HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 13/04/2008

Lancement de la Campagne de lutte contre les violences sexuelles au Sud-Kivu ce dimanche 13 avril 2008

 

Le Gouverneur de province du Sud-Kivu va œuvrer pour la fin de l’impunité des auteurs des violences sexuelles dans notre pays 

 

L’Initiative conjointe de Lutte contre les violences sexuelles qui est une structure chapeautée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et qui est composée du Gouvernement congolais, des Agences du système des Nations Unies, des ONG locales et internationales a organisé le dimanche 13 avril 2008 de 9H00 à 15h30 dans la ville de Bukavu des manifestations afin de lancer dans la province du Sud-Kivu la campagne de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, aux jeunes et aux enfants. Y ont pris part le Gouverneur de province, des ministres provinciaux, le Président de l’Assemblée provinciale, quelques députés provinciaux, les Agences ci-haut évoquées, des ONG tant nationales qu’internationales, des autorités militaires et policières et plus de 3.000 femmes et hommes confondus. En dehors de la messe qui a été dite à ce sujet dans l’église de la 40è CECA sise dans la commune d’Ibanda, une marche, partie de l’hôtel des Postes jusqu’au Palais de justice, a été ponctuée par 4 allocutions faites respectivement par le Point Focal de la Commission provinciale de lutte contre les violences sexuelles (CPLVS), la Représentante de l’UNFPA en RD Congo, le Chef de division provincial du Genre, famille et enfant et, enfin, le Gouverneur de province du Sud-Kivu.

 

Organisée sous le thème « Violences sexuelles, ensemble disons non au silence coupable pour la dignité des Congolais », cette campagne s’est fixé pour objectifs de :

-         Amener le public à mieux prendre conscience de l’ampleur des violences sexuelles faites aux femmes, aux jeunes et aux enfants ;

-         Faire un plaidoyer au niveau des acteurs pour rompre le silence autour des violences sexuelles ;

-         Vulgariser les lois sur les violences sexuelles de façon à prévenir les agressions et lesdites violences ;

-         Amener les autorités judiciaires à prendre des mesures pour arrêter l’impunité des violences sexuelles ;

-         Inciter les victimes des violences sexuelles à sortir de l’ombre, faciliter leur accès aux soins médicaux et à la prise en charge psycho-sociale et l’insertion économique ;

-         Soutenir davantage les partenaires de l’initiative conjointe dans leur lutte contre les violences sexuelles.

 

Dans son homélie, le Révérend-Pasteur Bulambo Lembe Lembe, Président provincial a.i de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) a démontré que la Bible condamne les violences sexuelles.  Après avoir évoqué quelques cas de violences sexuelles disséminés dans les Saintes Ecritures, il a dit à l’auditoire que « nous ne pouvons pas rester calmes face aux viols et violences sexuelles.  Nous devons crier fort pour dénoncer cela. »  A la fin, une prière a été dite en faveur des victimes de ces violences pour que le Très-Haut puisse les consoler et leur donner la force.

 

Habillés en T-shirts et portant des pancartes ainsi que des calicots sur lesquels on pouvait lire différents messages condamnant les violences sexuelles tels que : « Un Congo uni, fort et prospère, sans violences sexuelles », « Non à l’impunité », « Plus jamais çà », « Violences sexuelles, Ekoki boye », … les manifestants se sont installés devant le Palais de justice de Bukavu où les allocutions citées ci-dessus ont été faites.

 

Dans leurs interventions, ces personnalités ont d’abord dit qu’avant le Sud-Kivu, cette campagne a été lancée dans 5 autres provinces, en l’occurrence le Bandundu, le Katanga, le Nord-Kivu, le Kasai Oriental et Kinshasa où, d’ailleurs, elle a débuté officiellement le 18 mars 2008 sous l’égide de Madame la Ministre du Genre, famille et enfant. Le Gouverneur de province a fustigé l’accroissement des cas des violences sexuelles, car en 2007, les données médico-sanitaires ont révélé 16.869 cas des victimes de ces violences avec une prévalence dans les territoires d’Uvira, Kabare et Walungu.   Contrairement à ce qui se disait avant 2003,  ces violences ne sont plus le seul fait des hommes en armes : elles sont commises au quotidien par des civils.

 

Selon le Chef de division cité ci-dessus, les causes de l’escalade de ce phénomène sont « l’impunité sous toutes ses formes, l’irresponsabilité de ceux-là mêmes qui sont appelés à dire le droit, le silence coupable des victimes et de leurs familles, la persistance des foyers d’insécurité ».

 

Face à tout cela, cette autorité a préconisé ce qui suit : « L’ampleur et la gravité des violences qui se commettent exigent de chacun de nous à quelque niveau que ce soit de poser des actes concrets susceptibles d’en diminuer les effets dévastateurs.  Il va donc s’agir pour le pouvoir public à travers ses services spécialisés de la sécurité et de la justice d’appliquer la rigueur de la loi sans atermoiements ni complaisance, d’une part et, d’autre part, de rémunérer ses membres pour un travail efficient.  En ce qui concerne les victimes et leurs familles, de briser leur silence par la dénonciation, de refuser des arrangements à l’amiable en cas de flagrance et d’intenter des procès contre les présumés violeurs afin qu’ils répondent de leurs actes ignobles ».

 

C’est pourquoi, le gouverneur a dit, pour sa part,  que « la province du Sud-Kivu prend le ferme engagement :

1° d’œuvrer pour la restauration de la paix sur toute l’étendue de la province, gage de l’éradication des violences sexuelles dans notre province ;

2° de soutenir toutes les actions de l’Initiative conjointe dans sa ferme résolution de lutter contre les violences sexuelles ;

3° d’œuvrer pour que cesse l’impunité dont bénéficient les auteurs de violences sexuelles dans notre pays ». 

Fait à Bukavu, le 13/04/2008  

Héritiers de la Justice

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