HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 10/04/2006

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Des corps inertes sans cesse retrouvés dans la ville de Bukavu


Mme Kipendo Mawazo a été retrouvée morte à Kadutu

Quel  rôle pour les agents préposés à la sécurité de la population congolaise


Madame Adolphine Kipendo Mawazo, âgée de plus ou moins 50 ans, résidant sur l’avenue Burhende dont elle était le chef  en commune urbano-rurale de Kasha, a été retrouvée morte à côté du Tank de la Regideso sur l’avenue Buholo III au quartier Mosala dans la commune de Kadutu vers 5H00 du matin le vendredi 17/03/2006 par des passants. Elle semble avoir été abattue à coups de couteaux par      des individus jusqu’ici non encore identifiés.  La tête était fracassée, elle présentait des plaies aux genoux et aux fesses.  Elle ne portait qu’un sous-vêtement formant un angle oblique comme si il y aurait eu viol ou tentative de viol.  Les habits dont le corps est couvert sur la photo ci-dessus ont été collectés par les gens qui accouraient à l’endroit où le corps a été retrouvé.  On attend les résultats des enquêtes qui seront menées par les autorités communales pour en savoir un peu plus.

 

D’après nos sources, cette dame aurait quitté son toit durant la journée du 16/03/2006 vers 13H00 pour une promenade.  Vers 18H00, elle aurait fait son entrée dans un débit de boissons dénommé MEA situé à Buholo IV où elle se serait servi de la bière après avoir reçu de la part de jeunes gens rencontrés céans  les 100FC qui lui manquaient pour faire l’appoint de 300 FC dont elle disposait afin de s’acheter une bière. 

 

Depuis ce temps, nos sources n’ont plus eu de ses nouvelles.  Mais est-il que dans la nuit, la population habitant autour du terrain de Buholo III aurait entendu deux coups de feu et deux douilles ont été retrouvées sur place et remises plus tard par le chef de quartier adjoint de Mosala à des policiers.  Dans la même nuit, après les coups de feu, un jeune homme se serait présenté au domicile du chef de quartier adjoint pour se plaindre de l’extorsion de téléphone et d’une somme de 2500 FC de la part des militaires qui faisaient la patrouille dans ce quartier et que, quelques instants après, les mêmes hommes ont arrêté une femme non autrement identifiée.  Vers 22H00, la population voisine du terrain cité ci-dessus aurait entendu des cris de détresse de Madame Kipendo.  Dans ses appels au secours et cris de détresse, elle frappait à la porte de certaines maisons pour avoir la vie sauve mais en vain jusqu’à ce qu’elle a rendu l’âme.  On ne sait trop comment ses bourreaux s’y sont pris pour aller jeter son corps à l’endroit susévoqué.

 

Tout en condamnant ce nouveau cas de meurtre, l’asbl Héritiers de la Justice constate que de tels cas augmentent du jour au jour dans la ville de Bukavu. Voici dans les lignes qui suivent d’autres cas similaires :

1. Mme Kathérine Kathy domiciliée sur l’avenue Byaene a été retrouvée morte le samedi 11/02/2006 sur l’avenue Kaza Roho dans le quartier Panzi en commune d’Ibanda.  Récupérée par la population avoisinante, la dépouille mortelle a été acheminée à la Morgue de l’hôpital général de Panzi qui, après des appels dans le sens de retrouver les proches de la victime, a procédé à l’enterrement en date du dimanche 12/03/2006. Les responsables de cet hôpital ont juste pris soin de photographier la dépouille mortelle avant de l’enterrer. Intriguée par l’absence de son épouse à son retour à Bukavu en provenance d’Uvira où il travaille au sein d’une ONG internationale, monsieur Placide Uhaki, le mari de la défunte, a été informé par les personnes qui ont suivi le communiqué radio-diffusé sur les antennes de la RTNC/Bukavu.

2. C’est ainsi qu’il est allé à l’Hôpital de Panzi où, effectivement, il s’est rendu compte que son épouse a été tuée au vu de la photo citée ci-dessus.  Les enquêtes des instances habilitées devront lever le voile sur les cirons tances de ce meurtre.

Seulement voilà : selon des allégations, la défunte venait de morceler la parcelle familiale à 7500 $US et serait dans les tractations en vue de quitter Bukavu pour aller vivre à l’étranger.  Elle serait partie à l’hôtel du Lac à Cyangugu au Rwanda où elle savourait la vie en compagnie d’un jeune garçon qui l’entretenait.  C’est de là qu’elle aurait été abattue on ne sait trop comment.  Puis la dépouille mortelle a été ramenée à Bukavu à bord d’une pirogue en pleine journée.

 

3. En date du 20 mai 2005, vers 5h°° du matin, la dépouille mortelle de monsieur Papy Kalingina, âgé de plus ou moins 25 ans, résidant à Buholo III dans la commune de Kadutu gisait dans un ravin dans la cellule Mbeke, avenue Maendeleo Ier au quartier Panzi dans la commune d’Ibanda à Bukavu. C’était juste à côté du mur de la Paroisse Catholique de Chahi.  Le corps portait encore des habits, des chaussures et une montre mais il n’avait plus d’yeux.

 

4. Le corps de monsieur Debsy Bisimwa Katwire, policier de roulage, âgé de 24 ans, domicilié au N° 413 sur l’avenue Elila A Kihembwe au quartier Chimpunda dans la commune de Kadutu, a été retrouvé inerte le mardi 16//11/2005 dans un caniveau non loin du rond-point Carrefour dans la commune susdite. Il y avait de cela 2 jours, soit le dimanche 14/11/2005,  depuis que ce policier venait de quitter sa maison pour aller au travail et il n’était plus rentré.  Il venait de toucher sa ristourne estimée à 60 dollars américains, ce qui, d’après nos sources, lui aurait permis d’acheter un téléphone.  Mais hélas ! Pendant toutes ces tractations, il était filé sans qu’il le sache jusqu’à ce qu’il est tombé dans le filet de ces malfaiteurs.  Ceux-ci l’ont dépouillé de tout le reste d’argent dont il disposait, son casque, la chemise jaune que portent les policiers de roulage.  Ils ne lui ont laissé que le pantalon de policier.

 

5. Monsieur Ladislas, maçon de son état, a été tué sans préjudice de date certaine en 2005 une soirée alors qu’il venait de prendre son verre dans un Nganda sis avenue Funu vers l’endroit communément appelé Breski dans la commune de Kadutu.  Il aurait été filé par des militaires pendant qu’il était encore en train de siroter son verre.  Il avait sur lui une somme de 75 $US qu’ils convoitaient.  Au sortir de ce Nganda, il aurait été poignardé et jeté dans un ravin.  Acheminé au Centre Hospitalier de Kadutu, il y a rendu l’âme quelques heures plus tard.

 

Au vu de tous ces crimes, l’asbl Héritiers de la Justice lance un cri d’alarme en direction des autorités pour qu’elles s’investissent en cette matière.  La plupart de ces victimes ont été tuées loin de l’endroit où leur corps a été retrouvé après le forfait.  L’association pense qu’il faudrait exploiter les pistes nécessaires pour que l’on remonte la filière des malfaiteurs impliqués dans chacun de ces coups pour qu’ils soient punis et que l’on décourage les crimes ultérieurs.

 

Elle se félicite du fait que ces derniers tems le Tribunal militaire de garnison s’emploie activement dans les procès contre des militaires présumés coupables des crimes dans la province du Sud-Kivu 

 

 

Fait à Bukavu, le 10/04/2006  

Héritiers de la Justice

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