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La justice populaire ne désarme
pas.
Quid du rétablissement de
l’autorité de l’Etat en
RD Congo
Dans la nuit du 23 au 24 février 2008, la population de
la commune de Kadutu en colère a encore une fois tabassé à mort un homme
répondant au nom de Passy Matandiko, âgé de plus ou moins 20 ans,
fils de monsieur Matandiko. Résidant sur l’avenue Nyamulagira, quartier
Chimpunda en commune de Kadutu dans la ville de Bukavu, ce jeune homme
que d’aucuns font passer pour un rastaman a été tué pour des raisons que
les enquêtes diligentées jusqu’ici n’ont pas encore réussi à élucider.
Durant la journée du dimanche 24 février 2008, la tension est restée
vive à Chimpunda au point qu’une maison a fait l’objet d’un pillage de
la part des proches de la victime du lynchage.
En effet, selon ses proches, monsieur Passy revenait
d’une fête vers 1H°°
du matin durant le week-end dernier dans un état d’ébriété. Cet état a
fait qu’il ne soit pas en mesure de reconnaître son domicile. Il se
serait rabattu sur une maison qui n’est celle de ses parents. De là, il
aurait été pris pour un voleur et directement soumis à la vindicte
populaire. Ces déclarations ont-elles été faites pour l’innocenter ou
pas ? Nul ne sait.
Une autre version soutient que monsieur Passy serait un
voleur de longue date et que le jour de l’incident, il aurait été
attrapé en flagrant délit de vol dans une maison sise dans le quartier
cité ci-dessus. Les occupants de la maison citée ci-haut ont alors
lancé des cris de détresse au point que la population avoisinante a
accouru et a mis fin aux jours du présumé voleur.
Selon différentes sources contactées sur le lieu du
drame, après avoir abattu le présumé voleur, ces « hors-la-loi » ont
ligoté son corps et sont allés le jeter loin de là dans une rigole,
derrière l’Ecole primaire Bukavu dans le quartier Funu en commune de
Kadutu.
En guise des représailles, les mêmes sources renseignent
que ses compères auxquels se seraient joints des enfants de la rue se
seraient rabattus sur les maisons sises dans les parages du domicile où
l’on suppose que monsieur Passy aurait opéré la veille. Cette maison a
ainsi été pillée de fond en comble.
Alertés par les populations et les organisations des
droits de l’homme, à l’issue de leur descente sur les lieux, les
autorités communales et celles de la mairie de Bukavu ont immédiatement
mis un dispositif de sécurité pour contenir la situation et protéger les
habitants qui commençaient à déserter leurs milieux respectifs.
Tout en appréciant cette initiative des autorités,
l’asbl Héritiers de la Justice
constate avec amertume que malgré le record de plus de 70 cas
enregistrés en 2007 avec, à la clé, plusieurs cas de morts, des maisons
détruites ou incendiées, la justice populaire est loin de désarmer dans
la province du Sud-Kivu.
C’est pourquoi, l’Association dénonce ce nouveau cas et
appelle les autorités administratives et policières à plus de
responsabilité. Des mécanismes efficaces doivent être mis en marche,
par les élus du peuple, actuellement au pouvoir, pour éviter que cette
pratique se pérennise sur toute l’étendue de la RD Congo en général et
dans la province du Sud-Kivu en particulier.
Héritiers de la Justice
pense et croit que ces mécanismes doivent passer par un appareil
judiciaire fonctionnant normalement loin de toute ingérence et une
police bien formée, équipée, rémunérée décemment de manière qu’elle soit
prête à intervenir avec courage, détermination et loyauté à tout moment.
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Fait
à Bukavu, le
25/02/2008
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Héritiers de la Justice | | |