Que disent les
institutions de la RDCongo
Dans la nuit du 11 au 12 mars
2007, entre 3h00 et 4h00 du matin, les habitants des villages Kalongo et
Tshisaza en groupement Kaniola, collectivité-chefferie de Ngweshe dans
le territoire de Walungu, à plus ou moins 80 kilomètres de la ville de
Bukavu, ont encore été victimes d’une attaque attribuée aux Interahamwe.
Le bilan provisoire fait état d’une personne tuée et plus de 22 autres
emportées dans la forêt, vers Nindja Luhago en territoire de Kabare.
Parmi les victimes, nos
sources indiquent :
* Dans le village Kalongo,
Mme M’ Nyarugaka a été tuée, laissant dans le sang son bébé âgé de
quelques mois seulement. Nos sources signalent également le cas de
certaines personnes du même village qui ont été emportées par lesdits
Interahamwe.
Il s’agit de :
-
Monsieur (Mr) Seraphin Muderhwa, élève
de 6è année primaire à l’école primaire (EP) Tshisaza
-
Mr Ona Muderhwa, élève de 5è année
primaire à l’EP Tshisaza ;
-
Mr Mufariji, élève de 5è année primaire
à l’EP Kalongo ;
-
Mr Rhuseze, élève de 4è année primaire
à l’EP Kalongo ;
-
Mr Dunia, élève de 6è année primaire à
l’EP Kalongo ;
-
Mr Mubalama Masaze
-
Madame (Mme) Mwa Ndeko
-
Mr Muderhwa
-
Une jeune fille non autrement
identifiée
-
Mme Mabikane
-
Mme Ciza Mwa Magaga
-
Mr Badosagye Mubalama
-
Mme Mwa Magaga Marie
-
Mr Ciza Murhengwa
-
Mme Mwa Musikami
-
Mr Byamungu Rugamika
* Quant au village
Tshisaza, nous avons jusqu’ici retenu le cas du chef de quartier
Tshisaza et toute sa famille, eux aussi déportés.
Mais, tout compte fait, lors
de cette attaque, la population locale n’a pas reçu l’assistance des
militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo
(FARDC) qui pouvaient pourchasser les assaillants, ne serait-ce que pour
sauver ou « récupérer » les « otages ». Contre toute attente, ceux qui
auraient été contactés auraient répondu : « Vous avez fait un mauvais
choix ». Et c’était tout. Ainsi, la population ne sachant plus à qui se
confier, elle est restée dans le désarroi total après cette énième
attaque.
Comme à l’accoutumée, les
personnes déportées seront soumises à deux choses. Les femmes et les
jeunes filles seront copieusement violées tandis que les hommes seront
soumis à des corvées en attendant que leurs proches paient la rançon
forfaitaire qui leur sera exigée pour leur relaxation. Cette rançon,
d’après nos sources, aurait été fixée à 150 $US par individu.
Pour les femmes et les jeunes
filles, leur libération n’aura lieu que lorsque les bourreaux
s’apercevront qu’elles sont tombées enceintes si elles n’ont pas eu la
chance de s’évader.
En tout état de cause, malheur
à ceux qui osent violer la « règle de jeu » : l’unique sort qu’il mérite
dans pareil cas, c’est le lynchage.
Face à cette énième
humiliation du peuple sud-kivutien, 24 heures après la première réunion
du gouvernement élu, l’asbl Héritiers de la Justice en appelle à
toutes les autorités qui ont dans leurs attributions la protection de la
population et ses biens.
Héritiers de la Justice
se souvient de la promesse du Président de la République Démocratique du
Congo faite aux Sud-kivutiens en date du 16 décembre 2005 à la Place de
l’Indépendance quand il disait qu’il allait, d’un moment à l’autre,
mettre fin à tout ces « Kavuyo », entendez par-là « Chaos »,
« désordres ». Et lors de son discours d’investiture, n’a-t-il pas
renchéri en sonnant « la fin de la récréation » ?
Quant aux élus à tous les
niveaux, l’Association leur demande de prendre en main en exigeant au
Président élu de remettre rapidement la Paix, l’Ordre et la Sécurité au
Sud-Kivu en général et aux zones occupées par des bandes armées
étrangères en particulier.
Enfin, L’asbl Héritiers de la Justice invite les éléments des
FARDC à veiller sans faille à la protection de la population et aux
biens de cette dernière