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Les viols des femmes
continuent en toute impunité au Sud-Kivu
Le 1er Sergent
Kwabo Félix viole une élève de 15 ans à Fumya
Le lundi 13 septembre 2004, aux environs de 16 heures,
le 1er Sergent Félix Kwabo,
soldat des troupes de la 10ème région
militaire stationnées à Fumya dans la localité de Lukuba
groupement de Bitale en territoire de Bunyakiri dans la
province du Sud Kivu a violé mademoiselle F.
âgée de 15 ans. L’infortunée a été enfermée dans la
maison de ce sergent avant d’être soumise aux sévisses
de ce violeur toute la nuit jusqu’au lendemain 14
septembre 2004 malgré les protestations de ses gardes du
corps et de la population environnante. Le bourreau a
utilisé son arme, menaçant de mort la jeune fille pour
la contraindre à céder au viol.
Selon les informations fournies par les proches de la
victime, mademoiselle F. qui étudie à Bukavu était
partie en vacances à Bunyakiri. Le jour de ce triste
événement, elle était en train d’attendre une occasion
pour rentrer à Bukavu. C’est alors que le 1er
Sergent Félix Kwabo va la héler prétextant détenir une
correspondance qu’il voulait expédier à Bukavu. La
victime, accompagnée de ses deux petites sœurs dont
l’une âgée de 9 ans et l’autre 3 ans et demi, s’est
dirigée vers la maison où se trouvait le militaire afin
de récupérer ladite correspondance. Tout à coup, le
malfaiteur l’a poussée dans la maison en fermant
subitement la porte derrière lui avant de procéder à sa
sale besogne. Les deux gosses restées à l’extérieur ont
poussé des cris de détresse, alertant tout le village
sur le traitement ignoble infligé à leur grande sœur.
Ces infortunées sont restées à toquer sur la porte
hermétiquement fermée jusqu’aux environs de 21 heures
avant qu’une des personnes venues constater le dégât ne
se résolve à les amener chez elle où elles ont passé la
nuit.
Au petit matin du mardi 14 septembre, toute la
population de la contrée s’est levée comme un seul
homme, armée de gourdins pour exiger la libération de
mademoiselle F. Selon des témoignages concordants, les
militaires de garde de ce commandant malfaiteur se sont
ralliés à la population, indignés par le comportement
irresponsable de leur chef. Ce dernier avait la veille
agressé l’épouse d’un de ses gardes du corps pour lui
avoir interdit de commettre un viol à l’endroit d’une
mineure.
Après la libération de mademoiselle F. par la population
en colère, le 1er Sergent Félix Kwabo, sans
honte ni crainte, s’est présenté auprès de la famille de
la victime pour demander pardon en leur proposant de
payer une chèvre en plus d’une pièce de pagne
communément appelée "super wax" d’une valeur estimée à
80$ US.
La famille de la victime a décliné cette offre indigne,
estimant que seule la justice devrait statuer sur le
cas. La priorité étant de faire soigner la victime qui
avait été acheminée urgemment pour des soins appropriés
dans un hôpital à Bukavu.
Alors que la population du Sud Kivu en général et celle
de Bukavu, Kavumu, Katana et Kalehe en particulier a
encore en mémoire les tristes événements de mai et juin
2004, lorsque les militaires insurgés conduits par
Laurent Kundabatware et Jules Mutebusi s’adonnaient
systématiquement au viol des femmes et jeunes filles;
voilà que d’autres professionnels du viol refont surface
et sont entrain d’opérer en toute impunité.
Initiative Congolaise pour la Justice et
la Paix, ICJP
est fortement préoccupée par les cas de viols qui
continuent à se commettre en toute impunité dans la
province du Sud-Kivu par les hommes en armes. Elle
fustige le comportement des responsables tant politiques
que militaires et même certains acteurs au sein de la
communauté internationale qui, au lieu de procéder à un
châtiment exemplaire des auteurs des tels crimes, se
complaisent à faire des déclarations timides en
minimisant les faits.
ICJP,
pense que si les viols et autres crimes de guerre et
crimes contre l’humanité commis par Jules
Mutebusi et Laurent Nkundabatware
avaient été décriés par toute la communauté sans
complaisance et que des mandats d’arrêt internationaux
avaient été lancés contre les auteurs au même titre que
ceux qui ont commis le génocide au Rwanda, des actes
barbares pourraient prendre fin.
ICJP
en appelle à la conscience de tous les congolais de
lutter sans cesse pour barrer la route aux artisans de
la destruction de la nation qui planifient et utilisent
le viol pour saper le moral de la population et anéantir
toute résistance.
ICJP
demande avec instance que le 1er Sergent
Félix Kwabo soit appréhendé et puni
conformément à la loi et que la victime soit prise en
charge.
Bukavu, le 26 septembre 2004
Initiative
Congolaise pour la Justice et la Paix
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