La Femme Autochtone Rwandais
Par Claudine Mukamakombe, Clotilde Musabeyazu, Pulchérie Umubyeyi et Elyvanie Kamondo
La population autochtone rwandaise a toujours vécu dans de situations difficiles. Elle a toujours vécu dans de misérables conditions. Toujours tenue en marge de la société, elle n’a jamais participé à aucune vie de pays, tant sur le plan économique, social, politique, intellectuel. Les politiques d’autan et d’aujourd’hui n’ont pas voulu faire face à ce problème. Les femmes autochtones n’ont pas échappé à ce fléau, ce qui explique le sous développement qui les caractérisent, problème, malheureusement dont la solution n’est pas pour bientôt ou pour demain.
Situation actuelle des femmes Batwa
Les femmes Batwa vivent très misérablement, n’ayant pas de moyens pour résoudre leurs problèmes, n’ayant pas de terres cultivables et certaines d’entre elles (une minime partie) qui en ont, ne trouvent pas de semences ou de matériel d’agriculture (houes…) n’ayant pas de bétail pour avoir du fumier, même quand elles essaient l’agriculture, elle ne leur apporte rien
Elles ne vivent que de la poterie traditionelle concurrencée par l’apport et le commerce des produits en métal ou en plastique plus durables. .
Plusieurs d’entre elles sont analphabètes car souffrent de la marginalisation, elles ne peuvent pas facilement s’intégrer au sein des autres groupes de la société rwandaise ; ce qui explique le nombre restreint des fréquentations scolaires.
Elles sont la risée des tous, car souvent mal habillées et mal soignées, elles n’osent pas se présenter devant les autres, si ce n’est que pour mendier de quoi manger ou de quoi s’habiller. Plusieurs d’entre elles n’ont pas d’abris ou vivent dans des huttes ou des abris de fortune. A cause des événements sanglants qui ont endeuillé notre pays, elles se sont retrouvées veuves avec beaucoup d’orphelins dont elles ont la responsabilité.
L’éducation de ces enfants devient de plus en plus difficile car on ne peut pas élever un enfant sans le nourrir, l’habiller, sans lui donner un abri, vous vous imaginez je pense, l’avenir réservé à ces pauvres petits, c’est bien sûr la mendicité ou la délinquance.
Vivant souvent seules et en petits groupes, les autres populations ne les approchent pas facilement, ce qui les retardent beaucoup et qui marque encore plus leurs marginalisation. Voilà pourquoi la plus part des cas vous les retrouverez souvent seules car les autres populations rwandaises les repoussent.
Problèmes spécifiques des femmes Batwa.
Les femmes autochtones Batwa sont tenues à l’écart par leurs camarades des autres couches de la population rwandaise, car, souvent sales et mal habillées car elles n’ont pas d’argent pour s’acheter ce dont elles ont besoin (savons, habits, pommade etc), Elles ne présentent pas parmi les autres. Dans certaines régions du pays elles ne partagent mi le même repas, ni la même boisson sur une même assiette que les autres.
La mortalité maternelle et infantile va croissant, car elles n’osent pas aller réclamer des soins et des vaccins avant la naissance des enfants ou pendant la grossesse.
Leurs enfants naissent dans de mauvaises conditions dans des lieux malsains ce qui entraîne beaucoup de morts pour les mères et pour les nouveaux-nés. N’étant pas bien encadrées elles ne savent pas comment nourrir correctement leurs enfants et ils sont kwashiorkorisées, ce qui entraîne la mort en bas âge. Quand elles se présentent aux hôpitaux elles sont la rusée du personnel médical. Au moment des maladies elles n’ont pas d’argent pour payer les médicaments.
Celles qui, malgré la marginalisation, parviennent à réussir les examens ne peuvent pas suivre et terminer les études à cause du manque d’argent.
Elles ne sont pas représentées politiquement dans le pays (aucun Ministre, aucun Député, aucun Bourgmestre, aucun Directeur …) et donc n’ont personne à qui adresser ou exposer leurs problèmes.
Elles ne sont jamais invitées à participer dans de réunions, conférences, sessions, associations avec les femmes des autres couches de la societé rwandaise.
Comment font-elles face à leurs situations ?
Pour faire face à leurs situation, les femmes autochtones rwandaises essayent de vaincre l’analphabétisme en envoyant les enfants dans des écoles. Mais le problème des frais pour le matériel scolaire, le minérval, les uniformes restent insorvables alors certains abandonnent l’école sans même savoir lire ou écrire ; malheureusement elles acceptent cette situation comme telle car n’ayant personne pour résoudre ces problèmes pour eux.
Elles participent dans des réunions organisées dans leurs villages par les autorités. Elles essaient également de chercher du travail ailleurs parmi les autres populations afin de pouvoir payer le minérval ou acheter le matériel scolaire. Mais les autres habitants les sous-estiment et elles ne sont pas remunerées avec justice ou même elles ne reçoivent pas les salaires.
Pour diminuer la mortalité maternelle et infantile, elles essaient malgré les problèmes cités de participer et de se rendre aux centres de santés afin de recevoir les soins prénatals et d’apprendre à mieux élever et nourrir les enfants.
Pour diminuer la pauvreté elles essaient de pratiquer l’agriculture améliorée, avec semences selectionnés, fumier, mais ce qui leur est difficile c’est qu’elles n’ont pas de bétail pour l’élevage et d’argent pour l’achat des semences.
Elles essaient de créer des groupements coopératifs en vue de mieux s’organiser, d’échanger les idées, d’apprendre à lire et à écrire, d’apprendre les métiers plus productifs (coûture, brodérie, tricotage, artisanat….).
Celles qui sont parvenues à faire des études essaient d’intégrer et d’approcher leurs camarades en leur rendant souvent visite, en leur prodiguant des conseils pour la bonne gestion de leurs groupements. Mais cela ne leur est pas facile car elles sont éparpillées partout dans le pays et elles ne peuvent pas les atteindre tous, manque de moyens de déplacement et de finances. Elles demandent des aides pour ces femmes comme la construction des maisons, la distribution des semences et des houes pour l'agriculture.
Les jeunes garçons Batwa ont plus de chance de suivre les études que les filles car celles-ci doivent aider leurs mères à la fabrication de pots ce qui s’apprend en bas âge, ou à la garde du petit frère ou de la petite soeur pendant que la maman travaille, ou encore elle peut faire la cuisine pendant que la maman fabrique les pots.
Chers amis
Salutations cordiales
Dorothy