Chaque 8 mars, le monde entier
célèbre la Journée Internationale de la Femme. Pour la République
Démocratique du Congo, le thème choisi en 2007 est : « Mettre fin à
la violence faite à la femme par l’exigence de l’application de la loi ».
Cela procède de l’ampleur des dégâts causés par ce phénomène et la
manière dont les auteurs ou présumés tels sont traités.
En effet, la femme congolaise
n’est pas au bout de ses peines si l’on considère la persistance des
viols et violences qu’elle continue à subir de la part des groupes armés
étrangers et locaux opérant en toute impunité (FDLR, Rastas, bandits à
main armée, …), certains éléments égarés de nos forces armées et, de
plus en plus, des civils contaminés par ce mal qui sont parfois
appréhendés et déférés devant les cours et tribunaux mais qui sont
relâchés quelques temps après.
Utilisés comme arme de
destruction massive dans les territoires longtemps affectés par les
guerres et les conflits en RD Congo, les viols et violences faits aux
femmes ont détruit notre société de sorte que sont légion à ce jour les
cas des femmes traumatisées physiquement, des enfants de la guerre, des
ménages disloqués, des déplacées internes, des enfants de la rue, des
mariages précoces, des rebuts de la société, etc.
Ensuite, l’impunité devenue un
mode de vie dans ce pays à cause des difficultés énormes rencontrées par
l’appareil judiciaire, l’application effective et stricte de la loi
réprimant cette barbarie souffre d’un manque de rigueur et, dans une
large mesure, favorise la multiplicité des cas de violences sexuelles.
Le constat amer fait à ce
sujet est que les présumés auteurs, une fois identifiés, bénéficieraient
pensons-nous, d’une parodie de jugement car après le verdict,
quelques-uns ne tardent-ils pas à jouir d’une relaxation et, quelques
jours plus tard, se promènent allégrement dans les rues au su et au vu
des victimes qui, par crainte des représailles, ne les dénoncent pas..
En tout état de cause, la loi
N° 06/018 du 20 juillet 2006 est là. Elle n’attend que son application
rigoureuse pour châtier tout auteur d’acte de viol, qu’il soit civil ou
militaire. Selon cette loi, sont passibles des peines allant de « 6
mois à 5 ans » de servitude pénale ceux qui sont reconnus coupables
d’un attentat à la pudeur.
Quant au viol, l’auteur sera
passible d’une servitude pénale de « 5 à 20 ans et d’une amende ne
pouvant être inférieure à cent mille francs congolais constants ».
Et la loi en question ajoute que « Si le viol ou l’attentat à la
pudeur a causé la mort de la personne sur laquelle il a été commis, le
coupable sera puni de la servitude pénale à perpétuité ».
Cette loi prévoit que les
peines citées ci-dessus pourront être doublées :
- « si les
coupables sont les ascendants ou descendants de la personne sur laquelle
ou à
-
l’aide de laquelle l’attentat a été commis ;
-
s’ils sont de la catégorie de ceux qui ont autorité sur
la victime ;
-
s’ils sont ses enseignants ou ses serviteurs à gage ou
les serviteurs des personnes ci-dessus indiquées ;
-
si l’attentat a été commis soit par les agents publics
ou par des ministres du culte qui ont abusé de leur position pour le
commettre, soit par le personnel médical, para-médical ou assistants
sociaux, soit par des tradi-praticiens, envers les personnes confiées à
leurs soins ;
-
si le coupable a été aidé dans l’exécution de
l’infraction ou plusieurs personnes ;
-
s’il est commis sur des personnes captives par leurs
gardiens ;
-
s’il est commis en public ;
-
s’il a causé à la victime une altération grave de sa
santé et/ou laissé de séquelles physiques et/ou psychologiques graves ;
-
s’il est commis sur une personne vivant avec handicap. »
Par ailleurs, la même loi
dispose que « Sera puni d’une peine de servitude pénale de dix à vingt
ans, quiconque aura détenu une ou plusieurs femmes rendues enceintes de
force ou par ruse ».
Face à l’ampleur des dégâts
occasionnés par le phénomène « viols et violences faits aux femmes »,
et comme la loi réprimant ces actes a déjà été adoptée et promulguée,
l’asbl Héritiers de la Justice demande au Gouvernement de la RDC
élu par le peuple de veiller strictement à l’application de cette
dernière pour restaurer la dignité de la femme considérée comme la
« mère de la nation ». : à la Communauté Internationale d’aider le
gouvernement Congolais à évacuer de leurs cachettes les groupes armés
qui continuent à occuper les villages entiers et qui y font la chasse
aux femmes et filles de tout âges.
L’association compatit avec
toutes les femmes victimes des violences décriées ci-dessus.
Elle profite de cette occasion
pour souhaiter à toutes les femmes vivant sur le sol congolais une bonne
célébration de la JIF 2007.