|
Cérémonies de clôture de la session de formation sur les droits
économiques,
sociaux
et culturels (DESC)
L’asbl Héritiers de
la Justice a
clôturé le mercredi 19 décembre 2007 la session de formation qu’elle
organisait sur la Promotion et la protection des droits économiques
sociaux et culturels au Mont Carmel à Nguba dans la commune d’Ibanda à
Bukavu dans la province du Sud-Kivu. Avant les cérémonies proprement
dites de clôture, Maître Jean de Dieu Mulikuza, avocat près la cour
d’Appel de Bukavu, a fait un petit exposé sur l’assignation à la suite
de celle qu’il a faite contre la Société Nationale d’Electricité
(SNEL). Cette séance a été suivie par des travaux en carrefours en
rapport avec la synthèse de différentes communications qui ont été
faites lors de la session.
Citant la cour européenne de
justice, Me Jean de Dieu a défini la discrimination comme une différence
de traitement qui n’est pas justifiée de manière objective et
raisonnable. La justification objective et raisonnable est celle qui
respecte un rapport de proportionnalité entre les moyens utilisés et
le(s) but(s) visé(s). Elle vise à connaître ses droits, à dénoncer les
violations et à revendiquer ses droits. Après cela, il a démontré
comment il a fait l’objet d’une discrimination dans la facturation de la
consommation électrique par la SNEL. Et qu’il compte aller
successivement auprès de toutes les instances possibles, y compris les
instances internationales jusqu’à ce qu’il obtiendra gain de cause. Il
est normalement facturé sous le code 34 qui est celui de la consommation
domestique. Mais au lieu de lui envoyer des factures égalant à celles
de ses voisins ou celles des autres consommateurs vivant dans d’autres
villes de la République Démocratique du Congo parce que la tarification
est nationale, la SNEL lui fait payer jusqu’au quadruple de ce qu’il
devait payer. Pour preuve, il a collecté les copies des factures des
villes Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani dont les destinataires sont
également du code 34 mais qui paient très peu d’argent par rapport à
lui.
Après cette étape, le
modérateur est passé aux travaux en carrefours. Les participants ont
été conviés à citer les articles du Pacte International relatif aux
droits économiques, sociaux et culturels et ceux de la Constitution de
la RDC qui parlent du droit au travail, à l’alimentation et au logement.
Et à préciser pour chacun de ces droits ce en quoi consiste la
responsabilité de l’Etat.
Les cérémonies de clôture ont
été essentiellement marquées par les engagements auxquels les
participants ont souscrit à l’issue de cette session de formation. Ils
se sont engagés :
* Vis-à-vis d’eux-mêmes, à :
-
maîtriser leurs droits économiques,
sociaux et culturels en se documentant, c’est-à-dire en se familiarisant
avec les instruments juridiques afin d’être plus outillés et efficaces
dans le plaidoyer.
-
Ne pas se substituer ni aux sujets
d’obligation ni aux titulaires des droits, mais plutôt à jouer leur rôle
de facilitateurs.
* Vis-à-vis de la base, à :
-
procéder à la restitution des acquis de
ces assises dans leurs organisations respectives ;
-
sensibiliser les masses en vulgarisant
les DESC à la base ;
-
dénoncer toutes les formes de
violations des DESC par des mémorandums, des pétitions, des déclarations
à travers les médias, des lettres ouvertes, …)
-
apprendre à la base les stratégies de
revendication.
* Vis-à-vis de l’Etat, à :
-
contraindre l’Etat à respecter ses
engagements tels que repris dans le Pacte ;
-
revendiquer les droits bafoués par des
actions concrètes.
Avant le mot de clôture
prononcé par Monsieur Maurice Bahati Masheka ga Namwira, Secrétaire
Exécutif a.i. de Héritiers de la
Justice, chacun des participants a reçu son
attestation de participation à la session de formation.
Bukavu, le 19/12/2007
|
Fait
à Bukavu, le
19/12/2007
|
|
Héritiers de la Justice | | |