Bunyakiri est une collectivité située à 72 km de la ville de
Bukavu. Sur le plan démographique, Bunaykiri a une population d'environs
13.500 habitants. les tribus majoritaires sont les
Batembo et les Bahunde. Elle est connue par sa culture de manioc et de la banane.
Pour plusieurs années, elle a servit de grenier pour la ville de Bukavu.
Bien avant le déclenchement du conflit actuel, Bunyakiri a connu
des violences inter-ethniques entre les populations qui se veulent
autochtones (les batembo et les Banyanga) et celles d'expression ruandaise.
Les termes "bakobwa" et "kabarizo" ne signifiaient rien d'autre que des milices combattant
pour l'un ou l'autre camps. Au centre de ces antagonismes étaient
des prétentions à la terre, principale source de revenue dans cette partie du Kivu.
Présentement, Bunyakiri est l'un des foyer aux tensions intenses
entre les troupes du RCD et les milices mai mai. Bunyakiri semble être
un terrain propice à cause de l'immensité des forêts qui couvrent plus de 86 pour cent
de son territoire.
Sur le plan social Bunyakiri est une collectivité quasiment détruite. Aucune école
n'y fonctionne jusque à ce jour, le centre de Santé Catholique jadis desservant les populations
de Bulambika à Kambegeti avait été détruit par les derniers affrontements entre les forces
du RCD et les mai mai.
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Le CMD de Bunyakiri est demeuré actif aux
côtés des populations locales, en dépit des tristes événements de la guerre
qui déchire le congo en général et plus particulièrement la partie est du
Congo.
Plusieurs membres de l'équipe exécutive du CMD Bunyakiri
sont également actifs dans divers aspect de la vie communautaire de la
place, tantôt comme agents sanitaires, membres du clergé, dirigeant des
groupes des femmes, etc.
Vous pouvez aider le CMD Buynakiri en lui écrivant à
l'adresse ci-après
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BUNYAKIRI: UNE POPULATION PRISE ENTRE L'ETAU DE LA HAINE INTER-ETHNIQUE RWANDAISE(9 fevirer 2000)
Des combats violents opposent les Interahamwe et les troupes Rwandaise (FPR) dans Bunyakiri. Héritiers de la Justice a depuis la semaine dernière pousser sur la sonnette d'alarme, soulignant une montée de la violence et de la brutalité contre les populations civiles dans les villages du Sud-Kivu.
Alors que Héritiers était au point de rendre publique la recrudescence de la violence dans cette collectivité, il a reçu la dépêche suivante de la part d'une agence de presse. Elle ne reprend pas tous les détails dont la publication de Héritiers de la Justice en préparation contient, mais au moins elle vous donne un avant-goût de l'image de la vies dans les collines de cette partie du Sud-Kivu . RESTEZ AVEC NOUS ET VOUS EN CONNAITREZ PLUS . Mais avant cela lisez cequi-suit:
--------------------------------------DEPECHE PARVENUE A HERITIERS---------------------
- La population de Bunyakiri, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), se retrouve prise en otage entre l'armée rwandaise et les miliciens extrémistes hutus rwandais Interahamwe, dont les affrontements font de nombreuses victimes civiles.
A 85 km au nord-ouest de Bukavu, le chef lieu de la province du sud-Kivu, Bunyakiri est le théâtre de combats quasi-quotidiens entre l'Armée Patriotique Rwandaise (APR), qui combat au côté du principal mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), et les Interhamwe.
Assis sur les marches de sa chambre d'hôpital, un vieil homme couvert de bandages raconte comment il a été ligoté par des Interahamwe le 15 janvier à Kachiri, sur le territoire de Bunyakiri, torturé et laissé pour mort parce qu'il n'avait ni argent ni chèvre. Selon l'administrateur de l'hôpital de Bunyakiri, Déogratias Mwamba, "il y a ici quatre blessés à coups de haches, machettes et houes par les Interahamwe". "Malheureusement, l'hôpital a été pillé et on a des difficultés pour les soigner", ajoute-t-il.
"Chaque mois, nous recensions au moins 27 morts et plus de 60 blessés par les Interahamwe mais, depuis décembre, cela a augmenté avec une moyenne de 20 morts par semaine sans compter les blessés", assure Roger Bupiri Burumba, administrateur du territoire de Bunyakiri pour le RCD.
"Aujourd'hui 40% des villages de Bunyakiri sont contrôlés par les Interahamwe mais, avant, c'était 100%: depuis que l'armée rwandaise est arrivée avec les soldats du RCD, on a pacifié 60% du territoire", précise-t-il.
"57.000 personnes sont regroupées le long de la route sur une distance d'environ 30 km" à proximité de Bunyakiri, estime M. Bupiri Burumba, ajoutant: "Là, l'activité a repris et c'est la sécurité mais, au-delà, c'est infesté d'Interahamwe".
Mais pour de nombreux habitants interrogés sur le territoire de Bunyakiri, les soldats rwandais sont aussi responsables d'exactions contre les civils. "Nous voudrions que les militaires rwandais rentrent chez eux, parce que ce sont eux qui tuent les gens, qui ont brûlé nos maisons", se plaignent en coeur des Congolais qui ont souhaité garder l'anonymat.
"Les soldats rwandais forcent les gens de quitter les collines pour les faire habiter sur la route mais, une fois là, ils n'ont plus rien, ni nourriture, ni soins", affirme un vieux congolais, ajoutant: "Les Rwandais sont venus se battre chez nous pour prendre notre terre".
Dimanche matin, à un km seulement des patrouilles rwandaises qui assurent la sécurité du marché, deux personnes ont été enlevées par des Interahamwe.
Il y a une semaine, Bingane Enamwenga, agriculteur de 31 ans, a également été enlevé, mais il a réussi à s'échapper. Il raconte comment il a été "interrogé sur des questions militaires".
"Tous parlaient kinyarwanda (dialecte rwandais), portaient des uniformes et avaient une arme, ils étaient très nombreux et leur camp n'est qu'à 20 km d'ici", assure-t-il. "Quand les Interahamwe attrapent des gens, ils les égorgent comme des poules, moi j'ai eu la chance de m'évader, et je ne sais pas ce que sont devenues les cinq personnes qui ont été prises avec moi", ajoute-t-il.
Ci-après un extrait des derniers récits des activités du CMD Bunyakiri:
"Notre CMD a repris petit à petit ses activités normales après un
long moment de silence mortuaire dû à la guerre.
Nous nous joignons à d'autres hommes de bonne volonté dans la recherche
d'une paix durable dans notre milieu. C'est ainsi que nous participons
régulièrement aux réunions organisées par le Comité de réhabilitation de
Bunyakiri. Celui-ci collabore avec les autorités politico-adminstratives
et militaires et recensé les populations par avenue.
Nous nous sommes érigés contre l'incendie et l'occupation illégale des maisons
par certains militaires du RCD.
Enfin, nous louons le Seigneur parcequ'il nous a protégé des
événements malheureux et déplorables comme ceux survenus à Kasika, à
Makobola, à Bunyakiri.
Le CMD continue de recommander à Héritiers de la Justice les indigents
tels les dossiers de certains travailleurs de la Pharmakina, du secteur kahuzi-
Kalonge dans la Plantation Tshibwe..."
Fait à Bunyakiri Aout 1999
Le CMD Bunyakiri
photo et rapport |