HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 25/11/2007

 

Journée Internationale pour la lutte contre les viols et violences sexuelles faites aux femmes.

 

« Stop au viol de notre ressource la plus précieuse »

  

 

Le samedi 24/11/2007, à l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale de Lutte contre les viols et violences faites à la femme, différentes allocutions ont été prononcées au terrain du collège Alfajiri en commune d’Ibanda à Bukavu.  Placées sous le thème « Stop au viol de notre ressource la plus précieuse », ces cérémonies qui ont drainé plusieurs milliers de personnes, s’insèrent dans le cadre du lancement de la campagne de lutte contre les viols qui prendra fin au mois de mars 2008.

 

Lors de ces cérémonies qui ont eu pour prélude une marche à travers les artères principales de la ville de Bukavu, les femmes issues de diverses couches de la population, vêtues pour la plupart de noir, portaient des calicots dénonçant les  violences faites aux femmes. Parmi les invités, on a noté la présence de madame Olive Lembe Kabila, épouse du chef de l’Etat congolais, monsieur Vital Kamerhe, président de la chambre basse du parlement, des ministres tant nationaux que provinciaux, monsieur Bernard Watunakanza, gouverneur de province a.i. du Sud-Kivu et certains des collaborateurs de ce dernier.  

 


Quant à la communauté internationale elle s’est fait représenter par les ambassadeurs de la Belgique, la Grande Bretagne, du Pays-Bas, du Canada, de la France, de l’Espagne, de l’Allemagne et des Etats-Unis, le Représentant de l’Union Européenne, le Chargé d’affaires de la Suède et Mme EVE, fondatrice du mouvement de lutte contre les viols et violences faites aux femmes.  Parmi les six allocutions qui ont été prononcées, on peut retenir celles de madame Olive Lembe, la Ministre de la Condition féminine, Cecile Kamwanya, Assistante de l’Hôpital Général de Référence de Panzi et madame Eve. Elles ont toutes été focalisées sur la fin de l’impunité dont jouissent jusqu’à présent les présumés auteurs des viols et violences sexuelles faites aux femmes.

 

Selon la première dame de la république, les violences faites aux femmes sont de multiples ordres : celles commises par les bandes armées, celles des hommes et celles d’autres femmes contres leurs propres congénères. Et toutes ces formes doivent prendre fin. Signalons que dans sa prière, la première dame a lié au nom du Seigneur Jésus, les forces sataniques qui poussent les hommes à violer les femmes. Elle a clos son discours en demandant à ceux qui ont accompagné les Interahamwe lors de leur entrée sur le sol congolais de faire de leur mieux pour rapatrier ces derniers, ce qui constituerait un atout majeur dans la lutte contre le viol.

 

Selon madame la Ministre de la Condition féminine, les guerres qu’a connues la République Démocratique du Congo ont engendré une forme spéciale de guerre ayant comme toile de fond les violences  sexuelles.  Selon cette personnalité, ce crime touche le fond de son cœur et constitue un problème dont la résolution préoccupe le gouvernement congolais.

 

Dans son discours, Mme Cecile Kamwanya, a présenté la situation des violences sexuelles telle qu’elle se présente à l’Hôpital Général de Référence de Panzi. Selon elle, rien qu’au mois d’octobre 2007, 378 cas de femmes violés ont été enregistrés dans cette institution médicale. La plus jeune de ces victimes est âgée de 12 mois tandis que la plus âgée a 70 ans.  La plupart des fois, ces victimes viennent avec de troubles psychiques et d’autres avec des membres amputés.

 

Elle-même victime de viol à bas âge par son propre père, madame Eve a, dans son allocution, reconnu la douleur inexprimable que l’on ressent lors de cet acte ignoble.  Elle a ainsi demandé non seulement aux autorités tant nationales qu’internationales mais aussi à toutes les femmes de s’impliquer dans cette lutte avec le seul objectif d’y mettre fin un jour. Cette dame a fini son discours par les mots ci-après : « Pouvoir aux femmes et filles de la RD Congo, stop au viol. »

 

L’asbl Héritiers de la Justice saisit cette opportunité pour inviter les autorités congolaises ainsi que les différentes personnalités qui ont participé à cette rencontre à joindre les paroles aux actes. 

 

C’est dans ce cadre que l’Association estime qu’il est urgent de mener des actions concrètes en vue du rapatriement des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) encore présentes sur le sol congolais et des poursuites judiciaires sans complaisance contre les autres présumés auteurs des viols et violences à l’endroit des femmes.  Dans cette optique, il convient d’épingler le cas des auteurs des événements de mai - juin 2004 dans la ville de Bukavu et environs ainsi que leurs complices.

 

Fait à Bukavu, le 25/11/2007  

Héritiers de la Justice

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