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Le Procès Serge Maheshe :
De
nouveaux témoins auditionnés
Durant
la journée du lundi 06/08/2007, le Tribunal de Garnison Militaire de
Bukavu a auditionné de nouveaux témoins censés détenir d’autres
informations qui éclaireraient davantage la cour dans le procès sur
l’assassinat du journaliste Serge Masheshe Kasole. Cette audience a eu
lieu comme à l’accoutumé sur l’esplanade du bureau provincial de la
Police sis avenue Patrice Emery Lumumba à La botte dans la commune
d’Ibanda à Bukavu. Les deux témoins sont les policiers Assani Adelard
Tunda et Mukambilwa Rachid.
Deux
questions majeures ont été à la base du déroulement du
procès en cette date du lundi 06/08/2007 : le
témoignages de deux éléments de la Police Nationale Congolaise en
l’occurrence sieurs Assani Adelard Tunda
(photo) et Mukambilwa Rachid. La deuxième
question est celle portant sur la tâche attribuée à l’organe du
ministère public de mener une enquête et faire rapport sur l’arme qui
avait été utilisée pour commettre le forfait
Interrogé pour savoir s’il y
aurait des gens qui auraient rendu visite à Freddy et Mastakila lors de
leur détention au cachot, Mr Assani Abdellard Tunda, policier chef de
poste de la garde, a déclaré avoir vu un seul jeune garçon muni de
beignets qu’il a remis à Mastakila et Freddy par le canal d’un autre
chef des prisonniers. Mais ce garçon qui, selon le prévenu Mastakila,
répondrait au nom de Patrick n’avait pas été en contact avec les
destinataires desdits beignets en vue d’un quelconque entretien avec
les prévenus.
Ce témoignage a été contredit
par les prévenus Fredy et Mastakila qui ont prétendu qu’ils se seraient
entretenus avec Patrick autour de la provenance de ces deux beignets. Et
c’est par-là que Patrick leur a dit que c’est Serge Muhima qui leur
envoie ces beignets.
Lorsque la même question a été
adressée au policier Mukambilwa Rachid, le second témoin, celui-ci a
abondé presque dans le même sens que le premier témoin sauf que, selon
Mukambilwa, Patrick avec ses beignets était distant d’un mètre de
prévenus Freddy et Mastakila mais aucun entretien n’a eu lieu avec leur
visiteur.
Signalons que le Tribunal
avait confié au Ministère Public la tâche de mener une enquête sur
l’arme qui a tiré sur Serge Maheshe et auprès de cabines
de communication de Celtel et Vodacom. Présentant son rapport, l’Organe
de la loi a signalé qu’il ne disposait pas de données de Vodacom sur les
appels émis et reçus par Alain et Serge Muhima étant donné que leur
machine avait été foudroyée. Il n’a eu que des données de la cabine de
Celtel.
S’agissant de l’arme qui a
tiré sur Serge Maheshe, l’Organe de la loi a jugé cette démarche sans
objet étant donné que les prévenus avaient déjà eux-mêmes montré l’arme
avec laquelle ils avaient opéré.
C’était une occasion pour les
avocats de la défense de prendre la parole et montré combien ce rapport
de l’organe du Ministère Public était incohérent et non fiable dans la
mesure où l’organe de la loi ne se fiait qu’aux aveux des prévenus pour
établir la culpabilité de ces derniers au lieu de pousser assez loin ses
investigations. Ces avocats ont alors demandé au Ministère public de
présenter devant le tribunal les deux douilles ramassées sur le lieu du
crime et de tirer une nouvelle balle en l’air à l’aide de l’arme
incriminée puis comparer la douille qui en sortira avec les trois
douilles. Cela permettra à la cour de savoir si réellement les douches
ramassées sur le lieu du crime venaient de l’arme susmentionnée.
Vers la fin de l’audience, il
est ressorti que d’autres témoins parmi lesquels des civils et des
éléments de la garde présidentielle et un autre militaire des FARDC qui
aurait vendu l’arme aux prévenus Freddy et Mastakila soient également
entendus à la prochaine audience.
Pour cette journée, le procès
a été levée vers 17H05 et renvoyée au mercredi 08/08/2007 à 9H00.
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Fait
à Kinshasa, le
06/08/2007
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Héritiers de la Justice | | |