HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 30/07/2008

3è anniversaire de l’assassinat de M. Pascal Kabungulu Kibembi

A quand la reprise du procès sur cet assassinat du 31 juillet 2005 à Bukavu

 

Le 31 juillet 2008, l’asbl Héritiers de la Justice va célébrer, en collaboration avec des associations des droits humains de la RD Congo en général et celles du Sud-Kivu en particulier, le 3è anniversaire de l’assassinat de monsieur Pascal Kabungulu Kibembi, ex-Secrétaire Exécutif de Héritiers de la Justice et ex-2è Vice-Président de la Ligue des Droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL) tué à bout portant dans la nuit du 30 au 31 juillet 2005, vers 4h00 du matin à son domicile sis avenue Kibombo au quartier Ndendere dans la commune d’Ibanda à Bukavu, par des hommes armés en tenue militaire. Quelques mois  plus tard, soit le 28/11/2005, un procès a commencé au niveau du Tribunal militaire de garnison de Bukavu après une commission d’enquête mise en place par le Gouverneur de province du Sud-Kivu sous la présidence de l’Auditeur Supérieur près la Cour Militaire de Bukavu.   Mais ce procès a été suspendu le 12/12/2005 pour incompétence dudit Tribunal, car n’étant pas à même de juger un Lieutenant-Colonel des FARDC et un Vice-Gouverneur et Gouverneur de province du Sud-Kivu a.i. au moment de la commission des faits leur reprochés. Pourtant, deux ans plus tard, la Haute Cour Militaire a siégé en chambre foraine à Bukavu jusqu’à la condamnation d’un Colonel, alors Auditeur Militaire exerçant à Bukavu.  A cela s’ajoute le procès de l’assassinat du petit-frère de monsieur Muyeye, opérateur économique de Bukavu, où il y a déjà eu condamnation du Colonel Simba Useni et réparation du préjudice subi par la famille victime. Depuis, toutes les démarches allant dans le sens de la reprise du procès sur l’assassinat de Pascal se sont avérées vaines alors qu’il suffit de faire appel à des officiers supérieurs faisant fonction des magistrats dans les provinces voisines pour que cette situation soit décantée.

Dans l’entre-temps, certaines personnes inculpées dans l’assassinat de  ce défenseur des droits de l’homme se sont évadées de la Prison centrale de Bukavu, d’autres circulent librement, d’autres encore occupent à ce jour des fonctions alléchantes.

Par ailleurs, le Capitaine Gaston Sangba, le Lieutenant Basco Labama, pour ne citer que ces deux sont jusqu’à présent en détention préventive dans la Prison centrale de Bukavu.  Mais jusqu’à quand vont-ils y rester sans jugement ? N’est-ce pas injuste de détenir quelqu’un préventivement pendant 3 ans alors que la loi prévoit une année à cette fin.

Pire encore : n’est-ce pas entre autres en raison de l’impunité dont jouissent tous les présumés auteurs de cet assassinat que d’autres crimes ne cessent d’être perpétrés çà et là en RD Congo en général et dans la province du Sud-Kivu en particulier.  L’assassinat, à Bukavu, dans la nuit du 13 au 14 juin 2007, vers 21H00, par des hommes armés, du journaliste Serge Maheshe Kasole, Secrétaire de Rédaction à la Radio Okapi, pour ne citer que lui, en dit longs. 

Et pour comble de malheur, la demande relative à la désignation d’un site pour l’érection d’un monument en mémoire de cette illustre personnalité formulée par les associations de défense et promotion des droits humains lors de la célébration du 2è anniversaire de l’assassinat de Pascal Kabungulu n’a pas encore été exaucée.  Lors de ce douloureux anniversaire, les activistes des droits humains ont déposé leur mémorandum auprès des autorités provinciales et ont même été reçues par le Maire de la ville de Bukavu.  Mais, depuis, c’est le silence total. 

Or, les observateurs pensent sincèrement qu’aucun développement n’est concevable dans un pays sans respect des Droits humains ni une justice impartiale, active et responsable.  C’est pourquoi, l’asbl Héritiers de la Justice demande instamment aux autorités congolaises, chacune en ce qui la concerne et aux partenaires internationaux de ne rien ménager pour que ce procès reprenne et que des garanties soient mises sur pied afin que ce dernier soit équitable en vue de combattre et bannir l’impunité qui ronge la société congolaise.

Elle demande également que le site sollicité pour l’érection du monument tant rêvé pour la mémoire de Pascal Kabungulu soit désigné sans condition et que les travaux ad hoc débutent incessamment.

 

 

Fait à Bukavu, le 30/07/2008  

Héritiers de la Justice

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