|
RD-Congo: La
Commission d’Enquête, un « échec »
Les autorités doivent poursuivre en justice les assassins de
Pascal Kabungulu Kibembi
(Londres, 8 septembre 2005) – La Commission d’Enquête du
gouvernement congolais sur l’assassinat d’un éminent militant
pour les droits de l’homme n’est pas parvenue à rendre
justice, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le mandat
de la Commission est arrivé à expiration le 6 septembre sans
qu’aucun rapport sur ses conclusions, ni sur ses propositions
d’action pour amener les auteurs de ce crime devant la justice
n’ait été produit.
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a
établi une Commission d’Enquête suite à l’assassinat de
Kabungulu Kibembi, Secrétaire Exécutif de Héritiers de la
Justice, une organisation majeure de défense des droits de
l’homme dans l’Est du pays. Kabungulu a été abattu par trois
hommes armés à son domicile à Bukavu, dans la province du Sud
Kivu, le 31 juillet 2005. La disparition de ce courageux
activiste, connu pour son travail de dénonciation d’atrocités,
a profondément choqué l’ensemble de la communauté
congolaise des défenseurs des droits humains.
L’établissement de la Commission d’Enquête a fait grand bruit
mais à l’heure actuelle il n’y aucun résultat concret, » a
déclaré Juliane Kippenberg, Coordinatrice des ONG pour
la Division Afrique de Human Rights Watch. « Le gouvernement
congolais a le devoir de garantir que les auteurs de cet
horrible crime seront traduits en justice. A moins qu’une
action ne soit entreprise de toute urgence, la commission
risque de ne pas être beaucoup plus qu’un exercice de
relations publiques. »
La Commission d’Enquête sur le décès de Kabungulu a été
établie le 6 août. Présidée par le procureur militaire du
Sud-Kivu – qui poursuit par ailleurs sa propre enquête
judiciaire – la Commission est composée d’officiels civils et
militaires et de responsables de la sécurité. Les observateurs
locaux ont mis en doute l’impartialité de la commission et
critiqué son manque de moyens. Le bureau du procureur
militaire a arrêté et interrogé plusieurs suspects, cependant
pour l’heure aucun n’a été mis en accusation.
Human Rights Watch et plusieurs autres organisations
non-gouvernementales appellent aujourd’hui dans cinq lettres
ouvertes
au gouvernement congolais, aux Nations Unies, à l’Union
Africaine et au Gouvernement britannique à prendre de toute
urgence des mesures pour la protection des défenseurs des
droits de l’homme en RDC. Ils exhortent également le
gouvernement à s’assurer que la commission mène ses activités
de façon « indépendante, impartiale et compétente » et
qu’elle, ainsi que les autorités judiciaires, reçoivent les
moyens nécessaires pour mener à bien leurs enquêtes.
« L’assassinat de Pascal Kabungulu n’est hélas qu’une
agression parmi mult autres », a déclaré Mme Kippenberg. « Si
la commission ne contribue pas à rendre la justice pour ce
terrible crime, les défenseurs des droits de l’homme
continueront à vivre dans la peur. »
Les lettres au gouvernement congolais, aux Nations Unies, à
l’Union Africaine et au Gouvernement britannique sont a:
http://www.hrw.org/english/docs/2005/09/07/congo11695.htm
Anneke Van Woudenberg
Senior Researcher DRC
Human Rights Watch
London
+ 44 (0) 207 713 2786
|