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Les
belligérants doivent protéger les civils
Les Casques bleus doivent
aussi aider les civils en danger dans le Nord Kivu
(Bruxelles, 11 décembre 2007) –
Toutes les parties impliquées dans les nouveaux combats qui ont eclaté à
l’est de la République démocratique du Congo doivent protéger les civils
en danger, a declaré Human Rights Watch aujourd’hui. Human Rights Watch
a également demandé aux Casques bleus deployés dans la région de
renforcer leurs efforts de protection des civils.
Dans la province du Nord Kivu, à
l’est du pays, l’armée congolaise a lancé la semaine dernière une large
offensive militaire contre les forces dissidentes du général rebelle
Laurent Nkunda. Les troupes gouvernementales se sont approchées de la
ville de Kirolirwe, l’un des bastions de Nkunda sur le territoire
Masisi, à environ 35 kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale
provinciale. D’après certaines données de l’ONU, environ 45 000 civils
vivent dans Kirolirwe, dont la majorité appartient à l’ethnie Tutsi.
Lui-même Tutsi, Nkunda dit vouloir
protéger les populations tutsis contre les attaques à motivation
ethnique d’autres groupes congolais et d’une force d’opposition
rwandaise appelée Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR),
dont certains leaders ont participé au génocide anti-Tutsis au Rwanda en
1994.
Ces derniers jours, les
troupes de Nkunda ont opposé une forte résistance
et, aux dernières nouvelles, ont repoussé les troupes gouvernementales
de positions acquises plus tôt vers des positions proches de la ville de
Sake, lieu de nombreux combats précédents.
« En vertu du droit de la guerre,
les forces gouvernementales et rebelles doivent toutes deux protéger les
civils lors d’opérations militaires”, a declaré Anneke Van Woudenberg,
chercheuse senior sur le Congo pour Human Rights Watch. “ Mais
pratiquement à chaque fois que les belligérants se sont combattus, ils
ont tué, violé et pillé des civils. Ces abus doivent cesser. »
Le 7 décembre dernier, les
autorités provinciales et des responsables militaires ont exhorté les
résidents de Kirolirwe à fuir vers des zones sous contrôle
gouvernemental, mais ils n’ont pas fourni d’information sur les
procédures d’évacuation ou même garanti de moyens pour répondre aux
besoins humanitaires des civils deplacés. Dimanche dernier, une mission
humanitaire des Nations Unies s’est rendue à Kirolirwe pour envisager
d’éventuelles alternatives, mais à ce jour aucune solution n’a été
trouvée.
Le droit de la guerre exhorte
toutes les parties impliquées dans un conflit à prévenir à l’avance et
efficacement les populations civils qui pourraient être affectées par
les attaques. Les parties belligérantes doivent prendre toutes les
mesures faisables pour minimiser les dommages à l’encontre des civils,
et elles doivent également protéger les civils sous leur contrôle
contre les conséquences des attaques. Elles doivent permettre et
faciliter l’apport d’aide humanitare aux civils qui sont dans le
besoin.
Les civils, dont de nombreux ont
deja fui les hostilités dans leur zone d’habitation pour se rendre dans
le sud, craignent que s’ils fuient Kirolirwe, ville protegée par les
forces de Nkunda, ils seront attaqués, ainsi que leur bétail, par des
milices locales congolaises hutus appelées Patriotes résistants du Congo
(PARECO) ou par les FDLR. On rapporte que les combattants des PARECO et
des FDLR se seraient joints aux opérations menées par les troupes
gouvernementales congolaises contre les forces de Nkunda.
Loin des lignes de front, les
groupes armés continuent d’abuser de la population en toute impunité. Un
hôpital à Masisi a signalé l’arrivée quotidienne de civils ayant été
victimes d’attaques violentes, y compris des femmes et des filles qui
ont été violées. Par exemple, près de Chamarambo, une jeune fille de 13
ans a été victime d’un viol collectif sous la menace d’une arme par
trois combattants qu’elle a identifiés comme étant des membres des
PARECO. Dans la même zone, trois femmes ont été violées avant d’être
blessées par balle, dont l’une mortellement. Près de Mianja, un homme a
été blessé par balle aux jambes par des hommes armés non identifiés pour
avoir refusé de donner une chèvre.
Toutes les parties impliquées dans
le conflit au Nord Kivu – y compris l’armée congolaise, les troupes
commandées par Nkunda, et les combattants des FDLR et PARECO – ont
commis des crimes graves à l’encontre des civils, y compris des
meurtres, des viols, des déplacements forcés, des pillages et le recours
à des enfants soldats. Dans un rapport detaillé paru en octobre, Human
Rights Watch fait état d’abus à l’encontre de civils durant les 18 mois
de conflit armé (http://hrw.org/french/reports/2007/drc1007).
Les récents combats ont accru le
sentiment d’hostilité locale à l’égard des populations congolaises
tutsis, percues par d’autres groupes comme les principaux défenseurs de
Nkunda. Des civils tutsis ont aussi souffert de privations et d’abus, y
compris de la part de ceux qui prétendent les proteger.
Depuis fin 2006, le conflit au
Nord Kivu a déplacé près de 400 000 personnes, rendant plus difficile
encore le travail des agences humanitaires qui tentent déjà de porter
assistance aux centaines de milliers d’autres personnes déplacées lors
de précédents combats. L’insécurité grandissante et les pluies
importantes de ces dernières semaines ont rendu le travail d’assistance
des agences humanitaires plus difficile et ont ralenti les échanges
commerciaux entre les centres urbains des territoires Masisi et
Rutshuru. Ce qui a eu pour effet d’augmenter les prix et d’accroître
encore un peu plus la vulnérbilité de la population.
Les Casques bleus disposent d’une
base mobile à Kirolirwe, en plus de bases situées dans d’autres
localités du Nord Kivu, et affirment qu’ils y resteront tant que les
civils sont en danger. Il y a pour l’instant plus de 17 000 Casques
bleus au Congo, dont 4500 sont basés au Nord Kivu. Il n’y pas si
longtemps, les soldats des Nations Unies se sont retirés des zones de
combat au Nord Kivu lorsqu’ils ont estimé que leur propre vie était en
danger.
Les membres du Conseil de sécurité
des Nations Unies discuteront cette semaine du renouvellement du mandat
de la mission de l’ONU au Congo, connu sous le nom de MONUC (Mission de
l’ONU en RD Congo). Son mandat expire en principe le 31 décembre.
« Les membres du Conseil de
sécurité doivent s’assurer que les Casques bleus deployés au Congo
disposent d’un mandat fort pour protéger les civils vulnérables et de
moyens pour y parvenir », a ajouté Van Woudenberg. « Ceux qui ont tant
souffert durant ces années de guerre ne doivent pas être abandonnés
lorsque les combats se rapprochent. »
Pour consulter le rapport de
Human Rights Watch datant d’octobre 2007, « Nouvelle crise au Nord
Kivu », veuillez visiter :
http://hrw.org/french/reports/2007/drc1007/
Pour plus d’information,
veuillez consulter :
Au Londres/Congo, Anneke Van
Woudenberg (anglais, français): +243-(0)81-085-2407; ou
+44-77-11- 66-4960 (mobile)
A London, Alison Des Forges
(anglais, français):
+44-20-7713-2781
A Bruxelles, Juliette Le Dore
(anglais, français):
+32-485-795-073
A New York, Lance Lattig (anglais,
français, espagnol, portuguais): +1-212-216-1866
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Fait
à Bukavu, le
11/12/2007
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