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Procès Serge Maheshe Kasole
Rendez-vous manqué :
Le
réquisitoire et la plaidoirie tant annoncés n’ont plus eu lieu
aujourd’hui
Le
Tribunal de Garnison Militaire de Bukavu siégeant en matière pénale sur
le procès de l’assassinat du journaliste Serge Maheshe Kasole de la
radio Okapi a poursuivi l’instruction au cours de l’audience de ce
vendredi 27 juillet 2007. Contrairement à ce qui avait été annoncé à
l’issue de la descente sur terrain effectuée le mercredi 25 juillet 2007
comme quoi aujourd’hui il y aurait le réquisitoire du Ministère Public
et la plaidoirie de la défense, l’audience de ce vendredi s’est
articulée autour d’autres points, à savoir une exception et quelques
préoccupations soulevées par l’Officier du Ministère Public ainsi que
l’analyse de la reconstitution des faits organisée le mercredi 25
juillet 2007 lors de la descente sur terrain sur les différents lieux de
conspiration jusqu’à celui du crime.
En ce
qui concerne ses préoccupations, l’Organe de la loi a, notamment, fait
allusion à l’audition d’un certain Zambali Lukunja, agent à la Régie des
Voies Aériennes (RVA)/Bukavu. Cet homme serait impliqué dans un conflit
parcellaire opposant la famille de feu Serge Maheshe à la sienne. Il
semble que dans la matinée du 13 juin 2007, date où Serge a été
assassiné, ce dernier avait comparu au parquet de grande Instance de
Bukavu aux côtés de Me Toto Manimani pour défendre la cause de sa mère.
Au fait, selon Mme Jeanne Nkere, mère de feu Serge Maheshe, la parcelle
querellée aurait été achetée par elle et sa grande-sœur déjà décédée et
qui vivait aux Etats-Unis. Selon les avocats de la partie civile,
monsieur Zambali aurait profité des années où il a vécu sous le toit de
la mère de madame Jeanne Nkere pour subtiliser les documents
parcellaires et les envoyer auprès de son grand-frère Zambali Dismas qui
travaille actuellement à la RVA/Kinshasa. De là, l’on a cru que
l’assassinat de monsieur Serge Maheshe serait lié d’une manière ou d’une
autre à ce conflit parcellaire. Toujours est-il que, selon la mère de
feu Serge, cet homme lui aurait proféré des menaces à plusieurs
reprises.
Le
dernier point de l’audience de ce jour a consisté dans l’établissement,
par l’Officier du Ministère Public, à la demande du Président du
Tribunal, des liens entre, d’une part, les prévenus Fredy et Mastakila
et, de l’autre, Alain Mulimbi et Serge Muhima au regard de ce qui a été
relevé au cours de la descente sur terrain du 25 juin 2007. Cette
descente a conduit successivement le Tribunal au bar dénommé « Chez
Kizos », à l’endroit où était cachée l’arme présentée comme celle ayant
perpétrée le crime, à l’endroit où les prévenus Fredy et Mastakila
aurait rencontré et déshabillé Mr Derrick Mudekereza, à l’hôtel
Tanganyika, au bar La Croisière, à l’Athénée d’Ibanda et, enfin, au lieu
du crime proprement dit, c’est-à-dire devant l’enclos de la famille de
monsieur Alain Mulimbi.
Pour
l’organe de la loi, les prévenus Mastakila et Fredy sont restés
constants dans leurs déclarations. Il s’agissait, en arrivant dans ces
différents endroits, d’expliquer et de montrer comment les choses
s’étaient passées, les positions occupées par les accusés, la position
du véhicule de la MONUC que conduisait feu Serge le jour du crime et de
poser l’une ou l’autre question aux personnes rencontrées dans ces
endroits.
Mais,
selon les avocats des sieurs Alain et Serge, les prévenus Fredy et
Mastakila ne sont pas restés constants dans leurs déclarations. Et pour
les « avoir », le tribunal s’est ingénié à les interroger à tour de rôle
et séparément de manière que personne entre les deux ne pouvait savoir
comment l’autre a répondu à telle ou telle autre question. Il y aurait
eu alors des contradictions flagrantes au point que les avocats de la
défense ont déclaré que ce ne sont pas ces deux messieurs qui ont
assassiné le journaliste Serge Maheshe. Voici quelques-unes de ces
contradictions :
- l’endroit exact où les deux prévenus aurait été laissés par
Alain après la commission du crime ;
- la table occupée par les deux prévenus et Alain au bar La
Croisière : l’un des prévenus soutient que c’était juste à côté de la
porte d’entrée tandis que l’autre a soutenu que c’était plutôt à
l’intérieur du bar ;
- les prévenus soutiennent que, pour leur accès à ce bar, on
leur aurait fait payer un billet d’entrée alors que cette pratique
n’existe pas selon les barmen ;
- lorsqu’on les aurait déposés à l’Athénée d’Ibanda le jour du
crime, selon l’un d’entre eux, on les aurait déposés devant les
toilettes mais selon l’autre, c’était plutôt sous un arbre, loin de là ;
- Au lieu du crime, l’emplacement du véhicule de feu Serge
Maheshe a également varié selon ce qui est ressorti des dépositions de
deux prévenus ;
- Etc.
La
forte pluie qui est tombée dans l’après-midi sur la ville de Bukavu a
créé une telle perturbation qu’il a été difficile au tribunal de
poursuivre l’instruction. L’audience a été levée vers 17H15 et remise
au 6 août 2007 à partir de 9H00.
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Fait
à Kinshasa, le
07/08/2007
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