SEIZIEME SESSION DU GROUPE DE TRAVAIL SUR LES PEUPLES AUTOCHTONES
Juillet 1998
EDUCATION & LANGUES
Tout d'abord je remercie le Président du Groupe de Travail pour la parole qui m'est accordée, afin de parler sur l'Education et langues. Je m'appelle KALIMBA Zéphyrin, je descends de la race pygmoide BATWA.
Avant des changements qui ont été opérés, la forêt était notre demeure, vivant de la cueillette des fruits et de la chasse, et nous soignant a l'aide des plantes médicinales. Je suis né au Rwanda, en Afrique Centrale, pays des mille collines , pays reconnu surtout pour le génocide qui a été perpetré en Avril 1994 . Dans mon intervention je vais me baser surtout sur l'éducation des pygmées BATWA dans la région des Grands Lacs, c-à-d le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo, là où ce peuple pygmoide est à la fois peuple autochtone. Au Rwanda, comme au Burundi, la culture de la paix est chose inexistante étant donné les dechirements continuels entre HUTU et TUTS I. Bien que partageant la même langue le Kinyarwanda au Rwanda et le Kirundi au Burundi (les deux langues se ressemblent) l'amour du prochain surtout quand il s'agit du prochain appartenant à une autre ethnie, n'a pas de sens ; ce qui montre que depuis les temps reculés les autorités politiques ne se sont guère souciées de l'éducation de la paix et les conséquences qui en découleraient.
Concernant l'éducation des BATWA qui sont en voie de disparition suite aux guerres inter-ethniques incessantes entre Hutu et Tutsi et qui a des retombés farouches sur les BATWA qui sont d'habitude minoritaires, leur éducation est vraiment médiocre. Les enfants des BATWA sont toujours nus jusqu'à l'âge de 2 ans suite à la pauvreté chronique de leurs parents qui ne sont pas a mesure de leur trouver des habits. Ils meurent de la pneumonie, malaria, diarrhée et autres. Il est vrai que l'hygiène est source de santé et cela étant, un enfant qui naît dans la pauvreté excessive, il ne bénéficie pas des soins d'ordre hygiénique étant donné que même leurs mamans ne fréquentent pas les centres de santé, centres nutritionnels ou une certaine éducation ou formation est donnée aux mamans.
Je signale en passant que ces mamans BATWA ne fréquentent pas ces centres car elles se voient indignes quand elles considèrent leur tenue misérable et surtout la marginalisation dont elles souffrent.
Ces enfants qui naissent sont considérés comme des purs avortements ou quelqu'un qui erre ici et là ne sachant où aller. Tous ces faits réunis font que 20% des enfants qui naissent sont ceux qui grandissent seulement. Ces enfants vue qu'ils atteignent l'âge scolaire, ils ne sont pas inscrits à l'école puisque ils ne parviennent pas à trouver de la part de leurs parents, uniformes, minerval et autre matériel scolaire nécessaire pour un élève.
Signalons qu’au Rwanda et au Burundi, le problème de langue ne cause aucun handicap pour l'éducation des BATWA car les 3 ethnies qui vivent dans ces 2 pays : le Rwanda et le Burundi parlent une même et seule langue qui est le Kinyarwanda au Rwanda et le Kirundi au Burundi à part quelques petites différences d'intonation.
La majorité des enfants TWA qui ne parviennent pas à se faire inscrire à l'école, ils sont obligés d'apprendre le métier de leurs parents à savoir la poterie, métier qui à vrai dire n'est pas rémunérateur. D'autres deviennent des enfants de la rue et c'est la mendicité qui les caractérise.
Si on prend comme exemple le Rwanda: vous trouverez que sur 12.122 enfants BATWA, 2.897 enfants soit 12% sont les seuls à fréquenter l'école. 50 enfants fréquentent l'école secondaire, 1 seul est à l'université. Même pour ceux-là qui fréquentent l'école nous ne sommes pas sur si l'année prochaine seront toujours à l'école car rien n'est prévu pour leur venir en aide surtout quant à l'uniforme, minerval et matériel scolaire. Au Burundi c'est pire, la marginalisation est totale.
1 % des enfants BAT.WA sont les seuls qui fréquentent l'école au moment où un grand nombre d'enfants sont devenus les enfants de la rue souffrant même de chics.
Il est aussi regrettable pour nos filles qui fréquentent l'école, car d'après les préjugés de certains parait-il que des hommes qui souffrent de la colonne vértébrale se remettent bien une fois qu'ils couchent avec des filles BATWA ; ainsi vous comprenez combien ces malheureuses filles sont menacées par des gens sans amour et comme conséquence immédiate, ces filles BATWA attrapent des grossesses non désirées voir mê
ne peuvent plus reprendre le chemin de l'école.
Pour terminer je lance un appel à toute la Communauté Internale ainsi qu'aux organismes et organisations tant internationales que nationales afin qu'ils puissent intervenir pour soutenir l'éducation des peuples autochtones et que cette é
Je saisis également l'occasion de remercier le GPTA, qui ne cesse jamais de songer à nous, afin que les problèmes qui sont propres à nous puissent trouver des solutions.
Je vous remercie.
Kalimba Zephyrin