|
Conférence-débat
organisée par Héritiers de la Justice en marge de la Journée
Internationale de la Paix
Quelle vision sur la
paix dans la démocratie en
RD Congo
En
marge de la Journée Internationale de
la Paix célébrée le 21 septembre de chaque
année, l’asbl Héritiers de la Justice a organisé durant la
journée du samedi 22 septembre 2007 dans la salle Le Bourgeois en
commune d’Ibanda à Bukavu une conférence-débat avec, comme sujet « Quelle
vision sur la paix dans la démocratie en RD Congo ». L’orateur du
jour était monsieur Emmanuel Ziulu Nkete, agent à l’Institut Vie et Paix
tandis que la modération a été assurée par monsieur Pezi Kuyowa,
responsable de l’ONG CECI-ACIPA.
Dans son mot de bienvenu,
le Secrétaire Exécutif a circonscrit le contexte ayant justifié le choix
de ce thème.
Parmi
les participants, on a noté la présence du Gouverneur de Province du
Sud-Kivu, monsieur Célestin Chibalonza, des membres de son cabinet ; du
Président de Héritiers de la Justice, Me Lubala ; d’autres animateurs
des institutions publiques, des agents et responsables des ONG tant
locales qu’internationales ayant comme domaine d’intervention la paix et
la démocratie, des Enseignants Pour la Paix, des responsables des clubs
de paix, un député provincial, des membres du clergé, des Recteurs
d’Université, etc.
D’entrée de jeu,
l’intervenant a défini quelques concepts-clés, notamment la vision et la
paix. Pour lui, la vision est une idée que l’on se fait de quelque
chose tandis que la paix, c’est entre autre une absence de conflit avec
soi-même et avec autrui, un processus par lequel on doit rechercher en
permanence l’équilibre en soi-même et avec l’autre. C’est en fait
l’harmonie sociale.
Citant Giorgio Del
Vecchiova dans « Droit International et le Problème de la Paix », il a
soutenu qu’il existe 4 conceptions de la paix :
-
La conception ascétique qui condamne
toute espèce de violence, y compris la guerre.
-
La paix est aussi conçue comme l’effet
d’une conquête impérialistique : les grands conquérants des temps
historiques et les impérialistes des temps modernes cherchent à
étendre leur empire ne imposant la soumission à d’autres peuples, en
voulant établir la paix ou l’assurer par la domination.
-
La conception empirico-politique qui
consiste à régler les conflits par des accords que les parties
belligérantes s’engagent à respecter ;
-
Et, enfin, celle qui propose de lier
étroitement l’idéal de la paix à ceux du droit et de la justice.
Selon cette conception juridique, « aucune paix ne peut être
perpétuelle, parce que toute paix est précaire, si elle ne repose pas
sur le droit », c’est-à-dire sur la justice.
Cependant, pour Héritiers
de la Justice, qui veut la paix y prépare les enfants. Il n’y a pas de
paix sans préparer ces responsables de demain.
Mais, pour se faire une
vision de la paix en RD Congo, l’orateur a suggéré quelques indicateurs
de la situation de non paix vécue au pays, à savoir : l’ampleur des
massacres pendant les guerres, le taux prononcé de l’analphabétisme, le
taux de prévalence du VIH/Sida ainsi que la résurgence de certaines
maladies déjà éradiquées dans d’autres pays couplée au taux de mortalité
infantile élevé, la pauvreté et l’inégalité, le phénomène enfants de la
rue, …. Avant de poursuivre sa réflexion, il s’est appesanti sur chacun
de ces éléments en indiquant leurs impacts respectifs sur la paix.
Dans sa conclusion,
l’intervenant a formulé des recommandations qui ont été, bien entendu,
enrichies plus tard par la contribution des participants. Il s’est
dégagé de cette conférence-débat que la paix durable viendrait de :
-
l’exercice correct du pouvoir
politique ;
-
l’économie pour le développement car
l’injustice économique est une menace majeure pur la paix ;
-
L’environnement de qualité : un
environnement dégradé ne saurait fournir une base saine pour construire
la paix, puisqu’il ne permettrait pas de répondre aux besoins de
nourriture, de logement, de santé et de bonne qualité de la vie des
individus ;
-
L’éducation à la paix, car celui qui
se rend maître de l’éducation peut changer la face du monde, dit-on ;
-
Une culture de paix fondée sur le
dialogue, la tolérance, la participation, la confiance et le respect
mutuel ;
-
L’information : il y a nécessité de
fournir au public et aux décideurs une information précise et cela, avec
honnêteté, notamment sur les questions délicates. Par exemple, la
réalisation de grands projets, les décisions sur des questions
politiques ;
-
Le respect des textes
constitutionnels ;
-
L’implication de la société civile :
pour qu’elle soit efficiente, cette société civile doit d’abord faire
son propre toilettage de manière qu’elle ne puisse pas reprocher aux
dirigeants des maux qui la rongent elle-même.
Après cet exposé, un débat
très enrichissant, plus long, du reste, que l’exposé lui proprement dit,
s’en est suivi. C’est à ce titre qu’il convient d’évoquer l’idée
d’organiser un atelier de réflexion qui pourrait s’étendre sur 3 jours
et d’où devrait se dégager des mécanismes de suivi pour qu’une paix
durable soit effective en RD Congo.
Egalement, dans son
intervention, Son Excellence Monsieur le Gouverneur de province a
demandé à l’auditoire d’acter que le problème de complicité tant interne
qu’externe constitue une menace réelle de la paix. Il a, par ailleurs,
promis de mettre à la disposition de Héritiers de la Justice, pour
assurer une large diffusion, les accords de la tripartite tenue
récemment en Ouganda et qui a regroupé outre le pays hôte, la RDC et le
Rwanda avec la participation des USA. Dans la foulée, l’autorité
provinciale a aussi suggéré à l’organisateur de l’activité et aux
participants de pouvoir inviter les autorités provinciales dans les
prochaines rencontres afin qu’elles puissent éclaircir certaines zones
d’ombres qui, selon lui, se sont dégagées des interventions de certains
participants. Par exemple, la pléthore des services oeuvrant aux
douanes, aux ports et aux aéroports.
|
Fait
à Bukavu, le
22/09/2007
|
|
Héritiers de la Justice | | |