les policiers de roulage. Ils ne lui ont laissé que le pantalon
de policier.
5. Monsieur Ladislas, maçon de
son état, a été tué sans préjudice de date certaine en 2005 une soirée
alors qu’il venait de prendre son verre dans un Nganda sis avenue Funu
vers l’endroit communément appelé Breski dans la commune de Kadutu. Il
aurait été filé par des militaires pendant qu’il était encore en train
de siroter son verre. Il avait sur lui une somme de 75 $US qu’ils
convoitaient. Au sortir de ce Nganda, il aurait été poignardé et jeté
dans un ravin. Acheminé au Centre Hospitalier de Kadutu, il y a rendu
l’âme quelques heures plus tard.
Au vu de tous ces crimes,
l’asbl Héritiers de la Justice lance un cri d’alarme en direction
des autorités pour qu’elles s’investissent en cette matière. La plupart
de ces victimes ont été tuées loin de l’endroit où leur corps a été
retrouvé après le forfait. L’association pense qu’il faudrait exploiter
les pistes nécessaires pour que l’on remonte la filière des malfaiteurs
impliqués dans chacun de ces coups pour qu’ils soient punis et que l’on
décourage les crimes ultérieurs.
Elle se félicite du fait que
ces derniers tems le Tribunal militaire de garnison s’emploie activement
dans les procès contre des militaires présumés coupables des crimes dans
la province du Sud-Kivu