HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 05/03/2008

Journée Internationale de la Femme (JIF 2008)

 

Femme, lève-toi, continue, tu as la force

 

Le 8 mars de chaque année, le monde entier commémore la Journée Internationale de la Femme (J.I.F). Sur le plan international, le thème retenu est « Investir dans les femmes et les filles ». Pour la République Démocratique du Congo, le thème choisi au niveau national cette année-ci est : « Investir dans la paix et la justice pour la protection et l’autonomisation de la femme et la fille ».  Mais étant donné le souci de restauration de la dignité féminine, la province du Sud-Kivu a opté pour le thème « Femme, lève-toi, continue, tu as la force ».

 

Après les élections qui ont fait naître beaucoup d’espoirs pour l’avenir de la R.D.Congo, on s’aperçoit que la femme congolaise est toujours dans une situation misérable et hostile à son épanouissement.  Malgré la fin de la guerre, elle continue à faire l’objet des viols et violences de plusieurs ordres.  Elle souffre de l’analphabétisme.   A la suite du non paiement d’un salaire décent et régulier aux fonctionnaires, la femme est clochardisée : elle est obligée de recourir à des expédients pour assurer la subsistance de sa famille. 

 

Pire encore, il existe jusqu’à présent dans quelques contrées de la RD Congo des tribus aux coutumes rétrogrades à l’endroit de la femme. Celle-ci est marginalisée pour ne pas dire écrasée et ne peut donc rien entreprendre qui soit acceptée par son entourage. 

 

En dépit de tout ce qui précède, la femme est appelée à reprendre courage en vue de continuer, par le truchement des organisations de droits de l’homme, de différents réseaux et groupements féminins existants, la lutte pour la défense de ses droits, l’éradication des viols et diverses exactions dont elle est toujours victime, … 

 

L’asbl Héritiers de la Justice estime que la femme congolaise, en général et la femme sud-kivutienne en particulier est dotée d’une force extraordinaire pour relever ces défis qui sont devant elle.  Mais elle se souviendra qu’elle n’est pas seule.  Elle est avec l’homme pour fonder la famille, construire le foyer, se soutenir mutuellement pour un Congo stable.

 

Elle a prouvé sa capacité de résister contre les menaces d’extinction et d’anéantissement.  Elle a un

grand cœur de mère de famille, elle est capable d’investir dans la recherche de la paix.

Elle a la force de la parole.  C’est une éducatrice, etc.  Dans l’accomplissement de cette œuvre grandiose, il y a l’arsenal des textes juridiques tant nationaux qu’internationaux qui lui offrent aussi des opportunités pour pouvoir jouer ses différents rôles.  Voilà des moyens sûrs pour faire face à la confiscation des droits de la femme.

 

En son article 14, alinéa 1, la Constitution de la République Démocratique du Congo se joint à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme en ces termes : « Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits. » 

 

L’alinéa 5 de cet article parle de la parité homme-femme dans les institutions de la RDC : « L’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions. »  Cela prouve à suffisance l’importance que l’Etat congolais accorde à la femme dans l’exercice du pouvoir et, par voie de conséquence, dans la reconstruction du pays.

 

De son côté, le nouveau Code du travail s’inscrit en faux contre l’autorisation maritale lorsque la femme voudrait se faire embaucher dans un service quelconque pour peu qu’elle remplisse les conditions requises pour accéder au poste à pourvoir.  Et, le cas échéant, à la mort de son mari, le nouveau Code de la famille renchérit en montrant les nouvelles dispositions à suivre en matière de partage des biens familiaux pour mettre la veuve à l’abri des tracasseries des proches de son mari défunt.

 

Quant au viol, d’après la nouvelle loi sur les viols et violences sexuelles N° 06/018 du 20 juillet 2006, tout violeur sera passible entre autres d’une servitude pénale allant de  « 5 à 20 ans et d’une amende ne pouvant être inférieure à cent mille francs congolais constants ».  Et la loi en question ajoute que « Si le viol ou l’attentat à la pudeur a causé la mort de la personne sur laquelle il a été commis, le coupable sera puni de la servitude pénale à perpétuité ».

 

Face à cette panoplie des forces dont dispose la femme, l’asbl Héritiers de la Justice croit que cette dernière est à même de pacifier la RD Congo : elle est aussi bien la mère, la sœur, l’épouse et la fille du violateur, voire du belligérant que victime et parfois responsable des exactions commises par ces derniers, etc. 

 

C’est pourquoi, l’asbl Héritiers de la Justice appelle les femmes à se faire confiance, à collaborer sans entamer la cohésion au sein de leurs ménages respectifs, à refuser tout appui ou soutien aux mouvements subversifs.  Au sommet mondial de 2005, les gouvernements de tous les pays ont reconnu que « ce qui est un progrès pour les femmes est un progrès pour tous ».

 

L’Association demande instamment à l’Etat congolais de respecter tous les textes nationaux et internationaux qu’il a ratifiés en matière de bien-être de la femme pour que celle-ci remplisse efficacement ses devoirs vis-à-vis de la société.

 

Fait à Bukavu, le 05/03/2008  

Héritiers de la Justice

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