HERITIERS DE LA JUSTICE

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30/08/2005

Opération d’identification et enrôlement des électeurs menacée au Kivu 

Le Général dissident Nkundabatware déclare vouloir mettre en place un nouvel ordre politique en RD Congo 

Au moment où les populations des provinces de l’Est de la  RD Congo, notamment le Nord et le Sud-Kivu sont en pleine opération d’identification et enrôlement des électeurs, le Général de brigade Laurent Nkundabatware, un des officiers dissidents ayant occupé en mai et juin 2004 la ville de Bukavu, fait des déclarations incendiaires contre le pouvoir en place. 

En effet, selon la Radio France Internationale (RFI) captée à Bukavu ce mardi 30/08/2005 à 5 heures 30 minutes, l’officier insurgé déclare, dans une correspondance adressée aux Nations Unies, être déterminé à mettre fin au régime congolais actuel et instaurer un nouvel ordre politique qui soit « inclusif ». 

Les déclarations de Nkundabatware ont de quoi inquiétant pour plusieurs  raisons, dont :

-         la désertion le jeudi 25 août dernier au Nord-Kivu de plus d’un bataillon de militaires ex-ANC  d’expression rwandaise comme lui, alors qu’ils étaient en route pour l’Ituri après leur sortie du centre de brassage de Mushaki. Avant qu’ils ne se rendent dans le territoire de Masisi, bastion du fameux officier, ils ont d’abord désarmé leurs camarades qui n’ont pas épousé leur idée ;

-         le retour remarqué à Bukavu et à Goma des personnes ayant soutenu l’insurrection de mai et juin 2004 conduite par lui et son compagnon le Colonel Jules Mutebutsi. Sont-ils de bonne foi en venant s’identifier et s’enrôler dans leurs territoires d’origine qu’ils ont mis à feu et à sang. Curieusement, leur retour a coïncidé avec la tournée dans cette partie du pays du Vice-Président chargé des questions politiques, défense et sécurité, Maître Azarias Ruberwa, Président national du RCD-Goma, parti dont sont issues ces personnalités; …

Sans s’alarmer outre mesure, l’asbl Héritiers de la Justice interpelle encore une fois le gouvernement congolais de transition, la MONUC et le Conseil de sécurité des nations Unies à ne pas prendre à la légère ces déclarations de Nkundabatware. L’opinion se rappellera qu’avant la guerre de mai-juin de l’année dernière à Bukavu, l’Association et d’autres acteurs de la Société civile avaient plusieurs fois lancé la sonnette d’alarme avec à l’appui des signes précurseurs probants d’une guerre, mais les décideurs politiques nationaux et internationaux y répondaient par un laxisme et une indifférence coupables.

Convaincue que la construction de la paix en RDC et dans les Grands Lacs a entre autre pour piliers la lutte contre l’impunité, Héritiers de la Justice pense que la justice congolaise et internationale, soutenue par une volonté politique, ne manqueront pas de se saisir de ces cas pour éviter que le pire ne se commette une fois encore dans la région et que le processus électoral, lent soit-il, au Congo ne soit torpillé.

 

 

Fait à Bukavu, le 30/08/2005

Héritiers de la Justice

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