HERITIERS DE LA JUSTICE


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Article du 03/01/2008

Inertie ou complicité des autorités provinciales du Sud-Kivu face aux

constructions anarchiques

 

3 morts et un blessé à la suite de l’écroulement d’un mur de soutènement à Bukavu

 

Dans la nuit du 02 au 03/01/2008, vers 2H00 du matin, 3 personnes de la famille de monsieur Justin Mukamba habitant dans une maison en planches sur l’avenue Muhungu/ISGEA dans la commune d’Ibanda à Bukavu en province du Sud-Kivu sont mortes à la suite de l’écroulement d’un mur de soutènement de 8 mètres de hauteur construit avec des matériaux dérisoires érigé derrière leur domicile.  Il s’agit de : Madame Julienne, son épouse; Mademoiselle Leticia,  âgée d’un an et Mademoiselle Yvette, âgée de 19 ans qui devait se marier dans la deuxième quinzaine de ce mois de janvier 2008.  Elle vivait sous le toit de monsieur Batende.

 

En dehors de ces 3 morts,  monsieur Christian, fils de monsieur Batende, a été également grièvement blessé. 

La maison qui s’est effondrée appartenait à monsieur Jean-Marie Hamuli, agent au Service des Impôts dans la ville de Bukavu.  Il logeait la famille du sieur Justin Mukamba et celle du sieur Batende dans une autre partie de la même maison.  Le mur écroulé a été construit par monsieur Théo Bahaya Mushegerha, infirmier à l’Hôpital Général de Référence de Bukavu.  Il habite la maison se trouvant derrière celle de Jean-Marie.

 

En effet, durant la journée du 02 janvier 2008, il a plu à plusieurs reprises sur la ville de Bukavu.  L’eau s’est infiltrée abondamment dans le mur en question.  Comme la hauteur du mur de soutènement ne parvenait pas jusqu’au niveau de la parcelle de monsieur Théo Bahaya, celui-ci avait mis beaucoup de sacs contenant de la terre au-dessus dudit mur.  Comme si cela ne suffisait, il a encore ajouté une bonne quantité de terre importée devant son habitation, ce qui a créé une lourde charge sur le mur de soutènement.

 

D’après les témoignages recueillis sur le lieu du sinistre, ce mur qui, pis est, n’était pas bétonné, présentait déjà une fissure.  Ainsi, après la pluie, tout cet échafaudage s’est effondré sur l’habitation de monsieur Jean-Marie Vianney Hamuli, causant tous les dégâts ci-haut décriés.

 

Ce n’est pas la première que la ville de Bukavu connaît de tels éboulements.  Dans le dernier trimestre de l’an 2007, une autre maison s’est effondrée sur la même avenue, faisant des dégâts tant humains que matériels.  Durant la même période, sur l’avenue Bugabo, en commune de Kadutu, en amont du Lycée Wima, un autre mur de soutènement s’est écroulé sur une habitation.  La mère de famille, une jeune femme d’une vingtaine d’années, et son enfant en sont morts.  Le mari s’en est sorti avec des blessures. Et tant d’autres sinistres similaires ont marqué l’an 2007.

 

L’asbl Héritiers de la Justice se joint aux différentes familles endeuillées à la suite de ces éboulements continuels pour leur exprimer sa compassion.   Elle profite de l’occasion pour fustiger les constructions anarchiques dans la ville de Bukavu, car ce sont elles qui sont à la base de tous ces éboulements : beaucoup de maisons sont construites à des endroits impropres, d’autres au mépris des normes urbanistiques en négligeant les voies d’écoulement des eaux de ruissellement, etc.

 

C’est pourquoi, l’Association Héritiers de la Justice demande au gouvernement provincial d’envisager l’extension de la ville de Bukavu, soit sur le tronçon Bukavu-Kavumu, soit sur le tronçon Bukavu-Nyangezi ou encore Bukavu-Walungu.  Les parcelles où l’on peut encore construire étant déjà épuisées, les gens commencent à bâtir leurs maisons à n’importe quel endroit, l’essentiel étant d’avoir pignon sur rue.

 

L’Association demande aux autorités d’envisager le déménagement des habitants de certaines avenues jugées impropres à la construction des maisons d’habitation telles que Kabwakasire en diagonale du bureau de la commune de Kadutu, Maendeleo et Kahuzi en face du Lycée Wima toujours dans la commune de Kadutu, l’avenue surplombant l’abattoir communément appelé Elakat dans la commune d’Ibanda, etc.

 

Enfin, l’Association pense qu’il serait juste de traduire en justice toutes les autorités impliquées dans la gestion de la terre, la délivrance des autorisations de bâtir, … afin qu’elles répondent de leur exercice du pouvoir face à toutes les catastrophes naturelles, consécutives à ces constructions anarchiques « autorisées », qui continuent à causer des pertes en vie humaine dans la province du Sud-Kivu.

Fait à Bukavu, le 03/01/2008  

Héritiers de la Justice

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